Les élections au Parlement de Catalogne de (, , ) se tiennent le mercredi , afin d'élire les de la du Parlement de Catalogne pour un mandat de quatre ans.
Anticipé d'un an sur le terme naturel de la législature, le scrutin est la conséquence de la rupture de la coalition de gauche formée en autour du socialiste Pasqual Maragall, causée par des désaccords sur l'adoption d'un nouveau statut d'autonomie. Les résultats montrent la victoire de Convergence et Union, qui redevient le premier parti en voix devant le Parti des socialistes de Catalogne, et une majorité absolue pour les partis ayant souscrit le pacte de coalition trois ans auparavant.
Le chef de file socialiste José Montilla conclut peu après le scrutin un accord de principe pour rééditer la majorité tripartite formée en entre le Parti socialiste, la Gauche républicaine de Catalogne et Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative. Le pacte de coalition est conclu à la veille de l'ouverture de la législature et permet l'investiture de José Montilla à la majorité absolue des députés, puis la formation d'un nouvel exécutif unissant les forces de gauche et centre gauche.
Contexte Alternance historique en 2003 Au cours des élections parlementaires du 16 novembre 2003, Convergence et Union (CiU) d'Artur Mas, au pouvoir depuis sous l'autorité de Jordi Pujol, qui ne se représentait pas, arrive en tête avec sur 135, soit quatre de plus que le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) de Pasqual Maragall, arrivé cependant premier en voix. Perdant chacun dix sièges, les deux grands partis sont en fort recul. À l'inverse, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) enregistre une forte poussée et se transforme en arbitre de la gouvernance de la communauté autonome, dans la mesure où ses permettent de décider s'il y aura un gouvernement nationaliste avec CiU ou un exécutif de gauche avec le PSC et Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche alternative (ICV-EA)..
Tant Pasqual Maragall qu'Artur Mas se disent prêts à occuper le poste de président de la généralité de Catalogne avec le soutien de la Gauche républicaine, qui choisit au départ de ne pas clairement se positionner... Finalement, les trois partis de gauche s'accordent pour négocier puis signent le un pacte de coalition, l' dans le salon du Tinnell du .. Deux jours plus tard, Pasqual Maragall est effectivement investi président de la Généralité au terme d'un débat parlementaire par pour et , le Parti populaire ayant rejoint Convergence et Union dans l'opposition, ce qui marque la première alternance depuis le rétablissement de l'autonomie en ..
Nouveau statut d'autonomie Le , le Parlement constitue un groupe de travail () chargé de proposer un avant-projet de nouveau statut d'autonomie pour la Catalogne. Le Parti populaire indique qu'il n'y participera qu'après l'organisation des élections législatives et sénatoriales du 14 mars suivant.. Plus de plus tard, le , les trois partis du gouvernement catalan et CiU parviennent à sceller une entente sur le contenu définitif du nouveau statut, après s'être entendus sur les règles de financement du budget de la communauté autonome.. Le lendemain, la proposition de loi organique de réforme du statut d'autonomie est donc approuvée en séance plénière du Parlement par pour et , seul le Parti populaire marquant son opposition au texte..
Le projet de réforme statutaire est examiné en séance plénière du Congrès des députés le suivant, les députés approuvant la prise en considération du texte par pour et , là encore le PP étant la seule force politique à faire part de son refus.. Après une longue rencontre entre Artur Mas et Josep Antoni Duran i Lleida, et le président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero au palais de la Moncloa le , un accord global est conclu sur les éléments les plus polémiques du futur statut, à savoir la quantité de cession des impôts au budget catalan, qui augmente de près de 50 %, et la reconnaissance de la Catalogne comme une nation, qui est transférée d'un article au préambule du texte.. En réaction à ce pacte entre socialistes et catalanistes de centre droit, le secrétaire général de la Gauche républicaine affirme que son parti ne sera plus dans l'avenir du gouvernement de l'État..
Le , le Congrès des députés approuve en séance plénière la proposition de loi organique de réforme du statut d'autonomie de la Catalogne avec favorables, et deux abstentions : au rejet du Parti populaire s'ajoute en effet celui de la Gauche républicaine de Catalogne.. Au lendemain de l'adoption, la direction du PSOE indique publiquement à ERC qu'il n'est pas envisageable que le texte souffre une quelconque modification lors de son examen à venir par le Sénat.. La chambre haute des Cortes Generales donne son feu vert au projet sans changement, entrainant donc son adoption définitive, le , lors d'un vote au cours duquel seul le Parti populaire se positionne en opposant, puisque les quatre sénateurs de la Gauche républicaine versent pour leur part dans l'abstention..
Rupture de la majorité en 2006 Le président de la Généralité Pasqual Maragall annonce le qu'il convoque le référendum de ratification du nouveau statut pour le suivant. À cette occasion, il indique que l'opposition d'ERC au texte l'a amené à expulser ses membres du gouvernement catalan. Assumant cette rupture de facto de la majorité parlementaire, il ajoute avoir l'intention de dissoudre le Parlement et convoquer de nouvelles élections avant la fin de l'année.. Le scrutin référendaire voit les Catalans valider la réforme statutaire par 73,9 % des suffrages exprimés, mais le taux de participation est seulement de 49 % des inscrits, soit dix points de moins que le référendum relatif au statut de 1979..
Dans une déclaration institutionnelle qu'il réalise trois jours après, le , le chef du gouvernement indique qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession au cours des élections anticipées à venir, renonçant à mener de nouveau la candidature du Parti des socialistes de Catalogne en raison du fait qu'il avait rempli les objectifs qu'il s'était fixé en , lorsqu'il avait accepté d'être le chef de file électoral de son parti aux élections de 1999.. La commission exécutive du PSC choisit le , à l'unanimité de ses membres, de le remplacer par son premier secrétaire et ministre de l'Industrie, José Montilla..
