La Grande Sonate, de Charles-Valentin Alkan, est une sonate pour piano composée en 1847 et aussi titrée Les Quatre Âges de la vie.
Contexte et création Charles-Valentin Alkan compose sa Grande Sonate en 1847 et la dédie à son père Alkan Morhange. C'est avec des sous-titres évocateurs que le compositeur brosse des portraits psychologiques de l'être humain à trente ans, quarante ans et cinquante ans. Il s'en explique d'ailleurs dans la préface à la pièce, où il écrit : . Après cette œuvre, Charles-Valentin Alkan n'a rien composé pendant environ dix ans, délaissant la composition pour la pédagogie.
Structure Elle est en quatre mouvements : 20 ans 30 ans (Quasi-Faust) 40 ans (Un heureux ménage) 50 ans (Prométhée enchaîné)
Analyse
20 ans Le compositeur a conçu ce premier mouvement comme un scherzo, qu'il annote . Il débute par une montée progressive jusqu'à de longs accords servant d'introduction. La suite de la pièce est une succession d'épisodes. Le premier dessin mélodique est composé de six croches qui s'établissent sur un système harmonique original, dans une sorte de perpetuum mobile. Ce mouvement s'apaise cependant calmement. Dans l'épisode qui suit, le motif se compose de deux noires qui débute une ligne mélodique ponctuée de silences. Dans le portrait brossé d'une personne de vingt ans, il y a alors tous les états psychologiques possibles, passant d'un à un et se poursuit sur un tandis que la basse se fait sur un mouvement continue de noires d'abord ascendantes, puis descendantes. Le mouvement perpétuel revient ensuite, après un sommet d'expressivité musicale, dans une grande virtuosité pianistique. Le scherzo s'achève sur des accords victorieux, larges et puissants.
30 ans – Quasi Faust Ce mouvement a été noté par le compositeur et . Ce gigantesque mouvement est d'une grande hardiesse et d'une virtuosité impressionnante. On y retrouve toutes les difficultés du jeu pianistique accumulées, dont la musicologue Adélaïde de Place considèrent certaines comme touchant aux extrêmes limites de l'art du piano. Ce mouvement est parsemé de rares moments plus calmes, notés , ou encore , ou . On y retrouve même le diable lui-même dans des accords joués fortissimo qui ne s'achève que sur une succession d'accords réguliers parfaitement saisissants.
40 ans – Un heureux ménage Ce mouvement doit être joué et . Après le débordement des mouvements précédents, on trouve ici la sérénité. Le premier motif, est un dessin simple de noires accompagnées de triolets de croches. On trouve alors plusieurs tableaux de la vie domestique et familiale. Les Enfants sont représentés par un mouvement perpétuel de tierces et de sixtes en doubles croches sur basse obstinée. La Prière sonne comme un choral, perturbée par un retour du motif des enfants joué à la main droite. Le mouvement se termine avec un bref souvenir du début.
50 ans – Prométhée Ce dernier mouvement présente un incipit de quelques vers du Prométhée enchaîné d'Eschyle. Il se joue comme un immense récitatif débutant par un roulement dans des quintuples croches dans le grave du piano. Ce roulement revient régulièrement dans le mouvement, donnant des effets sonores extraordinaires. Le mouvement s'achève sur des octaves avec une certaine sévérité.
Références
Bibliographie
Liens externes
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