Triumph Motor Company est un constructeur automobile anglais aujourd'hui disparu. Les droits de la branche automobile appartiennent à BMW. La branche moto existe toujours (voir Triumph)
La maison fut fondée par Siegfried Bettmann en 1885 sous le nom de S. Bettmann & Co, puis devint Triumph l'année suivante. Bettmann fut ensuite rejoint par Moritz Schulte, un autre citoyen allemand, et la compagnie commença à produire ses propres cycles dès 1889. Les associés ouvrirent également une filiale à Nuremberg qui resta liée à la maison mère jusqu'en 1929.
Histoire
Luxe et tâtonnements Dès 1885, Siegfried Bettmann importait des bicyclettes d'ailleurs en Europe et les vendait à Londres sous son propre label. L'année suivante, son entreprise adopta la marque déposée de Triumph, et en 1887, Moritz Schulte, également Allemand, le rejoignit comme associé. Deux ans plus tard, la compagnie commença à produire ses propres bicyclettes à Coventry, en Angleterre.
En 1902, Triumph commença la fabrication de motocyclettes et c'est seulement deux ans après l'acquisition du constructeur automobile Dawson en 1921 que furent présentés les premiers modèles de voitures. De facture classique, ces modèles n'eurent pas le succès escompté. En 1925, Triumph présenta la première voiture britannique de série équipée de freins hydrauliques Lockheed, la TCP de de cylindrée. En 1933, la nouvelle direction composée du lt-col C.V. Holbrook, de l'ingénieur Donald Healey et du styliste Walter Belgrove mis en production la Gloria à moteurs Coventry Climax de 4 et . Une gamme fut développée : berline, torpédo et versions sportives à deux carburateurs. Mais, le marché de l'automobile traversait une crise liée au krach de 1929, et malgré la qualité de ses produits de plus en plus luxueux et innovants (voitures dotées de lave-glace, direction réglable, phare de marche arrière, double circuit de freinage, graissage automatique du châssis...), le constructeur voyait ses ventes diminuer inexorablement. En 1936, Donald Healey conçut la Dolomite, une voiture de sport ambitieuse inspirée de l'Alfa Romeo 8c 2300. Grâce à son moteur suralimenté à double arbre à cames en tête de (bhp), sa boîte de vitesses à présélection Wilson et ses en pointe, elle pouvait prétendre égaler les meilleures voitures de sport de l'entre-deux guerres. Mais son prix de ne lui permit pas de trouver sa clientèle. De plus en plus en difficulté, Triumph dut la même année se séparer définitivement de sa branche motocyclette. Cela n'empêcha pas la marque de se retrouver sous administration contrôlée durant l'été 1939. Th. W. Wards racheta la société et, pendant la guerre, transforma les installations pour une production militaire (carburateurs d'avion et surtout chasseurs bombardiers Mosquito sous licence De Havilland).
Standardisation
À la fin des hostilités, victime des bombardements allemands sur Coventry, Triumph n'était plus qu'un nom. En 1945, la marque fut revendue à sir John Black, directeur des automobiles Standard. Sir John voulait concurrencer Jaguar (ex Standard-Swallow) à qui il vendait des moteurs depuis les années trente. Les premiers modèles Triumph de l'après-guerre n'offraient pourtant rien de révolutionnaire. La 1800, une berline plus que classique de style razor edge (ailes séparées, caisse haute et malle arrière) mais avec une carrosserie d'aluminium, ne se vendit qu'à en trois ans. Le renouait avec une certaine volonté de produire une voiture sportive, mais ses performances bourgeoises et son style à cheval entre deux époques ne convainquirent que peu de clients. En 1949, dans un souci de standardisation, les modèles Triumph furent équipés de moteurs et de transmissions Standard. L'année suivante, la berline reçut le châssis de la Standard Vangard, elle prit alors le nom de Renown. Un nouveau modèle à caisse autoporteuse (le premier chez Triumph) et au style particulièrement "insulaire", la Mayflower, eut plus de succès sur le marché britannique et se vendit à en quatre années de production. Son nom était une preuve de la volonté de sir John Black de percer sur le marché américain.
Standard fabriquait une gamme de petites berlines nommées Standard Eight et Ten, et travaillait à leur replacement. Le succès de la gamme TR fit que le nom Triumph était plus commercial que le nom Standard, et la nouvelle voiture introduite en 1959 s'appela la Triumph Herald.
