La Roche-Guyon est une commune française située dans le département du Val-d'Oise en région Île-de-France.
Situé en contrebas des versants du plateau du Vexin sur la rive droite d’un méandre de la Seine, le village est réputé pour son château, propriété des La Rochefoucauld, dominé par un donjon médiéval.
La commune, labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France (c'est la seule commune francilienne à bénéficier de ce label), est devenue au un centre de villégiature et a vu défiler de nombreuses célébrités des arts et des lettres.
Ses habitants sont appelés les Guyonnais. Géographie Localisation La commune est située dans le sud-ouest du Val-d’Oise, aux confins de l’Île-de-France et de la Normandie, à la jonction des trois départements du Val-d’Oise, des Yvelines et de l’Eure.
Elle se trouve à environ au nord-ouest de Paris et à à l’ouest de Pontoise.
Communes limitrophes
Relief vignette|Le site vu du donjon vers l’amont de la vallée de la Seine. Le village est situé dans le creux d’un méandre de la Seine, sur la rive droite du fleuve, au pied d’une paroi crayeuse escarpée qui délimite le rebord du plateau du Vexin français. C'est le village le plus occidental du département du Val-d’Oise, et la Seine à l’ouest de la commune est le point le plus bas du département à d’altitude (cote moyenne).
Taillé à même la roche, un étroit boyau lance ses 250 marches à l'assaut du donjon dressé depuis près d'un millénaire sur la falaise. La vue donne, au nord, sur le Vexin et ses champs de céréales et en contrebas, sur la Seine qui coule au pied des vieilles demeures à colombage et les boves (maisons troglodytiques)..
Le territoire communal comprend trois parties nettement délimitées par le relief : le fond de la vallée alluviale de la Seine à une altitude variant de au centre du village à sur la rive du fleuve ; c’est là que se trouve la zone habitée, village et château ; le plateau dans la partie nord à une altitude culminant à à l’aplomb du château, se maintenant entre 120 et plus au nord, avec de profondes entailles dues à l’érosion qui a formé des thalwegs tournés vers l’Epte qui coule au nord-est ; cette zone est en grande partie occupée par la forêt régionale de la Roche-Guyon ; entre les deux, le plateau, très découpé, occupe une largeur d’environ pour un dénivelé de 80 à ; il se prolonge vers l’ouest par une crête étroite entre la vallée de la Seine au sud et celle de l’Epte au nord.
L’espace rural comprenant environ pour moitié des bois au nord (le bois de la Roche, forêt communale) et des terres cultivées (essentiellement de la culture céréalière) occupait en 1999 soit 93 % de la surface communale. Parmi les 7 % d’espace urbain (), 45,9 % étaient constitués de zones non bâties, des jardins essentiellement, 27,2 % d’habitat continu bas, 13,2 % d’habitat individuel, 0,4 % de boves (habitat troglodyte) et 13,7 % consacrés aux équipements, essentiellement les parcs de stationnement, et aux transports, surtout la surface occupée par les infrastructures routièresIAURIF - Fiche communale, Mode d’Occupation du Sol (1999)..
Voies de communication et transports vignette|Entrée occidentale du village.
Les communications routières sont assurées par deux routes départementales : la route départementale 913 qui relie Vétheuil à Gasny et traverse le centre du village et la route départementale 100 qui relie Vétheuil à Bonnières-sur-Seine par le plateau ; elle constitue entre Chérence et La Roche-Guyon la « route des crêtes ». Un service de bus (Réseau de bus du Vexin, ligne 95-11) dessert la commune en semaine et assure des correspondances avec les trains en gare de Mantes-la-Jolie.
Un sentier de grande randonnée, le GR 2, traverse le village d’est en ouest. Ce sentier qui suit la rive droite de la Seine entre Dijon et Le Havre arrive dans le village depuis Vétheuil par la crête du plateau. De ce sentier se détache vers le nord le « GR de pays de la vallée de l’Epte » qui traverse la forêt de La Roche-Guyon. La commune est traversée par le parcours de la La Seine à vélo mais ne possède aucune piste cyclable et n’a jamais été traversé par une ligne de chemin de fer.
Ces infrastructures terrestres ont un impact très limité en termes de pollution sonore, la commune n’étant pas concernée par le classement des infrastructures vu son faible trafic routier (moins de par jour)...
Plus aucun pont ne franchit la Seine depuis 1940.
Géologie et risques industriels La géologie de la commune est celle du Vexin français, constitutif du bassin parisien et caractérisé par sa nature sédimentaire.
Le sous-sol comprend plusieurs types de roches superposées. La première est la craie blanche campanienne, la plus ancienne, datant d’environ 80 millions d’années et d’environ quatre-vingts mètres d’épaisseur, qui affleure dans les fonds de vallées. Elle est surmontée par une couche calcaire du Montien (65 millions d’années), pierre à bâtir vexinoise par excellence, puis par les couches d’argile et de sable de l’Yprésien, dont les argiles du Sparnacien, épaisses de cinq à quinze mètres, leur caractère imperméable provoque l’apparition de lignes de sources et rend les fonds de vallées marécageuses. Cette couche est surmontée par le sable du Cuisien, de dix à trente mètres d’épaisseurs.
