James Coburn est un acteur américain, né à Laurel (Nebraska) le et mort d'une crise cardiaque à Beverly Hills (Californie) le .

Révélé par son rôle de lanceur de couteaux dans Les Sept Mercenaires, il est resté dans les mémoires pour ses apparitions dans les films de Sam Peckinpah (Major Dundee, Pat Garrett et Billy le Kid, Croix de fer) ainsi que dans La Grande Évasion et Il était une fois la révolution.

Biographie Jeunesse De son nom complet James Harrison Coburn III, il naît le à Laurel, dans le Nebraska, d'un père d'origine irlando-écossaise, garagiste, et d'une mère suédoise, institutrice. Lors de la Grande Dépression, son père voit son affaire péricliter. Toute la famille part alors s'installer en Californie, à Compton.

En 1950, il s'engage dans l'armée, où il officie d'abord en qualité de chauffeur de camions, puis de disc jockey dans une radio militaire du Texas. Il termine sa période sous les drapeaux en Allemagne, à Mayence, où sa voix profonde de baryton lui vaut d'être choisi comme voix off dans les films institutionnels tournés par l'armée.

Carrière Débuts James Coburn est admis à l'académie théâtrale du Los Angeles City College où il suit les cours de Stella Adler et de Jeff Corey, en même temps que Warren Beatty. Il commence sa carrière d'acteur sur les planches du théâtre du campus de l'Université de San Diego, dans une pièce adaptée du dernier roman de Herman Melville, Billy Budd, marin. Il y donne notamment la réplique à Vincent Price. vignette|James Coburn dans Charade (1963) Ce premier succès l'encourage à partir tenter sa chance à New York. Il y tourne dans des publicités et dans quelques fictions télévisées en direct. Puis il retourne à Hollywood, où, de 1957 à 1959, il alterne les rôles à la télévision (notamment dans les séries Alfred Hitchcock présente, Bonanza, Au nom de la loi, L'Homme à la carabine et Laramie) et fait ses débuts au cinéma dans deux westerns mineurs, aux côtés respectivement de Randolph Scott et de Fred MacMurray.

1960 est une année décisive, puisque sa prestation dans Les Sept Mercenaires, où il incarne Britt, l'as du couteau, y est particulièrement remarquée. Cela lui vaudra de jouer à nouveau aux côtés de Steve McQueen dans L'enfer est pour les héros, en 1962, puis dans La Grande Évasion un an plus tard. Ces trois films en commun, après une première collaboration sur les plateaux de la série Au nom de la loi vont forger une solide amitié entre les deux acteurs. Une amitié qu'il résume ainsi :

En 1963, il est un des méchants de la comédie romantique à suspense Charade de Stanley Donen, face au duo formé par Cary Grant et Audrey Hepburn. Il remplace en 1964 James Garner pour le rôle d'un officier de marine dans Les Jeux de l'amour et de la guerre, à la suite du départ de William Holden. En 1965 il joue pour la première fois dans un film de Sam Peckinpah, Major Dundee, dans lequel il interprète le rôle marquant d'un pisteur métis barbu et manchot, armé d'un fusil de chasse à canons sciés.

Succès

En 1966, il accède au rang de vedette avec son rôle d'espion de charme, parodie de James Bond, celui de l'agent Derek Flint dans Notre homme Flint. Le film sera un succès, engrangeant 16 millions de dollars de recettes pour un budget initial de 3,5 millions. Une suite sera tournée l'année suivante, F comme Flint. Mais les autres films auquel il participe en cette fin des années soixante mobilisent nettement moins les foules, d'autant que Coburn souhaite se diversifier et accéder à des rôles un peu différents. C'est dans cet état d'esprit qu'il crée sa propre société de production, afin de financer La Folle Mission du docteur Schaeffer. Le film, une satire politique écrite et réalisée par Theodore J. Flicker, sort à la fin de l'année 1967. L'accueil de la critique est chaleureux mais le public n'est pas au rendez-vous. Le très expérimental Candy, en 1968, qui réunit Marlon Brando, Charles Aznavour, Richard Burton et Ringo Starr, ou le huis-clos adapté de Tennessee Williams en 1970 au cinéma par Sidney Lumet, Last of the Mobile Hot Shots, sont des échecs relatifs.

Il renoue avec le succès en incarnant le révolutionnaire dynamiteur irlandais John Mallory, en exil au Mexique, dans Il était une fois la révolution de Sergio Leone en 1971.