Triumph Roadsters
Au salon de l'automobile d'Earl's Court de 1950, Triumph présenta un prototype de voiture de sport équipé d'un moteur et d'une transmission de Vanguard doté notamment d'un overdrive, de phares escamotables et de gadgets électriques (ouverture du capot) ou commandés par la dépression de l'admission du moteur (sièges et antenne de radio). Ce projet fut jugé trop futuriste et la marque prétexta le début de la guerre de Corée pour le remiser après seulement deux exemplaires construits.
Deux ans plus tard, un autre prototype plus simpliste, la 20 TS (appelé parfois TR1), basé sur le châssis d'avant-guerre de la Standard 10 et doté du même moteur que les tracteurs Ferguson allait donner naissance à la lignée de sportives qui seraient le plus grand succès commercial de Triumph (plus de vendus, dont plus de 90 % à l'exportation) les TR, pour Triumph Roadster. Voiture sportive économique, la TR2 se plaçait remarquablement bien dans la gamme des roadsters britanniques vendus sur le marché américain. Plus moderne et plus rapide que la MG TD et nettement meilleur marché que la Jaguar XK 120, la TR2 offrait, avec ses , des performances plus qu'honorables grâce à son moteur de à deux carburateurs SU à dépression constante. En 1956, apparut la TR3 qui reçut l'année suivante des freins à disques à l'avant et qui devint ensuite la TR3 A.
La grande nouveauté survint en 1961 avec la TR4 dessinée par le carrossier italien Giovanni Michelotti et dotée d'un moteur de et d'une boîte de vitesses entièrement synchronisée. Le marché américain, plus conservateur, se réserva la nouvelle version de la TR3 (TR3 B). Le roadster Triumph reçut enfin un pont arrière à roues indépendantes avec la TR4 A IRS (Independante Rear Suspension). Au milieu des années 1960, Triumph présenta sur la TR5 (TR250 aux États-Unis) un nouveau moteur à pourvu d'une injection mécanique Lucas.
La dernière vraie Triumph Roadster fut la TR6 présentée en 1969, restylée par le carrossier allemand Karmann (Michelotti ne pouvant assumer cette tâche à ce moment-là). Mais, les nouvelles normes de sécurité passive introduites aux États-Unis durant les années 1970 poussèrent la direction de la marque à présenter une voiture entièrement nouvelle mais moins rapide, techniquement moins évoluée et surtout équipée d'un toit fixe, la TR7. Une version à moteur V8 Rover suivra, la TR8.
Herald et Spitfire vignette|1960 Triumph Herald Coupé
De 1956 à 1958, la série TR constituait l'essentiel de la production de Triumph. La marque Standard voyait ses ventes stagner à cause du mauvais accueil de ses nouveaux modèles 8 et 10 HP. La direction du groupe décida donc d'investir 2 millions de livres sterling dans le lancement d'un nouveau modèle de voiture de tourisme sous la marque Triumph. Dessinée par Michelotti, la Triumph Herald fut jugée révolutionnaire malgré son châssis séparé. Doté d'un moteur 4 cylindres de , le nouveau modèle innovait par ses suspensions à quatre roues indépendantes, sa direction à crémaillère sans épure de Jeantaud et son capot entièrement basculant vers l'avant. Disponible en coupé et en cabriolet 4 places, elle fut produite jusqu'en 1971. Une version à moteur en ligne de de cylindrée, la Vitesse, fut proposée dès 1962. Le principal défaut de l'Herald venait de sa suspension arrière indépendante à carrossage variable : les arbres de transmission n'étaient articulés que du côté pont, ce qui créait un braquage induit lors des forts appuis en virage. Une solution à ce problème existait chez Triumph (suspension à triangle inférieur), mais pour des raisons de coûts de production, elle ne fut pas appliquée.
En 1962, un roadster rustique basé sur le châssis de l'Herald vint compléter la gamme, la Spitfire. Voiture de sport économique et amusante, elle concurrençait les Austin-Healey Sprite et les MG Midget. Comme la Herald, son moteur évolua en cylindrée pour passer d'abord à () puis à (), finalement, en 1975, la Spitfire hérita du dernier développement de ce bloc moteur qui sera par la suite également utilisé dans la MG Midget. La GT6, une version coupé à moteur de fut présentée en 1966, elle était équipée de la suspension arrière triangulée. La Spitfire et la GT6 furent diffusées sous différentes versions de carrosserie jusqu'en 1981.
