La basilique Notre-Dame de Basse-Wavre ou basilique Notre-Dame de la Paix et de la Concorde est un édifice religieux catholique du sis à Wavre, dans le Brabant wallon en Belgique. Construite là où se trouvait un prieuré du , l'église fut déclarée "basilique mineure" en 1999, eu égard à son rayonnement comme centre de pèlerinage à Notre-Dame. Elle doit son origine au sanctuaire dédié à Notre-Dame de Paix et de Concorde.
Histoire La légende Selon la légende du milieu de - légende écrite au - des paysans de la région entendirent plusieurs fois de "célestes musiques" planant sur les marécages de Basse-Wavre durant la nuit précédant certaines fêtes de la Vierge Marie. Attirés par ce phénomène, ils virent là des anges entourés d'une merveilleuse lumière.
Ils décidèrent de bâtir une chapelle, mais le marécage ne permettant pas la réalisation de ce projet, ils commencèrent la construction sur la colline voisine. Hélas, le lendemain, puis chaque jour suivant, les murs bâtis la veille avaient disparu et, mystérieusement, migré au cœur du marécage! Ils décidèrent donc de veiller la nuit. C'est alors qu'à minuit leur apparut Marie, entourée d'anges, qui déclara : « J'habiterai cette vallée car je l'ai choisie. »
On construisit donc la chapelle dans la vallée. Peu après, ces mêmes habitants découvrirent là une châsse « tellement belle qu'ils la crurent venue du ciel ». Ils la posèrent donc dans la chapelle à la place d'honneur.
Les éléments historiques A la fin du , le comte Henri III de Louvain et son frère, le futur Godefroid Ier, dit le Barbu, créèrent une seigneurie nouvelle dans le domaine rural de Wavre et, voulant favoriser la jeune abbaye d'AffligemSanctuaire Notre-Dame de Paix et de Concorde., fondée près d’Alost, lui concédèrent un domaine dont Basse-Wavre était le centre, où les moines y installèrent un petit prieuré bénédictin, autour de la chapelle libre.
Au , le comte de Louvain propriétaire du lieu, Godefroid le Barbu, revenant de croisade, offrit au sanctuaire marial de Basse-Wavre des reliques ramenées de Palestine qui furent ajoutées au coffre de bois primitif.
En 1152, les moines décidèrent de porter la châsse à Bruxelles dans le quartier des orfèvres pour qu’elle soit recouverte d'argent doré. Ils la déposèrent dans l’église St Nicolas de la Bourse. Il y avait, à cette période, une épidémie de peste qui s'était rapidement propagée, et, naturellement, de nombreux malades vinrent prier devant la châsse. Leurs prières furent exaucées et l’épidémie s’arrêta.
La paix conclue en 1142 après 40 ans de guerres intestines entre les ducs de Brabant et les barons de Grimbergen fut attribuée à la Vierge de Wavre. C’est de cette époque que date le vocable de Marie de paix (Maria pacis), Notre-Dame de Paix et de Concorde donné à Notre-Dame de Basse-Wavre.
Construction de l'église Le sanctuaire roman primitif - un des plus anciens du pays - fut construit en gros moellons, architecture typique des et siècles. Il existe toujours, à gauche du choeur de l'église actuelle. On y entre depuis l'église par une grande arcade ornée d’une grille en fer forgé datant du début du . Le fronton porte les armoiries du donateur.
L’église actuelle fut construite en plusieurs étapes:
d'abord un chœur gothique datant du , construit à droite de la chapelle primitive. ensuite les trois nefs baroques au : la nef de gauche, bâtie dans le prolongement de la chapelle du , datant de 1659 ; la nef centrale et celle de droite datant de 1710. Enfin, l'église présente une tour en briques et pierres bleues millésimée de 1710 et sommée d'une flèche bulbeuse.
La façade-écran de style baroque est en grès ferrugineux. Elle est apposée sur la façade d’origine, jadis surmontée d’un fronton, visible sur une gravure d'époque.
L'église est le seul bâtiment restant du complexe monastique que les moines d'Affligem occupèrent jusqu'en 1797, date à laquelle le prieuré de Basse-Wavre fut supprimé et vendu.
Acquis par les fripiers de Bruxelles, l’édifice échappa à la destruction et fut racheté par P. Fr. X. de Bienne. L’église devint église paroissiale en 1803.
À la suite du rayonnement séculaire du sanctuaire, le pape Jean-Paul II a élevé l’église de Basse-Wavre au rang de basilique mineure en 1999.
