Roger Bésus, né le à Bayeux et mort le à Rouen, est un écrivain et sculpteur français.
Biographie Roger Bésus passe son enfance et adolescence au Havre où il arrive à l'âge de 8 ans. Il ajoute à son activité professionnelle d’ingénieur des Travaux Publics d’État, d’abord celle de romancier, puis celle de sculpteur.
Le romancier De 1947 à 1971, il publie dix-huit romans. Son œuvre romanesque a été comparée par Albert Béguin à celle de Georges Bernanos ; elle pourrait aussi être rapprochée de celle de William Faulkner : personnages typiques d’une classe sociale et d’une époque bien précises dont l’analyse est souvent poussée à l’extrême par des dialogues cruels ou par un impitoyable monologue intérieur. Lui-même se réclamait de Dostoïevski .
Comme Faulkner ou Balzac, il a l’ambition de peindre une société totale. Préfaçant - une fois n’est pas coutume - son douzième roman, Pour l’Amour, il indique clairement son but : .
Le sculpteur En 1977, Roger Bésus cesse de publier et se découvre une seconde vocation à laquelle il se donne avec le même sérieux et la même ardeur, tout en continuant de tenir régulièrement son journal. C’est une nouvelle vie. Déjà, en , il écrivait : « ma passion pour la sculpture croit à un point inimaginable. Je me sens sculpteur… » Il s’engagea immédiatement dans la voie de la sculpture figurative, alors tombée en défaveur au profit des compressions d’un César Baldaccini ou des empilements d’un Arman, en un mot de ce qu’il nomme .
Dans sa maison de Bierville dont il a transformé une partie en atelier, « il entre en sculpture, s’engageant dans cette nouvelle carrière comme s’il disposait de l’éternité », écrit son amie et exécutrice testamentaire Evelyne Le Corronc, et les œuvres vont se succéder rapidement : bustes de Christian Dédeyan, de Louis Leprince-Ringuet (1979), de Paul-Émile Victor (qui sera déposé à la base antarctique Dumont d'Urville en Terre Adélie), du colonel Rémy (1981), Ducaud-Bourget (placé dans l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet), La Varende (1987), Lefebvre et bien d’autres.
« Sa sensibilité d'écrivain, remarquait le critique d’art André Ruellan après sa mort, se reporta sur les bustes et les corps dont il capta les expressions et dont il exprima la beauté sans se soucier des modes ou des tendances, mais avec l'honnêteté d'un homme de bien et d'intelligence ».
Roger Bésus est mort à Rouen le . Sur sa tombe, au cimetière de l'Ouest à Bayeux, ont été placés, à sa demande, son autoportrait et l'œuvre qu’il avait intitulée Celle qui ne peut oublier.
Le journal Son Journal - dont il avait d’ailleurs préparé lui-même l’édition - a été publié après sa mort. De 1999 à 2006, sept volumes sont déjà parus, couvrant la période 1958-1972, auxquels est venu s’ajouter, en 2005, le Journal d’un sculpteur. C’est dire que ce Journal forme déjà une somme importante. Les titres choisis - comme À Contre-Courant (1962-1964) ou Exil (1964-1966). - parlent souvent d’eux-mêmes. De plus en plus, Bésus s’enfermera dans un travail solitaire, « noircissant des milliers de pages sans se soucier de savoir s’il aura encore des lecteurs » et dénonçant « le pourrissement d’un monde sans âme, d’une humanité sans amour »Pierre de Boisdeffre : préface de Un Feu d’une seule flamme, Journal (1959 - 1962).. Deux nouveaux volumes de son Journal ont été publiés récemment : La Certitude de vaincre (Journal 1972-73) et L'Amour refusé (Journal 1973-1974). Fin 2009 : parution du du journal La Vie justifiée" (journal 1975-1977). Le lecteur y retrouve ses amitiés et ses admirations : le peintre Michel Ciry, le compositeur Alfred Desenclos, le critique littéraire Jacques Vier, Renée Benoît, la sœur du romancier, Marcel Clément, Jean Guitton, le poète Charles Le Quintrec ou le balzacien Philippe Bertault à qui, en 1957, il dédie Les Abandonnés, son cinquième roman, et bien d’autres. Il faudrait parler aussi de ses détestations, à commencer par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ; Marx et le marxisme - « ne pourrait-on dire, note-t-il le , que Proudhon est à Marx ce qu’est l’homme libre au robot ? » ; le père Teilhard de Chardin et ses épigones ; Edgar Faure, le « fossoyeur de l’éducation ». On y découvrira aussi sa grande sensibilité aux êtres, aux objets, à la nature, à sa Normandie natale, comme lorsqu’il décrit la naissance du jour ou celle du printemps… Fin 2010 : parution du (et dernier) volume du Journal L'Offrande" (journal 1977-1983).