Personnalités ayant possédé ou possédant une Triumph Le producteur Johnny Starck qui offrît uneTriumph TR3 à l’occasion des 17 ans de Johnny Hallyday
Philippe Monnet avait une Triumph Herald 1200 de 1961 vendue en 2015 à Nice par Stanislas Machoïr Société de ventes aux enchères Paris Drouot.. Jacques Laffite a une Triumph TR3 Vincent Ferniot, journaliste, chroniqueur gastronomique, comédien, musicien et animateur de Midi en France depuis a eu une Triumph Herald. Serge Gainsbourg et Jane Birkin ont possédé deux GT6 (MK2 et MK3) Plusieurs exemplaires de la Triumph TR4 pour la police ont été mis en circulation au Royaume-Uni.
En 1979, Jean-Pierre Jaussaud remporte le titre de champion de France des voitures de production avec une Triumph Dolomite.̩
Simo Lampinen pilote finlandais de rallye automobile conduira pour Peugeot, Fiat et Triumph.
Films avec une Triumph Dans Alfred Hitchcock Presents, Série télé, 1955-1962 (Triumph TR3A) Dans La Vérité, film français de Henri-Georges Clouzot sorti en 1960, avec Brigitte Bardot et Sami Frey, André Oumansky, qui joue le patron de la boite de nuit, possède une Triumph TR3. Dans La Belle Américaine film français réalisé par Robert Dhéry, sorti en 1961 avec Christian Marin, Jean Carmet, Jean Lefebvre, Louis de Funès, Pierre Tchernia ou Michel Serrault (Triumph TR3A de 1958) Dans Tout l'or du monde film français réalisé par René Clair en 1961 avec Bourvil, Philippe Noiret, Claude Rich ou Michel Modo (Triumph TR3A de 1958). Dans James Bond 007 contre Dr No, Film, 1962 avec Sean Connery (Triumph Herald) Dans Le Gendarme de Saint-Tropez, en 1964 avec Louis de Funès et Michel Galabru (Triumph TR3A) Dans le Disque Compilation Pour danser « Triumph Spitfire » 1964 avec Lucky Blondo, Michel Cogoni, Claude Francois, Aldo Frank, France Gall , Johnny Hallyday , Christine Nerac, Jef Rinaldo Sheila, Les Splectors . Dans Allez France !, Film, 1964 (Triumph Herald 12/50 , Triumph Herald 1200 Estate , Triumph Herald 1200) avec Jean Lefebvre , Jean Carmet , Henri Genès.... Dans les aventures de Michel Vaillant, Série télé, en 1967 (Triumph TR3A)- (Triumph TR4) Dans Opération Tonnerre 1965 avec Sean Connery, Desmond Llewelyn, Adolfo Celi (Triumph Herald 1200 de 1964) Dans The Alfred Hitchcock Hour, Série télé, 1962-1965 (Triumph Herald 1200 de 1961 Convertible) Dans Les Grandes Vacances (film), 1967 (Triumph TR4A - Triumph Herald Saloon) avec Louis de Funès Dans Fantômas contre Scotland Yard, Film, 1967 avec Jean Marais et Louis de Funès (Triumph Herald 1200 Estate) Dans Les Globe-trotters, Série télé, 1966-1968 (Triumph TR3A) Dans la chanson Les Irresistibles My year is a day 1968 (Triumph TR4) . Dans Le Cerveau (1969) (Triumph TR4) avec Jean-Paul Belmondo , Bourvil , David Niven et Eli Wallach Dans Le Clan des Siciliens, Film, 1969 avec Jean Gabin , Lino Ventura et Alain Delon (Triumph Herald 13/60) Dans Le Cercle rouge Film, 1970 avec Bourvil , Alain Delon , Yves Montand (Triumph Herald 1200 Estate) Dans Laisse aller... c'est une valse comédie policière française réalisée par Georges Lautner en 1971 avec Bernard Blier, Mireille Darc, Jean Yanne, Venantino Venantini, Daniel Prévost, Paul Préboist ou encore Coluche (Triumph Herald 1200 de 1964)