Le comte Joseph Lagrange, né le à Sempesserre près de Lectoure dans le Gers et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, puis un homme politique.
Biographie , Joseph Lagrange est maire de Lectoure en 1791.
Guerres révolutionnaires Il entre en 1794 comme capitaine dans le de volontaires du Gers, fait les campagnes de 1796 et 1797 en Italie, en Carinthie et en Tyrol. Il franchit rapidement les premiers grades et est choisi par le général Bonaparte pour faire partie de l'expédition d'Égypte. Sa conduite et les talents qu'il déploie au début des campagnes d'Égypte et de Syrie lui valent le grade de général de brigade le . Il entre au Caire à la tête de l'avant-garde, se signale particulièrement aux sièges d'El Arish et de Saint-Jean-d'Acre et à la bataille d'Héliopolis.
Au retour de l'expédition d'Egypte, il est nommé inspecteur général de la gendarmerie et général de division, puis commandant de la militaire le . Le , il est fait grand officier de la Légion d'honneur.
Guerres napoléoniennes vignette|gauche|Portrait en 1824 par Michel Martin Drolling. Le général Lagrange est chargé en 1805 du commandement en chef de l'expédition dirigée contre les colonies anglaises des Antilles. Il débarque à la Dominique, fait la garnison prisonnière, s'empare de l'artillerie et du matériel des navires au port et détruit les fortifications et les magasins. De retour en Europe, au commencement de 1806, il est commandant d'une division en Hollande la même année et contribue au succès de la campagne de Prusse sous les ordres du maréchal Mortier contre les troupes de l'électeur de Hesse-Cassel. Il devient ensuite gouverneur de cet électorat. Membre de la commission chargée d'organiser le royaume de Westphalie en 1808, Lagrange passe au service du roi Jérôme Bonaparte qui le nomme ministre de la Guerre et le choisit comme chef d'état-major.
Appelé en 1808 à l'armée d'Espagne, Il participe, lors du soulèvement du Dos de Mayo à Madrid, aux opérations de répression en tant que responsable de l'occupation de la caserne Monteleón. Il se distingue à l'attaque de Lascanti le , poursuit l'ennemi l'épée dans les reins jusqu'à Terracine. Il contribue sous les ordres du maréchal Lannes au gain de la bataille de Tudela où il inflige de grosses pertes à Castaños. Rappelé à l'armée d'Allemagne en 1809, il est chargé du commandement des troupes formant le contingent de Charles , grand-duc de Bade. Il est créé comte de l'Empire le . Chargé du gouvernement général de la Haute-Souabe au commencement de la campagne de Russie en 1812, il est placé à la tête d'une division du corps d'armée et se signale dans toutes les affaires auxquelles sa division prend part. Il passe en 1813 dans le corps du maréchal Marmont, opère contre Hœrtel dans les marais de Bobinsk, se bat à Dresde et à Leipzig. Il se distingue de nouveau pendant la campagne de France (1814), notamment au combat de Lesmont le et à la bataille de Champaubert le , où il est grièvement blessé à la tête.
Carrière parlementaire Retiré près de Gisors à la Première Restauration, il ne prend aucune part aux événements des Cent-Jours. Il préside le collège électoral du Gers en 1817 et est éluPar 513 voix (797 votants, ). le , député du collège de département du Gers. Il siège dans la majorité royaliste, est nommé inspecteur général de la gendarmerie en 1818 et grand-croix de la Légion d'honneur le .
Il est en disponibilité à la révolution de Juillet 1830. Le gouvernement de Louis-Philippe l'appelle à la Chambre des pairs le et l'admet à la retraite comme lieutenant général le . Il siége jusqu'à sa mort à la Chambre haute dans la majorité ministérielle.
Il meurt le . Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Ouest. Son portrait en pied se trouve dans la salle des illustres du musée d'Auch, dans le Gers. En , le nom de « Général Lagrange » a été donné à la caserne de gendarmerie d'Auch.
Titre Comte Lagrange et de l'Empire ().
Distinctions
Légion d'honneur : Légionnaire le , puis, Grand officier le , puis, Grand-croix de la Légion d'honneur le .
Union et postérité Le , il épouse à Paris ( arrondissement) Marie Françoise de Talhouët (1786-1849), fille aînée de Louis Céleste Frédéric de Talhouët-Bonamour (1761-1812), marquis de Talhouët, et d'Élisabeth Françoise Baude de La Vieuville (1764-1814). Ils ont pour enfants :
Napoléon Joseph (1804-1812) ; Caroline Élisabeth (1806-1870), qui épouse en 1824 Louis Alix de Nompère de Champagny (1796-1870), duc de Cadore, fils de Jean-Baptiste Nompère de Champagny, dont postérité ; Mathilde Louise (1809-1873), qui épouse en 1826 Napoléon Bessières (1802-1856) duc d'Istrie, fils du maréchal Bessières ; Émilie Augustine Marie (° - Paris † - Paris ( arrdt)), qui épouse Charles Marie Auguste Ferron (1805-1863), comte de La Ferronnays, dont postérité ; Frédéric Joseph Barthélémy (° - Dangu † - Paris), qui épouse, en premières noces, le à Paris, Hortense Jeanne Augustine Honnorez (° - Mons † - Paris), et, en secondes noces, le à Paris, Émilie de Riquet de Caraman-Chimay (1832-1851), fille du prince Joseph de Riquet de Caraman (1808-1886), sans postérité.
Annexes Bibliographie
L'Expédition aux Antilles du Général Lagrange en 1805 par Paul Jeannin-Naltet. Société Historique du Gers. Trimestre 1982
Notes et références
Articles connexes Histoire de Lectoure Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire
Liens externes
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