vignette|Chambre palestinienne de commerce et d'industrie à Hébron Léconomie palestinienne traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle du pays de la Palestine.
La Palestine n'étant pas un État souverain, son économie est étroitement liée aux pressions de l’État israélien. L'économie du pays est avant tout dépendante de l’évolution du processus de paix au Proche-OrientUne économie à développer, Le Monde diplomatique (consulté le 4 novembre 2006). 80 % des échanges extérieurs et du déficit sont réalisés avec Israël. Le déficit commercial palestinien est passé de 800 millions de dollars en 1990 à 1,4 milliard de dollars en 1996 et à 1,7 milliard en 1998. Autre dépendance : celle à l’égard du secteur agricole. Il a représenté jusqu’aux années 1990, un quart du produit national brut et employait 40 % de la population active palestinienne. Si sa part s’est réduite en 1993 à 15 % du PNB et 22 % de la population active, c’est toujours plus que l’industrie qui souffre d’infrastructures et d’investissements publics et privés (davantage tournés vers l’habitat) insuffisants. L’économie palestinienne dépend également fortement de l’aide internationale.
La guerre de Gaza de 2023-2025 provoque l'effondrement de l'économie palestinienne. En 2024, près de 100 % de la population de la bande de Gaza vit dans la pauvreté. Historique Représentation palestinienne vignette|Palais présidentiel, Ramallah Depuis sa création en 1964, l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) bénéficie d'un soutien financier et politique de plusieurs pays arabes tandis qu'elle est longtemps considérée comme une organisation terroriste par certains États occidentaux.
Accord d'Oslo Le , 22 pays, les pays frontaliers et des institutions internationalesFrisch-Hoffnung , 1243., promirent de verser 2,4 milliards à l'autorité palestinienne pour favoriser la mise en place des accords d'OsloAid Effectiveness (1999), 11; An Evaluation of Bank Assistance (2002), 2; Palestine Human Development Report (2004), 115.
Entre 1992 et 1996, la politique de développement de l'économie palestinienne ne fonctionne pas en Palestine et cette dernière voit son PIB baisser de 18,4%. Le taux de chômage passe également de 3% en 1992 à 28% en 1996. Globalement, l'économie palestinienne sous Oslo ne réussit pas à se relever et il y a un accroissement de la pauvreté dans la population.
Le PIB par tête a crû approximativement de 3 % entre 1994 et 1999 - la plus grande partie de la croissance étant concentrée dans les secteurs de la construction et du commerce (gros et détail, hôtels, restaurants).
Le taux de chômage a pu alors diminuer de manière significative, passant de près de 28 % en 1996 à approximativement 11 % en 1999Investir dans les territoires Palestiniens, ANIMA Ferdi (consulté le 5 novembre 2006).
Blocus de Gaza Israël impose un blocus de la bande de Gaza à partir de 2007 et l'arrivée au pouvoir du Hamas dans l'enclave palestinienne.
Israël contrôle les points de passage piétonniers et commerciaux, mais aussi l'espace maritime et aérien de Gaza. Du fait de ce contrôle multiforme, certaines organisations de défense des droits humains considèrent Israël comme « la puissance occupante » de Gaza, bien qu'elle n'administre pas directement le territoire.
Les autorités israéliennes rejettent la quasi-totalité des demandes d’autorisation de sortie des Gazaouis et régulent très strictement l’entrée des biens de consommation à Gaza, évitant ainsi la « catastrophe humanitaire » dont mettent en garde les ONG tout en interdisant tout développement économique. En , le président français Nicolas Sarkozy qualifiait Gaza de « plus grande prison à ciel ouvert du monde ». En 2010, le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré que le blocus constituait une violation flagrante du droit international humanitaire.
