Le Rire : essai sur la signification du comique est un ouvrage du philosophe Henri Bergson paru le .

Présentation générale

Contenu Comme Bergson le dit dans sa préface de 1924, son essai se concentre plus exactement sur « le rire spécialement provoqué par le comique. » La thèse défendue dans l’ouvrage est que ce qui provoque le rire est le placage de la mécanique sur du vivant. Le rire y est considéré comme une punition de la société envers les êtres qui se laissent aller à la raideur et oublient la souplesse exigée par la vie.

Historique de publication Le livre est composé de trois articles (les trois chapitres) qui avaient précédemment été publiés dans la Revue de ParisClaudine Grammont, Le dessin fauve,1900-1908: quelque chose de plus que la couleur., Musées de Marseille, 2002 - 272 pages : 1 et , . Comme il l'explique dans la préface à l'édition de 1924, l'idée fut de rassembler des articles épars en les arrangeant de telle manière qu'ils eurent du sens.

Thèse

Chapitre I. Du comique en général Dans le premier chapitre, Bergson fait trois observations sur le rire : Il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain. Ainsi, un paysage n’est jamais risible. Un animal est risible lorsque l’on surprend chez lui une attitude ou une expression humaine. Le rire s’accompagne toujours d’une insensibilité ou d’une indifférence : « c’est une anesthésie momentanée du cœur, pendant laquelle l’émotion ou l’affection est mise de côté ; il s’adresse à l’intelligence pure. » Le rire a une signification sociale : il doit répondre à certaines exigences de la vie en commun, le rire étant toujours le rire d’un groupe. Il en résulte, selon Bergson, que « le comique naîtra, semble-t-il, quand des hommes réunis en groupe dirigeront tous leur attention sur un d’entre eux, faisant taire leur sensibilité et exerçant leur seule intelligence. »

Il résume ainsi sa thèse : Chapitre II. Le comique de situation et le comique de mots Bergson définit la comédie comme . Les situations de comédie se font , qui sont certes plus minces à l'âge adulte que dans l'enfance.

La première source du comique de situation est la répétition. Elle peut s'exprimer de manière mécanique : on rit du diable qui sort de la boîte car son ressort fait que lorsqu'on le repousse, il se redéploie rapidement. Ce comique de répétition se retrouve dans les guignols, lorsque le commissaire se fait battre avec une matraque, qu'il se redresse, et est aussitôt aplati par la matraque. Cette répétition peut être verbale, comme dans Le Malade imaginaire, lorsque M. Purgon déverse sur Argan une liste de maladies : .

Le caractère drôle du comique de répétition est paradoxal, car . Ce qui fait rire, c'est que la répétition symbolise : il y a une opposition entre un sentiment comprimé qui se détend, et une idée qui comprime à nouveau. Ainsi, dans Tartuffe, quand Dorine raconte à Orgon la maladie de sa femme, il l'interrompt plusieurs fois pour lui demander : .

La deuxième source du comique de situation est celle du pantin à ficelles. Il s'agit des situations où . Ce type de comique est particulièrement présent dans les Fourberies de Scapin, où Scapin dit : . Nous trouvons l'absence de liberté drôle car .

La troisième source est l'. Il s'agit d'une accumulation, d'un engrenage d'actions involontaires. Ce que l'esprit retient le mieux, en effet, c'est . C'est par exemple la forme du château de carte, , où il suffit d'ébranler une composante pour faire vibrer la deuxième, balancer la troisième, et s'écrouler le reste. Bergson donne l'exemple de Don Quichotte, dans lequel le muletier frappe Sancho Panza, qui frappe Maritorne, sur laquelle tombe l'aubergiste, etc.

Le philosophe remarque que la situation devient plus drôle encore quand l'effet boule de neige finit par se corriger, c'est-à-dire que son mouvement n'est pas rectiligne mais circulaire. En effet, , et cela fait rire. Herbert Spencer a soutenu que le rire est , et Kant disait que .

La quatrième source est la répétition d'une scène, c'est-à-dire d'un ensemble de circonstances. Bergson donne un exemple de la vie commune : . Dans L'École des femmes de Molière, une telle stratégie comique est utilisée : dans un premier temps, Horace raconte à Arnolphe ce qu'il a imaginé pour tromper le tuteur d'Agnès, qui se trouve être Arnolphe lui-même ; dans un deuxième temps, Arnolphe croit avoir paré le coup ; dans un dernier temps, Agnès fait tourner les précautions d'Arnolphe au profit d'Horace.

La répétition d'une scène peut voir sa dimension comique être amplifiée lorsque les scènes qui se répètent sont jouées par des groupes sociaux différents ; par exemple, une première fois par les maîtres, puis par les valets.

La cinquième source est l'inversion. Il s'agit de la stratégie comique de « l'arroseur arrosé » ou du « voleur volé ». Par exemple, dans La Farce du cuvier, une femme exige de son mari qu'il fasse tous les travaux ménagers ; elle a consigné le détail sur une feuille. Mais elle tombe au fond d'une cuve et son mari refuse donc de l'aider car ce n'est pas répertorié sur sa feuille.

La sixième est l', lorsqu'une situation . Le quiproquo en est un genre.

Bergson en vient ensuite au comique de mots.

Chapitre III. Le comique de caractère

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Notes et références

Lien externe

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