vignette|redresse=1.5|Carte géologique de la France au 1/.

La carte géologique de la France est la représentation graphique sous forme de carte de la géologie du territoire français.

Aujourd'hui, la quasi-totalité de la France a été cartographiée au 1/, et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) se lance dans la couverture du territoire à une échelle intermédiaire plus régionale (1/). Parallèlement, le BRGM informatise ces cartes sous la forme d'un système d'information géographique (SIG) et les met gratuitement à disposition sur internet par le biais du portail InfoTerre.

Historique vignette|Carte minéralogique sur la nature du terrain d'une portion de l'Europe, Jean-Étienne Guettard (1746).

: l'idée

Le projet de dresser des cartes géologiques en France est bien antérieur au décret de Napoléon III en date du qui institue le « Service de la carte géologique de la France et des topographies souterraines ».. Un précurseur est à signaler : l'abbé Louis Coulon, qui dans ses rivières de France de 1644 mentionne une distinction entre régions cristallines et régions sédimentaires — mais ne parle pas de carte. Ensuite, la première mention écrite est par le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences Bernard de Fontenelle qui, en 1720 (paru en 1722), conclut son résumé d'un mémoire de Réaumur sur les faluns de Touraine avec ces mots : « Pour parler sûrement sur cette matière, il avoir des espèces de Cartes Géographiques dressées selon toutes les Minières de Coquillages enfouis en terre… » puis il souligne la difficulté pour élaborer une telle carte : « Quelle quantité d'observations ne -il pas, et quel temps pour les avoir ! ».

Ces « quantités d'observations », le très éclectique — et très bien introduit à la cour — Réaumur s'emploie à les rassembler (s'inspirant peut-être de la généralisation des enquêtes à but scientifique en Angleterre). Usant de la protection du Régent Philippe d'Orléans (1674-1723), il réunit un grand nombre d'informations et d'échantillons « de terres, de pierres, d'insectes, de coquilles, etc. » pour en garnir son cabinet d'histoire naturelle : « Chaque semaine, je lui donnais [au régent] des mémoires, où je faisais des questions, tant générales que particulières, par rapport à ce qui se pouvait trouver dans chaque province du royaume. Il envoyait ces mémoires aux intendants qui, pour faire leur cour à un prince si éclairé et si ami des connaissances, mettaient en œuvre dans leurs départements publics, les maires et autres officiers subalternes […] J'ai eu pour faire des collections de tout ce que la France possède dans le règne minéral, des facilités qu'aucun naturaliste n'a jamais euesRéaumur, Lettre du 8 avril 1738 à Louis Bourguet, citée par Louis Favre, Musée neuchâtelois, année, 1866, p. 307-308 (voir ). Référence donnée par . ». Colbert, principal ministre d'État de 1661 à 1683, a rendues courantes les enquêtes par l'administration du royaume avec des questionnaires adressés aux intendants ; la nouveauté introduite par Réaumur est de faire bénéficier l'histoire naturelle des ressources de ce procédé.

: premiers balbutiements

En 1746, le naturaliste Jean-Étienne Guettard publie son Mémoire et carte minéralogique sur la nature & la situation des qui traversent la France et l'Angleterre.. C'est la toute première carte géologique, rudimentaire. : trois "bandes" plus ou moins concentriques, s’étirant du bassin de Paris jusqu’au sud-est de l’Angleterre, correspondent à des terrains sablonneux, marneux ou schisteux..

Le terme géologie apparaît en anglais en 1735 et en français en 1751 ; il devient courant avant la fin du . . .

: D'Halloy, Dufrénoy, Beaumont et les débuts de la carte au 1/ thumb|Carte géologique de la France dessinée par R. Barbot en 1884, gravée par Dalang

En 1808 Cuvier et Brongniart déterminent que les formations successives du bassin de Paris diffèrent principalement par le genre des fossiles quelles renferment. Ils établissent là les bases de la cartographie géologique moderne. Jean-Baptiste Julien d'Omalius d'Halloy esquisse la carte géologique du bassin de Paris et ses environs en 1816 selon Nicklès, en 1822 (Essai de Carte géologique de la France, des Pays-Bas et des contrées voisines) selon Vaslet et al. (carte à l'échelle 1/). En 1855 paraît aussi la carte d'Angleterre de Greenough.. Le projet d'une « grande triangulation ». géologique de la France est alors confié à A. Brochant de Villiers ; Armand Dufrénoy et Léonce Élie de Beaumont, tous deux ingénieurs des Mines, sont chargés de l'exécuter. Villiers, Dufrénoy et Beaumont font un voyage de reconnaissance de six mois en Angleterre, très avancée en la matière ; puis ils commencent leur travail en 1825, dont 6 mois par an sur le terrain jusqu'en 1829, avec Beaumont pour le bassin parisien et les régions à l'est de l'axe Saône-Rhône et Dufrénoy pour l'ouest et sud-ouest. En 1826 Édouard de Billy est adjoint à Dufrénoy et Jean-Philibert Fénéon à Beaumont. Le , Villiers présente un exemplaire colorié à l'Académie des Sciences.. La carte, à l'échelle 1/, est publiée avec un mémoire explicatif en 1842.

