( Père-patron) est un film italien réalisé par Paolo Taviani et Vittorio Taviani, sorti en 1977, adapté du roman de Gavino Ledda Padre padrone: l'educazione di un pastore.
Le film se déroule à Siligo (Logudoro) et a été tourné à une courte distance à Cargeghe et dans les environs. Il a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 1977.
Synopsis Dans la Sardaigne des années 1940, à l'âge de cinq ans, le petit Gavino est contraint d'abandonner l'école après deux mois seulement car il doit dorénavant aider son père à garder les animaux.
Il grandit ainsi dans l'isolement, loin de la société humaine. C'est grâce au service militaire, à l'âge de 21 ans, qu'il peut échapper à l'emprise de son père. Il apprend à lire, ce qui est pour lui une révélation (il deviendra linguiste). En sortant de l'armée, il rejette le rapport de quasi-esclavage avec son père.
Fiche technique Titre : Réalisation : Paolo Taviani et Vittorio Taviani Scénario : Paolo Taviani et Vittorio Taviani d'après le roman autobiographique de Gavino Ledda, publié en 1975 chez Feltrinelli, traduit en français en 1977 Production : Giuliani G. De Negri Musique : Egisto Macchi Photographie : Mario Masini Montage : Roberto Perpignani Décors : Gianni Sbarra Costumes : Lina Nerli Taviani Pays de production : Format : couleurs (35 mm) Genre : drame Durée : 117 minutes Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) Italie :
Distribution Omero Antonutti : le père Saverio Marconi : Gavino Marcella Michelangeli : la mère Fabrizio Forte : le jeune Gavino Marino Cenna : le jeune berger Stanko Molnar : Sebastiano Gavino Ledda : lui-même Nanni Moretti : Cesare
Distinctions Palme d'or au Festival de Cannes 1977.
Autour du film L'ouvrage de Gavino Ledda n'était pas encore paru, lorsque les frères Taviani prirent connaissance, par la presse, de la nouvelle de l'expérience remarquable de ce berger sarde, totalement coupé de la civilisation urbaine et demeuré analphabète jusqu'à l'âge du service militaire. Gavino, après avoir appris à compter, lire et écrire, avait entrepris des études en linguistique et s'était même permis d'arracher un diplôme lui permettant d'enseigner cette discipline. Les réalisateurs italiens éprouvèrent, à l'égard du personnage, une empathie immédiate. , dit Paolo Tavianientretien au pluriel, Jean A. Gili, Institut Lumière/Actes Sud..
Pourtant, ajoute paradoxalement Vittorio Taviani,
Dans une interview à Cinéma 77Cinéma 77 n° 224/225., les frères Taviani s'expliquent plus clairement ainsi :
Vittorio Taviani décrit le processus de recomposition, de cette façon :
Padre padrone est, sans aucun doute, le film qui a permis aux frères Taviani d'élargir leur audience. L'attribution d'un prix suprême au Festival de Cannes y a évidemment beaucoup contribué, mais d'autres facteurs ont favorisé la nette reconnaissance publique du talent des cinéastes italiens. Contrairement aux films précédents, Padre padrone conte une destinée personnelle moins directement impliquée dans une problématique idéologique particulière : le film revêt un caractère d'universalité. Ensuite, l'utopie, thème cher aux frères Taviani, se dégage de son caractère symbolique, pour devenir moteur de réalisation concrète : ici le berger s'affranchissant de son état de semi-esclavage, grâce à l'apprentissage et à l'exercice indépendant du choix d'un métier.
La nomination de Roberto Rossellini, figure hautement respectée des frères Taviani, comme président du Jury du Festival de Cannes en 1977, a vraisemblablement pesé dans le choix final des jurés. Ainsi donc, le réalisateur de Paisà et de Rome, ville ouverte jouera, pour la deuxième fois, un rôle déterminant dans la carrière des frères Taviani.
Les réactions de Gavino Ledda Premier invité à assister, à Cinecittà, à la projection du film, Gavino Ledda, qui essayait, jusque-là, d'observer une attitude distanciée et objective, ne put s'empêcher de pleurer lorsqu'il vit la scène où le père, après avoir battu l'enfant, le prend dans ses bras et que, sur la bande-son, débute un chant sarde de douloureuse imploration. À ce moment-là, le père croit avoir tué le fils. Paolo Taviani précise : La logique de révolte et d'affirmation du droit à l'indépendance, qu'implique le livre de Ledda, en aurait été effectivement annihilée.
À la fin du film, Gavino Ledda considéra, paradoxalement, que celui-ci,
Considérations critiques Émile Breton, in :Dictionnaire des films, Microcosme, Éditions du Seuil, 1982.
Freddy Buache in : Le cinéma italien 1945-1990, Éditions L'Âge d'Homme.
Notes et références
Liens externes
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