Un orléans est un vin rouge, blanc ou rosé d'appellation d'origine contrôlée (AOC). Il est produit dans l'aire urbaine d'Orléans, dans le Val de Loire. Il appartient à la région viticole de la vallée de la Loire.
Créée en 2006, l'appellation est une des trois AOC viticoles du Loiret avec l'orléans-cléry, dont l'aire d'appellation est à l'intérieur de celle de l'orléans (celle-ci ne comportant que des vins rouges, d'un encépagement différent), et les coteaux-du-giennois.
L'Orléanais, dont l'aire de production de l'orléans, est associé au vignoble de la Touraine (parfois comme « vignoble limitrophe ») dans certains sites et ouvrages de référence, mais pas systématiquement. . Il appartient à la région viticole de la vallée de la Loire.
La surface de vignes représente 40 hectares (moyenne 2022-2024), avec comme cépages principaux le chardonnay pour les vins blancs et le pinot meunier pour les vins rouges et rosés. Les vins rouges et blancs représentent chacun un peu plus de 40 % de la production (moyenne 2022-2024), les rosés représentant environ 15 %.
Histoire Antiquité La vigne est introduite vers 50 av. J.-C. dans le pays des Bituriges, actuel Berry, et dans le territoire de Paris. Le vin récolté est toutefois de mauvaise qualité et l'empereur Domitien ordonne l'arrachage de toutes les vignes de Gaule à la fin du .
D’après Tite-Live, l'empereur Probus réautorise par la suite leur plantation en 282. Le territoire d'Orléans se couvre alors d'un vignoble qui s'avère fécond et abondant.
Moyen Âge Les moines de l'abbaye Saint-Mesmin de Micy produisent sans doute du vin dès le début du . À la même époque, Grégoire de Tours mentionne la présence de viticulture dans l'Orléanais..
Charlemagne, friand des vins d'Orléans, cherche durant son règne à développer la culture de la vigne et le commerce des vins de la région. À sa suite, Charles le Chauve, de passage à Orléans en 875, offre entre autres choses un clos de vigne dans le quartier Saint-Marc à l'abbaye qui jouxte le tombeau de saint Euverte. Il garde la dénomination de « clos de l'Empereur » jusqu'au début du au moins.
La présence de vignes à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire est par ailleurs avérée dès le .
Enfin, au , on reproche aux cabaretiers de Paris de remplacer le vin d'Orléans par celui d'Argenteuil, autre preuve de sa réputation d'alors.
Époque moderne Sous François Ier, la forêt d'Orléans qui s'étend alors jusqu'aux portes de la ville est en partie défrichée et largement remplacée par de la vigne. Une ordonnance est même prise pour que des terres soient maintenues à la culture du blé.
Le vignoble connait donc une importante extension, sous forme de quasi-monoculture de Châteauneuf-sur-Loire à l'est jusqu'à Beaugency à l'ouest. Orléans fait partie du domaine royal français et la Maison du roi et s'y approvisionne logiquement en vin. De plus, en 1577, le Parlement de Paris promulgue une loi interdisant aux Parisiens l'achat de vins produits à moins de 90 kilomètres de la capitale, la production orléanaise est alors augmentée pour satisfaire la demande. Le transport du vin vers la capitale en grande quantité est favorisé par la distance de seulement sur terrain plat, le pavage de la route de bout en bout dès 1577 sur un tronçon de l'actuelle route nationale 20 et la construction du canal de Briare ouvert en 1642, reliant la Loire à la Seine par la vallée du Loing. Toutefois, l'augmentation de la production s'effectue au détriment de la qualité.
La table royale s'approvisionne vraisemblablement en vins de la vallée de la Loire jusqu'au . Pour tenter de limiter la consommation excessive qu'en fait Henri IV, roi de France de 1589 à 1610, son médecin et conseiller Joseph du Chesne écrit en 1606 dans son Pourtraict de la santé : .
La cour semble délaisser peu à peu le vin orléanais sous Louis XIII qui règne de 1610 à 1643. L'avis du roi est suivi par l'aristocratie qui à son tour opte pour les vins de Champagne puis de Bourgogne, ce qui a pour effet de spécialiser l'Orléanais dans la production de vins médiocres et bon marché. vignette|Vignobles sur les coteaux de Cléry et Saint-André au Au , les vignes s'étendent principalement sur la rive droite, jusqu'aux pieds des murailles d'Orléans.. Mesurant à l'époque dix à onze lieux de long, le vignoble orléanais est un des plus grands de France d’après le dictionnaire de Jean-Joseph Expilly.