La bande de Gaza n'a cessé de voir son développement reculer depuis l'instauration du blocus. Entre 2006 et 2022, le Produit intérieur brut (PIB) de la bande de Gaza n'a progressé que de 1,1 %, contre 5,1 % en moyenne en Cisjordanie. Le PIB réel par habitant a plongé de 27 %, passant de 1 994 dollars à 1 257 dollarshttps://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/gaza-une-economie-sinistree-et-asphyxiee-depuis-15-ans-1992301.
Le blocus a étouffé le secteur industriel de Gaza, qui est resté stagnant tout au long de la période 2007-2022. Les nombreuses destructions d'infrastructures ont été désastreuses. Les investissements ont été inférieurs à 500 millions de dollars par an depuis 2007 et représentaient moins de 11 % du PIB en 2022. Le FMI a calculé que les bombardements israéliens de 2008-2009 ont détruit l'équivalent de plus de 60 % du stock de capital total de Gaza. La guerre de 2014 a entraîné une baisse de 85 % du stock de capital qui avait survécu à l'opération précédente. En 2022, le taux de chômage est de 45,3 %.
Guerre de 2023-2024 La guerre de Gaza de 2023-2024 provoque l'effondrement de l'économie palestinienne. La représentante de l'Organisation internationale du travail explique que « l'impact de la guerre dans la bande de Gaza est allé bien au-delà des pertes en vies humaines, des conditions humanitaires désespérées et des destructions physiques. Elle a fondamentalement modifié le paysage socio-économique de Gaza, tout en affectant gravement l'économie et le marché du travail de la Cisjordanie. L'impact se fera sentir pour les générations à venir. »
En 2024, près de 100 % de la population de la bande de Gaza vit dans la pauvreté. La destruction des immeubles d'habitation et des infrastructures, ainsi que les déplacements constants de populations ont provoqué l’arrêt de la plupart des activités économiques. La grande majorité des habitants souffre de sous-alimentation, tandis que l'ONU alerte sur une situation proche de la famine.
En Cisjordanie, les barrières israéliennes à la circulation des personnes et des biens, les multiples restrictions commerciales et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement ont conduit à une récession de 21,7 % sur une année. D'autre part, la Banque mondiale envisage un possible effondrement économique et budgétaire de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie à la suite d'une série de sanctions imposées par Israëlhttps://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/guerre-a-gaza-lautorite-palestinienne-asphyxiee-par-les-sanctions-israeliennes-2096936.
Le taux de pauvreté en Palestine est estimé à plus de 74 % en 2024 par le Programme des Nations unies pour le développementhttps://www.lorientlejour.com/article/1432364/le-taux-de-pauvrete-dans-les-territoires-palestiniens-devrait-bondir-a-743-en-2024-onu-papier-dangle.html.
Ruinée par le blocage israélien des recettes fiscales censées lui être reversées, l'Autorité palestinienne ne verse plus que la moitié des salaires, à intervalles irréguliers, aux enseignants, médecins, personnel de santé, forces de sécurité et autres employés publics.
Versement des taxes Les accords d'Oslo prévoient le versement automatique par l’État israélien à l’Autorité palestinienne de toutes les taxes qui lui reviennent mais qu'il prélève lui-même (TVA sur les importations palestiniennes, taxes sur les carburants ou impôts sur les travailleurs palestiniens en Israël) et qui constituent les deux tiers de ses rentrées budgétaires. Le gouvernement israélien interrompt régulièrement ce versement afin d'étrangler financièrement l'AP.
Dès 1997, peu après la fondation de l'AP, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, suspend durant plusieurs mois les transferts. Ariel Sharon suspend à son tour les transferts durant les deux premières années (2000-2002) de la seconde Intifada et Ehoud Olmert les suspend durant un peu plus d’un an, entre la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes de 2006 et la rupture, en 2007, entre la bande de Gaza contrôlée par le Hamas et la Cisjordanie administrée par l’AP. Benyamin Nétanyahou bloque à nouveau régulièrement les transferts, durant son deuxième passage à la tête du gouvernement entre 2009 à 2021, dès que s’ébauche un rapprochement entre l’OLP et le Hamas, puis en , un mois après son retour au pouvoir, pour sanctionner la saisine par la Palestine de la Cour internationale de justice sur l'occupation israélienne. Les versements sont à nouveau bloqués depuis le début de la guerre à Gaza en .
