Femme ou Démon () est un western américain parodique réalisé par George Marshall, sorti en 1939, et inscrit sur la liste du National Film Registry en 1996.
Synopsis
Dans une ville de l'Ouest américain où règne la corruption, un shérif-adjoint ennemi de la violence, Tom Destry, entreprend de faire respecter la loi sans tirer un coup de feu. Il rencontre une belle et séduisante chanteuse de saloon, Frenchy, qui va servir sa cause.
Fiche technique Titre original : Titre français : Femme ou Démon ; La Femme sans loi, Et tourne les chevaux de bois (titres alternatifs) Réalisation : George Marshall Scénario : Felix Jackson, Gertrude Purcell et Henry Myers d'après une histoire de Felix Jackson inspirée du roman de Max Brand Production : Joe Pasternak et Islin Auster Direction artistique : et Martin Obzina Décors : Russell A. Gausman Costumes : Vera West (robes) Photographie : Hal Mohr Son : Bernard B. Brown Montage : Milton Carruth Musique : Frank Skinner Chansons : Frank Loesser (paroles) et Friedrich Hollaender (musique) Direction musicale : Charles Previn Société de production et de distribution : Universal Pictures Pays de production : Langues : anglais et russe Format : noir et blanc - 35 mm - 1,37:1 - son : mono (Western Electric Mirrophonic Recording) Genre : western parodique Durée : 94 minutes Dates de sortie : États-Unis : (première à New York), (sortie nationale) France : Destry Rides Again (1939) - Release Info - IMDb. ()Encyclo-ciné Affiches : Constantin Belinsky, Roger Vacher (France)
Distribution
Production Genèse Le producteur de Universal Pictures, Joe Pasternak, rêve de faire tourner James Stewart dans un western, pour le changer de ses rôles dans les films de Frank Capra. Il envisage pour lui un remake du film de 1932, avec Tom Mix, film narrant les aventures d'un fils de shérif revenant venger son père dans une ville de l'Ouest américain. Il montre le film au scénariste Felix Jackson et lui demande de réfléchir à une nouvelle adaptation. Celui-ci lui répond : . Jackson suggère alors d'ajouter une fille dans le scénario, en lui disant de penser à Marlene Dietrich. C'est donc en pensant à elle que Jackson crée le personnage qu'il nomma Frenchy, afin de justifier l'accent de l'actrice en donnant à son personnage des racines européennes.
Le choix des interprètes Les directeurs de la Universal Pictures sont plus que sceptiques quant aux choix des deux acteurs principaux de Destry, d'autant que les studios connaissent une période difficile depuis le milieu des années 1930, et ont même été rachetés par leur principal créancier en 1936.
Néanmoins, les studios finissent par accepter les choix de Pasternak, ce dernier venant de découvrir avec le bonheur que l'on sait l'actrice Deanna Durbin les années précédentes. James Stewart, heureux de tourner dans un western, signe sans hésiter. Dietrich est plus récalcitrante ; elle n'a pourtant pas tourné depuis 1937 et a été parmi les vedettes taxées de poison du box-office la même année. Au cours de l'été 1939, elle prend le soleil au Cap d'Antibes. Maria Riva, sa fille, raconte : .
Le soir même, après avoir pris conseil auprès de son mari et de Josef von Sternberg, elle donna son accord à Pasternak et prépara ses valises pour Hollywood. Sur les conseils de Joseph Kennedy, Charles Feldman devint alors son agent et négocia son contrat, avec un cachet de 75 000 dollars pour son rôle. D'après sa fille, le fait que le film ne repose pas sur ses épaules - mais sur celles de Stewart - lui facilitait les choses, et « dans Destry, Dietrich fut excellente. »
Tournage
Dietrich, avec la costumière Vera West, prépare ses costumes dont une robe de saloon dans laquelle elle fait intégrer un soutien-gorge, (elle s'en souviendra plus tard lors de ses récitals) pour qu'elle puisse bouger à son aise. Avec sa coiffeuse personnelle, Marlene élabore une coiffure de « poule de saloon », avec quantité de fausses mèches blondes en tire-bouchon, « comme Shirley Temple, mais sensuelle. » L'actrice travaille ensuite avec Friedrich Hollander et Frank Loesser qui lui composent notamment The boys in the backroom. Maria Riva, la fille de Marlene, raconte que la publicité autour de ce film pendant son tournage fut importante : « Dietrich faisait de nouveau parler d'elle. On racontait que Destry allait tout casser au box-office. L'alchimie entre ses deux vedettes était décrite comme “torride”, et See What the Boys in the Back Room Will Have, une chanson écrite pour le film, allait certainement faire un succès. Le département Publicité de la Paramount buvait du petit lait. » En effet, depuis 1937, Marlene n'avait pas tourné, les propriétaires américains des salles indépendantes la qualifiant - avec d'autres comme Greta Garbo ou Bette Davis - « d'épouvantail du box-office ». La Paramount, en avait même préféré ne pas renouveler son contrat - alors qu'il prévoyait qu'elle lui devait encore un film - et lui verser deux cent cinquante mille dollars d'indemnité. Le cachet de Dietrich pour ce film sera d'ailleurs de soixante quinze mille dollars, assez peu finalement au regard de ses revenus précédent. La scène dans laquelle Marlene se bat avec l'actrice Una Merkel est anthologique. Le réalisateur préféra pourtant dans un premier temps faire doubler les deux femmes, devant les risques de blessures encourus. Néanmoins, l'énorme publicité qui pouvait ressortir du tournage de cette scène avec Marlene l'emporta, et une infirmerie fut installée près du studio, « au cas où... Marshall cria “coupez” et un tonnerre d'applaudissements éclata. La presse décrivit la scène comme “le plus beau match de boxe depuis Tunney et Dempsey”. »
Critiques
Pour Homer Dickens, Femme ou Démon est « un véritable festival du western avec tout l'arsenal de bagarres, de tueries, de scènes comiques, de clownerie que cela comporte » et il ajoute que ce film « fait figure de classique »Homer Dickens, Marlene Dietrich, éditions Henri Veyrier, 1974, p. 143..
Pour Vincent Pinel, c'est « un western qui mélange joyeusement les genres : action, comédies, chansons, (...) et qui louche hardiment du côté de l'opéretteVincent Pinel, Le Siècle du cinéma, Bordas, 1994, p. 175-177.. »
Pour Alain Paucard, « avec ce western, le genre semble - enfin - rentrer dans l'âge adulte ». Il juge « Stewart excellent », la « photo sublime » et « Marlene égale à elle-même »Alain Paucard, Femme ou Démon dans Jean Tulard (dir.), Guide des films, , p. 1150..
Pour Thierry de Navacelle, « le film est très bien mené, les acteurs parfaitement choisis et l'action soutenue ».
Pour Juliette Michaud, Femme ou Démon est Juliette Michaud, Il était une fois Hollywood, éditions Flammarion, 2013, p. 130.
Autour du film Ce film est un remake d'un western de Tom Mix sorti en 1932. George Marshall tournera à son tour un remake de son film en 1954 intitulé Le NettoyeurJean Tulard, Guide des films, coll. Bouquins, Robert Laffont, tome 2, p. 2078.. Le film est un succès aux États-Unis et permet à Marlene Dietrich de redevenir une actrice de premier plan.. Le film est inscrit sur la liste du National Film Registry en 1996. Marlene Dietrich et James Stewart se retrouveront en 1951 sur le tournage du film Le Voyage fantastique sous la direction d'Henry Koster.
Bibliographie . .
Notes et références
Liens externes
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