Le choix des couleurs qui s'est imposé au est guidé par la couleur des roches dans la nature : étages du Paléozoïque en marron à cause de leurs roches plus sombres ; Trias en rose violacé en raison de la couleur caractéristique des grès du Buntsandstein ; étages du Jurassique en bleu à cause des falaises de calcaire du Jura qui apparaissent généralement bleutées en raison du degré d'oxydation du fer ; étages du Crétacé en vert en raison de la couleur des sables dues à leur richesse en glauconie ; Cénozoïque aux teintes jaunes en raison des sables clairs beiges, crème, jaunes.. Pour les roches magmatiques ou métamorphiques, dont on ne connaît pas directement l'âge, la couleur utilisée figure leur nature pétrographiques (granite, basalte, gneiss...). . À partir de ces conventions françaises, les terrains stratigraphiques sont codés à l'aide d'un système de code couleur internationalement admis au milieu du , la tendance actuelle étant de privilégier un code couleur en fonction de la nature des formations, et non de leur âge..

L'Exposition universelle de 1867 présente 67 cartes géologiques couvrant un vaste secteur entre la Normandie et la Loire à l'échelle 1/80 000. À la suite du succès de cette présentation, Napoléon signe à Biarritz le un décret créant le Service de la carte géologique, chargé de lever et de publier la carte géologique de l'ensemble du territoire français à l'échelle 1/ ; Léonce Élie de Beaumont est à la tête de ce projet. Ce décret entérine la nécessité de centraliser la cartographie géologique de la France, au moins au niveau de la coordination des levers et de l'édition ; et précise que la carte géologique sera exécutée aux frais de l'État.

: la carte au 1/, BRGG, BRGGM, BRGM

. Ce nouveau programme de cartographie comprend cartes pour la France métropolitaine. Elles vont être assemblées par géologues sur 70 ans..

En 1941, sous l'impulsion de Edmond Friedel le gouvernement de Vichy crée le Bureau de recherches géologiques et géophysiques (BRGG). Edmond Friedel en est le directeur, Jean Goguel le directeur adjoint et Louis Guillaume (chef de travaux à la faculté des sciences de Strasbourg) comme ingénieur en chef et assistant. C'est l'ancêtre du BRGM. Il est remplacé en 1953 par le Bureau de recherches géologiques, géophysiques et minières de la France métropolitaine (BRGGM). Le BRGM est créé le . Le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières et le Service de la carte géologique se regroupent en 1968..

État des lieux Ce programme de cartographie a aussi conduit à la publication de plusieurs synthèses au 1/ (plusieurs éditions de la carte de la France : 1889, 1905, 1933, 1955, 1968, 1996, 2003) et au 1/ (couverture incomplète).

La carte géologique actuelle (2011) à 1/e de la France est composée de cartes. Elle résulte de données souvent anciennes.

Évolutions Jean Dercourt expose le problème majeur :

Les différents types de carte géologique en France La carte au 1/

La carte au 1/

La carte au 1/ est la descendante de la carte au 1/. Elle permet une précision accrue de l'information géologique : c'est la carte détaillée.

La carte au 1/

La carte au 1/ est une carte de synthèse régionale : avec sa précision moindre, elle identifie les grandes entités géologiques au niveau régional.

La carte au 1/

La carte au 1/ est la carte de synthèse des connaissances géologiques actuelles de la France et de ses bordures (pays limitrophes et plates-formes sous-marines). C'est le document de référence pour les dix à vingt prochaines années.

La toute dernière édition de cette carte est la révisée qui est parue en 2003, sous la direction de Jean Chantraine, Albert Autran et Claude Cavelier.. Elle est disponible sous les formes papier et numérique (scannée et géoréférencée).

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Articles connexes

Géologie de la France Carte géologique Glossaire de géologie

Lien externe

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