Le manque à gagner représente 5,7 milliards de dollars pour la seule année 2025 selon le ministère palestinien des Finances.
Aide internationale vignette|272x272px|Logo de l'UNRWA Entre 1993 et 2020, les territoires occupés auraient bénéficié de 46,4 milliards de dollars (42,38 milliards d’euros) d’aide au développement, dont la moitié environ est versée par l’Europehttp://www.globalhumanitarianassistance.org/wp-content/uploads/2015/06/GHA-Report-2015_-Interactive_Online.pdf . Les États-Unis et l'Union européenne via l'UNRWA, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, sont les principaux contributeurs de l'aide aux Palestiniens. Depuis les années 2000, l'Union européenne a financé l'UNRWA de 1,6 milliard d'euros.. Les États-Unis ont donné en assistance 5 milliards de dollars aux Palestiniens et 5,6 milliards à l'UNRWA depuis 1950 selon un rapport du Congrès américain de 2016. Les États-Unis entendaient ainsi endiguer la progression communiste d’abord, puis nationaliste et islamiste. L’agence USAID, chargée de l'aide américaine, a lancé la fin des années 1970 un programme destiné à l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie dans les territoires occupés, avec pour objectif de réduire l’influence de l’OLP et d’encourager une opinion publique plus favorable à l’accord pour une autonomie palestinienne restreinte.
L’UE n’a pas su empêcher la destruction régulière par les forces d'occupation israéliennes d’institutions et d’infrastructures établies et entretenues à ses frais.
Des associations et ONG mobilisent leurs efforts pour venir en aide aux Palestiniens, telle l'organisation ACT (Aksi Cepat Tanggap) basée en Indonésie et active dans la bande de Gaza depuis 2009 où elle a financé le creusement de puits, fourni des générateurs et du carburant diesel à diverses institutions, construit des poulaillers et des bateaux de pêche et fourni du matériel médical. Depuis , elle gère en outre un programme d'assistance aux réfugiés palestiniens en leur fournissant des cartes d'achat numériques.
De 1993 à 1997, l'économie palestinienne connaît des déboires financiers(Aid Effectiveness , 15; Brynen , 64; Le More , 984).. Les aides internationales permirent de sauver l'économie locale et d'installer l'administration palestinienneAn Evaluation of Bank Assistance (2002), 24; Rocard (1999), 28; Roy (1995), 74–75. En 1994-1995, le manque d’efficacité des aides et le manque de coordination entre les diverses agences d'aides, marque des tensions entre la communauté internationale et les dirigeants de l'Autorité palestinienneBall-Friedman-Rossiter , 256; Brynen , 114; Brynen-Awartani-Woodcraft , 222; Lasensky , 223; Roy , 74–75). Conclusion de la conférence de ParisImplementing the Palestinian Reform (2008), Type d'assistance Milliards de dollars ($) Support budgétaire1,5 Assistance humanitaire1,1 Projets2,1 Autres aides 0,8 Somme allouée 2,2Somme totale 2008–20107,7 C’est l’aide internationale, en particulier, qui a permis à l’Autorité palestinienne d’entretenir une administration pléthorique. Les salaires ainsi versés, et pour une large part redistribués ensuite au sein de la population, contribuent au maintien du niveau de vie à un niveau tolérable. Mais l’appareil de l’Autorité palestinienne est disproportionné : en 2025, on comptait . Et cet appareil est surtout inégalement réparti, puisque la sécurité représente à elle seule près de 60 000 emplois, tandis que le secteur de la santé est délaissé et progressivement privatisé.