La bataille des Plaines d'Abraham s'est déroulée le pendant la guerre de la Conquête à Québec, en Nouvelle-FranceGouvernement du Canada. « Bataille des Plaines d'Abraham », sur le site du Gouvernement du Canada. Consulté le 5 janvier 2013.
http://bataille.ccbn-nbc.gc.ca/fr/bataille-des-plaines-d-abraham/la-bataille.php..
Elle opposa les Français, défendant la ville assiégée, aux Britanniques, attaquants, et se solda par la victoire de ces derniers et la mort des deux généraux commandant la bataille, Montcalm et Wolfe. Elle marque le début de la Conquête britannique du Canada en Nouvelle-France.
Contexte
La bataille de Beauport, une tentative britannique de mettre à terre sur la rive nord du fleuve vis-à-vis de la chute Montmorency, à l'est de Beauport, échoue le .
La bataille des Plaines d'Abraham se déroule le dans le cadre du siège de Québec qui débute le avec l'arrivée, devant la ville, de la flotte britannique du vice-amiral Charles Saunders, parti de Louisbourg le .
La flotte comprend 49 navires de guerre armés de canons et ayant à leur bord d'équipage. La force de débarquement consiste en une armée de britanniques ( réguliers britanniques, réguliers des colonies) et plusieurs pièces d'artillerie.
Avant la bataille Le blé de Montréal Les provisions de vivres entreposées à Québec commencent à manquer à la fin du mois de . Il devient donc nécessaire d'entamer les réserves de l'entrepôt de Batiscan à environ à l'ouest de Québec.. Pour éviter l'escadre commandée par le contre-amiral Charles Holmes, le munitionnaire Joseph-Michel Cadet fait transporter sept cents barils de farine et de lard salé sur le Chemin du Roy. Les 271 chariots du convoi qui partent de Batiscan le sont conduits par des femmes, des enfants et des vieillards sous escorte. Le ravitaillement arrive à destination le .. Un deuxième convoi livré par voie terrestre part le et arrive le . Cependant, le chemin est mauvais en raison des fortes pluies et le transport terrestre est abandonné car il est jugé trop lent. Malgré le risque, on décide de transporter les vivres par bateaux sur le Saint-Laurent. Le dernier ravitaillement de provisions en provenance des entrepôts de Batiscan arrive à Québec en deux convois transportés par bateaux les et . Les réserves de vivres suffiront pour tenir jusqu'à la mi-MacLeod, . Les entrepôts de Batiscan sont alors vides et il faut se tourner vers la nature. Les campagnes de Québec ayant été ravagées par les soldats britanniques, les colons français se dirigent vers Montréal.
La récolte de blé de 1759 est excellente dans Montréal, mais tous les hommes sont au front et il n'y a pratiquement plus que des enfants, des femmes et des vieillards pour la récolte. Le gouverneur de Montréal dépêche un détachement de 600 miliciens stationnés à La Prairie pour aider aux moissons.. François Gaston de Lévis ajoute 300 miliciens et 100 membres réguliers provenant de ses troupes et exhorte la population des villes à soutenir l'effort de guerre en allant aider aux champs. Le , Vaudreuil ordonne d'omettre de bluter la farine pour accélérer la production et éviter toute perte.
Le , Louis-Joseph de Montcalm fait réduire les rations de pain : un quart de moins aux soldats et milices et moitié moins aux civils. Cette décision permettra aux vivres de durer cinq jours de plus.. Le , un senau qui transporte du blé et de la farine de Montréal arrive là où l'attend Cadet, à de Québec. Il fait transborder la marchandise dans des bateaux de rivière qui partent immédiatement. Les bateaux sont attaqués par la Marine britannique le et l'équipage est forcé d'échouer les bateaux sur le rivage et de décharger les provisions. L'escadre de Holmes qui est postée au large de Pointe-aux-Trembles (aujourd'hui Neuville) empêche le convoi d'avancer. Cependant, dès les premiers jours de , les vaisseaux britanniques sont redéployés et Cadet a la voie libre jusqu'à Cap-Rouge (à de Québec). Les premiers bateaux y arrivent le . D'autres bateaux viennent les rejoindre le .. Cadet fait radouber les bateaux le lendemain et ils sont prêts à effectuer les derniers du trajet deux jours plus tard.
