Koninklijke Philips N.V., plus connu sous le nom de la société Philips, est une société néerlandaise d'électronique, basée à Amsterdam. Elle fait partie des plus grands groupes en matière d'électroménager, d’équipement médical et d’éclairage au monde. Elle est également propriétaire du club de football du PSV Eindhoven.
En 2016, la société, qui emploie dans plus de cent pays (chiffres 2016), réalise un chiffre d'affaires de d’euros. Philips est organisé en trois activités, chacune d’entre elles correspondant à un domaine d'activité stratégique (DAS) de l’entreprise : (« soins de santé ») : soins et santé ; (« éclairage ») : solutions d’éclairage pour professionnels et particuliers ; et (« mode de vie du consommateur ») : produits grand public.
Histoire Fondation vignette|gauche|Statue d'Anton Philips à Eindhoven.
La société est fondée en 1891 par les frères Gerard (1858-1942) et Anton Philips (1874-1951) à Eindhoven, aux Pays-Bas. Fils de Benjamin Philips, Gérard et Anton sont les petits cousins de Karl Marx par leur grand-mère paternelle, Sophie Pressburg, qui était la tante de Karl Marx. L'entreprise a commencé par produire des lampes à filament de carbone devenant au début du l'un des plus grands fabricants d'Europe. La première manufacture sert aujourd'hui de musée.
1891-1915 Le développement des nouvelles technologies d'éclairage combiné à l'effervescence de la seconde révolution industrielle en Europe conduisent à la création en 1914 du premier laboratoire de recherche Philips. C'est la Light Tower d'Eindhoven, aujourd'hui un des symboles architecturaux de la ville. Cette entité a pour objet l'observation et l'étude des phénomènes physiques et chimiques.
1917-1925
La mise en place du laboratoire de recherche en 1914 a permis une série de découvertes. Ces dernières ont contribué au développement de nouvelles innovations. Ainsi, en 1918, Philips présente son tube à rayons X médical : c'est le début de son implication dans le domaine des systèmes médicaux. Aux États-Unis, la marque de commerce est Norelco.
Au début des années 1920, Philips se lance dans la production de tubes électroniques (ou lampes radio).
1925-1939 En 1925, Philips est impliqué dans les premiers essais des téléviseurs ; un an plus tard, le , on fête la naissance officielle de la télévision. En 1927, l'entreprise se lance dans la production de récepteurs radios. En 1933, elle vend son tube électronique TSF. La même année, Philips, qui a poursuivi ses efforts de recherche en matière médicale, commence sa production d'équipements médicaux de radiologie aux États-Unis.
Philishave vignette|Rasoir Philips. En 1939, le lancement du premier rasoir électrique, le , marque les débuts de la compagnie dans les produits de soins pour hommes.
Seconde Guerre mondiale Pendant la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants de Philips, informés de l'invasion allemande des Pays-Bas le , décident de fuir aux États-Unis, emmenant avec eux une large portion du capital de la compagnie. Ils ont ainsi pu faire fonctionner la compagnie à distance pendant la guerre, l'ayant fait déménager (sur papier) aux Antilles néerlandaises. Après la guerre, Philips revient à Eindhoven, aux Pays-Bas. Beaucoup de centres de recherche avaient été cachés ou cadenassés, de sorte qu'après le retrait des Allemands, Philips peut rapidement reprendre ses activités. Durant les et 1950, la science et la technologie connaissent un essor spectaculaire. Les laboratoires de recherche Philips s'inscrivent dans cette lancée : têtes pivotantes pour les rasoirs, de nombreuses avancées sur les transistors et des circuits intégrés, des contributions au développement de l'enregistrement, de la transmission et de la reproduction des images télévisées.
1950-1960 vignette|gauche|Un émetteur et un récepteur RT-77 d'un AN/GRC-9 des Forces armées portugaises fabriqué par Télécommunications radioélectriques et téléphoniques (T.R.T.) en France à partir de 1953..
