Christiane Lambert, née Foulier le à Massiac (Cantal), est une éleveuse de porcs et syndicaliste agricole française responsable d'organismes professionnels.

Entre le et le , elle est présidente de la FNSEA, le principal syndicat professionnel dans la profession agricole en FranceJusqu'à son élection, elle a assuré la présidence de la FNSEA, par intérim, du au , à la suite du décès de Xavier Beulin en tant que vice-présidente.. À partir du 18 septembre 2020, elle est aussi à la tête du Comité des organisations professionnelles agricoles, la première organisation syndicale d'agriculteurs en Europe, dont elle est la première femme à prendre la présidence.

Biographie Originaire d'une famille d'agriculteurs à Massiac (Cantal), Christiane Lambert est la fille de Guy Foulier (1934-1985) et de Marie BerthuyMaternité de Saint-Flour.

Elle effectue sa scolarité à l'école Saint-André à Massiac, puis à l'institution Saint-Dominique au Puy-en-Velay où elle obtient un brevet de technicien supérieur (techniques agricoles et gestion d'entreprise). Elle pratique le handball.

À dix-neuf ans, Christiane Lambert exploite seule à Massiac quelques hectares avec un troupeau de vaches laitières et une quarantaine de truies. Elle est fervente catholique.

Elle se marie, le , avec Thierry Lambert, également agriculteur. Ils ont trois enfants..

En 1989, elle reprend avec son mari l'élevage porcin de ses beaux-parents à Bouillé-Ménard, en Maine-et-Loire, et poursuit ce travail en parallèle de ses activités syndicales. Cet élevage, le GAEC Lambert-Foulier, est de type naisseur-engraisseur.

Activités syndicales JA

Syndicat des Jeunes agriculteurs Elle s'engage à 20 ans dans le syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) et franchit les différents échelons régionaux : en 1981 présidente du centre cantonal et vice-présidente du centre départemental, en 1984 vice-présidente du Centre régional des jeunes agriculteurs d'Auvergne, puis présidente deux ans plus tard.

En 1989, elle est vice-présidente du centre cantonal des jeunes agriculteurs de Pouancé, puis vice-présidente du centre départemental de Maine-et-Loire. Après un an au centre départemental, elle est nommée vice-présidente du Centre régional des jeunes agriculteurs pour l'Ouest et les Pays de la Loire.

Bureau du CNJA Elle rejoint le Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA) comme membre du bureau de 1992 à 1994 et accède à la présidence du bureau jusqu'en 1998.

Présidence de la FNSEA Des Jeunes agriculteurs, elle rejoint en 2001 la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles du Maine-et-Loire dont elle est présidente jusqu'en 2011 et en 2005 le bureau de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) en tant que membre.

Après le décès inattendu du Président Xavier Beulin en 2017, elle est présidente par intérim, puis élue à la présidence de la FNSEA, c'est la première femme à occuper ce poste.

Elle assure également à partir de 2017 la vice-présidence de l’Ifocap (Institut de formation pour les cadres paysans et agro-alimentaires et pour la gestion des entreprises).

La nouvelle présidente annonce sa volonté d'un travail en équipe dans la continuité des orientations de Xavier Beulin, animé par un esprit réformiste de la défense de l'agriculture. Au niveau national, elle prône le dialogue à haut niveau avec la société civile pour plus de bio, pour le respect du bien-être animal, et le renforcement des organisations de producteurs, des négociations et accords cadre afin d'obtenir un juste prix pour les producteurs. Au niveau européen, elle demande une harmonisation des règles sociales et sanitaires pour une concurrence européenne loyale.

Selon l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, qui cite une source interne à la FNSEA, elle est « une excellente syndicaliste et un bon soldat, qui suit sa base, mais pas une stratège qui sait anticiper ce que sera l'agriculture dans dix ans. [...] Elle prêche pour un syndicat réformiste, une agriculture raisonnée, mais elle continue d'incarner LA FNSEA qui dit non à tout et en veut toujours plus ». Le 15 décembre 2022, Christiane Lambert annonce qu’elle ne se représentait pas pour un troisième mandat comme présidente de la FNSEA. « Une décision mûrement réfléchie avec ma famille et mes pairs », précise-t-elle.. En mars 2023, Arnaud Rousseau lui succède à la tête de la FNSEA.

Prises de positions agricoles Élections et communication avec le gouvernement En 2017, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, appelle les agriculteurs à faire un choix en faveur de l’Europe au second tour de la présidentielle, une manière d’appeler, sans les désigner, à voter pour Emmanuel Macron et à rejeter la candidature de Marine Le PenAndré Thomas, Présidentielle. La FNSEA appelle à « faire le choix de l’Europe », ouest-france.fr, 26 avril 2017.

La même année, elle défend auprès du nouveau gouvernement Édouard Philippe (2) les demandes de la fédération en rencontrant le ministre de l'agriculture, Stéphane Travert et le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot : une simplification administrative, la reconnaissance de la diversité de l'agriculture française, des agriculteurs acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique, une aide aux agriculteurs subissant les aléas climatiques, la gestion progressive de l'arrêt du glyphosate, et une revalorisation des prix.

Elle regrette en août 2018 la démission de Nicolas Hulot avec qui elle avait « un dialogue sans concession mais constructif ».

