Odeur (en néerlandais Elderen, en wallon Ôdeu) est une section de la commune belge de Crisnée située en Région wallonne dans la province de Liège.
C'était une commune à part entière avant sa fusion en 1964 avec Fize le-Marsal, Kemexhe, Thys et Crisnée pour former une nouvelle entité de Crisnée
Géographie
Généralités Odeur est situé au nord de la route nationale 3, à au nord-ouest de Liège, de Waremme, de Tongres et à de Hollogne-aux-Pierres, limité par la N614 et la N3. Son ancien territoire de confine aux villages de Villers-l'Évêque, Kemexhe, Crisnée et Herstappe. Aujourd'hui, il touche les communes d'Awans et de Tongres ; par son appartenance à l'entité de Crisnée, il voisine avec Oreye et Remicourt.(HER)
Topographie du village Les limites de l'ancienne commune sont de forme presque rectangulaire ; toutefois, un cap se détache au nord qui rattache Odeur plus intimement à Herstappe et aux terres de Villers-l'Évêque, dites elle mere de Naveroule qui dépendaient anciennement de la cour d'Odeur.
Plusieurs routes ont servi de limites à la seigneurie, puis au village : à l'extrême nord, la vôye di Frére ou Franchoise, voie qui gagnait directement Maastricht, formant limite entre les provinces de Liège et de Limbourg, et la vôye di Vilé ; à l'ouest, la Chaussée-verte qui mène de Tongres à Marche-en-Famenne et Arlon (ou vers Bavay, selon certains). le nord du territoire était coupé par l'ancienne grand-route qui allait de Liège à Saint-Trond ou voie réale qu'empruntaient en carrosse les princes-évêques de Liège et qui est devenue un chemin de campagne depuis la création, au sud, vers 1718, de la pavêye de Liège à Bruxelles ; au sud encore, le village était séparé de Kemexhe par un chemin creux, la vôye di Wèstâ, jadis route directe qui allait de Villers-l'Évêque à Fize-le-Marsal.
Le territoire appartient au bassin du Geer et suit une pente orientée sud-nord. Le point culminant () est à l'extrême sud, aux confins d'Odeur, de Kemexhe et de Villers-l'Évêque. Son point le plus bas () se situe en face du bassin d'orage de Crisnée. L'église mesure .
L'agglomération principale se trouve vers le centre du territoire. Un chemin circulaire autour d'une grande mare aujourd'hui comblée forme la place communale bordée des principales fermes.
La création de la grand-route de Liège à Bruxelles (la N3) a donné naissance à un nouveau quartier ; tandis que sur cette même route, en direction de Liège, aux confins de Villers-l'Évêque, des habitations isolées forment le hameau dit â Bouhon. (HER) (CHR.LM)
La grand-route Il y eut d'abord la chaussée, l'actuelle Chaussée-Verte, construite par les Romains au , et qui menait de Cologne à Arlon et Bavai en passant par Tongres, Kemexhe et Huy. Il y eut ensuite la voie royale des princes-évêques qui allait de Liège à Looz et passait au nord du village. Au sud, il en existait deux venant de Liège : l'une menant vers Hannut et l'autre montant la côte d'Ans allait vers Waremme.
Au temps des États de Liège et du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière, les « sieurs Des Brassinnes, Avocat et Paquay, de Beine, furent chargés d'élaborer les plans d'une nouvelle chaussée de Liège à Bruxelles. » De Sainte-Marguerite (altitude ), elle devait grimper jusqu'à Ans-Plateau, soit un dénivelé de . C'était le premier tronçon, le plus difficile.
Ouvrage retentissant car il n'existait que 61 km de routes pavées en Belgique. Pour les travaux, formidables à cette époque, on fait appel aux riverains. Les travaux durèrent six ans. Cette chaussée, pavée, d'où son nom de pavêye, fut créée à hauteur d'Odeur vers 1717. Rectiligne, large de , Napoléon la fit border d'ormes afin de réduire le nombre d'accidents dus à l'éblouissement par le soleil couchant.
