Un monstre à Paris est un long métrage d'animation français réalisé par Bibo Bergeron, sorti en France le Fiche du film sur le site www.unifrance.org . C'est un film d'animation en images de synthèse utilisant également la technique du cinéma en relief.
Synopsis L'intrigue se déroule à Paris durant la crue de la Seine de 1910. Émile, un timide projectionniste de cinéma, se passionne pour le tournage de films, et est amoureux de sa collaboratrice, Maud, à qui il n'ose cependant avouer ses sentiments. Émile a pour ami Raoul, un livreur et inventeur exubérant, qui se déplace dans un tacot bardé de bricolages improbables et surnommé Catherine. Raoul a pour amie d'enfance Lucille, une chanteuse de cabaret qui se produit à « L'Oiseau rare », le cabaret tenu par sa tante Carlotta. Lucille a du succès et sa tante fait tout pour la pousser dans les bras du préfet de police Victor Maynott, homme riche et puissant, mais dévoré par l'orgueil et l'ambition.
Un soir, Raoul, accompagné par Émile, va faire une livraison dans les grandes serres du Jardin des plantes. En l'absence du professeur botaniste qui y travaille (parti à New York pour une conférence), l'endroit est gardé par son adjoint, un nasique savant nommé Charles. Ravi de cette occasion de fouiner dans le laboratoire du professeur, Raoul déclenche des incidents étranges : une mixture donne à Charles une voix de chanteur d'opéra, un engrais instable fait pousser en un clin d'œil un tournesol géant, sous la caméra d'Émile. Mais, par mégarde, Raoul provoque une explosion. Tout le monde en sort indemne, mais Émile est persuadé d'avoir entrevu une créature monstrueuse. Quelques jours après, en lisant les témoignages terrifiés rapportés par les journaux, les deux amis comprennent avec effroi que la créature existe bien, et qu'ils sont responsables de son apparition.
Le préfet Maynott confie l'enquête à l'inspecteur Pâté, mais entretient à dessein la peur au sein de la population afin de se mettre en avant comme un homme providentiel et de remporter les prochaines élections municipales. Dans le même temps, il tente vainement de séduire Lucille. Lucille, de son côté, cherche sans succès un nouveau musicien pour l'assister. Un soir, elle refuse la candidature d'Albert, qui est serveur à « L'Oiseau rare ». Albert, sortant par la porte de derrière, entrevoit le monstre et tente de se réfugier de nouveau à l'intérieur du cabaret, puis s'enfuit terrifié. Lucille, en lui ouvrant la porte, voit le monstre dissimulé par un manteau et un chapeau abandonnés par un passant horrifié. En apercevant sa véritable apparence, Lucille a d'abord une réaction d'horreur ; puis elle entend le monstre chanter (grâce à la mixture, également prise par Charles) et se rend compte non seulement qu'il n'est pas dangereux mais aussi qu'il possède une voix extraordinaire. Elle accueille alors dans sa loge le monstre, et le baptise Francœur, du nom de la rue où elle l'a trouvé. Francœur n'est autre qu'une puce que l'engrais instable du laboratoire a fait grandir jusqu'à une taille humaine. Le « monstre » se retrouve par hasard sur scène au moment du numéro de Lucille, mais il se révèle être un chanteur et un musicien extraordinaire et le duo remporte un succès éclatant.