On trouve ensuite l’importante masse calcaire du Lutétien, d’une épaisseur de vingt à quarante mètres, et qui constitue l’assise du plateau du Vexin. Sa présence explique l’existence de phénomènes karstiques. Les couches du Bartonien qui lui succèdent (40 millions d’années) voient alterner le grès et le sable de l’Auversien, puis le calcaire de Saint-Ouen, et enfin les sables du Marinésien, épais de cinq à trente mètres.
Les diverses couches sédimentaires sont entaillées par les vallées de la Seine et de l’Epte, dont le fond est constitué d’alluvions. Celles visibles à La Roche-Guyon sont anciennes, grossières, riches en graviers, et épaisses de plusieurs dizaines de mètres.
La commune comprend trois sites industriels ou de services. mais aucun site n’est recensé sur la base de données du ministère de l’écologie relative aux sites et sols pollués (ou potentiellement pollués) appelant une action des pouvoirs publics, à titre préventif ou curatif (BASOL)..
Hydrographie et risques naturels vignette|Les quais de Seine.
Le territoire communal est bordé au sud par la Seine sur une longueur d’un peu moins de trois kilomètres. Le fleuve qui était autrefois jalonné de plusieurs îles a été en partie rectifié et canalisé : l’île des Demoiselles à l’est et l’île aux Bœufs à l’ouest ont été réunies à la rive droite.
La situation géographique du village rend la commune particulièrement vulnérable à des risques naturels élevés : toute la plaine alluviale comprenant le village est à risque d’inondation consécutif à une crue de la Seine, et le flanc de plateau la dominant, particulièrement friable, est à haut risque de mouvement de terrainLa Roche-Guyon : Plans de prévention des risques naturels ..
L’eau potable est d’origine souterraineVoir .. Elle est de très bonne qualité bactériologique, peu dure, peu fluorée, contenant peu de pesticides mais à la teneur en nitrates élevée..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ()..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Magnanville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , La Roche-Guyon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...
Toponymie vignette|Carte d’état-major vers 1870. Le nom de la localité est attesté sous les formes latinisées Guido de Roca en 1077, Rupes Guidonis en 1138 - 1144..
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale tardive, comme l'indique la présence de l'article défini, composée des éléments d’oïl la Roche et GuionErnest Nègre, TGF, Librairie Droz 1998, ..
Le mot roche en français est issu d'un prélatin *rocca., parfois traduit par le latin rupes dans les documents rédigés dans cette langue ou latinisé en roca, rocha ou rocca.
Guion est un nom de personne au cas régime de l'ancien français, devenu graphiquement Guyon, ce qui a engendré une disparition de l'ancienne prononciation « gui-on » [giɔ̃]Albert Dauzat (préface de Marie-Thérèse Morlet), Noms et prénoms de France, éditions Larousse 1980, p. 316b sous Guy.. Le cas sujet est Guy et roche signifie par extension « château fort », d'où le sens global de « château fort de Guy ». Château-Gaillard dans le Vexin normand assis sur un site similaire est lui aussi qualifié de château de la Roche ou de la Roque dans les textes, la forme roque s'expliquant par sa situation sur la ligne Joret.
Guy de la Roche est un fidèle vassal du roi Philippe-Auguste. L’anthroponyme Guy est d’origine germanique et généralement latinisé en Guido, parfois en Wido, selon son étymologie germanique.
Histoire Les origines vignette|Le donjon du château. vignette|L'escalier, creusé dans la craie, menant au donjon.
Une villa gallo-romaine existe probablement vers les , mais aucune découverte ne l'atteste, même si le plateau du Vexin est occupé dès la Préhistoire et voit un important réseau de villæ gallo-romaines s'implanter dans le Vexin français, à Rhus ou Genainville en particulier. Aux premiers temps du christianisme, une légende raconte que Pience, veuve du propriétaire du domaine et plus ancien personnage connu de l'histoire de La Roche, rencontre saint Nicaise, l'évangélisateur du Vexin, contemporain de saint Denis. Elle fait alors creuser au lieu de la rencontre un sanctuaire, qui serait la nef ouest de l'actuelle chapelle du château.
Une petite nécropole mérovingienne mise au jour atteste la présence d'une petite communauté humaine durant le haut Moyen Âge8..
Mais c'est le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911 qui place le site de La Roche dans une position stratégique exceptionnelle de frontière face au duché de Normandie, sur la rive droite de l'Epte. Un premier château troglodytique est édifié, vers 1066, pour défendre l'Île-de-France, territoire royal, dans le cadre de la fortification de l'Epte. Il est décrit par Suger en ces termes :
Suger, Vie de Louis VI le Gros, 1125, cité dans La Roche-Guyon, l'un des plus beaux villages de France, ..