Praetorians est un jeu vidéo de stratégie en temps réel (STR) se déroulant dans la Rome antique. Il a été développé par Pyro Studios, auteurs de la série Commandos. La version PC fonctionnant sous Windows est publiée par Eidos Interactive en .. Ce jeu, qui se propose de nous faire revivre les grandes batailles de l'Antiquité, tranche complètement avec ce que les développeurs de Pyro Studios faisaient jusque-là. Cela avait notamment pour but de donner un nouvel élan au studio de développement en évitant de se laisser enfermer dans une seule franchise à savoir Commandos, qui est encore aujourd'hui considérée comme une bonne franchise. Ce jeu s'inscrit dans la longue lignée des STR qui avait débuté dans les années 1990 avec notamment Warcraft: Orcs and Humans, développé par Blizzard Entertainment. Toutefois, Praetorians n'aura pas le succès escompté, en effet les ventes ne décollent pas notamment du fait de la sortie quelques mois plus tôt en de Age of Mythology développé par Ensemble Studios. Ce dernier surfant sur le succès de Age of Empires et du désormais très célèbre Age of Empires II: The Age of Kings, véritable canon du genre, emporte la majorité des critiques ce qui éclipse Praetorians du devant de la scène. Face à cet échec, le projet d'une suite est abandonné.

Face à ses concurrents, Praetorians, bien que disposant d'une jouabilité et de graphismes satisfaisants, souffre d'une IA imprévisible et d'une gestion des ressources inexistante. Aux commandes des armées romaines, le joueur doit réaliser différents objectifs au cours de missions qui privilégient le réalisme aux éléments surnaturels d'un Age Of Mythology. Cette relative banalité des mécaniques de jeu ne permettent pas à cette franchise de se démarquer du flot de STR sortis à l'époque. La sortie en de Warcraft III: The Frozen Throne, extension du célèbre Warcraft III: Reign of Chaos développé par Blizzard Entertainment, finira de faire tomber la licence aux oubliettes. Pyro Studios ne se remit jamais vraiment de cet échec commercial et développera encore quelques jeux jusqu'en 2005 pour finir par se consacrer uniquement sur les jeux mobiles.

Univers et mécaniques de jeu Le jeu en mode campagne débute en 58 av. J.-C., il est basé sur les campagnes de Jules César en Gaule et en Britanie mais également sur les batailles de Crassus en Parthie et durant la Guerre Civile. On suit les péripéties de l'armée romaine commandées par Titus Labienus au cœur d'un monde hostile pour tenter d'étendre l'influence de Rome.

À la différence de ces prédécesseurs, Praetorians n'offre pas la possibilité de contrôler individuellement chacune de ses unités. Le joueur contrôle des troupes d'une trentaine d'hommes qui peuvent adopter différentes positions de combat spécifiques de l'unité sélectionnée et de la faction.

Mode de jeu Campagne Le principal mode jeu est le mode campagne, où au début les Romains sont opposés aux Barbares, puis quelquefois aux Égyptiens. Dans la seconde moitié de la campagne, les Romains jouent principalement contre les Romains, car il s'agit de la guerre civile entre Jules César et Pompée le Grand. Le mode campagne comprend trois niveaux de difficulté, et vingt-quatre missions au total (dont quatre missions pour le tutoriel). Avant chaque mission, une vidéo se lance pour expliquer les principaux objectifs de la mission. La campagne fait d'ailleurs beaucoup de référence historique à la vie de Titus Labienus, Quintus Tullius Cicéron ou encore Caius Crastinus, qui sont tous les trois des lieutenants de Jules César.

Missions Tutoriel: I, II, III, IV

5: La traversée de l'Arar

6: Escorte vers Bibracte

7: Défense de la Gaule

8: Division et conquête

9: Une frontière de mille ans

10: Terre perdue dans la brume

11: Cupidité

12: Redoutez les aigles

13: Traîtrise

14: Débâcle

15: Celui qui osa…

16: Havre perdu

17: Guerre de la faim

18: Alea jacta est

19: Guerre dans les montagnes

20: Que la chasse commence

21: La fin de la République

22: La bataille d'Alexandrie

23: Amis et alliés

24: Le dernier combat

Escarmouche Le mode escarmouche permet de lutter avec les trois civilisations que l'on peut choisir parmi les Romains, les Barbares et les Égyptiens (version sans mod) avec jusqu'à sept joueurs contrôlés par l'IA.

Multijoueur En mode multijoueur, avec l'IP ou GameSpy Arcade, on peut jouer jusqu'à 8 joueurs humains ou IA dans différentes cartes qui permettent aux joueurs d'utiliser plusieurs stratégies pour vaincre ses adversaires. On peut également y jouer en équipe, ce qui change les stratégies à adopter pour gagner la partie.

Civilisations Les Romains La période couverte par Praetorians débute en 58 av. J.-C. au moment au Jules César a formé une alliance avec Marcus Crassus, le proconsul romain le plus riche et Pompée, appelé le Grand, le plus célèbre général de Rome. Cette alliance est connue sous le nom de Premier Triumvirat. Leur but est de gouverner l'ensemble du monde connu et au-delà.

