La ville nouvelle de L'Isle-d'Abeau est une opération d'aménagement urbain menée dans le Nord-Isère, au sud-est de Lyon, dont la mise en œuvre a été décidée en 1968, dans le cadre de la politique des villes nouvelles françaises. Construite dès 1973, elle fut administrée de 1984 à 2005 par le Syndicat d'agglomération nouvelle de L'Isle-d'Abeau, dissous en 2007 dans la Communauté d'agglomération Porte de l'Isère.

Elle s'étend sur les communes de Villefontaine, L'Isle-d'Abeau, Saint-Quentin-Fallavier, Vaulx-Milieu et Four.

Lors de la parution de son schéma directeur en 1975, la population de la ville nouvelle est estimée pour 2010 entre , hypothèse haute servant à son dimensionnement, et , hypothèse basse à partir de laquelle la ville serait considérée comme pouvant disposer d'un niveau d'équipement viable pour ses habitants.

Néanmoins, la population sur son dernier périmètre, qui ne comprend pas les villes existantes de Bourgoin-Jallieu et La Verpillière présentes dans le périmètre initial, est d'environ à cette échéance, marquée par la fin de la phase d'hypercroissance des métropoles associée aux Trente Glorieuses. Cette hypothèse n'est donc pas atteinte, cependant, le foncier réservé aux industries finit par être très largement occupé par les entreprises, et notamment la zone logistique de Chesnes à Saint-Quentin-Fallavierpage 40 du SDAU.

Historique 1966-1970 : La genèse Le est créé l'Organisme régional d'étude et d'aménagement d'aire métropolitaine (OREAM) Lyon-Saint-Étienne, auquel est assignée la rédaction d'un Schéma d'aménagement de l'aire métropolitaine (SDAM), dans lequel devraient figurer des options majeures d'aménagement pour l'agglomération lyonnaise.

Quatre possibilités sont rendues, et après plusieurs réunions avec la DATAR et le ministère de l'Équipement, le schéma qui prévaut propose la création de deux centres d'urbanisation, situés le long d'un axe autoroutier nord-sud à l'est de l'agglomération : Meximieux dans l'Ain, devant accueillir à terme , dont l'idée sera cependant reportée puis abandonnée au profit du vaste parc industriel de la Plaine de l'Ain ; et L'Isle-d'Abeau dans l'Isère, devant compter , la coupure de ces villes satellites avec Lyon étant réalisée par l'implantation de l'aéroport Lyon-Satolas.

Le , le Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT) entérine simultanément la création de la ville nouvelle de L'Isle-d'Abeau et de l'aéroport Lyon-Satolas, suivi une semaine plus tard par le Conseil des ministres.

Le , le ministre de l'Équipement et du Logement décide de mettre en place la Mission d'étude et d'aménagement de la ville nouvelle (MEAVN), qui est créée en et s'installe sur la commune de L'Isle-d'Abeau le . Elle a pour tâche l'écriture d'un livre blanc du Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU), qui pose de manière plus concrète plusieurs organisations possibles de la ville nouvelle sur le site. Il est publié en , à la suite de quoi le CIAT confirme et précise le sa décision.

1971-1982 : Les débuts Le est créé le Syndicat intercommunal d'aménagement de la ville nouvelle de L'Isle-d'Abeau (SIAVNIA) sous forme de SIVOM.

Le est créé l'Établissement public d'aménagement de L'Isle-d'Abeau (EPIDA) sur Légifrance.

Le , le Syndicat communautaire d'aménagement de l'agglomération nouvelle de L'Isle-d'Abeau (SCANIDA) remplace le SIAVNIA. Il regroupe 21 communes : Bourgoin-Jallieu, Chamagnieu, Domarin, Four, Frontonas, Grenay, L'Isle-d'Abeau, Panossas, Roche, Ruy, Saint-Alban-de-Roche, Saint-Chef, Saint-Hilaire-de-Brens, Saint-Marcel-Bel-Accueil, Saint-Quentin-Fallavier, Saint-Savin, Satolas-et-Bonce, Vaulx-Milieu, Vénérieu, La Verpillière et Villefontaine sur Légifrance.