Philips lance son label discographique, Philips Records, en juin 1950. avec l'arrivée sur le marché de la première platine de disques électrique. Mais c'est surtout l'apparition, après la guerre, du 33 tours microsillon qui va lancer le label : le , Philips fonde Philips Phonografic Industries dont le siège est à Baarn aux Pays-Bas. Pour la musique populaire, le catalogue de Philips est la reprise quasi intégrale de celui de la Dutch Decca Company. Otto Glastra van Loon est chargé de constituer le catalogue classique qui en quelques années devient très imposant et attire de grands noms, parmi lesquels la pianiste Clara Haskil dont le premier disque chez Philips Phonographic Industries paraît en 1951. Philips devient alors l'un des grands labels de musique classique.
En 1951, Philips rachète la maison de disques Polydor. Jacques Canetti, le directeur artistique de Polydor, y a déjà enregistré les premiers disques d’Edith Piaf, Charles Aznavour, Henri Salvador, Jacqueline François... La proposition de Philips de racheter Polydor est acceptée par tous les artistes qui décident de suivre Canetti. La première à signer chez Philips sera Juliette Gréco. Le jour directeur artistique de Philips, la nuit aux Trois Baudets, Canetti met en place à travers son théâtre une extraordinaire « pépinière de talents » offrant ainsi à Philips une sorte de laboratoire d’art et essai qui donne aux artistes .
C’est l’âge d’or de la chanson française. Plus d'une centaine d'artistes, musiciens, poètes, amuseurs, auteurs, comédiens vont commencer leur prodigieuse carrière chez Philips, avec Canetti. Des auteurs compositeurs interprètes : parmi eux citons, Francis Lemarque, Félix Leclerc, Georges Brassens, Jacques Brel, Guy Béart, Boris Vian, Serge Gainsbourg, Jean-Roger Caussimon, Anne Sylvestre, Boby Lapointe, Agnès Fontaine, Leny Escudero. Des interprètes, tels que Catherine Sauvage, Juliette Gréco, Patachou, Jacqueline François, Marcel Amont, Philippe Clay. Les Frères Jacques enregistreront les premières chansons de Jacques Prévert et les exercices de style de Raymond Queneau. Des humoristes aussi, tels que Pierre Dac, Francis Blanche, Fernand Raynaud, Robert Lamoureux, Raymond Devos, Darry Cowl, Jean Yanne. Des musiciens y commencent leur carrière, notamment Michel Legrand, André Popp, Alain Goraguer. De retour des États-Unis en 1955, Jacques Canetti propose à Boris Vian d'écrire les premiers rocks français qui seront chantés par Henri Salvador, puis par Magali Noël sur des musiques de Michel Legrand et Alain Goraguer. En 1957, il confie à Boris Vian la direction artistique des disques Fontana Records pour développer tout le répertoire jazz et chansons.
Dans le domaine de la littérature, Jacques Canetti « invente » pour Philips la collection « Auteurs du siècle », avec des auteurs prestigieux : Julien Green, Colette, Malraux, Mauriac, Romain Rolland, Pierre Mac Orlan, Jacques Prévert, Georges Simenon. Dans le domaine de la jeunesse, Canetti lance la série « Piccolo, Saxo et Cie » avec André Popp et Jean Broussolle, ainsi qu’un répertoire « jeune public » avec Lucienne Vernay et Les Quatre Barbus.
En 1962, Jacques Canetti démissionne de Philips pour créer son propre label, les Productions Jacques Canetti. Il aura créé, en moins de dix ans, le plus prestigieux catalogue de chansons françaises.
Dans le domaine industriel, Philips prend le contrôle en 1952 en France de la Société Industrielle des Procédés Loth qui est renommée Télécommunications radioélectriques et téléphoniques (T.R.T.) et fabrique entre autres des radios militaires américaines sous licence.
