Le ministère de la Culture (dont la dénomination officielle était « ministère de la Culture et de la Communication ») est créé en France en par le président de la République Charles de Gaulle, et attribué à André Malraux sous le nom de « ministère d'État chargé des Affaires culturelles ». À cette même époque, de nombreux pays se sont également dotés d'un . Par métonymie, le ministère de la Culture est parfois appelé « rue de Valois », en référence à son adresse principale.

Auparavant, ces fonctions étaient exercées par un ministre, un secrétaire d'État ou un directeur des Beaux-Arts dépendant du ministère de l'Instruction publique. Celui-ci n'avait pas seulement la tutelle des quatre beaux-arts (architecture, peinture, sculpture et gravure), mais aussi de la musique, de la danse, du cirque, des arts de la rue, du cinéma, du théâtre, de l'opéra, des arts décoratifs, des monuments historiques, ainsi que de toutes les écoles correspondantes.

Catherine Pégard est ministre de la Culture depuis le .

Histoire

Prémices gauche|vignette|L'aile du Palais-Royal, où se trouvent les bureaux et les salons d'honneur du ministère.

L'intervention de l'État dans le domaine des arts et des lettres a toujours été forte en France. Elle s'est développée durant l'Ancien Régime, avec le mécénat royal, la création du dépôt légal par , la création des manufactures royales de tapisseries, de la Comédie-Française et des académies sous .

Avec la Révolution apparaît le souci de sauvegarde du patrimoine, avec le musée des Monuments français d'Alexandre Lenoir, et les premiers musées d'arts, avec notamment la création du musée du Louvre. Ludovic Vitet et Prosper Mérimée recensent et protègent le patrimoine bâti avec l'apparition de la notion de monument historique.

Entre le et le , un ministère des Lettres, Sciences et Beaux-Arts est mis en place, avant que ses attributions ne soient rattachées au ministère de l'Instruction publique. En , le gouvernement Gambetta instaure un ministère des Arts, dont le titulaire est Antonin Proust, qui ne durera que quelques mois.

La Troisième République favorise l'éducation, avec les bibliothèques et les musées et crée la direction générale des Beaux-Arts du ministère de l'Instruction publique. Le Front populaire introduit l'éducation culturelle et artistique, mais le Parlement rejette le ministère de la vie culturelle voulu par Jean Zay, pour unir un secrétariat d'État à l'Éducation nationale et un autre à l'Expression nationale, comprenant lettres et arts, musées, archives et bibliothèques..

Jeanne Laurent, sous-directrice du théâtre et de la musique au ministère de l'Éducation nationale pendant la Quatrième République favorise la décentralisation théâtrale, avec le Théâtre national populaire, le Festival d'Avignon et les centres dramatiques nationaux. En est créé le ministère de la Jeunesse, des Arts et Lettres, dirigé par Pierre Bourdan. Mais cette première tentative d'autonomie d'un ministère lié à l'action culturelle ne survit pas au remaniement ministériel du gouvernement Ramadier en octobre de la même année, la direction générale des Arts et Lettres réintégrant le ministère de l'Éducation nationale.

Création du ministère des Affaires culturelles en vignette|André Malraux en . Le ministère des Affaires culturelles est né en France avec la Cinquième République. Le général de Gaulle conseille au Premier ministre Michel Debré de proposer un ministère à André Malraux. :

Malraux accepte. La création, actée le Décret du relatif aux attributions d'un ministre d'État (chargé des affaires culturelles)., d'un ministère dédié permet à De Gaulle de signifier que le rayonnement mondial de la France devait se faire aussi par la culture.

Le nouveau ministère inclut des services qui dépendaient jusqu'alors de divers ministères : l'Éducation nationale (direction générale des Arts et Lettres, direction de l'Architecture, direction des Archives de France), l'Industrie et le Commerce (Centre national de la cinématographie), et les activités culturelles du Haut-Commissariat à la Jeunesse et aux Sports. Plus tard, en , la direction du Livre rassemblera également divers services gouvernementaux.

La politique culturelle du ministère est définie comme un désir de démocratisation de la culture, même si André Malraux n'a jamais employé ce mot. Le décret fondateur du Décret du portant organisation du ministère chargé des Affaires culturelles ()., rédigé par Malraux lui-même., donne à ce ministère la . Il s'agit moins de faire venir tout le monde à la culture, que de permettre à tous ceux qui le désirent, d'y accéder. Les Maisons de la Culture, qui ouvrent dans plusieurs capitales régionales (Grenoble, Amiens, Bourges…), ainsi que les comités régionaux des affaires culturelles (ancêtres des DRAC) illustrent l'effort de diffusion régionale, axé sur les arts nobles.

. Pour lui, l'action culturelle doit être fondée sur le « choc artistique », qui consiste à croire aux qualités intrinsèques de l'œuvre pour procurer une émotion au public, sans qu'il y ait besoin de médiation. L'éducation populaire est écartée du giron de la culture, alors que l'excellence artistique prime, d'où la mise en place d'un système fort de soutien à la professionnalisation des artistes. Malraux développe peu à peu son ministère, créant en 1961 la direction du Théâtre, de la Musique et des Spectacles. En accentuant l'action culturelle de l'État gaulliste,

Politique culturelle entre et Après le départ de Malraux à la suite de la démission de De Gaulle, Pompidou décide de pérenniser le jeune ministère. Du fait de la personnalisation du ministère à l'écrivain gaulliste, et le peu de soutien pour une telle institution, ni au sein de l'UNR ni à gauche, le nouveau président de la République aurait pu choisir de mettre fin à un D'après Jacques Rigaud, dans « Rendre la culture au peuple : de politique culturelle française : L'entre deux mai : création et créativité () », documentaire de Martin Quenehen et Philippe Rouy, diffusée le sur France Culture. Transcription par Taos Aït Si Slimane (consulté le ).. Pourtant, il nomme Edmond Michelet, figure importante du gaullisme, et lui attribue le titre de ministre d'État comme Malraux.

