Le bataillon de chasseurs alpins () est une unité militaire dissoute de l'infanterie alpine française (chasseurs alpins) qui participa notamment aux deux conflits mondiaux.

Création et différentes dénominations 1914 : formation, du 3 au à Albertville, du bataillon de chasseurs alpins, à partir du bataillon de chasseurs alpins ; 1919 : dissolution du en mars ; 1939 : nouvelle création du bataillon, comme bataillon de réserve de Série A ; 1940 : dissolution.

Historique des garnisons, campagnes et batailles Première Guerre mondiale Rattachements successifs 28e division d'infanterie d'août à ; 47e division d'infanterie de janvier à ; 46e division d'infanterie, 2e groupe de chasseurs, d' à .

1914 À sa formation, l'effectif du bataillon est de 1 184 hommes (21 officiers, 67 sous-officiers et 1 096 caporaux et chasseurs), comprenant quatre compagnies et une SHR (Section hors-rang). Placé sous le commandement du capitaine Clair..

Actions dans les Vosges Le , le se rend aux Chapieux (Beaufort) afin de remplacer le BCA qui est en poste depuis le début du mois de juillet. Cependant l'l'Italie se positionne neutre en ce début de conflit aussi le a pour ordre de retourner stationner à Albertville et d'y continuer son entrainement.

Le 22 août, le reçoit pour ordre de se diriger à Nayemont-les-Fosses, sur le front vosgien. Le bataillon rentre alors dans la composition de la 56e brigade qui fait partie du 14e corps d'armée.

Le 25 août, le bataillon s'établit en tant que réserve à Denipaire. Cependant, arrivé sur place, de nouveaux ordres sont donnés et le BCA se redirige alors à Launois, hameau du village de Ban-de-Sapt. Il participe jusqu'au à la bataille de La Fontenelle. Après avoir subi des pertes élevées, le bataillon se replie aux Raids de Robache. Le commandement du bataillon passe au capitaine Huot, le capitaine Clair étant blessé durant la bataille.

Du 27 août au , le participe à multiples combats lors de la Bataille de la Haute Meurthe afin de contenir l'armée allemande occupant Saint-Dié. Cette dernière se replie à compter du 11 septembre en raison de sa défaite lors de la Bataille de la Marne. Le bataillon progresse jusqu'au nord de Saint-Dié et regagne le lieu-dit « La Fontenelle » où se fixe la nouvelle ligne de front. Lors de la contre-offensive française qui libère la ville de Saint-Dié, le bataillon retrouve une dizaine de chasseurs disparus depuis le 27 août ; ces derniers se sont cachés dans une cave et ont été aidés par des déodatiens.

Le BCA, le BCA et le intègre la .

Le 14 septembre, le bataillon de chasseurs alpins est relevé par le régiment d'infanterie et le bataillon retourne cantonner à Saint-Dié. Les pertes durant les combats réduisent l'effectif de moitié, passant de 1 184 hommes à 576 (7 officiers et 569 sous-officiers, caporaux et chasseurs).

Actions dans la Somme à Bayon, le bataillon de chasseurs alpins embarque pour la ville de Beauvais où il arrive le 20 septembre. Le bataillon se voit renforcé de 480 soldats (6 officiers et 474 Sous-officiers, caporaux et chasseurs), puis il part en direction d'Hangest-en-Santerre où il arrive trois jours plus tard. alt=Champ de bataille du Bois Étoilé, en 1940.|vignette|Croquis du champ de bataille du Bois Étoilé sur les mêmes lieux en 1914 et 1940.

La brigade dont fait partie le a reçu les ordres d'attaquer Vermandovillers. Le 26 septembre, durant la phase offensive, le bataillon s'empare d'Herleville mais n'arrive pas à atteindre son objectif : se rendre maître du Bois Étoilé. Il passe alors la nuit sur le plateau d'Herleville. Le bataillon est relevé le lendemain afin d'être placé en réserve à l'Est de Framerville.

Dans la nuit du 28 au 29 septembre à Éclusier, le relève le régiment d'infanterie. Il y organise les défenses de la position puis est renvoyé à Framerville le 17 octobre afin d'y participer le même jour à la seconde attaque du Bois Étoilé. La seconde attaque échoue malgré un puissant soutien d'artillerie.