Au bout de quelques années, la circulation augmente : Liège envoie sa houille et les produits de ses fabriques, tandis que les commerçants de Hesbaye, Brabant et Campine y circulent transportant farine, fruits, animaux et autres marchandises. Les Odeurois, curieux et qui en ont le loisir, observent ce va-et-vient des charrettes et chariots, diligences et carrosses, voitures des rouliers et messagers. On y installe, des barrières de péage ; celle de Kemexhe-Odeur-Hognoul restera en service jusqu'en 1850.
La grand-route prendra de plus en plus d'importance avec l'avènement de nouveaux moyens de roulage et de transport : camions, voitures automobiles et autres autobus. Le tram à vapeur la longeait et faisait halte à la station d'Odeur, pour les navetteurs oeurois et le transport de marchandises.
Après le roulement alternatif des armées allemandes et alliées en 1914-18 d'abord, puis en 1940-45, la pavêye perdra son nom après son bétonnage de 1956 et sa mise à trois voies. Son dernier avatar est récent : en 1996-97-98, elle est macadamisée, remise à deux voies et on y aménagea sécurité des carrefours d'accès, dont deux à Odeur. En 2000, elle bénéficiera de l'égouttage et d'un nouveau revêtement, de pistes cyclables en 2002 et d'un rond-point en 2003.
Avec la création de l'autoroute E-40 Liège-Bruxelles et extensions, la grand-route a beaucoup perdu de son importance et la circulation est quelque peu réduite ce qui n'empêche pas des accidents spectaculaires.
En 1715, il n'existe en tout que de routes pavées en Belgique ; en 1739, Liège ouvre une route vers Bois-le-Duc, Limbourg hollandais ; en 1754, on établit une chaussée pavée de entre Namur et Louvain ; en 1767, une chaussée est construite vers Verviers et Spa ; en 1783, Liège relié à Herve pour compléter la chaussée Louvain-Aix-la-Chapelle ; enfin en 1789, il existera de chaussées pavées en Belgique.
Le tram Le tram a revêtu, avant la multiplication des voitures, une importance capitale pour les navetteurs qui devaient se rendre par ce moyen en direction de Liège, Waremrne ou Saint-Trond.
La mise en service de ces lignes est le résultat d'une longue aventure jalonnée de démêlés et de conflits entre l'administration et l'initiative privée, lutte qui commence en 1873.
Le , un arrêté royal accorde au sieur Sépulchre, pour une durée de , la concession du chemin de fer à voie métrique Ans-Oreye, avec une extension vers le Charbonnage du Levant situé à Ans-Rocourt.
Les travaux de terrassement commencent au printemps de 1889 et la ligne pourrait être mise en service dès 1890, mais des conflits naissent entre les constructeurs et les entrepreneurs, avec les autorités militaires (proximité du fort de Loncin), si bien que l'ANS-OREYE verra ses travaux retardés, mais l'expérience acquise par plusieurs autres lignes vicinales entrées en service sera mise à profit par l'Ans-Oreye dont les installations et le matériel pourront s'inspirer.
Selon les habitudes de cette époque, on travaille avec esprit d'économie. Quelques terrassements, pratiquement aucun travail de génie civil. La ligne emprunte chaque fois qu'il est possible des chemins ou sentiers déjà tracés.
Beaucoup de spécialistes hesbignons (maçons, plafonneurs, paveurs, ouvriers métallos, etc.) occupés à Liège devaient, faute de moyen de transport adéquat, ou aller prendre le train à Momalle ou à Fexhe et passer les nuits de semaine en ville dans un logement d'occasion. Le tram allait enfin leur permettre de rentrer à la maison chaque soir.
Pour les voyageurs ordinaires aussi, le déplacement à Liège pour faire certaines courses était désormais facile. Le trajet durait alors moins d'une heure jusqu'au terminus de la Place Saint-Lambert. Le ticket coûtait .