Malheureusement, quelques jours après, l'inspecteur Pâté lève la lumière sur les origines du monstre. Émile et Raoul sont arrêtés et conduits devant le préfet, mais celui-ci, dont leur création monstrueuse a servi les intérêts, décide de les récompenser et leur décerne la légion d'honneur. Raoul peut alors s'inviter à « L'Oiseau rare », Lucille lui ayant promis par défi de lui réserver la meilleure table le jour où il recevrait la légion d'honneur. Lucille met Émile et Raoul dans le secret de la véritable identité de Francœur. Mais le préfet, averti par Albert, vient fouiller le cabaret à la recherche du monstre, à la fois pour une récompense et pour se venger de Lucille de ne l’avoir pas choisi pour être sur scène avec elle, et comme il est introuvable, Albert est arrêté pour fausse alerte. Francœur, Émile et Raoul s'échappent de justesse. Quelques jours après, le préfet Maynott inaugure le funiculaire de Montmartre, qui doit desservir la butte Montmartre et la basilique du Sacré-Cœur, dont Lucille chantera pour l’inauguration. Les trois amis, accompagnés du singe Charles, décident de profiter de l'occasion pour mettre en scène la mort du monstre en l'escamotant par une trappe. Mais le préfet Maynott découvre la supercherie et se met en tête d'abattre lui-même le monstre. Une course-poursuite effrénée s'engage à Montmartre, puis dans les rues de Paris et sur la Seine en crue. Elle mène les adversaires, à pied, en funiculaire, puis en voiture et en dirigeable, jusqu'au sommet de la tour Eiffel. Pendant ce temps, Maud, à qui Émile avait enfin eu le courage de donner une lettre sur un rendez-vous, s'est rendue elle aussi à cet endroit, persuadée que la tour Eiffel sur la lettre est le point de rendez-vous puisque Émile a oublié de choisir l’emplacement. Après de nombreux rebondissements, le préfet, devenu fou de mégalomanie et de colère, est arrêté par l'inspecteur Pâté, plus intègre que lui. Émile et Maud tombent dans les bras l'un de l'autre. Mais pendant l'affrontement, les effets de la mixture du professeur se sont dissipés peu à peu, et Francœur, reprenant sa taille d'origine, disparaît. Tout le monde le croit mort, tué par Maynott.
Le soir à « L'Oiseau rare », Lucille est inconsolable après la disparition de Francœur. Raoul la convainc de chanter tout de même, en son nom ; alors qu'elle peine à entonner sa chanson, elle entend une voix fredonner à son oreille : c'est Francœur, caché dans une de ses boucle d’oreille, qui chante toujours. Quelque temps après, le professeur du Jardin des Plantes rentre de voyage, et, lorsque les trois amis lui expliquent la situation, il recompose la mixture capable de redonner à Francœur une taille humaine : Francœur peut continuer à chanter avec Lucille. Peu après, Raoul et Lucille s'avouent leurs sentiments mutuels. Pâté, quant à lui, devient le nouveau préfet de Paris et séduit la tante de Lucille.
Au milieu du générique ; Lucille, Raoul, Émile, Maud, Charles, Francœur, Pâté et Carlotta prennent le dirigeable pour lancer des graines dans la Seine afin de faire pousser des tournesols géants pour diminuer le niveau du crue.
À la fin du générique, on retrouve Albert, un bandit — vu souvent pendant le film avec ses larcins — et l'ancien préfet en prison, tous dans la même cellule. Maynott est agacé par les deux autres, qui chantent insupportablement.
Fiche technique Titre original : Un monstre à Paris Titre anglais : A Monster in Paris Réalisation : Bibo Bergeron Scénario : Bibo Bergeron et Stéphane Kazandjian Musique : -M- et Patrice Renson Storyboard : Bruno Dequier Animation : Bruno Dequier (chef animateur), Christophe Lourdelet (character designer) Décors : François Moret Production : Luc Besson Sociétés de production : Bibo Films, EuropaCorp, uFilm, France 3 Cinéma Société de distribution : EuropaCorp Distribution (France) Genre : Animation, fantastique Budget : 28,22 millions d'eurosLes films français les plus chers de l'année. Page consultée le 22 septembre 2011. Date de sortie : France : Date de sortie DVD :
Distribution (voix) -M- : Francœur Vanessa Paradis : Lucille Gad Elmaleh : Raoul Sébastien Desjours : Émile Petit Ludivine Sagnier : Maud Bruno Salomone : Albert Julie Ferrier : Carlotta François Cluzet : Victor Maynott Philippe Peythieu : le narrateur et l'inspecteur Pâté Sophie Arthuys : madame Omelette, la fleuriste Bernard Métraux : le crieur de journaux, le mari Patricia Piazza : l'épouse Patrick Delage : le policier de garde François Delaive : le journaliste Bibo Bergeron : le vendeur