Durant ces années post-gaulliennes, apparaît peu à peu l'idée d’une politique culturelle qui dépasserait son secteur de prédilection pour une vision plus large, devant conduire la société à se transformer. Les années 1970 voient apparaître un autre concept, celui du « développement culturel », illustré par Jacques Duhamel.

En , Jacques Duhamel, dans la ligne d'une recommandation du , crée le Conseil du développement culturel () ainsi que le Fonds d'intervention culturelle (FIC, jusqu'en ) pour soutenir des initiatives et des expériences originales susceptibles de répondre à des « besoins nouveaux » et dépasser les cloisonnements des administrations de l'État intervenant dans le champ culturel.

Parallèlement, de nouveaux équipements culturels sont lancés. Ils sont plus modestes que les maisons de la Culture de Malraux : centres d'action culturelle (CAC), lancés en mais qui se développent réellement à partir de , structures légères axées sur l'animation plutôt que sur la création ; centres culturels communaux, qui visent à favoriser la constitution d'un réseau culturel ; établissements culturels intégrés (ECI) regroupant divers équipements collectifs dans les domaines social, culturel, scolaire, sportif et socio-éducatif.

Surtout, Georges Pompidou, devenu président de la République en 1969, lance le projet du Centre national d'art et de culture (Beaubourg), qui sera inauguré en , équipement culturel novateur alliant un musée d'art moderne, un centre de création contemporaine, un institut de recherche musicale et une grande bibliothèque de lecture publique. Il est également à l'origine d'une grande exposition de la scène artistique contemporaine française, organisée par François Mathey au Grand Palais en , et qui suscite la polémique lorsque certains artistes refusent d'y participer en déclarant refuser toute récupération par l'État.

Élargissement du champ culturel vignette|Jack Lang (à gauche) lors du Printemps de Bourges de en compagnie d'Alain Meilland, cofondateur du festival. Avec l'arrivée de la gauche aux affaires en , et de Jack Lang à la rue de Valois, le champ culturel s'est élargi. Les arts majeurs et mineurs ont disparu, les pratiques amateurs sont autant mises en avant que la création et l'économie via l'industrie culturelle est prise davantage en compte. Jack Lang introduit une dimension festive, et des événements nationaux qui existaient peu (Fête de la musique, Journées nationales du patrimoine…).

Ainsi le décret du , relatif à l’organisation du ministère précise : .

Jack Lang associe également art et apprentissage, en opposition à l'esprit malrucien. Outre un ministère de l'Éducation nationale et de la Culture, qu'il a mené pendant moins d'un an, sous le gouvernement Bérégovoy, c'est aussi l'époque du développement de l'enseignement du théâtre et du projet Collège au cinéma. Catherine Trautmann ensuite travailla sur l'éducation à l’art et la médiation culturelle.

Depuis , et à l'exception de la période , le ministère de la Culture a toujours été également chargé de la Communication, c'est-à-dire de la politique du gouvernement en direction des Médias (presse, audiovisuel et, pour partie, internet). Pour l'exercice de ces attributions, le ministre dispose d'un service du Premier ministre, la direction du Développement des médias (DDM – anciennement service juridique et technique de l'Information et de la Communication, SJTIC).

Le ministère a été connecté à l'internet par son directeur informatique Bruno Mannoni en Discours deCatherine Tasca, 17 novembre 2004.. Ce fut le premier parmi les administrations centrales à avoir son site internet, inauguré par Jacques Toubon lors des journées multimédias à l'ENSBA en .

Organisation administrative du ministère Depuis , à la suite de la RGPP le ministère se compose : d'un secrétariat général, créé en , pour coordonner l'activité des différentes directions et délégations et prendre en charge tout ce qui est commun aux différents services du ministère ; de six directions propres au ministère : la direction de l'Administration générale (DAG), dirigée par un secrétaire général adjoint sous l'autorité du secrétaire général ; la direction de l'Architecture et du Patrimoine (DAPA) chargée de l'architecture et des monuments historiques ; elle gère la Base Mérimée et assure la tutelle du Centre des monuments nationaux ; la direction des Archives de France (DAF), qui contrôle notamment les Archives nationales ; la direction du Livre et de la Lecture (DLL), chargée de suivre l'économie du livre et le développement des bibliothèques ; la direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles (DMDTS), pour tout ce qui concerne le spectacle vivant ; la direction des Musées de France (DMF), responsable de la politique en matière de musées. de trois délégations : la délégation aux Arts plastiques (DAP) qui suit l'actualité de l'art vivant ; la délégation au développement et aux affaires internationales (DDAI), dépendant du secrétariat général ; la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF). du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), qui présentait alors l'originalité juridique d'être à la fois une direction de ministère et un établissement public.

En outre, la direction du Développement des médias (DDM), rattachée aux services du Premier ministre, était aussi mise à sa disposition au titre de la communication et des médias.