thumb|Eristalinus taeniops, l’une des nombreuses espèces de syrphes, ici pollinisant une épervière commune thumb|De nombreuses espèces d’abeilles sauvages (ici Lipotriches sp.) contribuent à la pollinisation de la flore sauvage thumb|Plusieurs Bombyliidae sont des pollinisateurs efficaces, dont notamment Bombylius major, qui grâce à son vol stationnaire et une longue trompe pollinise efficacement plusieurs espèces de petites fleurs à corolle profonde thumb|Abeilles et bourdons ont les pattes arrière modifiées : une structure dite corbicula (ou « panier à pollen ») facilite le transport du pollen (et des précurseurs de la propolis), ce qui en fait des pollinisateurs très efficaces pour de nombreuses espèces végétales domestiquées et cultivées par l’Homme thumb|Après les abeilles et les syrphes, les papillons comptent parmi les pollinisateurs les plus importants, souvent également en voie de régression et ayant disparu d’une grande partie de leur aire naturelle de répartition (ici l’une des nombreuses espèces de Vanesse (Vanessa kershawi) dont on voit la trompe déroulée et plongée dans la fleur.
Un pollinisateur est un animal vecteur qui à l’occasion de ses déplacements transporte des grains de pollen des anthères mâles d'une fleur vers le stigmate femelle d’une fleur. Ce faisant, il contribue à la fécondation des gamètes femelles dans l'ovule de la fleur par les gamètes mâles du pollen. C’est l’une des formes de la zoogamie.
Il a été récemment montré que les Cycas qui ne sont pas des plantes à fleurs, sont également pollinisés par des insectesDennis Wm. Stevenson, Knut J. Norstog, and Priscilla K.S. Fawcett (1998) "Pollination Biology Of Cycads" in S.J. Owens and P.J. Rudall. “Reproductive Biology”. Royal Botanic Gardens, Kew. Consulté 2014-12-08..
Les pollinisateurs les plus emblématiques et les mieux connus du grand public sont les abeilles (dont l’abeille domestique, les bourdons…), les mouches (syrphes…), les papillons, et de nombreux coléoptères. Certains oiseaux (colibris) ou encore des mammifères (chauves-souris nectarivores) jouent également un rôle important de pollinisateurs durant tout ou partie de leur stade de vie adulte. Sur les d'Angiospermes, 150 voient leur pollen dispersé par l'eau (hydrogamie), par le vent (anémophilie) et près de par la faune (zoogamie), la diversité faunistique des pollinisateurs étant extrêmement élevée ( invertébrés, essentiellement des insectes, et vertébrés, notamment des chauves-souris, oiseaux de type colibri et petits rongeurs).. La reproduction de plus de 90 % des espèces mondiales de plantes à fleurs dépend ainsi des animaux pollinisateurs (zoogamie) et de près de 80 % par des insectes (entomogamie).. Pour une espèce de plante à fleurs donnée, toutes les espèces qui la visitent ne sont pas obligatoirement de bons pollinisateurs : parmi les insectes visitant Rhododendron ferrugineum, de nombreuses espèces (lépidoptères, coléoptères, fourmis chez les hyménoptères, mouches, empidides et volucelles chez les diptères) ne sont pas des vecteurs de pollen efficaces.. En revanche ces mêmes empidides se révèlent être aussi efficaces que les abeilles dans la pollinisation croisée du géranium des bois.
Le nombre et la diversité des pollinisateurs influent fortement sur la biodiversité végétale et inversement, et la perte de diversité chez les pollinisateurs pourrait menacer la pérennité des communautés végétales in (2006) Diverse Pollination Networks Key to Ecosystem Sustainability. PLoS Biol 4(1): e12. doi:10.1371/journal.pbio.0040012 ; article en licence Creative Commons). Une étude de 2016 montre que les rendements agricoles augmentent avec le nombre mais aussi la diversité des pollinisateursLa sécurité alimentaire mondiale impactée par le déficit d’insectes pollinisateurs. : aux côtés de l'abeille domestique, Sciences et Avenir .. Les pollinisateurs sont ainsi une source déterminante pour l’humanité (et pour de très nombreuses autres espèces) de services écosystémiques ; ils contribuent aussi aux processus d’évolution adaptative face à la sélection naturelle et aux changements globaux.
Dans les pays industrialisés et dans les zones d'agriculture industrielle ou consommatrice de pesticides, la plupart des espèces pollinisatrices sont en voie de régression, sont menacées de disparition ou ont localement déjà disparu, ce qui préoccupe notamment les apiculteurs, les écologues et les agriculteurs. Les pollinisateurs sont actuellement gravement menacés, avec un taux d'extinction qui est , selon l'ONU.
Le réchauffement climatique, en réduisant leur période de vol qui s'effectue de façon moins synchronisée, est une menace pour les espèces pollinisatrices.
Sémantique, éléments complémentaires de définition Pour les anglophones, bien que ces termes sont parfois confus, le mot « pollinator » a un sens qui peut différer de celui du mot « pollenizer » (qui est normalement le nom donné à la plante qui est source de pollen).
L'anthécologie est l’étude scientifique de la pollinisation.
Régression ou disparition de nombreuses espèces de pollinisateurs
Le phénomène le plus récent et le mieux connu du grand-public est le « syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles »Vaissière B (2002) Abeilles et pollinisation. Courrier de la nature ; INRA ; Paris ; 24-27., mais la plupart des familles d'insectes pollinisateurs sont victimes depuis les années 1920 d'un effondrement populationnel voire d'extinction d'espèces.
