vignette Roquemartine est le nom d'un ancien castrum situé sur la commune d'Eyguières (Bouches-du-Rhône). Son château en ruine, appelé « castellas de Roquemartine » ou « château de la Reine Jeanne« L'architecture religieuse médiévale et moderne », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, G. Barruol, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, p. 210. », date des . Il appartenait à la famille d'Albe ou d'Aube. D'aspect extérieur, le château de Roquemartine rappelle le château des Baux. Il se dresse au sommet de hautes falaises dénudées dont les pentes herbeuses sont fréquentées par des troupeaux de moutons« Les paysages et les sites naturels », in Les Alpilles..., N. Dautier, op. cit., p. 30.. En contrebas du château se trouve l'église Saint-Sauveur, qui fut autrefois l'église paroissiale du bourg de Roquemartine et qui fut rattachée à la commune d'Eyguières en 1805.

L'ensemble que constituent le château et l'église forme un paysage original perché sur un éperon qui domine la plaine de Roquemartine. Le site a été inscrit aux monuments historiques en 1926.

Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne I, la communauté de Roquemartine adhère à l’Union d'Aix (1382-1387), soutenant Charles de Duras contre Louis I d'Anjou. Elle fait même partie des plus fidèles et maintient son soutien même après la reddition d’AixGeneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, cartes 417-418 et 419..

En 2022, le Castellas de Roquemartine est choisi pour le département des Bouches-du-Rhône par la Fondation du patrimoine et bénéficie du soutien du Loto du patrimoine pour financer sa restauration et l'ouverture du site au public après sécurisation des ruinesGrégoire Bézie, Loto du Patrimoine : les ruines du Castellas de Roquemartine retenues dans les Bouches-du-Rhône, France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, 15 mars 2022.

Église Saint-Sauveur L'église Saint-Sauveur de Roquemartine ne remonte qu'au , mais un lieu de culte est attesté sur place à la fin du . Deux portes cintrées, l'une au nord, l'autre au sud, permettent d'y entrer. L'ensemble se compose d'une nef à deux travées et d'une abside semi-circulaire. La toiture est faite de dalles et les murs en moellons.

Historique

Le castrum de Roca Martina apparaît dans les textes à la fin du (vers 1096) lorsque ses seigneurs — Raimond, Gérald et Pons — vendent leur part de dîme à l’abbaye Saint-Victor de Marseille, pour financer leur participation à la première croisade.

Au milieu du (entre 1147 et 1162) Raimond Catel cède Roquemartine à Hugues Sacristain. La petite-fille de ce dernier — Porceleta — au début du , l’apporte en dot à Peire de Lambesc. À son décès (1221), ses enfants et petits-enfants héritent de la place. L’année suivante, les armées de Raimond Bérenger V, en pleine reconquête du comté de Provence détruisent le castrum. La place et son péage (Roquemartine contrôlait l’un des principaux passages entre la vallée de la Durance et le sud des Alpilles) sont confiés à un fidèle du comte : Albe (ou Albeta) de Tarascon. Ses droits lui seront confirmés en . C’est à cette famille que l’on doit le château que nous connaissons aujourd’hui (milieu du pour J.P. Nibodeau, milieu pour D. Dieltiens et seconde moitié du pour J. Mesqui).

En juillet 1384, les Tuchins d’Étienne Augier dit Ferrugat prennent, sans difficulté, le château. Cinq ans plus tard, Raimond Roger de Beaufort, vicomte de Turenne) en conflit avec la papauté avignonnaise et le comté de Provence s’empare des Baux et de Roquemartine (après l’avoir incendié). Malgré plusieurs sièges et tentatives de reprise par les milices des États pontificaux, c’est le maréchal Boucicaut en 1399 qui libère la place en achetant ses défenseurs. Le château fortement endommagé fait l’objet de campagnes de restauration et de modernisation : chapelle construite au , fenêtre à meneaux à la fin du , cheminée du logis ouest, canonnière du bâtiment sud.

Au début du le castellas est abandonné au profit du nouveau château de Roquemartine, bâti en plaine.

Élevé en marquisat en 1672, ce domaine appartient aux descendants qui habitent dans la plaine.

Galerie

Notes et références

Voir aussi Liens externes

Site du Château de Roquemartine par l'association Les Amis du Castellas de Roquemartine

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