thumb|upright=1.5|alt=Peau dont la fourrure présente des nuances de brun sur le dos, avec les pattes plus foncées|Fourrure de Glouton, appelé aussi carcajou au Canada. thumb|Jeune yupik portant un vêtement fait d'un assemblage de fourrures de mammifères et d'oiseaux (photo d'Edward Sheriff Curtis, 1930).
La fourrure est la peau des animaux, garnie de ses poils ou, plus rarement, de duvet ou de plumes. Ce mot désigne aussi le matériau obtenu par transformation par l'Homme, à usage de vêtement, garniture ou accessoire de décoration. Les fourrures commercialisées proviennent le plus souvent de mammifères sauvages ou d'élevage, et ont été traitées pour assurer leur souplesse et leur conservation., mais on utilise aussi l'expression « fourrure synthétique » pour désigner les produits d'imitation, issus de l'industrie pétrolière.
Utilisée par les hommes depuis la préhistoire, avant l'invention de tout textile, comme protection contre le froid et les intempéries, comme signe de prestige ou objet de luxe, elle a été recherchée dans de multiples déclinaisons dans la mode. La traite des fourrures fut pendant deux siècles la principale ressource de l'Amérique du Nord, avant que la chasse intensive provoque, à partir du , un épuisement de la ressource et, progressivement, le développement de l'élevage des animaux auparavant chassés.
Certaines associations dénoncent les conditions de détention et d'abattage des animaux élevés pour leur fourrure ; certaines allant jusqu'à dissuader de l'utilisation de la fourrure synthétique qui est d'origine industrielle et a été créée comme produit de substitution. Malgré des législations différentes selon les pays, de nombreuses lois, notamment en Europe et au Canada, régissent les méthodes d’élevage, d’abattage et de piégeage des animaux pour respecter des normes sanitaires et de bien-être animal indispensables, ainsi que la traçabilité des fourrures.
Malgré les aléas, le commerce de la fourrure et des vêtements de fourrure reste important au . En 2018, le secteur représente 35 milliards d’euros, et 1 million de salariés dans le monde.. Chargée de symboles variés au cours des siècles comme la réussite sociale, l'élégance, l'animalité et la sensualité, la fourrure est très présente dans les traditions ou les tendances, sans oublier les œuvres de fiction.
Description Peau vignette|Fourrure d'opossum.
La fourrure est constituée habituellement de deux couches principales : la peau ; le poil : le duvet proche du corps, dense et court, le poil de garde ou jarre qui dépasse du duvet et qui donne la couleur.
Certains animaux s’extraient de cette classification, notamment le cygne, dont la fourrure est faite de peau garnie non pas de poils mais de duvet de petites plumes légères.
Textile vignette|gauche|redresse|Étole de fourrure, 1914.
vignette|Tonte des moutons au . La création de vêtements en fourrure implique de laisser le poil de l'animal sur la peau traitée. Par contraste le cuir implique de retirer la fourrure de la peau. La fourrure tondue d'un mouton est appelée la laine. Elle s'obtient par tissage des poils tondus qui repoussent ensuite et peut être facilement filée et tissée pour créer des textiles chauds et doux en fibres naturelles.
D'autres animaux ont un pelage qu'il est possible de tisser, ainsi plusieurs espèces de chèvres à poil long donnent une fibre recherchée comme la chèvre du Tibet, la chèvre angora qui fournit le mohair ou tibet, la chèvre Pashmînâ ou chèvre de Kaschmir qui fournit le Pashmînâla laine Pashmina. ou cachemire quand il ne s'agit pas des poils issus des parties les plus douces du cou et du torse, et la chèvre de Mongolie.
On tisse aussi le poil du lapin angora qui fournit l'angora après épilationLe lapin et l'épilation.., le mouflon, le chameau, l'alpaga, le lama, la vigogne et même parfois le poil de chienLa passion du filage au rouet, laine en poil de chien ou le filage de laine canine...
