L’Exposition universelle de 1900 ou Exposition de Paris 1900 est la cinquième exposition universelle organisée à Paris après celles de 1855, 1867, 1878 et 1889. Elle a pour thème « Bilan d'un siècle ».
Annoncée le , elle est inaugurée le par le président Émile Loubet et ouvre au public le . Elle se termine le , après d'ouverture. Elle accueille 50,8 millions de visiteurs.
Manifestation emblématique de la Belle Époque et de l'Art nouveau, elle lègue à Paris plusieurs bâtiments dont le Petit Palais et le Grand Palais.
Par ailleurs, les concours internationaux d'exercices physiques et de sports organisés à Paris pendant l'exposition seront reconnus comme les olympiques de l'ère moderne.
Historique Origines La première Exposition universelle de 1855 avait été encouragée par la volonté de rétablir la fierté et la foi dans la nation après une période de guerre. Les expositions qui ont suivi répondaient à une même préoccupation : la régénération de la nation après la guerre. Huit ans avant le lancement de l'Exposition de Paris 1900, la France annonce que celle-ci célébrera l'entrée dans un nouveau siècle. Les pays du monde entier sont invités par la France à mettre en valeur leurs réalisations et leurs modes de vie. L'Exposition universelle est donc une expérience d'unification et d'apprentissage. Elle présente la possibilité pour les étrangers de se rendre compte des similitudes entre les nations ainsi que des différences et particularités. Des cultures lointaines sont mises en valeur invitant à une meilleure compréhension globale des valeurs que chaque pays peut offrir.
Une annonce précoce de l'exposition de 1900 et une réponse massivement positive contrastent avec la Grande exposition industrielle de Berlin de 1896. Le soutien pour l'exposition est général et les pays participants se mettent immédiatement à planifier leur participation. Toutefois, en dépit de l'enthousiasme que suscita cette exposition, elle ne fut pas un succès financier : seuls les deux tiers des visiteurs prévus étaient présents, peut-être en partie à cause du coût d'accès.
Nations et puissances participantes Des nations du monde entier sont invitées à présenter leurs réalisations et leurs cultures. Sur les cinquante-six invités, quarante ont accepté, sans compter les colonies et protectorats français, néerlandais, britanniques et portugaisAgeorges 2006 pages 104-105".
Nations participantes
Condominium de Bosnie-Herzégovine Principauté de Bulgarie Dynastie Qing
Troisième République française Empire allemand Royaume-uni Royaume de Grèce
Royaume d'Italie Empire du Japon Empire coréen
Grand-Duché de Luxembourg Porfiriat (Mexique)
Suède-Norvège État libre d'Orange Empire kadjar Pérou
Royaume du Royaume de Roumanie Empire russe El Salvador San Marino Royaume de Serbie Royaume de Rattanakosin République sud-africaine (Transvaal) Espagne
Empire ottoman États-unis
Sites vignette|gauche|x300px|Affiche de l'Exposition, avec les leaders mondiaux L'exposition occupe plusieurs sites totalisant un espace de , auquel s'ajoutent les du bois de Vincennes. Elle se tient principalement sur le Champ-de-Mars, l'esplanade des Invalides et les jardins du Trocadéro situés sur le versant sud-est de la colline de Chaillot, mais également le long des deux rives de la SeineExposition 1900. entre le nouveau pont Alexandre-III et le pont d'Iéna, englobant sur la rive droite le cours la Reine depuis son extrémité orientale, face à la place de la Concorde et la nouvelle avenue Nicolas-II (avenue Winston-Churchill depuis 1966), tracée en vue de l'exposition.
Réalisations vignette|redresse|Exposition universelle de Paris de 1900. Vue à vol d’oiseau prise du côté de l’entrée principale Archives nationales - CP/F/12/4445/A Pièce 7.
Description vignette|redresse|Vue panoramique de l'Exposition universelle de 1900. vignette|redresse|Ticket d'entrée à l'Exposition universelle de 1900, Paris. Le prix de l'entrée est de 1 franc entre et L'heure de travail est alors payée entre 40 et 50 centimes.. de visiteurs paient cette entrée. vignette|redresse|Plan pratique.