Le collectionneur Roger Bésus possédait une collection d'œuvres d'artistes peintres et graveurs qu'il a pour la plupart côtoyés et où l'on relève les noms de Léonard Bordes, Jean Bréant, Henry E. Burel, Michel Ciry, Marcel Cramoysan, Pierre Dumont, Pierre Duteurtre, Maurice Louvrier, Maximilien Luce, Raymond Quibel, Gaston Sébire, Léon Suzanne, Maurice Vaumousse, Jacques Villon Bruno Roquigny, Saint-Valery-en-Caux, catalogue de la collection et de l'atelier de Roger Bésus, 27 mars 2021..
Œuvres littéraires Romans Un homme pour rien, Arc-en-ciel, 1947 Le Refus, Le Seuil, 1952 Cet homme qui vous aimait, Le Seuil, 1953 Louis Brancourt, Le Seuil, 1955 Le Scandale, La Table Ronde, 1956 Les Abandonnés, La Table Ronde, 1957 Par un autre chemin, Vitte, 1959 La Vie au sérieux, Albin Michel, 1961 (titre initialement envisagé : le jeune homme qui n'était pas d'ici) Un témoin, Albin Michel, 1962 Ceux qui aiment, Albin Michel, 1963 Paris-le-Monde, Albin Michel, 1964 Pour l’Amour, Albin Michel, 1966 La Couleur du gris, Plon, 1967 (transposé au théâtre pour la radio sous le titre Le Gâchis) Le Maître, Plon, 1968 Comprenne qui pourra, Plon, 1969 France-Dernière, Plon, 1971 L’Unique Semence, Plon, 1973 Pourquoi pas ?, Plon, 1974
Théâtre Savonarole (ou que meurent les témoins), Le Seuil, 1954
Essai Léonard Bordes - Quarante ans de peinture, Éditions de la Galerie Menuisement, Rouen, 1953 Barbey d'Aurevilly, Éditions Universitaires, 1957
Journal La Porte du Large (Journal, 1958- 1959), éditions Bertout, Luneray, 1999 Un feu d’une seule flamme (Journal, 1959-1962), éditions Bertout, Luneray, 2001 À contre-courant (Journal, 1962-1964), éditions Bertout, Luneray, 2003 Exil (Journal, 1964- 1966), éditions Bertout, Luneray, 2004 L'Autre Rive (Journal, 1966-1968), éditions Bertout, Luneray, 2004 Journal d’un sculpteur, 1974-1993, éditions Bertout, Luneray, 2005 Les visionnaires ne meurent jamais (Journal, 1968-1970), éditions Bertout, Luneray, 2005 Un fragment d'éternité (Journal 1970-1972), éditions Bertout, Luneray, 2006 La Certitude de vaincre (Journal 1972-1973), éditions Page de Garde, Elbeuf, L'Amour refusé (Journal 1973-1974), éditions Foliotage, La Vie justifiée (Journal 1975-1977), éditions Foliotage, L'Offrande (Journal 1977-1983), éditions Foliotage,
Articles Série d'articles consacrés à des sculpteurs contemporains dans la Revue universelle des faits et des idées. Celui qu'il a consacré au sculpteur Claude Bouscau a été reproduit avec son accord dans le livre Claude Bouscau : sculptures (Association des Amis de Claude Bouscau, 1986).
Prix Grand prix de littérature de la SGDL 1972. Prix Renaissance des arts 1980.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Liens externes
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