Marie Catherine Biheron ou Marie Marguerite BihéronToutes les sources récentes font état de Marie-Marguerite pour le prénom. Certaines sources font référence à la "Demoiselle Biheron". ( - 18 juin 1795Selon Georges Boulinier : Une femme anatomiste au siècle des Lumières : Marie Marguerite Biheron (1719-1795). Histoire des Sciences médicales - Bd. XXXV,4,411-423 (2001), p. 413, qui se réfère à une fiche (signature V3E/D 118) dans les Archives de Paris, elle est morte le 30 prairial an III, c.-à-d. le à Paris. L'article de Boulinier contient d'autres références pour supporter la date.) est une anatomiste et céroplasticienne française du .
Biographie Fille d'un apothicaire de Paris, elle suivit d'abord l'enseignement de dessin de Madeleine Françoise Basseporte. Celle-ci lui conseilla de s'exercer à la préparation des pièces artificielles d'anatomie.
Biheron s'y livra avec courage, et fit, pour se former, le voyage de Londres. Elle était parvenue à faire un corps de femme entier qui s'ouvrait, et permettait d'examiner les parties intérieures qu'on pouvait déplacer et replacer à volonté. Elle s'était adonnée à l'étude de l'anatomie et, presque sans modèles, d'après quelques croquis pris au hasard, les descriptions des livres, et quelques dissections vues en cachette, elle s'était exercée à faire des pièces anatomiques artificielles, modelées à l'aide d'une pâte qui était son secret. Les principales pièces de son cabinet étaient relatives aux accouchements : elle n'imitait pas les parties délicates.
Elle avait formé, en cire, un cabinet de sa composition qu'elle montrait au public pour de l'argent. C'est elle qui, détaillant aux yeux d'un célèbre athée la continuelle correspondance de causes et d'effets qui compose et soutient l'organisation humaine, lui demanda :
Alfred Franklin écrit que Biheron, selon Mme de Genlis, "« modeloit ses tristes imitations sur des cadavres qu'elle avait dans un cabinet vitré au milieu de son jardin ; je n'ai jamais voulu entrer dans ce cabinet, qui faisoit ses délices et qu'elle appeloit son petit boudoir [Mémoires, t. 1, p. 309.]». Elle finit par créer, dans la rue de la Vieille-Estrapade, un petit musée qui était ouvert tous les mercredis. Mademoiselle Biberon, dit S. Mercier, imite des squelettes si parfaitement qu'on croit en voir de véritables. Les muscles, les nerfs sont rendus avec une vérité frappante [Tableau de Paris, t. VIII, p. 123.]». Malgré l'intérêt que présentait ce musée, l'auteur, n'étant pas soutenu par le corps médical, finit par traiter avec l'ambassadeur de Russie, qui lui acheta le tout pour l'impératrice Catherine II."Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle p. 166
Elle rencontre Benjamin Franklin lors de son voyage à Paris (1767). Elle lui envoie le discours de Malesherbes contre la suppression des parlements (1772).
Elle effectue des modèles pour des champignons avec son proche ami Jacques Barbeu-Dubourg ; ils seront décrits dans Le Botaniste françois (1767). Elle apporte aussi certaines des corrections de Franklin au texte des Œuvres de ce dernier (1773). Elle accompagne Jonathan Williams lors de sa visite à Paris (1775).
Le chevalier John Pringle, visitant le musée qu'elle avait formé et qui fut plus tard acheté pour par l'ambassadeur de Russie, s'écria : . Lorsque , de passage à Paris, vint à l'Académie des sciences, Biheron eut l'honneur de faire en sa présence plusieurs démonstrations anatomiques. Mais la faculté de médecine lui créa toutes sortes de difficultés et lui fit défendre d'avoir des élèves ; elle garda pourtant quelques protecteurs, Hunter et William Hewson de Londres, et Jacques Barbeu-Dubourg, de Paris.
Diderot (son voisin) la mentionna dans une lettre à John Wilkes, "écrivain politique anglais" et s'entremit entre elle et la cour de Catherine II. Augustin Cabanès lui consacre quinze pages dans Mœurs intimes du passé, série 4 (pp. 295-310).
Publications Anatomie artificielle [par la Demoiselle Biheron], [Paris], Impr. de P.A. Le Prieur, ,
Bibliographie Georges Boulinier, Une femme anatomiste au siècle des Lumières : Marie Marguerite Biheron (1719–1795), , 420 — Chaussier et Adelon, « Marie Catherine Biheron », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, , 1854, Paul Dorveaux, Les femmes médecins au Simone Gilgenkrantz, « Les céroplasticiennes du — Entre écorchés et plastinés », Med Sci (Paris) 2012 ; 28 : 531–533 Mélanie Lipinska, Histoire des femmes-médecins, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, thèse, Paris, 1900, , « », dans Médecine anecdotique, historique et littéraire, , Jeanne Pfeiffer, « The role of women in the development of modern anatomy », 2007–2009 — Sur Marie Marguerite Bihéron et Anna Morandi Manzolini Adeline Gargam, « Marie-Marguerite Biheron et son cabinet d'anatomie : une femme de science et une pédagogue », in : Femmes éducatrices au siècle des Lumières [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2007 (généré le ). Disponible sur internet : <http://books.openedition.org/pur/39353>. . DOI : 10.4000/books.pur.39353.
Piero Paci, Tra mondanità e curiosità accademiche: Marie-Marguerite Bihéron e le sue "anatomie artificiali" nel secolo dei Lumi, Monte San Pietro (Bologna), Edizioni Libreria Piani. 2025.
Notes et références
Liens externes Marie Marguerite Biheron dans le site Portraits de médecins. Marie Marguerite Biheron notice bio-bibliographique dans le site de la Biu Santé. Marie-Catherine Biheron dans le site El cuaderno de la historiadora
Catégorie:Femme scientifique du XVIIIe siècle Catégorie:Anatomiste français Catégorie:Naissance en novembre 1719 Catégorie:Décès en juin 1786 Catégorie:Céroplasticien Catégorie:Décès à 66 ans