La légion romaine avait deux fonctions principales - la première était d'être une "machine à tuer" de précision et la seconde était de construire des ponts, des routes, des fortifications et des armes de sièges - généralement sous le feu ennemi. L'armée romaine était régie par un manuel militaire et un code émis par le Sénat en 102 av. J.-C. : ainsi il était énoncé que lors d'une halte de nuit, il fallait construire un camp fortifié pour une légion et une enceinte fortifiée pour une cohorte ou une centurie lorsque ces dernières se déplaçaient indépendamment. Sur le champ de bataille, la légion devait former 3 lignes, avec sa cavalerie sur chaque flanc et dès que possible, elle devait se positionner en hauteur pour obtenir les avantages d'une meilleure vue sur la bataille, et de l'élan pour charger.

Les tactiques de combat étaient elles aussi très codifiées. Les légionnaires, protégés par un casque et un épais bouclier, devaient attendre que l'ennemi soit à environ de la ligne de front. À ce moment-là, l'ordre leur était donné de lancer le premier javelot appelé pilum, puis une fois l'ennemi surpris par ce déluge de bois et de fer, ils devaient jeter leur second javelot. L'ordre d'avancer leur était ensuite donner avant de ne pas avoir à encaisser l'attaque dans une position statique qui était plus désavantageuse. Au moment du combat, le légionnaire cognait l'ennemi avec son bouclier et tentait de le poignarder avec son épée courte appelée gladius puis il retirait l'épée et recommençait cet enchaînement en continuant d'avancer. Les légionnaires ont été entraîner à viser sous le bras de l'adversaire, à cet endroit une blessure de quelques centimètres suffit pour tuer ou blesser sérieusement l'adversaire. Après une dizaine de minutes, la ligne prend le relais après avoir lancé ses javelots et permet à la de se retirer pour se reposer, panser les plaies des blessés et être réapprovisionnée en javelots. La discipline de fer et l'organisation très hiérarchisée de l'armée romaine ont permis de rendre ce mouvement de remplacement possible et cela à conférer aux Romains un énorme avantage sur leurs ennemis. Cela permet notamment d'expliquer pourquoi des forces romaines souvent en sous-nombre mais très bien dirigées ont pu constamment maintenir en échec des armées beaucoup plus nombreuses.

Même lors d'intenses batailles, les victimes d'une armée victorieuse dans l'Antiquité étaient généralement plutôt légères, tandis que les pertes des vaincus étaient souvent catastrophiques. Cela est particulièrement vrai lors des batailles romaines. Jules César a ainsi engagé une réforme qui obligeait chaque légion à être munie de 30 balistes et catapultes qui permettaient d'infliger d'importants dégâts à l'armée adverse, avant, pendant et après une bataille. Les Romains n'étaient pas très vulnérables face à la cavalerie, en raison notamment de leurs techniques de défense très élaborées : un jet de pilums effectuée par une cohorte suffisait à tuer suffisamment de chevaux pour briser une charge. La cavalerie ennemie n'a réussi qu’occasionnellement à percer les flancs romains: cela s'est produit à Pharsale en 48 av. J.-C., César a été attaqué sur son flanc droit et a répondu avec 6 cohortes armées de piques et de lances de siège qui ont fait des ravages dans les rangs ennemis.

Les armées romaines de la période couverte par Praetorians étaient en plein bouleversement. Moins de 50 ans plus tôt, Gaius Marius, 7 fois Consul de Rome avait changé la composition de la légion en passant d'une formation en damier des centuries utilisant 4 types distincts d'infanterie à un légionnaire unique capable d'exécuter toutes les missions. Toutefois, ces légionnaires étaient encore organisés au sein de centuries de 80 hommes sous le commandement d'un centurion et de son adjoint. Chaque centurie avait son propre étendard, qui avait un rôle très important pour identifier rapidement ces forces sur le champ de bataille. Une légion était formée de 10 cohortes et une cohorte était composée de 6 centuries. La seule exception à cette règle était la , qui était formée de centuries contenant 160 hommes : elle formait la garde prétorienne qui protégeait le commandant de la légion appelé le légat. Une armée était composée de plusieurs légions : Jules César en avait 8 pour sa conquête de la Gaule et il a dû en constituer 6 à partir de rien.

À l'origine, Rome utilisait des armées alliées pour combattre aux côtés de ses légionnaires mais après la conquête totale de l'Italie, la pratique la plus courante était de recruter des cohortes de troupes auxiliaires qui combattaient aux côtés des légionnaires romains et formaient notamment les unités spécialisées telles que les archers ou encore les frondeurs. Les centurions qui commandaient ces cohortes avaient un salaire supérieur et le titre de "préfet". Le centurion était au cœur du fonctionnement de la légion romaine. Chaque légion avait 59 centurions, les 5 centurions de la étaient les plus aguerris et le centurion de la de la appelé primus pilus était l'équivalent d'un sergent-major moderne. Le commandement de la légion était confié à un légat nommé par le Sénat, ce dernier était secondé par 6 tribuns. L'adjoint du légat appelé praefectus castrorum était le centurion le plus gradé. On peut donc voir que tout le contrôle tactique de la légion repose sur l'ordre hiérarchique établi entre les centurions et ceux-ci ont contribué à faire de l'armée romaine la machine de guerre impitoyable craint par tous.

Les Barbares

Les principaux ennemis de Rome durant la période couverte par Praetorians étaient les Celtes et les Germains en Gaule ainsi que les armées d'Égypte et celles de l'Est, de Ponthus et de Parthes. Les Gaulois avaient une aristocratie de guerriers et accordaient une grande importance sur le nombre de têtes qu'un guerrier ramenait du combat. Ils avaient des guerriers, des hacheurs et une très bonne cavalerie. Ils faisaient preuve d'une grande habileté pour harasser leurs ennemis en frappant à l'improviste et très rapidement des unités isolées.