Dans les livres thumb|Page de couverture de l'ouvrage du poète Simon du Rouzeau, 1605En 1605, le poète orléanais, Simon du Rouzeau fait paraître L'Hercule Guespin ou l'himne du vin d'Orléans, texte qui vante la qualité du vin d'Orléans. Le comédien Antoine Girard dit Tabarin écrit quant à lui en 1623 dans son Adieu de Tabarin au peuple de Paris : .
Par ailleurs, François Lemaire, conseiller du roi au bailliage et siège présidial d'Orléans, écrite en 1648 dans Antiquitez de la ville d'Orléans : .
thumb|Page de couverture de l'ouvrage du chanoine Boullay, 1712 Enfin, le premier quart du est marqué par la publication de trois éditionsLa date de la première édition de l'ouvrage du chanoine orléanais Jacques Boullay Manière de bien cultiver la vigne dans le vignoble d'Orléans n'est pas précisément connue, les deux autres datent de 1712 et 1723. de l'ouvrage du chanoine orléanais Jacques Boullay de Saint-Pierre-Ampon intitulé Manière de bien cultiver la vigne dans le vignoble d'Orléans. À cette époque, la qualité du vin orléanais continue de décliner, les classes bourgeoises, propriétaires des vignobles, n'accordent qu'une confiance limitée aux pratiques agricoles des vignerons qui exploitent leurs vignes. Jacques Boullay s'improvise donc professeur et médiateur, en dénonçant les . Sa démarche sera très critiquée par les cultivateurs et sa personne s'en trouvera menacée. En 1770, un autre chanoine orléanais, Jean-François Colas de la collégiale Saint-Aignan, publie à son tour un traité, Le manuel du cultivateur dans le vignoble d'Orléans, sur un ton plus neutre et moins accusateur.
Période contemporaine Dès le et jusqu'au milieu du , Orléans devient un port fluvial de transit pour les vins d'autres régions, de l'amont comme de l'aval de la Loire : Touraine, Anjou puis Pays nantais, mais aussi de Bourgogne et du Haut-Beaujolais. Les vins ayant tourné sont alors transformés en vinaigre, qui est depuis une des spécialités de la ville.
Au tout début du , l'œnologue français André Jullien dans son ouvrage Topographie de tous les vignobles connus paru en 1816 dresse un état des lieux du vignoble orléanais. La superficie des vignobles du département du Loiret est estimée à pour une récolte de dont sont consommés par les autochtones, le reste étant exporté sous l'appellation « vin d'Orléans ». Parmi les vins rouges dits de première classe, on trouve à l'ouest d'Orléans ceux du lieu-dit Guignes à Tavers, du clos Sainte-Marie à Saint-Jean-de-Braye, de La Chapelle, de Saint-Gy, de Saint-Ay, des Fourneaux, de Beaugency, de Baule, de Baulette et de Meung-sur-Loire. À l'est d'Orléans, on trouve ceux de Saint-Denis-en-Val, Combleux et Sandillon. Parmi les vins rouges de deuxième classe, on trouve à Orléans ceux de Saint-Marc, Saint-Marceau, Saint-Paterne, à l'ouest ceux de Saint-Privé, au nord ceux de Sarang, Gédy, Fleury et Semoy, à l'ouest celui d'Ingré, au sud celui d'Olivet et à l'est ceux de Saint-Jean-le-Blanc, Bou, Mardié, Saint-Denis-de-Jargeau et Jargeau. Parmi les vins blancs, sont cités ceux produits à Marigny et Rebréchien. Celui de Loury, cité comme un vin de médiocre qualité, sert à la fabrication du vinaigre d'Orléans. Les tonneaux utilisés pour stocker le vin d'Orléans sont nommés « pièces » ou « poinçons » et possèdent une contenance de , comme les pièces bourguignonnes.