Nom du village Odeur ne s'est pas toujours appelé Odeur. Au fil des siècles, son orthographe a bien varié. On en trouve des exemples parmi les anciens textes. En wallon, Odeur est dit Ôdeû, et Odeur est la forme romane du nom aujourd'hui sorti de l'usage, Elderen, nom que portent deux villages limbourgeois contigus : s'Heeren-Elderen et Genoels-Elderen. Pour distinguer cet Elderen-Odeur des deux autres, on l'appelait jadis Odoir-le-Romans (s'Heeren-Elderen étant appelé Odoir-le-Tiexhe). L'homonymie des deux villages a produit de fréquentes confusions, aggravées encore par le fait que la famille de Hamal a fourni des seigneurs à Elderen (Limbourg) et à Othée, église-mère d'Odeur et que les seigneurs d'Othée tenaient en fief une partie de la dîme de notre Odeur.
divergent sur l'origine du nom de ce village. Le savant étymologiste Grandgagnage suppose un Aldorium originel. , syncopé en Ardurum puis dissimulé en Aldurum qui, de survivance éburonne, aurait désigné un ouvrage avancé défendant la place de Tongres. de rapporter le nom d'Odeur à l'époque des Niebelungen et de l'expliquer par Aldrian, père de Hagen sans justifier le passage à Aldor…
Le pluriel de la forme flamande s'explique par l'existence de deux villages limbourgeois, tandis qu'Aldor était le nom de l'ensemble des deux localités; Quelle que soit la forme primitive, il y a déformation par déplacement de l'accent tonique, soit en roman, soit en thiois, mais comment expliquer la syllabe finale longue de ôdeû ? Dans la graphie Odeur (Ôdeû), l' r ne serait-il pas adventice comme dans Tilleur (Tîleû), au contraire d'Angleur où l' r finale est conservée (Ongleûr).
Population
+ Comparaison Année Village Nombre de rues Nombre d'habitants Nombre de maisons 1999 Kemexhe 11 670 247 1996 Fize-le-M 11 543 203 1985 Crisnée 10 569 188 2002 Thys 10 412 163 2004 Odeur 3 3… 118
Évolution de la population
Histoire
La seigneurie Odeur était une seigneurie dépendant de la cour féodale de Liège. Les premiers seigneurs connus appartiennent à la famille chevaleresque de Villers-l'Évêque. Ils s'appelaient Libert ; Liboret est seigneur en 1306. Son fils, Johan de Dois-Villers (Jean de Deux-Villers) n'était pas seigneur de Villers-l'Évêque. Il régnait en 1347 et meurt avant 1374. Sa mère, Marie de Villers, épousa Gilles II Polarde, seigneur d'Odeur en 1359 et 1364, et seigneur d'Odeur et de Remicourt en 1386.
Leur fils, Jean Polarde, cité en 1368, eut une fille Marie qui épousa Jacquemin de Waroux en 1385. Un autre fils, Libert Polarde, seigneur et échevin d'Odeur en 1376 et en 1399, avait épousé Agnès de Roloux. Ils ont eu un fils, Libert d'Odeur, seigneur d'Odeur en 1410, en 1424, en 1437, en 1440. En 1418, est cité le damoiseau d'Odeur, Henricon, homme de fief de l'évêque. Son fils, Jean Polarde est seigneur d'Odeur en 1459 ; il meurt avant 1467.
Un relief de 1467 énumère la maison, appartenant au seigneur.
Un proche parent de ce Jean, Gilles Polarde, est dit seigneur d'Odeur en 1467 ; il épouse Aelis. Le Registre paroissial d'Odeur porte en 1883 : .
La seigneurie est léguée vers 1476 à Arnould de Forvie (), vendue ensuite pour 600 carolus d'or à Thiry de Lynden, époux de Marie d'Elderen (nom de Odeur en Limbourg). Elle passa par mariage dans la famille des de Brandt. Ceux-ci la cèdent, en 1567 à Henry de Berlaymont, dit de Floyon, grand-maïeur de Liège. Vendue de nouveau en 1680 à Jean-Ernest de Surlet, archidiacre de Liège pour , la seigneurie fut léguée par testament de 1713 du baron de Surlet aux de Liedekerke qui la gardèrent jusqu'à la révolution belge.
La prise de possession de la seigneurie est mentionnée avec des détails circonstanciés en 1749 : « Le nouveau seigneur, reçu à l'église, prend d'abord en main la corde de la grosse cloche; introduit dans le chœur, il est mis en possession de la clef du tabernacle. Après le Te Deum, il est conduit dans la salle du greffe de la cour de justice ; les membres de la cour se retirent; le seigneur les fait rappeler, puis ordonne de faire sonner la cloche pour convoquer les habitants aux plaids qu'il préside en personne. »