Il retrouve Sam Peckinpah en 1973, dans Pat Garrett et Billy le Kid, dans le rôle du célèbre shérif face à Kris Kristofferson. Malgré les déboires de la production, le caractère difficile du réalisateur et les coupes imposées par la MGM, Martin Scorsese y voit le meilleur film du cinéaste depuis La Horde sauvage. James Coburn y livre une prestation mémorable, sombre, désenchantée et émouvante.

Il tourne dans le premier film de Walter Hill : Le Bagarreur en 1975 avec Charles Bronson et incarne de nouveau une figure de cow-boy dandy et rude dans le superbe La Chevauchée sauvage de Richard Brooks la même année. En 1977, il retrouve Sam Peckinpah pour Croix de fer un film de guerre antimilitariste dans lequel il interprète un adjudant de la Wehrmacht.

Avec Bruce Lee, James Coburn écrit La Flûte silencieuse, dont le titre est devenu Le Cercle de fer (Circle of Iron) adapté à l'écran par Richard Moore dans lequel ni l'un ni l'autre n'apparaissaient.

Déclin En 1978, à la demande de Sam Peckinpah, alors malade et dépressif, il assure le rôle de réalisateur seconde équipe sur Le Convoi. Mais en 1984, sa carrière marque un frein avec la disparition de son ami et réalisateur fétiche, Peckinpah.

La même année il affronte Kirk Douglas dans un téléfilm : Le Duel des héros, qui raconte l'affrontement de deux vieux cow-boys dans un ouest de pacotille. Au creux de la vague, il doit faire face à de douloureuses crises d'arthrite qui l'affaiblissent considérablement. Il déclare s'être soigné lui-même avec des pilules à base de soufre. Il s'éloigne des plateaux pendant quelques années. Il en gardera une main infirme.

Retour et consécration Alors qu'on le croyait perdu pour le cinéma, Coburn met fin à une semi-retraite au début des années 1990 avec des rôles secondaires comme dans Maverick en 1994 avec Mel Gibson et Jodie Foster ou dans Young Guns 2 en 1991, remake à peine voilé de Pat Garrett et Billy le Kid. Il joue également le supérieur d'Arnold Schwarzenegger dans le film d'action L'Effaceur en 1996.

Il tient encore son propre rôle dans The Player en 1992. Il apparaît ensuite dans le téléfilm de la chaîne câblée HBO distribué dans les salles françaises : La Seconde Guerre de Sécession (1997), une fable sardonique de Joe Dante.

Il n'est pas oublié par Hollywood et se voit décerner le une étoile sur le , au 7055 Hollywood Boulevard. Puis il décroche pour Affliction en 1999 l'Oscar du meilleur second rôle. La statuette salue sa terrifiante composition d'un patriarche alcoolique, inspirée dit-il, de Sam Peckinpah.

Dernières années James Coburn, malgré la maladie, ne cessera de jouer et prêtera même sa voix à l'occasion du documentaire The Final Days en 2001 sur les derniers jours de Marilyn Monroe et pour le film d'animation Monstres et en 2002.

Il tient un dernier rôle de dur à cuire en 2002 dans une production Disney : Chiens des neiges et dans , qui exploite intelligemment le revers de sa personne d'homme d'action.

Mort Il meurt peu de temps après d'un infarctus du myocarde le dans sa maison de Beverly Hills. Il est inhumé à Los Angeles, dans le Westwood Village Memorial Park Cemetery.

Vie privée Le , à 31 ans, il épouse Beverly Kelly, dont il adopte la fille, Lisa, née d'un premier mariage. Un fils naît de cette union en 1961, James Harrison Coburn IV, qui mène une carrière d'Ingénieur du son. Le couple divorce en 1979. À la fin des années 1970, il entretient durant quatre ans une relation avec la chanteuse britannique Lynsey de Paul. Le , à 65 ans, il se marie avec l'actrice et présentatrice de télévision d'origine jamaïcaine Paula Murad, de 28 ans sa cadette. Le mariage est célébré à Versailles, par le maire André Damien.

Passionné d'automobile, il collectionne durant sa vie les voitures parmi les plus rapides, les plus rares et les plus chères, notamment les Ferrari. Il acquiert ainsi, avec son cachet de La Grande Évasion, une Ferrari 250 GT California Spyder (la treizième sur les 56 qui seront produites). Il convertit d'ailleurs Steve McQueen à cet amour pour les véhicules de la firme italienne. Il apprend à conduire ces bolides auprès du pilote automobile Bob Bondurant.