La construction du premier quartier d'habitation, Les Roches à Villefontaine, est enclenchée courant 1973, dans la ZAC de Saint-Bonnet-le-Haut. Dès 1974, il compte 700 logements en construction et 300 logements habités. Le développement du parc d'activités de Chesnes à Saint-Quentin-Fallavier se fait en parallèle.

Étant aménagée dans le cadre d'une Opération d'intérêt national (OIN), c'est l'État qui délivre les permis de construire sur son territoire, initialement délimité par des Zones d'aménagement différé (ZAD), ancêtres des ZAC. Pour cela, il use principalement de son droit de préemption afin de racheter des terrains agricoles.

C'est en que le Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) définitif est publié. Il est approuvé par un du décret interministériel du .

Entre 1970 et 1978, l'EPIDA regroupe entre 60 et 85 personnes, « des urbanistes, des architectes, des ingénieurs, des techniciens, des juristes, des commerciaux, des géographes, des sociologues, des cartographes, et des secrétaires administratives ».

Le , la ville nouvelle passe de 21 à 8 communes, et est désormais composée de Four, Grenay, L'Isle-d'Abeau, Roche, Saint-Alban-de-Roche, Saint-Quentin-Fallavier, Vaulx-Milieu et Villefontaine.

1983-2005 : Le SAN et nouveau périmètre En 1983, la loi Rocard modifie le statut des villes nouvelles sur Légifrance. Les communes de Grenay, Roche et Saint-Alban-de-Roche sortent de l'ensemble en cédant une partie de leur territoire aux communes limitrophes.

Four souhaite également sortir mais sans aboutissement étant donné son refus de céder certaines parcelles. L'Isle-d'Abeau, qui avait cédé les deux tiers de son territoire à Villefontaine en , les réintègre à la suite de son changement de maire. Enfin, La Verpillière procède elle aussi à un échange de parcelles avec Villefontaine. La ville nouvelle prend alors son dernier périmètre.

Le , les cinq communes restantes forment le Syndicat d'agglomération nouvelle (SAN) qui remplace le SCA.

La fin des opérations d'aménagement et de construction du SAN a lieu le sur Légifrance.

Depuis 2007 : La CAPI Le , le SAN est remplacé par une communauté d'agglomération de 23 communes, nommée Communauté d'agglomération Porte de l'Isère (CAPI).

Par le décret -6 du (JO du ), l'EPIDA est transformé en EPANI (Établissement public d'aménagement Nord-Isère).

L'EPANI cesse son activité le ; ses aménagements en cours sont transférés à une société publique locale d'aménagement nouvellement créée, la Société d'aménagement du Rhône aux Alpes (SARA), qui opère sur 16 communes de la CAPI (Bourgoin-Jallieu, Domarin, Four, L'Isle-d'Abeau, La Verpillière, Les Éparres, Meyrié, Nivolas-Vermelle, Ruy, Saint-Alban-de-Roche, Saint-Quentin-Fallavier, Saint-Savin, Satolas-et-Bonce, Vaulx-Milieu, Villefontaine, Eclose) ainsi que sur la Communauté de communes des Collines du Nord Dauphiné (CCND).

Identité visuelle

Le premier logo a été utilisé dans le cadre de la campagne de promotion lancée en 1976 par l'EPIDA, intitulée « L'Isle-d'Abeau, une petite sœur pour Lyon ».

Le second logo a été conçu par l'agence de communication lyonnaise Cachemire, à la suite d'une consultation lancée par l'EPIDA à l'automne 1983, des études montrant alors des problèmes d'image auprès des locaux et des populations environnantes.

Situation

thumb|Carte des ZAC de la ville nouvelle, avec topographie.

D'après le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de l'époque (SDAU), le site de L'Isle-d'Abeau dans le Nord-Isère a d'abord été choisi pour se trouver au carrefour de différents axes autoroutiers :

un futur axe est-ouest (l'actuelle A43) ; ainsi qu'un axe nord-sud (qui d'après les plans correspondrait, au centre, au tronçon sud de l'actuelle A432 jusqu'à l'aéroport, mais qui continuerait au nord jusqu'au secteur d'Ambérieu-en-Bugey tel le prolongement de l'A48 qui était encore discuté dans les années 2000, et se prolongerait encore au nord vers Bourg-en-Bresse et au-delà tel le barreau constitué par les autoroutes A42, A40, A39 - aucune de ces autoroutes n'existait à l'époque, en plus de doubler l'A7 au sud)page 16 du SDAU.