1960-1970 Musique En 1962, on assiste au regroupement des activités musicales de Philips et de Siemens (propriétaire de Deutsche Grammophon depuis 1941). Un an plus tard, l'intérêt de Philips Phonographic Industries pour la musique, du fait de son label, est grandissant. Il lance la cassette audio inventée par Lou Ottens. Le PDG Georges Meyerstein-Maigret, réalise en 1966 le vœu de Georges Brassens, ramener le (12 chansons) au prix de l'ancien (8 chansons), une baisse de 26 % ()Lucien Var, Le disque entre dans l'année 19,95, Les Lettres françaises , du 10 au 16 février 1966, . Ordinateurs Philips fabrique les premiers circuits intégrés d'Europe, au milieu des années 1960. Pour assurer les débouchés, il hésite à se lancer dans la production en série d'ordinateurs. Fin 1967, c'est l'annonce de la création à l'été 1968, une division "Philips Computer Industrie ", spécialisée dans la production d'ordinateurs en vue de leur commercialisation "dans un public plus large" début 1969, avec des circuits intégrés et une "mémoire rapide"Le 9 décembre 1967 dans Le Monde . Puis il rachète en 1968 d'Electrologica et son ordinateur produit aux Pays-Bas"The Growth and Decline of the Semiconductor Industry within the U.K. 1950-1985", thèse de doctorat en Histoire des sciences et de la technologie, par P.R. Morris en 1994 .
Une division Philips Data Systems est fondée aux Pays Bas, dotée d'un nouveau centre d’études et de production à Apeldoorn, pour laquelle Philips chargea la France de développer dans un laboratoire d’électronique à Bobigny, près du laboratoire EDF"Quelques éléments pour une histoire de« Philips Data Systems – France »", par Philippe Denoyelle, dans le Bulletin n°16 de l'Association pour un conservatoire de l'informatique et de la télématique en octobre 2003, le mini-ordinateur P880, en circuits intégrés Philips DTL, cherchant à concurrencer l'IBM 1130. L'équipe est rejointe par des anciens de la CII, dont un responsable du département logiciel civil et Philippe Denoyelle, qui travaille en conception assistée par ordinateur et part en mission de 6 semaines aux États Unis, étudier les techniques de développement CMOS et les possibilités de contrat avec Collins, Fairchild et IBM. Le mini-ordinateur P880 entre en commercialisation en 1970, mais vendu et pas loué, restant dans le domaine industriel, dessin et automatismes. Il "tolere d’assez gros fichiers", permettant de "traiter des bases de données importantes, faire des tris croisés, des analyses factorielles", grâce au logiciel BDP4, de Xavier Debanne,aussi utilisé par les archéologues et les historiens'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Histoire du Pôle informatique de recherche et d'enseignement en histoire qui a permis de lancer en 1972 un programme de traitement automatique des textes, pour créer une base prosopographique d'auteurs médiévaux anglaisLejeune, Edgar. « Textométrie, histoire et ordinateurs dans les années 1970 ». Histoires de mots, édité par Léo Dumont et al., Éditions de la Sorbonne, 2023, . Réputé plus rapide et puissant que con concurrent IBM, il l'a longuement remplacé à la Sorbonne chez les géographes du CNRSSébastien Rey-Coyrehourcq. Une plateforme intégrée pour la construction et l’évaluation de modèles de simulation en géographie. Géographie. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2015 . Produit à l’usine Radiotechnique de Rambouillet, et se décline en gamme P850, P852, P856. En 1974, la division devra fermer juste après la sortie de la France d'Unidata.
En France, le groupe avait déjà créé en avec le professeur Georges-Albert Boutry la Radiotechnique et TRTTélécommunications Radioélectriques et Téléphoniques, cotées en bourse, pour valoriser le laboratoire LEPA, qui inaugure le Limeil-Brévannes, une branche spécialisé dans l'arséniure de gallium, semi-conducteur aux propriétés très prometteuses, en vue du futur premier circuit intégré GaAs.
Circuits intégrés