Au total 40 pays participent à l'expositionBIE., avec dont ..
Cette Exposition est dix fois plus étendue que celle de 1855 et 136 entrées sont prévues pour y accéder. La plus importante de celles-ci est la porte Monumentale dessinée par René Binet, surmontée d'une statue de de hauteur réalisée par Paul Moreau-Vauthier et représentant la « Parisienne »Éric Biétry-Rivierre, « Paris 1900 : la tournée des grands ducs », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 8 / dimanche 9 avril 2014, p. 28.Dominique Lobstein, interviewé par Éric Biétry-Rivierre, « Dominique Lobstein : "La Parisienne est une invention" », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 8-dimanche 9 avril 2014, p. 28..
Malgré les scandales financiers et les grèves, cette exposition est considérée comme un succès. Durant 212 jours, 51 millions de visiteurs participent au succès de la manifestation alors que la France ne compte à l'époque que 41 millions d'habitants. de voyageurs sont enregistrés dans les gares parisiennes. Pour les accueillir, les gares de Lyon, de l'Est et de Montparnasse sont réaménagées; l'ancienne gare du Champ-de-Mars est remplacée du côté des Invalides, et la nouvelle gare d'Orsay est ouverte. Un parking à vélos de est construit aux Champs-Élysées, et un autre de au quai d'Orsay.
Attractions et innovations notables On peut se déplacer dans l'exposition en empruntant un trottoir roulant à deux vitesses ( ou ) situé sur un viaduc à du sol, composé de plates-formes mobiles de de longueur formant une boucle. Cet ancêtre de l'escalier mécanique est à l'époque une nouveauté.
Plusieurs attractions populaires attirent les foules, notamment une grande roue, comme celle de l'exposition de 1893 à Chicago, mesurant de hautPhotos d'époque de la grande roue., le cinéma des frères Lumière qui projette sur un écran géant de sur 16. Des films courts (notamment des extraits d'opéra et de ballet) sont montrés au public avec projection de l'image et son enregistré, pour la première fois. L'Exposition présente également de nombreux tableaux et les progrès techniques de panorama, comme le Cinéorama, le Maréorama et le .
La grande lunette de l'exposition universelle de Paris 1900, pièce maîtresse du palais de l'Optique est une grande lunette astronomique de de diamètre, la plus grande de l'époque. Le tube optique est long de , présente un diamètre de et est fixé sur place en raison de sa masse. Il nécessite un sidérostat pour compenser la rotation de la Terre. Le sidérostat est conservé à l'Observatoire de Paris.
Rudolf Diesel expose son moteur Diesel, fonctionnant à l'huile d'arachide.
L'exposition coïncide avec l'ouverture de la première ligne du métro de Paris, allant de la porte de Vincennes à la porte Maillot, inaugurée le afin de desservir les épreuves des Jeux olympiques d'été au bois de Vincennes. Les entrées de stations sont dessinées par Hector Guimard, dans le style Art nouveau.
vignette|redresse|Carte d'exposant d'Akseli Gallen-Kallela. vignette|redresse|Billet d'entrée.
L'Exposition universelle comprend aussi une « Exposition nègre » (Exposition des Noirs d'Amérique), au cours de laquelle les photographies de Frances Benjamin Johnston, une amie de Booker T. Washington, de ses étudiants noirs de l'Institut Hampton sont présentées. En partie organisée par Booker Washington et W. E. B. Du Bois, cette exposition vise à montrer les contributions positives des Afro-Américains à la société américaine. En outre, à un moment où les lynchages aux États-Unis atteignent un pic, un diaporama de zoo humain est également présent à l'exposition, intitulée « Vivre à Madagascar ».
En aval du pont de l'Alma est installée une reconstitution du « Vieux Paris » (photo plus bas), conçue par l'illustrateur et auteur Albert Robida..