Patrimoine
Le mobilier L'église de Basse-Wavre possède des confessionnaux et des stalles datant de la 2e moitié du .
Les lambris dans le chœur et les bancs de communion, de style Louis XV, datent aussi du .
Dans le chœur, au dessus des lambris, 2 peintures :
à gauche : le mariage mystique de Ste Catherine (1650), de l’école de Rubens à droite : l’Adoration des Mages (1760), de Maximilien de Haese.
La châsse La basilique possède aussi une châsse de 1628 - la châsse initiale ayant été détruite lors des troubles religieux à la fin du . C’est une belle pièce d’orfèvrerie de cuivre doré et argent, avec toit à double pente et frontons sur ses 2 côtés. Ses faces sont ornées de 14 médaillons ovoïdes racontant l’origine du sanctuaire et les premiers miracles.
Cette châsse étant liée au culte de la vierge "arche d'alliance", elle est surmontée d'une couronne, comme Notre-Dame de Basse-Wavre. Elle contient des reliques de plus de quarante saints et martyrs, qui y ont été ajoutés au long des années: +Inventaire des saints et bienheureux de la châsseNom du saintplacement dans la châssefragments de la Sainte Croixmoyen-âgecheveux de la Ste Vierge Mariemoyen-âgeSt Joseph (époux de la Vierge Marie) Ste Anne, mère de Mariemoyen-âgeSt Joachim, père de Mariemoyen-âgeSt Jean le Baptiste moyen-âgeSt Pierre et St Paul des Martyrs de la Légion Thébaine17e SSt Nicolas de Myre17e SSte Cécile de Rome17e SSte Aquiline, une des 11000 vierges, compagnes de Ste Ursule17e SSt Eloi, évêque de Noyon17e SSte Barbe17e SSte Wivine de Grand-Bigard17e SSte Begge d%27Andenne17e SSt Albert de Louvain17e SDes martyrs des catacombes: St Clément, St Hilaire, St Maxime, St Victorin, St Faustin, St Magnus, St Jean et Paul, Ste Fauste Un des saints martyrs de Gorcum, aujourd'hui Gorinchem Ste Gertrude de Nivelles1951Ste Lutgarde de Tongres, cofondatrice de l'abbaye d’Aywiers1951St Rombaut1951St Guibert1951St Aybert1951St Placide, martyr en Sicile sous Dioclétien1951St Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars1951St Jean Bosco1951Ste Thérèse de l’Enfant Jésus1951Ste Catherine Labouré1951St Médard1951Ste Alène1951Bhse Marie-Thérèse de Soubiran1951Ste Maria Goretti1957St Mutien-Marie1997St Damien de Molokai1997St François d'Assise2000Ste Julie Billiart2000St Dominique Savio2000Ste Theresa de Calcuta2009St Benoît de Nursie2009Ste Claire d'Assise2009St Jean-Paul II2015Bhse Marie de Jésus St Pierre-Julien Eymard Ste Jeanne Jugan Ste Marguerite Bourgeois
La statue de la vierge Marie thumb|Statue de Notre-Dame de Basse-Wavre L’actuelle statue de Notre-Dame est une statue en chêne de Luc Fayd’herbe, élève de Rubens, réalisée en 1640, dans le style baroque.
Haute de 1m60 et pesant 150 kilos, c'est une madone assise peinte en blanc dès l’origine pour imiter le marbre.
La statue a été couronnée le par le cardinal Goossens, grâce à un bref pontifical du pape Léon XIII daté du . À cette occasion, une parure en or et vermeil fut réalisée par Léopold Firlefijn, orfèvre à Saint-Denis-Westrem, près de Gand. Cette parure est constituée de :
une couronne pour la Vierge : en or 24 carats ornée de pierres, perles, coraux et émaux. Un grand saphir marque le centre du diadème. un sceptre pour la Vierge : en vermeil, orné de motifs de feuillage de lys et de pierres vertes, bleues, roses et des rubis. une couronne pour Jésus : en vermeil, ornée de cristaux de roche, de perles fines, de coraux, de différentes pierres vertes et bleues ainsi que d'émaux. Elle est surmontée d’une boule crucifère. un orbe crucifère pour Jésus : en vermeil, orné d’améthystes, de coraux, de rubis et de pierres bleues. Il est surmonté d’une croix ornée de perles fines. un collier : une double cordelière de fils d’or avec quatre glands. un cœur porté en pendentif par Marie. C'est une pièce bombée, en vermeil. un manteau : en velours pourpre, bordé de galons de fils d’or et orné à l’arrière du monogramme MR brodé en fils d’or sur un fond de velours bleu. un voile en dentelle de Bruxelles
Le trésor de la basilique possède aussi une couronne de la vierge Marie en vermeil ornée de cristaux de roche, datant du milieu du .
