vignette|Le bureau confédéral de la CGT en 1936.
vignette|Membres du Bureau confédéral de la CGT, Maryse Dumas à droite et Bernard Thibault au centre de la photo manifestent à Paris avec le président de l'Unef le 3 mars 2006 contre le CPE.
Le bureau confédéral de la Confédération générale du travail est l'organisme national qui gère et organise l'action de la Confédération générale du travail française. Avec le « secrétaire général » de la Confédération, qui en est membre d'office, il assure la continuité de la direction de l'organisation syndicale. Ses membres, selon les périodes, sont nommés « secrétaire-adjoint » ou « secrétaire » de la CGT. Le « trésorier » (ou « administrateur ») fait partie de cette instance.
À la suite du (), il comprenait dix membres, âgés de 41 à 59 ans : Sophie Binet (secrétaire générale), Nathalie Bazire, Laurent Brun, Catherine Giraud, Sébastien Menesplier, Boris Plazzi, Gérard Ré, Mireille Stivala, Thomas Vacheron et Céline Verzeletti.
Le , le Comité confédéral national élit quatre nouveaux membres au bureau confédéral, portant à quatorze le nombre de ceux-ci, nombre inédit depuis 2003 : Denis Gravouil, négociateur de l'assurance-chômage est chargé de l'ensemble de la protection sociale et professionnelle ; Myriam Lebkari, chargée de l'égalité homme-femme et des violences sexistes et sexuelles ; Sandrine Mourey, chargée de la démocratie sociale et de la négociation collective ; David Gistau, chargé de l'organisation et de la structuration syndicales.
Rôle et fonctionnement du Bureau confédéral Mode de désignation Les statuts actuels de la CGT Adoptés lors du (), les statuts qui règlent la vie de la première organisation syndicale françaiseLes résultats des élections prud'homales française (décembre 2008) ont renouvelé cette place : la CGT a obtenu 33,8 % des suffrages. En 2002 elle obtenait 32,1 %, en 1997 32,9 %. (résultats publiés dans Le Monde du 5 décembre 2008). La CFDT était à 22,1 % en 2008 (25,1 % en 2002, 25,2 % en 1997), et Force ouvrière, en recueillait en 2008 15,9 % (18,2 % en 2002, 20,3 % en 1997) traitent en leur titre 3, , des organismes de direction de la CGTLes statuts sont accessibles sur le site de la CGT. : article 26 :
L'article 30 traitant du bureau confédéral est le plus court : 25 lignes soit une demi-colonne d'un « titre » dont les 3 premiers articles sont développés sur 7 colonnes.
Les membres du Bureau confédéral de la CGT, appelés aussi, à tort théoriquement, sont : , pour , qui désigne parmi eux un(e) secrétaire général(e) et un administrateur.
Le CCN est l'organisme , représentatif de toutes les fédérations professionnelles et unions départementales (UD) qui composent la CGT. Entre les Congrès, le CCN peut élire de nouveaux membres du bureau confédéral. C'est ainsi qu'en 1997 Bernard Thibault, déjà membre de la CE, est appelé au bureau confédéral de la CGT. Il en est de même en 2015., après la démission de Thierry Lepaon et de l'ensemble du bureau. La CE élue lors de chaque Congrès . Pourtant si la CE se réunit , c'est . Ce mode de désignation et de gouvernance interne, très normé, résulte de l'histoire de la Confédération générale du travail.
Historique Le Bureau confédéral de la CGT n'est pas prévu par les textes mis en débat et adoptés au Congrès fondateur de la Confédération générale du travail tenu à Limoges, en septembre 1895 : l'Administration et la correspondance intérieure incombent au « Conseil national » de la nouvelle organisation syndicaleParagraphe 3 des statuts de la Confédération générale du travail, cf. Claude Harmel, Cahiers d'histoire sociale, la naissance de la CGT, .. Seule la fonction du trésorier est clairement mentionnée. Cependant des tâches précises et « non limitatives » sont attribuées à ce Conseil national, dont : secrétariat du conseil fédéral, archives ; rapports extérieurs, correspondance étrangère ; trésorerie et comptabilité ; statistique du travail ; (…) propagande syndicale et fédérale industrielle ; unification de l'action corporative ; etc.
Le de la même année, 3 militants sont désignés à des responsabilités, dont on peut direRobert Brécy, Le mouvement syndical en France, p. 59. qu'ils forment .