À cette époque, la réglementation croissante et notamment les droits de la régie sur les liquides impactent déjà le vignoble orléanais. Il décline ensuite fortement dans la deuxième partie du . Les premières atteintes de l'oïdium sont constatées vers 1855 et les ravages du champignon provoquent rapidement une diminution sensible de la production. Le phylloxéra apparaît quant à lui vers 1880. Avec le mildiou et le black rot, il finit de faire dépérir une grande partie des vignobles. Enfin, le développement du réseau de chemins de fer s'ajoute à cette série de fléaux en permettant l'importation à moindre coût des vins du Midi, produits dans le vignoble du Languedoc-Roussillon.
À la fin du , après ces ravages, les replantations sont peu nombreuses autour d’Orléans. Beaucoup sont faites à partir de vignes hybrides, résistantes aux maladies. Celles-ci sont toutefois interdites en 1935. Les surfaces cultivées rediminuent alors fortement au cours du .
En 1951, l'appellation d'origine vin délimité de qualité supérieure (VDQS) « vins de l'Orléanais » est créée. Elle s'étend sur 25 communes autour d'Orléans, sur la rive droite de la Loire dans les communes de Baule, Beaugency, Chaingy, Combleux, Fleury-les-Aubrais, Ingré, La Chapelle-Saint-Mesmin, Mardié, Messas, Meung-sur-Loire, Orléans, Saint-Denis-de-l'Hôtel, Bou, Saint-Jean-de-Braye, Saint-Jean-de-la-Ruelle, Saran, Semoy, Saint-Ay et Tavers et sur la rive gauche de la Loire dans les communes de Cléry-Saint-André, Mareau-aux-Prés, Mézières-lez-Cléry, Olivet, Saint-Hilaire et Saint-Mesmin.. Pour les vins rouge ou rosé, les cépages autorisés sont le meunier, appelé localement « gris meunier », et le cabernet franc, appelé « noir dur », tandis que pour le vin blanc, il s'agit du chardonnay et du pinot gris, appelés « auvernats blanc et gris ». Le tout a un rendement limité à par hectare. Le pinot noir, appelé « auvernat noir », est ensuite ajouté à l'encépagement des vins rouge et rosé en 1966..
En 2002, l'appellation VDQS « vins de l'Orléanais » est divisée en deux : le VDQS « orléans » et le VDQS « orléans-cléry », avec augmentation des rendements à par hectare, fixation de la densité à à l'hectare et réglementation des assemblages.. L'appellation orléans est désormais limité aux treize communes de l'aire d'appellation actuelle.
Enfin, en 2006, l'appellation orléans passe au statut d'appellation d'origine contrôlée (AOC), en même temps que l'orléans-cléry.. Reconnu dès 1994., le syndicat viticole de l’Orléanais est, depuis 2007, chargé de la promotion de l'appellation. Le cahier des charges a été modifié en octobre 2009, publié au JORF du ., puis en octobre 2011, homologué par le décret du publié au JORF du ...
Étymologie Le nom de l'appellation est formé du nom de la commune d'Orléans, préfecture du département du Loiret et de la région Centre-Val de Loire.
Le nom de la ville d'Orléans dérive probablement de la corruption de l'un de ses anciens noms, Aurelianum, qui pourrait être issu du nom des empereurs romains Marc Aurèle, qui aurait fait embellir la ville en 163, ou Aurélien qui la fit rebâtir en 273. Une autre hypothèse évoque la possibilité que la ville tienne son nom de la mère de Jules César, Aurelia Cotta. Une étude de Jacques Soyer relègue néanmoins ces hypothèses au statut de légende. D'après ses recherches, le nom d’Aurelia descend en réalité du nom de la gens Aurelia, qui possédait des terres à Cenabum, ancienne cité celtique des Carnutes située à l'emplacement d'Orléans.
Vignoble vignette|centre|redresse=3|Carte du vignoble de la vallée de la Loire.
Aire d'appellation
vignette|Délimitation parcellaire de l'AOC orléans. L'orléans est produit en France, dans la région Centre-Val de Loire et le département du Loiret, plus précisément dans l'aire urbaine d'Orléans. L'aire d'appellation s'étend au nord et au sud de la Loire, sur les treize communes de Baule, Beaugency, Chécy, Cléry-Saint-André, Mardié, Mareau-aux-Prés, Meung-sur-Loire, Mézières-lez-Cléry, Olivet, Orléans, Saint-Ay, Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et Saint-Jean-de-Braye.