Bougainville, responsable des avant-postes à l'ouest de Québec et commandant d'une « colonne volante » près de Cap-Rouge, reçoit l'ordre du gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de voir à la protection des bateaux de Cadet. Ceux-ci doivent passer sur le fleuve dans le plus grand silence durant la nuit du au .. Bougainville transmet des ordres à cet effet aux avant-postes le long du fleuve entre Cap-Rouge et Québec.
Le faux débarquement à Beauport Il est environ 1 h du matin le lorsque les sentinelles postées sur la côte de Beauport entendent des bruits qui donnent à penser que des embarcations sont proches. Informé de cette possibilité, Montcalm met ses soldats sur le pied d'alerte et contacte Vaudreuil par l'intermédiaire d'un aide-de-camp.. Vers 3 h, un canot revient de sa ronde et signale avoir vu des navires britanniques devant Beauport. On positionne alors un détachement de milice et un canon de campagne sur la grève. Un canot est envoyé en reconnaissance. Selon le capitaine Fiacre-François Potot de Montbeillard, c'est environ au moment du retour du canot que la ville de Québec transmet un signal d'alerte. Contrairement à toutes les autres fois précédentes, personne à Beauport n'accourt pour savoir ce qui se passe à l'ouest. L'historien Peter MacLeod suggère « qu'étant sur le qui-vive, [les Français] crurent peut-être que cette alerte les mettait en garde contre l'assaut même qu'ils appréhendaient déjà.. »
Un peu avant l'aube, Montcalm et Montbeillard entendent des tirs d'artillerie semblant venir de Québec, en amont du fleuve. Les deux sont convaincus que les bateaux de Cadet ont été découverts. Ne recevant aucune communication, voyant le jour se lever et aucun vaisseau britannique à l'horizon, Montcalm renvoie ses soldats à leurs bivouacs.
L'armée a déjà déposé les armes lorsqu'un Canadien arrive à la course, affirme être le seul survivant du détachement commandé par Vergor près de l'Anse au Foulon : les Britanniques sont débarqués et sont maintenant en train de former leurs lignes de batailles sur les hauteurs de Québec. Montcalm et Monbeillard, en écoutant ce récit, n'en croient pas un mot.
Un autre Canadien rescapé de l'Anse au Foulon est intercepté par l'adjudant-général Pierre-André Gohin, comte de Montreuil, tout près du pont de bateaux de la rivière Saint-Charles. Montreuil prend le message au sérieux et ordonne immédiatement à deux détachements du régiment de Guyenne de marcher en direction de l'anse des Mères et d'attaquer l'ennemi, fort ou faible. Montreuil monte ensuite sur son cheval et va prévenir Montcalm..
Après 7 h, Montcalm et son aide-de-camp Johnstone, décident de quitter Beauport en direction du quartier général de Vaudreuil afin de connaître la cause des bruits de canons et de mousquets qu'ils entendent toujours en amont du fleuve.
Le débarquement à l'Anse-au-Foulon vignette|Anse au Foulon. L'Anse-au-Foulon et l'Anse des Mères sont deux petites anses situées au pied de ravins le long desquelles se trouve un cheminLe chemin consiste aujourd'hui en la côte Gilmour et une partie de l'avenue George-VI . et des coulées qui partent du haut de falaises de et qui descendent jusqu'au fleuve. En remontant le chemin, on atteint les plaines d'Abraham, dominées par les Buttes-à-Neveu, des collines hautes de situées sur le promontoire de Québec., à 20 minutes de marche de la ville de Québec..