Autre attraction amarrée près du palais des Armées de terre et de mer, le morutier Deux Empereur sert de lieu d'exposition pour la colonie de Saint-Pierre-et-Miquelon. Georges Beust, un armateur granvillais et directeur de la sècherie de Saint-Pierre-et-Miquelon, décide d'utiliser cet ancien navire pour mettre en avant ses activités commerciales. Le bateau fut restauré afin de lui donner une nouvelle allure et permettre l'accueil du public. À l'intérieur sont présentés des instruments de pêche et des vêtements de marin, ainsi que de petits documentaires muets, commandés par Georges Brast à bord de ses voiliers au large de Granville.. Des visites guidées sont organisées par les marins eux-mêmes, qui narrent leurs conditions de vie en mer. Après l'Exposition, le navire est remorqué à Suresnes, où il sert de ponton et de lieu de plaisance.
Le temps donné pour la réalisation fut court. C'est pourquoi les 43 pays exposants firent construire leur pavillon par du personnel à faible coût et un matériau de construction temporaire inventé à Paris en 1876, qui se composait de fibre de jute, de plâtre de Paris et de ciment, mais ils les décorèrent magistralement pour les rendre attrayants et faire illusion sur les visiteurs. Souvent, les bâtiments temporaires ont été construits sur un cadre de bois et recouverts de colonnes, statues, murs, escaliers, etc. Une fois l'exposition terminée, les bâtiments ont été démolis et les objets et matériaux qui pouvaient être récupérés et vendus ont été recyclés.
Pavillons des nations étrangères Les pavillons des nations ou des puissances étrangères, conçus, financés et construits par les pays invités étaient alignés de part et d'autre de la rue des Nations, aménagée sur la partie du quai d'Orsay qui s'étend du pont des Invalides à l'est au pont de l'Alma à l'ouest. Seul le pavillon du Mexique, situé au-delà du pont de l'Alma, débordait de ce cadre. Les pavillons les plus importants, par leur taille, étaient orientés vers la Seine, de sorte que leurs façades se miraient dans le fleuve.
Trop grand, le pavillon de la Russie, surnommé le « Kremlin du Trocadéro », est installé dans les jardins homonymes..
Le pavillon de la monarchie britannique, un des plus grands de l'exposition, était composé d'un manoir de style élisabéthain, décoré de photographies et de meubles, construit par sir Edwin Lutyens. Le pavillon était destiné à fournir au commissaire un château sur le site de l'exposition. Le public le trouva moins grand que prévu par rapport aux attentes et il fut donc considéré comme gênant.
Le pavillon de l'Allemagne (Deutsches Haus) avait une emprise au sol de et une hauteur de jusqu'au faîtage. Il était flanqué d'une tour qui s'élevait à au-dessus du quai de la Seine. Construit dans le style néo-Renaissance d'après les plans de Johannes Radke, nommé architecte du Reichskommissariat, l'édifice à l'allure d'hôtel de ville germanique était articulé autour d'une cage d'escalier de de haut. Il abritait, outre la collection d'œuvres d'art de Frédéric II de Prusse exposée dans un cadre baroque, une présentation de photographies, de livres et d'art graphique ainsi que de viticulture. Le thème de la vigne était repris au restaurant, très apprécié, aménagé au sous-solUwe Fleckner, Thomas-W. Gaehtgens, De Grünewald à Menzel : L'image de l'art allemand en France au , p. 342 (en ligne).. Sa salle du Raisin (Traubensaal) conçue dans le style Art nouveau par l'architecte Bruno Möhring a été récupérée après l'exposition et se trouve aujourd'hui dans le musée privé du producteur de vin mousseux Kupferberg à MayenceT wie Traubensaal, Verein für Medieninformation und Mediendokumentation (voir en ligne)..
L'architecte Alexandre Marcel réalise les pavillons du Cambodge, de l’Espagne et de la Compagnie des messageries maritimes (le « Panorama du Tour du Monde »).
Palais de l'Électricité