Le 28 octobre, le vient remplacer le bataillon de chasseurs alpins dans le secteur d'Éclusier-Frise. Il participe alors aux travaux d'amélioration de la position jusqu'au 5 novembre. Les pertes durant cette bataille ont été d'environ 200 hommes, blessés et tués.

Le bataillon sera par la suite transféré sur un nouveau front, en Belgique.

Actions en Belgique et Pas-de-Calais Après s'être reposé quelques jours à Morcourt, le bataillon de chasseurs alpins qui entre-temps s'est vu renforcé de 150 chasseurs, embarque le 11 novembre à Marcelcave pour rejoindre Poperinge, en Belgique. Une fois arrivé, il est transféré le 13 novembre à Saint-Éloi, où il relève une partie du régiment d'infanterie.

Durant cette période, le bataillon travaille à perfectionner l'organisation du secteur malgré un terrain argileux qui provoque des inondations répétées dans les tranchées tenues par le bataillon.

Le à 6h du matin, le attaque la ferme de Piccadilly par une charge sur la tranchée allemande notamment effectuée à la baïonnette par la 9e compagnie. L'ennemi s'enfuit sous la surprise de l'attaque et le bataillon fait quelques prisonniers tandis que, sur son flanc, la compagnie est prise par une mitrailleuse et ne peut rejoindre ses camarades de la . Les soldats de la compagnie interrompent l'attaque. Les deux compagnies se retranchent afin de tenir les positions nouvellement acquises.

La réaction allemande ne se fait pas attendre. Durant la nuit, deux contre-attaques doivent en effet être repoussées par le bataillon. Durant la nuit du , les soldats allemands arrivent à investir la tranchée de la , sectionnant ainsi la ligne française. Une compagnie d'arrière-ligne du bataillon essaie en vain de dégager la tranchée envahie.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre, la recule d'une cinquantaine de mètres et tient la position jusqu'à sa relève, le 3 décembre. Les pertes sont de 61 tués, 82 blessés et 53 disparus.

Après un court repos, le bataillon est transféré en Pas-de-Calais, à Frévillers où il arrive le 17 décembre. Il rejoint le groupe composé de plusieurs bataillons de chasseurs alpins sous les ordres du colonel Bordeaux de la division d'infanterie. Le groupe doit participer à l'attaque de Carency-la Targuette et Vimy. Le temps est si exécrable que l'attaque est annulée.

Le bataillon reste séjourner à Frévillers et reçoit le renfort de 8 officiers et 200 hommes. Le 12 janvier 1915, le est réaffecté dans les Vosges.

1915 Actions dans les Vosges Le bataillon de chasseurs alpins est transporté en train jusqu'à la gare Gare de Corcieux - Vanémont, puis se dirige à pied vers le village de Corcieux. Il est affecté à la brigade de chasseurs, commandée par le colonel Brissaud-Desmaillet de la division d'infanterie au sein du détachement d'Armée des Vosges (qui deviendra plus tard la Armée).

Pendant un mois, le est en instruction jusqu'au où il est envoyé dans la vallée de la Fecht pour y contrer une offensive de l'armée allemande.

Lorsque le bataillon arrive au Col de la Schlucht, il passe sous les ordres du colonel Passaga qui commande la 2e brigade de chasseurs. La 9e et 10e compagnies du BCA sont envoyés à Soultzeren sous le commandant du 12e bataillon de chasseurs alpins. Sous le commandement du commandant Huot, les 7e et 8e compagnies se dirigent sur Ampfersbach et le Reîcharkerkopf.

La et compagnie se battent sur les crêtes dominant Eichwald et le plateau d'Imn-Beg tandis que la et compagnie essayent de reprendre le Reîcharkerkopf.

Le 22 février, l'armée allemande s'empare du village de Stosswihr et pénètre dans une des tranchées françaises, via la face sud du village d'Ampfersbach . Les sildats allemands sont cependant rapidement repoussés par une charge à la baïonnette menée par la section Chautemps. Quelques jours plus tard, durant la nuit du 25 février, la totalité du bataillon retourne à Ampfersbach et assume jusqu'à nouvel ordre la défense de ce secteur.