Production thumbnail|right|Aristide Bruant dans son cabaret, affiche de Toulouse-Lautrec (1892). Le costume de scène de Bruant inspire le déguisement de Francœur dans le film. Le réalisateur Bibo Bergeron conçoit le projet d’Un monstre à Paris dès 1993, lorsqu'il crée son propre studio, Bibo Films, qui produit des séries télévisées et des films publicitaires ; mais il ne lance réellement le projet qu'en 2005, vers la fin de son séjour aux États-Unis, où il a travaillé pour DreamWorks Animation de 1997 à 2005Un monstre à Paris, article de Paul Schmitt sur pixelcreation en octobre 2011. Page consultée le 22 octobre 2011.. Bergeron souhaite réaliser un film à mi chemin entre les grosses productions américaines et les films d'auteur, et veut le réaliser en France en s'appuyant sur sa société Bibo Films. Les premiers éléments de l'histoire à être fixés sont le lieu, Paris, et l'époque, le début du , sur laquelle Bergeron rassemble une abondante documentation ; il a très tôt en tête le principe d'un film proche de la comédie musicale, ainsi que le concept du personnage central, un monstre au grand cœur. Bibo Bergeron rédige seul un premier synopsis du scénario en , puis il le retravaille avec Stéphane Kazandjian ; tous deux parviennent à la première mouture exploitable du scénario à l'été 2006. Dès , Bergeron contacte le chanteur Matthieu Chedid afin de lui demander de composer les chansons du film ; il entre en contact avec Vanessa Paradis peu après, et les deux artistes travaillent ensemble à la composition et à l'enregistrement des chansons.
L'équipe travaille alors à l'univers visuel du film (personnages, décors, accessoires, ambiances de couleur) pendant un an et demi. Bergeron dit avoir été principalement influencé par Franquin pour les graphismes des personnages, et puise son inspiration chez les peintres impressionnistes comme Alfred Sisley pour les ambiances de couleurs et les décors« Un monstre à Paris : dessins », article de Clémentine Gaspard en octobre 2011. Page consultée le 22 octobre 2011.. L'apparence et la gestuelle du monstre et de la chanteuse Lucille s'inspirent respectivement de celles de Matthieu Chedid et de Vanessa Paradis, qui leur prêtent leur voix dans le doublage français. La conception visuelle d'un monstre attendrissant s'avère délicate. Son apparence définitive est le résultat des apports de plusieurs membres de l'équipe : son allure de sauterelle est une idée d'un dessinateur de l'équipe, tandis que Bibo Bergeron a l'idée de s'inspirer du costume du chanteur de cabaret Aristide Bruant pour le déguisement que lui confectionne Lucille.
La recherche de financements pour le film se fait dans le même temps. Le budget d’Un monstre à Paris, 28 millions d'euros, est très important pour une production française, et s'avère donc difficile à boucler. Bergeron doit même mettre le projet en pause pendant neuf mois car il peine à réunir des fonds ; il est heureusement avantagé par son expérience passée chez DreamWorks. La production du film est finalement lancée au début de l'année 2009, et dure jusqu'à la fin . Un monstre à Paris est le troisième film français le plus cher produit en 2010.
Afin de répondre aux exigences du coproducteur EuropaCorp, ce sont les voix anglaises qui sont enregistrées avant l'animation proprement dite, ce qui rend le film plus aisé à vendre dans les pays anglo-saxons ; Bibo Bergeron supervise le choix des comédiens de doublage et l'enregistrement a lieu à Los Angeles. Les voix françaises sont enregistrées une fois le film terminé. Vanessa Paradis est la seule actrice à assurer à la fois la voix anglaise et la française.
L'animation a lieu dans un studio d'animation créé à Montreuil par Bibo Films pour les besoins du projet ; elle mobilise une équipe de 140 personnes. Le storyboard fait l'objet de plusieurs versions ; une fois fixé, il est ensuite respecté rigoureusement au montage, ce qui évite de devoir couper des scènes terminées. Pour l'animation en images de synthèse, les animateurs emploient le logiciel XSI complété par des plugins créés pour les besoins du film.
Le film est distribué par EuropaCorp.
Mélodie