Culte Le culte de la vierge à Basse-Wavre remonte au milieu de (voir partie histoire).
Actuellement, chaque , à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception, une procession aux flambeaux se déroule autour de la basilique Notre-Dame et dans les rues avoisinantes.
La châsse de Notre-Dame de Basse-Wavre est une châsse vivante car elle est exceptionnellement, mais périodiquement, ouverte pour y accueillir de nouvelles reliques, comme ce fut le cas en 1951, 1957, 1997, 1999, 2009 et 2015. Tous les 25 ans, à partir de l’année du couronnement de la statue de Notre-Dame, en 1897, l’ouverture de la châsse et l’exposition des reliques se font en suivant une procédure bien établie. D’autres ouvertures exceptionnelles ont eu lieu en 2000 (année jubilaire) et en 2009, pour célébrer le 10e anniversaire de l’élévation de l’église au rang de basilique mineure. Les cérémonies festives d’ouverture de la châsse sont présidées par le Père Abbé de l’abbaye d’Affligem et celles de fermeture par l’évêque du diocèse. La durée de l’exposition des reliques est variable, entre une semaine et un mois selon les circonstances.
À Bruxelles, dans l'église Saint-Nicolas, une chapelle fut érigée en 1486, en l'honneur de « Marie de Paix ». Le retable d'autel est couronné d'une statue et porte l'inscription « A peste fame et bello libera nos Maria Pacis » (« De la peste, de la famine et de la guerre, délivrez-nous, Marie de la Paix »).
En 1625, l'archiduchesse Isabelle fit placer sur la façade de la Maison du Roi, sur la grand'place de Bruxelles, en l'honneur de Notre-Dame de Basse-Wavre, une statue de pierre de la Vierge accompagnée de deux statues de Saints, ainsi que le long de la façade l'inscription « A peste fame et bello libera nos Maria Pacis » (« De la peste, de la famine et de la guerre, délivrez-nous, Marie de la Paix »), et le chronogramme « hIC VotUM paCIs pUbLICæ eLIsabeth ConseCraVIt » (« Ici Élisabeth consacra le vœu de la paix publique »).
Au moyen-âge, on transportait les châsses sur le lieu de conflits ou d'épidémies comme un symbole efficace de paix et une source de guérison. Ainsi, la châsse de Basse-Wavre participait au Tour de Bruxelles qui partait de Basse-Wavre le jour de Pâques, en direction de Rosières, puis Hoeilaart pour arriver à Watermael. De là, elle passait près de l'abbaye de la Cambre pour entrer dans Bruxelles par la porte de Namur (à l'époque Porte du Coudenberg). Elle faisait une halte dans la collégiale des Saints Michel et Gudule pour ensuite s'arrêter dans l'église Saint-Nicolas. Après un séjour indéterminé, elle quittait l'église St Nicolas vers l'église Notre-Dame du Sablon en passant près de la Vieille Halle aux Blés. De là elle passait à l'église Notre-Dame de la Chapelle, puis à celle de Saint-Gilles et à l'abbaye de Forest. Quittant la région bruxelloise, elle retournait à Basse-Wavre en passant par Ruysbroeck, Leeuw-Saint-Pierre, Hal, Lembecq, Wauthier-Braine, Braine-le-Château, Braine-l'Alleud, La Hulpe pour revenir dans son sanctuaire le lundi, 9 jours après pâques. Ce pèlerinage est attesté dès le et s'est arrêté lors des troubles religieux du .. alt=Tableau montrant l'église Saint Quentin avec une procession sortant de l'église en suivant la châsse de Notre-Dame de Basse-Wavre; à l'avant-plan, un prêtre en prière; dans le ciel, la vierge avec des anges portant la châsse.|vignette|Pèlerinage annuel à Notre-Dame de Basse-Wavre, avec l'église St Quentin de Louvain en arrière-plan On conserve aussi à l'église Saint-Quentin de Louvain un tableau datant de 1653 montrant le pèlerinage annuel à Notre-Dame de Basse-Wavre.