Revenu des agriculteurs et États généraux de l'alimentation vignette|Conférence de presse dans une ferme d'Ebersheim de Christiane Lambert avant les EGA. La présidente revendique une revalorisation des prix afin que les agriculteurs vivent décemment de leur travail. Ce sujet rejoint les États Généraux de l'Alimentation (EGA) prévus par le candidat Macron « permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes ».

Une polémique oppose Christiane Lambert et Michel-Édouard Leclerc sur la variation entre prix agricoles et prix à la clientèle, elle est décrispée par la proposition du Président de la République de promulguer au premier semestre 2018 des ordonnances basées sur les travaux des EGA. La présidente a refait appel à Michel-Édouard Leclerc absent à la réunion de travail au ministère de l'agriculture du 3 novembre 2017 à laquelle participaient le ministre Stéphane Travert, les représentants des agriculteurs, industriels et distributeurs. Le communiqué du ministère précise « La réunion de travail de ce jour a permis aux parties prenantes d'avancer vers une rédaction commune. L'objectif partagé est que la charte puisse être signée dans les prochains jours par l'ensemble des acteurs volontaires ». La présidente fait pression pour que les négociations à venir avec la grande distribution se fasse selon la nouvelle charte. La crise Lactalis du lait infantile contaminé par des salmonelles a relancé la campagne de la présidente contre la grande distribution.

Charte et Contrat de solutions La nouvelle charte est signée le en présence des représentants des agriculteurs et de la grande distribution dont Michel-Édouard Leclerc et des représentants de l'État, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Benjamin Griveaux. Cette charte est la première concrétisation des États Généraux de l'alimentation.

Après la signature de la charte, Christiane Lambert lance avec la FNSEA le Contrat de solutions, étape intermédiaire favorisant la recherche et l'innovation pour une agriculture à terme verte et numérique. Ce contrat de solutions est critiqué par le président de la Coordination rurale, Bernard Lannes qui l'interprète comme "un contrat de soumission".

Glyphosate Elle s'oppose à l'interdiction en France du glyphosate, le désherbant le plus vendu au monde, et plaide pour un remplacement progressif de ce produit controversé par un produit à concevoir aussi efficace.

Lors d'un point presse le , les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique ont précisé les moyens pour sortir du glyphosate en trois ans. Christiane Lambert a annoncé une réunion avec les ministères de l'Agriculture, Transition écologique, Santé et Recherche pour proposer « un contrat de solutions avec des propositions concrètes pour réduire l’ensemble des produits phytosanitaires ». Après l'échec du plan Ecophyto, plan de réduction de l'usage des produits phytosanitaires, ceux-ci ont augmenté de 12% entre 2014 et 2016 en France. Ecophyto est jugé trop élitiste et dans une démarche punitive et stigmatisante pour la présidente, elle défend avec la FNSEA en juillet 2018 un nouveau plan de contrat de 36 mesures pour réduire les produits controversés tout en garantissant la rentabilité et la compétitivité des exploitations agricoles. Elle attend pour ce faire l'aide des pouvoirs publics.

Défense du pastoralisme Août 2018, elle apporte son soutien aux paysans béarnais en affirmant l'incompatibilité entre ours et pastoralisme.

En visite à Valensole, elle lance un appel aux élus députés et sénateurs afin de protéger les éleveurs ovins des Alpes du Sud, les plus touchés par les attaques de loups.

Opposition aux activistes animalistes En 2018, la présidente a apporté son soutien aux différents professionnels de la filière viande en se déplaçant sur les lieux d'attaques d‘activistes antispécistes.

Elle adresse une lettre ouverte avec Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, cosignée par 14 membres du collectif de défense des éleveurs et des métiers de la viande, au Président de la République pour protester contre des actions qu’elle considère comme violentes et la crise morale que celles-ci entraîneraient chez tous les acteurs de la filière viande.

Après une plainte visant Boucherie Abolition, un collectif animaliste et féministe, en janvier 2019, le TGI de Paris « donne raison à Christiane Lambert » et ordonne le retrait de publications visant la FNSEA et sa présidente.

Actions militantes

Engagement contre les mégacomplexes En 2017, la présidente de la FNSEA a cosigné avec entre autres Naomi Klein, une lettre ouverte publiée dans Libération. Elle demande l'arrêt du projet Europacity afin de préserver « 80 hectares de terres agricoles, parmi les plus fertiles d'Europe ».

Conflit sur l'huile de palme En juin 2018, Christiane Lambert engage la fédération dans un conflit avec le ministère de la Transition écologique et solidaire et le ministère de l'Agriculture pour défendre les producteurs français de colza. Ceux-ci s'estiment sacrifiés lors de l'autorisation gouvernementale d'importation d'huile de palme supplémentaire pour la production de carburants renouvelables. Le blocage de 18 sites de raffinerie par 3 000 agriculteurs est levé après un accord sur le biocarburant avec le ministre de l'agriculture.

La gestion du conflit par Christiane Lambert est critiquée en interne pour son amateurisme et sa précipitation.

L'action de Christiane Lambert et de la FNSEA comporte, selon le quotidien Le Monde, plusieurs contradictions : celle .

Synergie agricole

Manifeste pour une agriculture prospère et durable