vignette|Albert Theisz, fondateur de l'alliance socialiste. L'Alliance socialiste républicaine (ASR) était un parti politique français, crée . L'Alliance socialiste républicaine était un petit parti politique issue des milieux radicaux et communards dans le but d'un rassemblement dans le cadre des élections législatives de 1881. Deux analyses divergentes sont proposées pour cette création. L’ASR pourrait être une organisation de type partidaire créée en opposition ou au moins à côté de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF), avec la complicité active des radicaux. La seconde considère l’ASR comme un malentendu lié à la période électorale.

Historique

C’est dans le contexte du Congrès ouvrier du Havre qui doit parler de la question électorale de 1881, quelques jours seulement avant son ouverture qu’est publié, dans les colonnes de L’Intransigeant et de La Justice, un texte intitulé « Alliance Socialiste Républicaine ». Il vise à influer sur le Congrès et souhaite une alliance entre radicaux et socialistes réformistes pour des avancées concrètes. Georges Clemenceau participe aux réunions qui discutent de la préparation de l’ASR puis de son programme puisqu'il est en lien avec retour des proscrits et déportés communards. Le 9 décembre 1880, c’est chez lui que se réunissent Louis Lucipia, Albert Theisz, Charles Longuet et Jean Versejoux pour adopter « le programme de l’alliance » et ce sont les locaux de La Justice qui leur servent de quartier général. Le parti n'est alors pas totalement anti-FTSF et anti-collectiviste. Presque aucun article sur l'ASR dans La Justice ne parait que très avant août 1881. L'ASR suit une politique de rapprochement des radicaux avec le mouvement ouvrier, représenté ici par les communards. L’objectif des radicaux ne concerne pas la FTSF, mais le camp républicain et il s'agit avant tout d'une alliance électorale avec les militants socialistes.

Le programme de l’ASR est un programme électoral et non un programme général. Il ne cherche pas à établir une autre société mais à présenter un programme d’activités pour les hommes de la législature de 1881. Il n'est pas question de collectivisme mais d'un programme très avancé. Cependant, malgré un programme socialisant, ouvrier, il ne rejoint pas la FTSF.

La raison vient à la rigidité du programme du Havre, tout candidat du parti doit se porter candidat sur le programme de la FTSF. Les candidats de l'ASR ne peuvent suivre ce programme collectiviste et se présentent plutôt avec un programme rédigé en accord avec les radicaux. La rupture est réelle mais sur le fond, les divergences ne vont pas au-delà de celles qui s’expriment au sein de la FTSF. Il faut donc compter avec la position ambiguë des possibilistes concernant le rôle de l’élection. Les premiers membres de l'ASR sont issus des milieux communards ou des milieux radicaux-socialistes de l’entourage de Clemenceau. Ainsi, parmi les 17 militants élus de la Commune qui ont été déportés, il y en a 13 dans l’Alliance et 5 des 6 élus de la Commune qui figurent parmi les premiers signataires se sont prononcés contre le comité de salut public en avril 1871. Certes, les 22 opposants ne se sont pas retrouvés dans l’Alliance mais pour ces hommes, un cadre aussi peu rigide que l’Alliance pouvait être jugé préférable aux structures de la FTSF. L’hypothèse d’un conflit de classe ne tient pas : s’ils sont qualifiés de « bourgeois » par la FTSF, sur 16 candidats de l'ASR, il y a 8 ouvriers, 4 employés et 4 journalistes et hommes de lettres.

Si la naissance de l’ASR ne se voulait pas celle d’un nouveau parti concurrent à la FTSF, il se transforme tout de même en structure partidaire et donc concurrentielle à la FTSF. Cette transformation a lieu lors des choix des candidats pour les élections de 1881 : l’une au sein des groupes de la FTSF, l’autre parmi les proscrits au cas « où l’amnistie plénière sera votée […] ». La naissance de l’Alliance peut être vue comme un moyen de faire pression sur les militants ouvriers qui préparaient le congrès de Marseille. Le rejet de ces militants est grandissant au fur et à mesure que se précisent les candidatures ouvrières au sein de la FTSF au printemps 1881. Les membres de l'ASR s’attèlent dès lors à la création de groupes d’arrondissements reliés entre eux par un comité central. Plus que les divergences de programmes, il semble que ce soit bien la concurrence des hommes et des candidats qui soit à l’origine de la rupture avec la FTSF.

En avril 1881, Charles Amouroux change la nature de l'ASR en explicitant un but unitaire de tous les socialistes. Des querelles de personnes commencent directement à se faire jour en lien avec les radicaux mais aussi entre les tendances socialistes. Les dissentions sont si forte qu'une fois les élections passées, avec des résultats quasi-nuls, l'ASR est mis en sommeil. Elle ne revient qu'en 1884 à l'occasion du scrutin municipal de paris puis en 1885 pour les élections législatives. l'ASR rejette alors officiellement le collectivisme et pour ces dernières élections, l'adjectif « socialiste » disparait, en même temps que l'arrivée de Henri Tolain à la tête du parti. En réalité, beaucoup des éléments ouvriers ont déjà quitté le parti, soit pour rejoindre la tendance radicale de Clemenceau soit pour rejoindre l'un des partis socialistes soit parce qu'ils ont quitté la vie politique. La parti vivote jusqu'à la fin de l'année avant de disparaitre.

Les membres de l'ASR, notamment bon nombre d'anciens communards, se répartiront plus tard entre les autres tendances socialistes et les radicaux-socialistes.

Personnalités membres de l'ASR Albert Theisz (1839-1881) (il fonde l' Alliance socialiste et se présente aux élections dans le Quartier Sainte Marguerite, il est à l'origine d'un socialisme humaniste, proche de Charles Longuet il est un des témoins de mariage ce dernier avec Jenni Caroline Marx en 1872). Charles Amouroux (1843-1885) (ancien secrétaire de la Commune de Paris) Georges Clemenceau François Jourde (1843-1893) (Délégué aux finances de la Commune de Paris, déporté au bagne de Nouvelle-Calédonie, il s'en évade avec Henri Rochefort et P Grousset. Il candidat ASR aux élections municipales de 1881 pour le quartier Saint-Ambroise) Stéphen Pichon Charles Longuet (proudhonien, membre de la Commune de Paris, gendre de Karl Marx). Arthur Arnould (ancien membre de la Commune de Paris) Augustin Avrial

Sources

Site Sinistra.net Edouard Dolleans, Histoire du mouvement ouvrier, Tome 2, 1939 (classiques.uqam.ca).

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