Dans la mythologie grecque, le Tartare (en grec ancien ) est un abîme profond, clos dans une triple enceinte d’airain, où sont tourmentés les pécheurs et où sont emprisonnés les Titans. On y accède par un seuil de bronze et une porte de fer.
Dans la cosmogonie grecque primitive, comme dans la Théogonie d'Hésiode, Tartare est un dieu primordial, l'un des premiers êtres aux côtés du Chaos et de Gaïa (la Terre).
Généalogie et famille Selon Hésiode., Tartare a émergé du Chaos primordial après Gaïa (la Terre) et avant Nyx (la nuit).. De son union avec Gaïa, il est le père d'un garçon (Typhon) et d'une fille (Échidna)(Pseudo-) (, 1, 2)..
Hyginus, dans , écrit qu'il est le père du Géant Théodamas Hyginus, Fabulae Praefatio 4 (en latin en anglais)..
Mythe Le Tartare apparaît dans le Gorgias de Platon ( 400 ). C'est une région aride, brumeuse et monotone, avec parfois des étangs glacés, des lacs de soufre ou de poix bouillante entouré d'une rivière de feu. L’endroit est entouré par des fleuves aux eaux boueuses et des marécages à l’odeur nauséabonde qui forment un rempart afin que nulle âme n’échappe à sa peine. La distance du Tartare jusqu’à la surface est égale à celle qui sépare les cieux de la surface. Dans cette vaste région s'élève également le palais d’Hadès, pourvu de nombreuses portes et peuplé d’autels innombrables.
Campé en est originellement la gardienne, elle personnifie le Tartare, l’endroit le plus bas du monde souterrain.
Le Tartare soutient en outre les fondements des terres et des mers.
Tartare (Tartarus chez les Romains) est également un dieu primitif issu du Chaos. Son corps est représenté par la région du Tartare qui abrite les plus grands criminels (exemples similaires : Gaïa, Ouranos, Pontos). Avec Gaïa, il serait le père de Typhon. Selon Apollodore, ils seraient aussi les parents d'Échidna, l'épouse de Typhon..
Chez Homère vignette|Titien, Sisyphe, huile sur toile, 1548-1549, musée du Prado. Dans l’Iliade, Homère mentionne le Tartare à propos des Titans (Vers 13 et 481).. C’est la prison de tous les anciens dieux qui s’étaient opposés aux Olympiens comme les Titans (emprisonnés par Zeus à l’issue de la Titanomachie) et les Géants.
Homère le décrit comme l’endroit le plus profond des Enfers, là où les criminels célèbres reçoivent leur punition (les Danaïdes, Ixion, Sisyphe, Tantale, etc.). Sa profondeur en fait la fondation de l'univers..
Lieu de châtiment Le Tartare passe pour une prison située sous ou dans les Enfers, protégée par un triple rempart d’airain autour duquel coule le Phlégéthon et bouclée par une porte en fer fabriquée par Poséidon. Ceux qui ont péché durant leur vie. (notamment envers les dieux) sont condamnés à y subir des châtiments éternels. Dans son Économique, Xénophon représente Tantale dans les Enfers comme quelqu’un sans cesse tourmenté par la peur de mourir une fois de plus, 21., et Platon fait remarquer dans son dialogue intitulé Gorgias que l’on ne retrouve que des criminels et meurtriers puissants dans le Tartare525e., mais non de simples mortels, si méprisables soient-ils.
Y sont notamment enfermés Tantale, Sisyphe, Ixion, Tityos, les Danaïdes, les Titans., les Hécatonchires (deux fois : une fois par Ouranos puis par son fils Cronos ; après la Titanomachie, Zeus les y renvoie mais cette fois en tant que gardiens) et les Aloades. Les cyclopes y sont aussi enfermés une fois par Ouranos puis libérés par Cronos qui les y remet quand il prend le pouvoir. Finalement, c'est Zeus qui les libère définitivement lors de la Titanomachie.
Les punitions infligées dépendent du crime commis.
Le Tartare est parfois confondu avec les Enfers du christianisme et opposé aux Champs-Elysés qui se rapprochent du Paradis chrétien.
Chez Hésiode Hésiode reprend le sujet : (Théogonie, 119). Alors que chez Homère, l'Hadès et le Tartare sont séparés, chez Hésiode ils sont superposés, et le Tartare très profond : (Théogonie, 720-724).
Selon Hésiode, le Tartare serait un des premiers êtres ayant existé.
Chez Platon vignette|Gravure de d'après un dessin de représentant les trois juges des Enfers (1829). Platon traite du Tartare dans ses mythes eschatologiques : Gorgias 523b, 526b, Phèdre 112a, 112d, 113b, La République, , 616a. C'est un lieu de punition pour les hommes incurablement injustes, jugées par les juges des morts (Rhadamanthe, Éaque et Minos) : (Phédon, 113e)..
Chez les chrétiens Dans le Nouveau Testament., le Tartare est le lieu des anges déchus, ou l'Enfer en général. Apocalypse, 20:1-3 : Deuxième épître de saint Pierre 2:4 :
Dans les arts et la culture populaire
Filmographie
Cinéma
1997 : Dans Hercule, les Titans sont libérés du Tartare par Hadès.
Télévision
Documentaire 2016 : Les Grands Mythes saison 1 épisode 10 Tartare, les damnés de la terre.
Annexes Sources antiques (, 1, 2 ; , 1, 2). (v. 116 et suiv.) (, 15). ().
Bibliographie Pierre Commelin, Mythologie grecque et romaine (1960, Commelin). Edith Hamilton, La Mythologie (éd. Marabout, 1978). Alain Ballabriga, Le Soleil et le Tartare. L'image mythologique du monde en Grèce archaïque, EHESS, 1986.
Articles connexes Champs Élysées Divinités grecques primordiales Enfers grecs
Liens externes
Notes et références
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