Au cours du tissage du Vaðmál, un tissu traditionnel scandinave, une imitation de la fourrure peut être obtenue en incorporant de la toison de mouton non traitée.
De la fourrure artificielle en fibres synthétiques, ou fausse fourrure, est aussi utilisée comme produit de substitution.
Fourrure naturelle vignette|Écorchage d'un phoque. vignette|Décoration de la façade des fourreurs Robert Schütz et C. Wöbke, à Leipzig, à occasion de la visite du roi de Saxe, en 1904. vignette|Dépôt de fourrures, Alberta 1890. vignette|Marché aux fourrures, Irbit, vers 1900. vignette|Assemblage de peaux de hamster d'Europe. En 2009 l'un des mammifères les plus menacés d'Europe.
La fourrure proprement dite est obtenue par écorchage, ou dépeçage, des animaux, nettoyage puis tannage de leur peau. Différentes opérations effectuées dans des tanneries permettent de conserver la peau souple et de la rendre imputrescible.
La procédure habituelle comporte de nombreuses étapes : la conservation de la peau crue par salage et séchage sur un cadre ; le décharnage pour enlever les résidus de chair ; un trempage plus ou moins long selon que l'on désire conserver le poil ou non ; le dégraissage suivi d'un rinçage ; le pickelage avec un mélange de vinaigre et d'eau pour préparer au tannage ; le tannage, imprégnation chimique (chrome, aluminium (alun)) ou naturel (écorces d'arbres ou graisses animales), suivi d'un nouveau rinçage ; le raccommodage, pour réparer les trous et déchirures éventuelles ; graissage pour assouplir avec une graisse qui ne rancit pas ; assouplissement de la peau encore humide en l'étirant ; le séchage ; la finition : ponçage, égalisation des bords, graissage à l'huile de pied de bœuf, etc ; la confection d'objets et vêtements.
Histoire Bien avant la découverte du textile, et surtout dans les régions froides du monde, les hommes et les femmes utilisaient des peaux de bêtes pour se vêtir, et comme couverture et tapis de sol. Les hommes préhistoriques découvrirent très tôt comment conserver les fourrures en les préparant au moyen de grattoirs de silex, de dents, etc. puis avec un tannage végétal à base d'écorces d'arbres riches en tanins (chêne, bouleau, etc.) et un graissage aux graisses animales (à base de cervelle ou de suif).
Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, une communauté d'artisans spécialisés s'occupe du travail des fourrures : les pelletiers (terme logiquement devenu un nom de famille courant sous diverses déclinaisons). En Europe, la fourrure du castor est particulièrement appréciée, utilisée non seulement pour se vêtir mais également comme moyen de paiement. Dans l’habillement, la fourrure des castors est notamment utilisée pour les chapeaux car résistante à la pluie ; Girart de Ross au vante la fourrure du castor (bièvre est l'ancien mot désignant le Castor européen). De Laborde au évoque un chapeau de castor fourré d'hermine () et Jean de Saintré (capitaine et page du roi Jean le Bon dit (arriva Saintré qui était couvert d'un très beau chapeau de Castor)Émile Littré, Dictionnaire de la langue française (1872-77), université de Chicago..
Avec cette importante demande de peaux de castor autour du , le castor disparaît peu à peu d’Europe, jusqu’à devenir en voie d’extinction au . Au début du siècle suivant, les colons français et anglais découvrent une large quantité de castors au Canada, et en développent rapidement le commerce entre les deux continents..
Avant l'apparition des tissus synthétiques, la traite des fourrures a longtemps joué un rôle économique important. Les trappeurs explorent et ouvrent aux colons de grandes parties de l'Amérique du Nord pour y trouver des fourrures. Pendant environ deux cents ans, la fourrure a été la ressource la plus importante de la Nouvelle-France et ensuite de la province de Québec. Les peaux de castor deviennent rapidement un moyen d’échange et de paiement, puis un indice de valeur dans le commerce.. Mais, au tournant des années 1800 le commerce des fourrures connait un déclin progressif, notamment dû à la colonisation des États-Unis et à l’utilisation du dollar, mais également à la baisse du nombre de castors dans la région en parallèle de la multiplication des entreprises spécialisées dans le commerce de peaux animales.