Le , le attaque de nouveau Reichakerkopf afin de se rendre maitre de ce sommet. L'attaque cependant échoue en raison d'un temps épouvantable. Le bataillon se regroupe sur ses positions de départ durant les deux jours suivants.

Le 16 mars, le bataillon reçoit des renforts et il est mis à disposition du colonel Roux qui commande la 4e brigade. Son objectif est toujours de reprendre le sommet du Reicharkerkopf mais les trois tentatives successives du 19, 21 et 23 mars échouent.

Les opérations du Reicharkerkopf et d'Eichwald ont coûté 500 pertes au bataillon chez les sous-officiers, caporaux et chasseurs adont 96 tués, et 9 pertes chez les officiers dont 2 tués.

À partir du , une période de repos et d'occupation commence, en première ligne le qui se disperse dans les secteurs d'Eck, La Croix-le-Prêtre, Souzeren, Tête des Faux, Ampfersbarch, Langenfedlkopf, Baerenkopf. Ces secteurs sont renforcés par le bataillon et restent calmes jusqu'à son départ le 16 juillet 1916.

1916 Le début de l'année 1916 est consacré au repos pour le qui a assumé de nombreux combats durant les deux premières années du conflit. Ce repos se prolonge jusqu'à la journée du durant laquelle la brigade de chasseurs est transportée en train vers Blainville en Meurthe-et-Moselle où elle entame deux semaines d'instruction au « camp de Saffais ».

Actions dans la Somme Le , le arrive dans la zone de Fresnoy-au-Val ; puis est transporté le 13 août à Bouzincourt où il reste jusqu'au 19. Ensuite, le 20 et 21 août, il relève le 54e bataillon de chasseurs alpins à l'Est de Maurepas. Le bataillon (dont fait partie le ) a pour objectif de s'emparer de la cote 121 et du Petit Bois. Le est positionné entre le 1er régiment d'infanterie à sa gauche, et le bataillon de chasseurs alpins à son flanc droit. Les préparatifs de l'opération sont engagés et la maintenance de la tranchée est menée à bien.

Le 24 août à , l'assaut est donné, le , quoique pris à partie à Maurepas par |l'artillerie et les mitrailleuses allemandes, arrive à s'emparer de la tranchée ennemie de la « cote 121 ». Les chasseurs s'y organisent et fortifient leurs positions. Les forces allemandes tentent une contre-attaque dans la matinée du 25, qui est repoussée par l'armée française. Les pertes du bataillon durant la prise de la tranchée sont de 46 tués, 155 blessés et 16 disparus.

Les jours suivant sont consacrés à la fortification et la maintenance des zones conquises jusqu'à la relève du bataillon par le bataillon de chasseurs alpins dans la nuit du 26 au 27 août à l'exception de la compagnie qui participera ultérieurement à une attaque conjointe avec le BCA. Le est au complet le 29 août au matin. Les pertes de ces journées s'élèvent à 17 tués et 40 blessés.vignette|Capitaine Paul Huot, commandant du bataillon de chasseurs alpins, en uniforme.

Le , le bataillon est mis à la disposition du Commandant de la division d'infanterie et, dans la nuit, remplace le bataillon de chasseurs alpins au Bois du Ravin.

Le 3 septembre, le bataillon s'empare de 8 canons et fait de nombreux prisonniers. Ses pertes sont élevées, il est retiré du front et envoyé bivouaquer au « Moulin de Fargny ». Trois jours plus tard, il sera envoyé à Bouzincourt afin que les soldats se reposent jusqu'au 12 septembre.

Plusieurs ordres et contre-ordres déplacent à plusieurs reprises le bataillon sans toutefois l'engager dans les combats. Le est retiré du front le 20 septembre et mis au repos jusqu'au 24 octobre 1916 à la Halte de Maurepas.

Le 24 octobre, le bataillon réintègre la 46e division d'infanterie.

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, devant Sailly-Saillisel, il relève le bataillon de chasseurs alpins. Le va alors être engagé, près de Saint-Pierre-Vast, sur un terrain très accidenté qui subit de fortes pluies depuis plusieurs jours. Les tranchées sont en mauvais état et la pluie rend le terrain difficilement praticable.