De nombreuses causes de disparition d'espèces d'insectes pollinisateurs ont été identifiées, allant de la destruction des habitats naturels ou semi-naturels, à la perte de leurs ressources naturelles (ressources en fleurs réparties selon les saisons et en quantité suffisante pour répondre à leurs besoins alimentaires) en passant par l'introduction de microbes et/ou parasites (Varroa en particulier pour les abeilles). Les pollinisateurs attirés par les fleurs de bord de route ou de voie ferrée ont aussi plus de chances d’être happés et tués ou mortellement blessés ou pollués par les véhicules.
Il semble qu’une cause de disparition (devenue majeure) soit l'usage croissant de pesticides et en particulier d’insecticides et de désherbants. Ces produits peuvent affecter les insectes, directement ou indirectement, éventuellement sans les tuer par exemple en les désorientant ou en dégradant leur système immunitaireTasei, J. N. (1996). Impact des pesticides sur les Abeilles et les autres pollinisateurs. Le Courrier de l’Environnement de l’INRA, 29, 9-18..
Certains dénoncent ou questionnent une éventuelle dans le domaine de l'agriculture, de l'élevage voire de la sylvicultureBonmatin J. M. (2002) Insecticide et pollinisateurs : une dérive de la chimie ?. Sciences, (2), 42-46.. Cette dérive a pu d'abord passer inaperçue car de nouveaux produits phytosanitaires sont actifs à très faible dose et peuvent présenter - chez l'abeille notamment - une toxicité chronique et sublétale, dès la partie par milliard ou ppb. Des dosages aussi fins n'ont pu être pratiqués en routine par les laboratoires agréés pour ce type de surveillance qu'après 2002, par exemple pour évaluer la teneur de ces pesticides dans les pollens récoltés par les abeilles sur le tournesol ou maïs. Ces effets n'étaient antérieurement pas recherchés dans les protocoles d'études en vue de l'homologation de pesticides, études en outre faites par les producteurs eux-mêmes et généralement non rendues publiques.
Depuis les années 1970, sur tous les continents des scientifiques, agroécologues et jardiniers constatent une aggravation du problème, avec une chute accélérée de l’abondance et de la diversité des pollinisateurs (et de la plupart des prédateurs invertébrés d’insectes), notamment depuis l'apparition d'insecticides systémiquesCharvet, R., Katouzian-Safadi, M., Colin, M. E., Marchand, P. A., & Bonmatin, J. M. (2004), Insecticides systémiques : de nouveaux risques pour les insectes pollinisateurs. In Annales pharmaceutiques françaises (janvier 2004, Vol. 62, , ). Elsevier Masson (résumé). Ce phénomène a connu sa première vague au tout début de la révolution agricole du : Une étude anglaise publiée en 2014, a cherché à rétrospectivement évaluer les variations du taux d'extinction des abeilles et espèces de guêpes pollinisatrices en Grande-Bretagne, du milieu du à nos jours, sur la base d'une analyse de documents d'archives. Cette étude a conclu qu'au Royaume-Uni, la phase la plus rapide de cette extinction semble avoir été liée aux changements à grande échelle des politiques et des pratiques agricoles qui ont suivi la Première Guerre mondiale dans les années 1920, au début de l'industrialisation de l’agriculture, avant même la grande phase d’intensification agricole provoquée par la Seconde Guerre mondiale, souvent citée comme l’explication la plus importante de la perte de biodiversité en Grande-BretagneJeff Ollerton, Hilary Erenler, Mike Edwards, Robin Crockett (2014), Report Extinctions of aculeate pollinators in Britain and the role of large-scale agricultural changes ; Revue Science ; 2014-12-12: Vol. 346 n° 6215 ; pp. 1360-1362 DOI: 10.1126/science.1257259.
Cette même étude a montré que dans les années 1960, alors que d’autres espèces disparaissaient plus vite encore, un certain ralentissement du taux d'extinction de pollinisateurs était observé, peut-être selon les auteurs parce que les espèces les plus sensibles ou vulnérables avaient toutes disparu, et/ou en raison de la mise en place de programmes de conservation des pollinisateurs. En outre les fabricants de pesticides ont peu à peu dû produire les résultats de leurs tests de toxicité faits sur deux groupes d'insectes dits utiles (coccinelles et abeilles domestiques) pour obtenir leurs autorisations de mise sur le marché (AMM). Cependant, la plupart de ces tests n'ont pas porté sur les effets transgénérationnels ni sur les effets synergiques d'une exposition à plusieurs pesticides, ni sur tous les produits de dégradation des principes actifs.
Les effets collatéraux (souvent dits Taseil J.N. (1991) Les effets non intentionnels des pesticides sur les insectes pollinisateurs. Bulletin de la Société zoologique de France, 116, 364. sur les pollinisateurs, des plantes génétiquement modifiées pour produire un insecticide d'une part (et/ou résister à un désherbant total, au détriment des adventicesSimpson, E. C., Norris, C. E., Law, J. R., Thomas, J. E., & Sweet, J. B. (1999). Gene flow in genetically modified herbicide tolerant oilseed rape (Brassica napus) in the UK. Monograph-British Crop Protection Council, 75-81.), et des pesticides systémiques à base d'imidaclopride (dans le groupe des néonicotinoïdes et ) d'autre part, sont également encore source de vives controverses entre l'agroindustrie et les apiculteur. En particulier, bien après la mise sur le marché de l'imidaclopride, Des .