La position de la seconde ville nouvelle, dont seule la partie industrielle a été réalisée (le parc industriel de la Plaine de l'Ain), a également été choisie pour bénéficier des mêmes caractéristiques : le raccordement à un axe est-ouest vers Lyon (pour sa part l'actuelle A42) et à l'axe nord-sud.

Les deux villes nouvelles sont aussi déjà raccordées au train (la ligne Lyon - Grenoble dans le cas de l'Isle-d'Abeau et la ligne Lyon - Genève dans le cas du Haut-Bugey, le TGV vers Grenoble devant s'arrêter à l'Isle-d'Abeau dès 1982page 19 du SDAU). L'Isle-d'Abeau bénéficiait aussi du passage de la route nationale 6.

De façon plus large, le but de la ville nouvelle était d'éviter un développement incontrôlé de l'espace urbain constitué par l'Est lyonnais, notamment d'être en dehors de la zone de nuisances du nouvel aéroportpage 31 du SDAU, et aussi que le nouveau pôle urbain ne soit pas trop proche de l'agglomération existante de façon à éviter que tous les emplois ne se créent sur la ville-centre et saturent les différents axes (sur le même schéma que les autres villes nouvelles en France)pages 11 et 12 du SDAU.

Le choix de construire d'abord la ville nouvelle sur deux pôles différents (les plateaux sud avec Villefontaine et le promontoire de l'Isle-d'Abeau) a été fixé par les prévisions d'espace nécessaire : le fond de la vallée contenait de nombreuses zones marécageuses et inconstructibles, les plages de gravier étaient réservées aux industriespages 30 et suivantes du SDAU, et on pensait nécessaire d'exploiter tout le site ; en effet, les densités choisies pour la ville nouvelle étant basses (à la suite d'une analyse de la demande) et les prévisions de croissance démographique étant hautes (de 60 000 habitants pour l'hypothèse basse à 250 000 habitants pour l'hypothèse hautepages 21 et 22 du SDAU, pour environ 40 000 sur tout le site au jour de 2010), tout le foncier disponible serait potentiellement à utiliser, la capacité du promontoire n'était que de 40 000 habitants pour la densité choisie.

Il est d'abord projeté de construire un grand lac artificiel sur le site de L'Isle-d'Abeau, qui servirait de base de loisirs à la région lyonnaise alors en manque de plans d'eau, mais le projet est abandonné car difficilement réalisable, étant donné la nature du sous-sol, ou, selon les sources, la difficulté à acquérir tout le foncier nécessaire.

Démographie La ville nouvelle regroupe 5 communes :

Urbanisme Quartiers

Constructions La ville nouvelle est en majorité composée d'immeubles bas, d'une part (comme on en trouve dans les quartiers du Triforium ou de Fondbonnière à l'Isle-d'Abeau), et de lotissements de logements individuels, d'autre part (comme on en trouve dans les secteurs des Roches à Villefontaine ou de Pierre-Louve à l'Isle-d'Abeau), comme cela était le but initial de l'opération avec la recherche de faibles densités, intégrant la ville à la campagne. Cette intégration est également constituée par la présence régulière d'espaces verts, comme le parc Saint-Hubert à l'Isle-d'Abeau, ou la réserve naturelle de l'étang de Saint-Bonnet.

On trouve également des logements collectifs de plus forte hauteur (grands ensembles) dans le secteur de Servenoble à Villefontaine.

Étant majoritairement construite par l'État, la proportion de logements sociaux est forte : les taux de locataires HLM sont de 58 % à l'Isle-d'Abeau et de 64 % à Villefontaine, contre 11 % et 3 % de locataires privés, et 32 % et 29 % de propriétaires. .

En 2004, il est par ailleurs observé qu'un certain nombre de personnes qui viennent s'installer sur le territoire de la ville nouvelle déménagent, plus tard, dans le même secteur, mais sur des communes situés en dehors de son périmètre, du fait de la faible disponibilité du produit d'accession à la propriété.

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