Au cours de sa dernière séance de questions d'actualité au gouvernement le , Pasqual Maragall annonce dans une déclaration solennelle au Parlement que les élections seront convoquées le ..
Mode de scrutin Le Parlement de Catalogne () est une assemblée parlementaire monocamérale constituée de () élu pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct selon les règles du scrutin proportionnel d'Hondt par l'ensemble des personnes résidant dans la communauté autonome où résidant momentanément à l'extérieur de celle-ci, si elles en font la demande.
La communauté autonome de Catalogne ne s'étant pas dotée d'une loi électorale propre, la deuxième disposition transitoire du statut d'autonomie de 2006 maintient en vigueur la quatrième disposition transitoire du statut d'autonomie de 1979, qui dispose que le Parlement est élu dans les mêmes conditions que le Congrès des députés. Elle précise par ailleurs que .
Les bulletins blancs sont considérés comme des suffrages valides, entrant ainsi en ligne de compte dans la détermination des listes ayant franchi le seuil électoral. En revanche, ils ne sont pas considérés comme des suffrages exprimés et ne sont donc pas pris en compte pour la répartition des sièges.
Présentation des candidatures Peuvent présenter des candidatures les partis ou fédérations politiques enregistrées auprès du registre des partis politiques du ministère de l'Intérieur ; les coalitions électorales de ces mêmes partis ou fédérations dûment constituées et inscrites auprès de la commission électorale au plus tard après la convocation du scrutin ; et les regroupements d'électeurs bénéficiant du parrainage d'au moins 1 % des inscrits de la circonscription.
Répartition des sièges Seules les listes ayant recueilli au moins 3 % des suffrages valides peuvent participer à la répartition des sièges à pourvoir dans une circonscription, qui s'organise en suivant différentes étapes : les listes sont classées en une colonne par ordre décroissant du nombre de suffrages obtenus ; les suffrages de chaque liste sont divisés par 1, 2, 3... jusqu'au nombre de députés à élire afin de former un tableau ; les mandats sont attribués selon l'ordre décroissant des quotients ainsi obtenus.
Lorsque deux listes obtiennent un même quotient, le siège est attribué à celle qui a le plus grand nombre total de voix ; lorsque deux candidatures ont exactement le même nombre total de voix, l'égalité est résolue par tirage au sort et les suivantes de manière alternative.
Campagne Principales forces politiques Force politiqueChef de fileIdéologieParti des socialistes de Catalogne-José MontillaCentre gaucheSocial-démocratie, progressisme, catalanisme31,2 % des voixConvergence et UnionCiUArtur MasCentre droitLibéralisme, démocratie chrétienne, catalanisme30,9 % des voixGauche républicaine de CatalogneERCGauche16,4 % des voixParti populairePPJosep PiquéCentre droit à droiteLibéral-conservatisme, démocratie chrétienne, unionisme11,9 % des voixInitiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternativeICV-EUiAJoan SauraGaucheÉcosocialisme, républicanisme, catalanisme7,3 % des voixCiutadansCsAlbert RiveraCentreSocial-libéralisme, réformisme, unionismeInexistant
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Résultats Total régional +Résultats des élections au Parlement de Catalogne de 2006.Représentation en hémicycle sur un axe gauche-droite du résultat.PartisVoix%+/-Sièges+/-Convergence et Union (CiU)31,52 0,5848 2Parti des socialistes de Catalogne- (PSC-CpC)26,82 4,3437 5Gauche républicaine de Catalogne (ERC)14,03 2,4121 2Parti populaire (PP)10,65 1,2414 1Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative (ICV-EUiA)9,52 2,2412 3Ciutadans (Cs)3,033 30,600Parti anti-corrida contre la maltraitance animale (PACMA)0,460Autres listes1,33 –0Blanc2,03 1,12Votes valides99,54Votes nuls0,46Total100 –135Abstentions43,96Inscrits / Participation56,04
Par circonscription CirconscriptionBarceloneGéroneLéridaTarragoneSièges85171518Nombre%Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00100,00Abstentions44,0642,8741,0045,87Votants55,9457,1359,0054,13Nuls0,390,620,660,65Exprimés99,6199,3899,3499,35PartisVoix% Sièges+/−Voix% Sièges+/−Voix% Sièges+/−Voix% Sièges+/−CiU27777PSC-CpC27,902522,13421,99325,985ERC12,611119,23417,72317,623PP11,16107,2219,11111,002ICV-EUiA10,3897,6416,5916,511Cs3,5330,9400,9702,420Autres2,472,631,352,28Blanc2,052,012,281,74
Analyse Avec l'un des plus faibles taux de participation depuis le rétablissement de l'autonomie territoriale en , le scrutin est marqué par une nouvelle victoire de Convergence et Union, qui ne conquiert cependant pas la majorité nécessaire pour gouverner seule, la rendant dépendante d'éventuelles alliances post-électorales.. Le Parti des socialistes de Catalogne reste la deuxième force parlementaire et recule de cinq sièges, mais la coalition gouvernementale qu'il forme avec Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative totalise plus de sièges que la principale force de l'opposition parlementaire.. Dans le détail, CiU vire en tête dans les quatre circonscriptions électorales, surpassant ainsi le PSC dans la province ainsi que la ville de Barcelone, où ce dernier était arrivé premier lors des scrutins de 1999 et 2003 ; au total les socialistes perdent 2,5 fois plus de suffrages que les catalanistes de centre droit..