La foire Saint-Romain, autrefois appelée foire du Pardon, est une fête foraine rouennaise annuelle se déroulant de la fin octobre à la fin novembre. Elle regroupe environ 220 attractions, dont 28 attractions principales. La foire Saint-Romain de Rouen est la deuxième plus grande fête foraine de France après la foire du Trône.. Jusqu'en 2014, elle s'étalait sur sur les quais rive gauche. Ces derniers ayant fait l'objet d'une rénovation globale, elle se situe dorénavant sur l'esplanade Saint-Gervais, adaptée depuis 2016.

Origine et histoire vignette|245px|Robert Antoine Pinchon, La foire Saint-Romain sur la place Saint-Vivien, Rouen, 1905-06, huile sur toile, . Saint Romain fut évêque de Rouen dans la première partie du . Son nom est associé à la légende de la « Gargouille » : une sorte de monstre qui hantait les prés Saint-Gervais. L'évêque de Rouen voulut combattre cette espèce de dragon, mais seul un condamné à mort, à qui l'on promit la vie sauve en cas de réussite, accepta de le suivre. La « Gargouille » fut capturée et brûlée vive, et le prisonnier libéré. Le roi Dagobert accepta d'accorder à l'évêché de Rouen le droit de libérer un criminel une fois par an, le jour de l'Ascension, en souvenir de cet évènement.

Au , les reliques du vainqueur et les restes du monstre furent placés dans la cathédrale de Rouen. Cet événement attira plus de personnes, parmi lesquelles des fermiers, des baladins, des conteurs d'histoire, des faiseurs de tours, etc. La même réunion eut lieu l'année suivante : la foire Saint-Romain était née.

Au Moyen Âge, la foire s'ouvrait par une grande cérémonie où l'on libérait un prisonnier condamné à mort, lui faisant soulever la fierte (châsse) contenant les reliques, en souvenir des services légendaires rendus autrefois par Saint Romain ; ce privilège fut renouvelé chaque année jusqu'en 1790. On ne parlait pas alors encore de foire Saint-Romain, mais de la foire du Pardon, qui avait lieu sur les hauteurs, vers le quartier Beauvoisine, dans un vaste champ qui portait le nom de champ du Pardon. À cette époque, on y trouvait de tout : habits, meubles, bijoux, linge, chaussures, faïence, coutellerie, chaudronnerie…, et de nombreux théâtres ambulants se chargeaient de l'animation. Le , jour d'ouverture, une grande vente de chevaux, de bœufs, de vaches, de moutons, d'ânes, de porcs, etc. s'y tenait.

Au , les marchands, toujours présents, se sont effacés peu à peu pour laisser place aux spectacles forains. Ainsi, nombreux sont les représentations théâtrales, les tableaux, les parades, les troupes équestres, les ménageries, les musées anatomiques, les phénomènes vivants (tel, en 1896, la femme à barbeClémentine Delait s'est produite lors de l'édition 1896, selon le rapport qu'en fait Paul Noël, Le Naturaliste, , .), etc. qui envahissent les rues de Rouen.

En 1983, la Foire Saint-Romain quitte les boulevards et la place du Boulingrin pour s'installer aux abords du quai Saint-Sever. Les spectacles forains ont disparu au profit d'attractions toujours plus spectaculaires et lumineuses entourées de manèges et stands bien plus modestes, le tout offrant un spectacle féerique à perte de vue.

En 2015, après plusieurs années de tension entre les forains et la municipalité (opération escargot en ville en 2013, implantation sur un espace paysager en 2014, mouvements divers en 2015 dont un blocage massif de l'agglomération de Rouen le mardi par les camions des forains et des "incendies" aux carrefours de plusieurs ponts), la foire est prévue de se dérouler sur l'esplanade Saint-Gervais – quai de Waddington, lieu où se tiendraient à l'avenir toutes les grandes manifestations festives.

À l'issue d'une réunion avec quelques élus et les représentants des forains les plus emblématiques en préfecture dans la soirée du mercredi . et d'une seconde réunion le en fin de matinée toujours à la préfecture, un compromis est signé quant au déroulement de la foire sur l'esplanade Saint-GervaisLa ville de Rouen indique qu'un accord a été obtenu avec les forains. En fin de journée, la base du monde forain, après exposé du compromis signé, émet un vote majoritairement négatif qui se traduit par un refus du montage de leurs métiers sur le site retenu... La situation reste figée plusieurs jours et, après une délibération entre eux, les forains décident de l'annulation de l'édition 2015. puis, ils quittent le site en plusieurs vagues successives. Néanmoins, l'emblématique restaurant L'Ours noir revient du au sur ledit site. Pendant l'été 2016, la destruction complète ou partielle d'anciens hangars longeant les quais est effectuée sur le nouveau site afin d'améliorer les conditions d'accueil et de sécurité du public et des forains. Le , un accord est signé entre les forains et la préfecture pour une tenue de l'édition en octobre et .

L'édition 2020 est annulée en raison de l'épidémie de Covid-19 (SARS-CoV-2) en recrudescence (couvre-feu locaux en ; couvre-feu national en et ; second confinement national en novembre et ; troisième confinement national en mars et ; levée du couvre-feu en ).

À l'automne 2021, la foire reprend son cours sur l'esplanade Saint-Gervais..

Monuments aux morts des forains alt=Photo du monument aux morts|vignette|Le monument aux morts, boulevard de l'Yser. Ayant participé à la Première Guerre mondiale, les forains ont voulu rendre hommage à leurs morts en érigeant un monument aux morts des forains. Le monument aux morts des forains fut d'abord proposé à la ville de Paris, qui le refusa invoquant une décision du qui prévoyait .. Le roi Albert de Belgique avait proposé un lieu à Bruxelles, mais les forains le refusèrent. La ville de Rouen a été choisie en raison de la présence de la Foire Saint-Romain. Lors du conseil municipal du ., l'emplacement du boulevard Boulingrin sera accepté. Durant le discours d'inauguration du monument prononcé par le président du groupe parlementaire de défense foraine, Marc Rucart, le , ce dernier déclare . Pour les forains .

Le monument aux morts des forains se situait donc à l'époque au cœur de la Saint-Romain, près du cirque. Selon M. Rancy (président du comité et fils d'Alphonse Rancy qui installera son cirque en 1856 à Rouen), .

La maquette du monument a été sculptée par Maxime Real del Sarte, tandis que le monument lui-même est à la charge de l'architecte Jean Dahmen.

Quelques photos de l'édition 2006

Bibliographie Bernard Lefebvre, Les Cinématographes de la Saint-Romain de Rouen : 1896-1907, CRDP, Mont-Saint-Aignan, 1982

Alain Alexandre, Saint Romain, de la légende à la foire, ,

Références

Voir aussi

Articles connexes La Seine à Rouen Île Lacroix

Liens externes

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