Sous l'influence de sa première épouse, il se prend d'intérêt pour les philosophies orientales et le bouddhisme. Il collectionne les gongs et autres objets bouddhiques, et reçoit même chez lui le Karmapa et ses élèves.

Filmographie

Cinéma 1959 : La Chevauchée de la vengeance (Ride Lonesome) de Budd Boetticher : Whit 1959 : Le Salaire de la haine (Face of a Fugitive) de Paul Wendkos : Purdy 1960 : Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges : Britt 1962 : L'enfer est pour les héros (Hell Is for Heroes) de Don Siegel : le caporal Frank Henshaw 1963 : La Grande Évasion (The Great Escape) de John Sturges : l'officier d'aviation Louis Sedgwick "le matériel" 1963 : Charade (Charade) de Stanley Donen : Tex Panthollow 1963 : (The Man From Galveston) de William Conrad : le marshal Boyd Palmer 1963 : Les Rois du soleil (Kings of the Sun) de J. Lee Thompson : le narrateur (non crédité au générique) 1964 : Les Jeux de l'amour et de la guerre (The Americanization of Emily) d'Arthur Hiller : le capitaine de corvette Paul "Bus" Cummings 1965 : Major Dundee (Major Dundee) de Sam Peckinpah : Samuel Potts 1965 : Cyclone à la Jamaïque (A High Wind in Jamaica) d'Alexander Mackendrick : Zac 1965 : Le Cher Disparu (The Loved One) de Tony Richardson : L'agent de la douane 1966 : Notre homme Flint (Our Man Flint) de Daniel Mann : Derek Flint 1966 : Qu'as-tu fait à la guerre, papa ? (What Did You Do in the War, Daddy?) de Blake Edwards : le lieutenant Jody Christian 1966 : Un truand (Dead Heat on a Merry-Go-Round) de Bernard Girard : Eli Kotch 1967 : F comme Flint (In Like Flint) de Gordon Douglas : Derek Flint 1967 : L'Or des pistoleros (Waterhole #3) de William A. Graham : Lewton Cole 1967 : La Folle Mission du docteur Schaeffer () de : le docteur Sidney Schaefer 1968 : Duffy, le renard de Tanger (Duffy) de Robert Parrish : J. Duffy 1968 : Candy de Christian Marquand : le docteur A. B. Krankheit 1969 : (Hard Contract) de S. Lee Pogostin : John Cunningham 1970 : Last of the Mobile Hot Shots de Sidney Lumet : Jeb Stuart Thorington 1971 : Il était une fois la révolution (Giù la testa) de Sergio Leone : John (Seán) H. Mallory 1972 : Opération clandestine (The Carey Treatment) de Blake Edwards : le docteur Peter Carey 1972 : (The Honkers) de Steve Ihnat : Lew Lathrop 1972 : La Horde des salopards (Una ragione per vivere e una per morire) de Tonino Valerii : le colonel Pembroke 1973 : Pat Garrett et Billy le Kid (Pat Garrett & Billy the Kid) de Sam Peckinpah : le shérif Pat Garrett 1973 : Les Invitations dangereuses (The Last of Sheila) de Herbert Ross : Clinton Green 1973 : Harry, gentleman pickpocket (Harry in Your Pocket) de Bruce Geller : Harry 1974 : Crime à distance (The Internecine Project) de Ken Hughes : le professeur Robert Elliot 1975 : La Chevauchée sauvage (Bite the Bullet) de Richard Brooks : Luke Matthews 1975 : Le Bagarreur (Hard Times) de Walter Hill : Spencer "Speed" Weed 1975 : de Terence Young : film inachevé pour raisons financières 1976 : Intervention Delta (Sky Riders) de Douglas Hickox : Jim McCabe 1976 : La Loi de la haine (The Last Hard Men) d'Andrew V. McLaglen : Zach Provo 1976 : La Bataille de Midway (Midway) de Jack Smight : le capitaine Vinton Maddox 1977 : de Tony Maylam : la voix off 1977 : Croix de fer (Cross of Iron) de Sam Peckinpah : le sergent Rolf Steiner 1978 : California Hôtel (California Suite) de Herbert Ross : dans le segment , le pilote apparaissant dans le film sur l'aviation (caméo)