Les deux anses sont reconnues comme de possibles lieux de débarquement par les défenseurs de la ville. En , l'officier Lapause inspecte l'Anse-au-Foulon et juge qu'un simple abattis sur le chemin est insuffisant pour défendre le lieu. Il suggère plutôt un épaulement traversant le chemin de part en part.. L'endroit demeure cependant sans véritable défense jusqu'au , lorsque des sentinelles françaises aperçoivent les quatre navires de guerre britanniques qui sont passés à l'ouest de Québec durant la nuit. Le matin du , quelque miliciens et soldats réguliers de même que 200 cavaliers sont stationnés sur le promontoire de Québec. Le capitaine François-Marc-Antoine Le Mercier, ingénieur et commandant d’artillerie, est dépêché sur les lieux avec deux canons et un mortier qu'il utilise pour monter une batterie à Samos, à l'ouest de l'Anse-au-Foulon. La batterie est mise à l'essai le jour même et les artilleurs réussissent à toucher le HMS Squirrel.. En , la batterie comprend trois canons de 24 livres et un mortier de servis par 30 soldats du régiment de Languedoc commandés par le capitaine François-Prosper de Douglas..
Le , le colonel Louis-Antoine de Bougainville est assigné à la défense de la rive nord entre Québec et la rivière Jacques-Cartier, zone qui comprend l'Anse-au-Foulon. Après l'évacuation du camp de Montmorency par les Britanniques, le , Montcalm envoie des renforts à Bougainville qui se retrouve au commandement de .
Le , 280 soldats gardent une série d'avant-postes entre l'Anse des Mères et la rivière du Cap-Rouge. Le capitaine Louis du Pont Duchambon de Vergor commande un avant-poste de 100 à 150 hommes à l'entrée du chemin qui descend vers l'Anse-au-Foulon et le fils d'un M. Lafontaine est à la tête de 15 ou 20 hommes à l'anse des Mères. Le chemin qui descend jusqu'à la grève est entravé à au-dessus du fleuve par un abattis et une tranchée.
Le général anglais James Wolfe sait que ces positions sont faiblement gardées et que le commandement français (particulièrement Montcalm) estime l'Anse-au-Foulon impraticable en raison de l'escarpement et du boisement de la rive. Il sait également, par la bouche d'un soldat français qui déserte le jour même de l'attaque, que le commandement français pense que les récents déplacements de ses troupes en amont du fleuve ont pour objectif la destruction des habitations et des campagnes de la région et non une tentative de débarquement du côté ouest de Québec. Le déserteur dit également à Wolfe que « […] Montcalm ne se laisserait pas convaincre d'abandonner ses positions […] . », car il croit que la fleur de l'armée britannique se trouve toujours à l'est de Québec en dépit de l'évacuation de Montmorency..
À 21 h, les premiers soldats britanniques s'installent dans les barques à fond plat qui doivent les transporter jusqu'à l'Anse-au-Foulon. À 22 h, la lune apparaît dans le ciel et renverse le mouvement de la marée. Lorsque cette marée descendante atteint la vitesse de 2,4 nœuds, vers 2 h du matin, les barques remplies de soldats sont mises à l'eau. Les premières huit barques transportent 400 soldats de l'infanterie légère sous les ordres du lieutenant-colonel William Howe..
Vers 3 h, les huit premières barques atteignent le sloop HMS Hunter devant Sillery. Le capitaine William Adams du HMS Hunter informe les officiers aux commandes des barques que deux déserteurs français ont abordé son vaisseau quatre heures plus tôt. Les déserteurs ont fait savoir au capitaine que 19 bateaux de ravitaillement descendaient le fleuve en direction de Québec où ils étaient attendus.. En réalité, Bougainville a annulé le transport des vivres plus tard dans la journée, mais il a omis d'en informer les avant-postes.
Ses informations s'avèrent très utiles lorsqu'un peu avant 4 h, les huit chalands passent devant les avant-postes de Samos et de l'Anse-au-Foulon. À Samos, le capitaine Douglas aperçoit les embarcations et un de ses soldats leur crie de s'identifier. D'après le compte-rendu d'un officier des troupes de la marine, Nicolas Renaud d'Avène des Méloizes, les Britanniques s'identifient correctement comme « 19 bateaux chargés de farine qui partent du Cap-Rouge.. » Douglas les laisse passer et charge une estafette d'informer les sentinelles qui sont postées à l'est.