En Alaska, l’exploitation de la loutre connaît une histoire similaire, célèbre dans le monde pour la qualité de sa fourrure, extrêmement dense, qualifiée « d’or doux » en Chine, dont la population atteint presque l’extinction avant d’être protégée par le Traité pour la préservation et la protection de l’otarie à fourrure dans le Pacifique Nord, ratifié en 1911 par les États-Unis..
Animaux à fourrure La législation varie selon les pays producteurs de fourrure, autorisant ou non le piégeage et l’élevage des animaux à fourrure. En France par exemple en 2018, le piégeage des animaux à fourrure est interdit, tandis qu’il est autorisé et régulé au Canada.. Élevage
Animaux élevés pour leur fourrure, par ordre d'importanceFourrure - La mort sur les épaules, sur 30 millions d'amis, consulté en octobre 2010. : visons ; leopards renards ; chinchillas ; lynx ; hamsters ; lapins ; lemurs etc.
En 2017, la France compte onze élevages d’animaux à fourrure. Cette activité est encadrée par la loi française ainsi que le droit européen, pour veiller au respect de normes sanitaires et de bien-être pour les animaux..
Piégeage Interdit dans certains pays, le piégeage des animaux à fourrure répond à un certain nombre de critères précis, en matière de permis, de méthode, de calendrier en fonction des espèces et de commerce des fourrures, notamment au Canada.. En Europe, la Commission européenne reconnaît le programme WelFur, comme une initiative contraignante en faveur du bien-être des animaux..
Animaux à fourrureRèglement sur les activités de piégeage et le commerce des fourrures au Québec. Loi 2010 sur la conservation et la mise en valeur de la faune. dont le piégeage est autorisé dans certaines régions du monde :
Le commerce des peaux vignette|Travail de la fourrure en 1568. vignette|Manteau de renard teinté. vignette|Installation anti-fourrure en Allemagne.
Le marché de la fourrure, qui était très fort dans les années 1970 et 1980, a connu une forte chute après le krach boursier de 1987 État de la situation de l’élevage des animaux à fourrure au Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2006, ..
En février 2007 la fourrure d'élevage représente 85 % du commerce mondial de la fourrure.
En Europe La fourrure d'élevage est majoritairement produite en Europe qui fournit 70 % des visons et 63 % des renards qui sont les espèces les plus répandues avec le chinchilla. L'Union européenne compte familiales qui sont réparties dans seize pays différents, essentiellement au Danemark, en Finlande, en Pologne, aux Pays Baltes, Norvège et aux Pays-BasElisabeth Studer, Le réchauffement climatique pourrait avoir la peau du marché de la fourrure, 8 février 2007..
Le Danemark est le premier pays producteur de vison d'élevage avec 32 % de la production mondiale État de la situation de l’élevage des animaux à fourrure au Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2006, ..
Reste du monde L’Argentine, la Chine, l’Amérique du Nord et la Russie sont d'autres grands pays d'élevages destinés à la production des fourrures.
La Chine en 2005 est le premier pays producteur au monde de renards d'élevage et deuxième producteur de fourrure ( à l'exportation), derrière le Danemark (). En 2015, la production chinoise avait augmenté, le pays a produit 35 millions de peaux de vison..
Le volume des ventes de peaux étant dépendant des températures hivernales, les hivers doux et la crainte du réchauffement climatique préoccupent les professionnels. En effet après un hiver 2006-2007 particulièrement clément les ventes ont chuté de 50 % en volume et de 20 % en prix d'après la principale société de ventes aux enchères.
Les produits finis