Les congrès suivants, confrontés à l'absence d'un centre de décision, tentent de mieux définir le rôle d'une direction. Lors du , tenu à Rennes en 1898, les débats font apparaître de fortes tensions entre le secrétaire général de la Confédération, A. Lagailse, et le secrétaire de la fédération des Bourses, Fernand Pelloutier. Lagailse remarque que le secrétaire général qu'il est ne perçoit aucun émolument et que c'est son appartement qui lui sert de bureauCompte-rendu du Congrès de la CGT, rapport d'activité du comité confédéral, p. 54… De nouveaux statuts sont adoptésIbid. p. 274-276, où figure un « bureau du comité confédéral », dont la tâche n'est pas définie car il ne sert qu'à l’administration interne du comité confédéral. Les autres membres du comité confédéral, organisme très large (pléthorique ?) qui compte plus de cent délégués (trois par syndicat national, deux par fédération, un par syndicat local…) se répartissent en commissions : propagande, arbitrage, législation, grèves, statistique, journal, administration. Le , qui se tient à la Bourse du travail de Paris en septembre 1900 a lieu alors que le secrétariat général a changé de tête, non sans une période transitoire embrouillée. Il ne doit sa tenue que grâce au .
Le Bureau confédéral n'apparaît comme tel, Bureau confédéral de la CGT et non plus bureau du conseil fédéral, que dans les Statuts de la CGT adoptés lors du Congrès tenu à Lyon en 1901. Leur article 4 prévoitLa CGT et le mouvement syndical, 1925 : un bureau composé de 5 membres, choisis par le Comité confédéralCette désignation par le CCN ou la CE, est encore la règle actuellement, à l'exception du secrétaire général, élu par le Congrès. parmi ses membres : un secrétaire, aux appointements de francs par an. un secrétaire-adjoint, (idem) un trésorier, (idem) un trésorier-adjoint, (idem) un archiviste, (idem). Les autres membres pourront être indemnisés en raison de leurs travaux et de leurs déplacements.
L'année suivante, le Congrès, Montpellier 1902, modifie la composition du Bureau confédéral. C'est l'article 5 des statuts adoptés en 1902, qui régit celui-ci jusqu'à la guerre de 1914. Prenant acte des deux composantes désormais réunies dans la CGT : « la Section des Fédérations de métiers et d'industries », et la « Section la Fédération des Bourses du travail », l'article 5 institue trois commissions permanentes ainsi qu'il suit : Commission du journal ; Commission des grèves et de la Grève GénéraleLes majuscules sont dans le texte. ; Commission de contrôle. (…)
Le bureau confédéral est formé par la réunion des bureaux des deux sections et du secrétaire de chaque commission. Le secrétaire de la Section des Fédérations d'industries et de métiers aura le titre de secrétaire général de la CGT.
Quand la Fédération des Bourses du travail disparait après 1918, le Bureau confédéral reste composé de 5 membres : le secrétaire général, un secrétaire administratif, deux secrétaires adjoints, un trésorier. « Des délégués permanents pourront être adjoints au Bureau confédéral par décisions du CCN », précisent les statuts, tels qu'ils ressortent du Congrès, Paris 1923.
Le Congrès suivant, en 1925, ajoute aux statuts un « règlement intérieur », composé de trois articles, répartissant le travail du « Bureau de la CGT ». Il devait permettre de discerner qui fait quoi, et de borner l'activité des membres du Bureau par rapport aux autres instances statutaires, Commission Administrative et Comité confédéral national. Le secrétaire général est chargé de diriger toute l'action confédérale ; il représente la CGT à l'Internationale. Le secrétaire administratif assure la liaison entre les différents services du siège, et supplée, en cas d'absence, le secrétaire général. Les deux autres secrétaires adjoints assurent respectivement les relations avec les Fédérations et les Unions (départementales). (…)Le Bureau confédéral coordonne les renseignements reçus et la C.A. organise la propagande.(…) Le Bureau confédéral assure par voie de délégation, l'administration et la direction politique du journal Le Peuple(…) s'occupe de la documentation et de la bibliothèque, organise l'édition de brochures et d'ouvrages à destination des militants, et les moyens d'éducation des syndiqués.
L'essentiel pourtant vient à la fin : Utilisant les circonstances, il organise des semaines d'agitation et de propagande sur des sujets d'actualité, et les prépare par des campagnes d'affiches et de presse Congrès confédéral, Paris, 1925, page XI des statuts.
Effectif variable Le Bureau confédéral est devenu au fil du temps, une structure permanente et la réelle instance décisionnelle de la Confédération. 4 articles des statuts de la CGT énonçaient, jusqu'en 1995 les principes de son fonctionnement. Son effectif varie en fonction de critères mal définis. De 5 membres en 1920, le Bureau confédéral était composé de 8 membres en 1936. En effet le Congrès de réunification CGT-CGTU, réuni à Toulouse du 2 au , se penche sur des nouveaux statuts. Ils définissent le rôle et le mode désignation de toutes les instances confédérales : le Comité confédéral national (CCN) aux articles 5 et 6, la Commission Administrative (CA), forte de 35 membres, aux articles 7 et 8, et le « Bureau de la Confédération » par 3 articles, 9, 10 et 11Statuts adoptés par le Congrès d'unité de Toulouse en mars 1936, réédités par la l'Institut d'histoire sociale CGT, Montreuil, 1986, p. 76-77.. Nommé (article 9) par le Comité confédéral national, après chaque Congrès : Il est composé de huit membres : une secrétaire général, un trésorier et six secrétaires adjoints. Des délégués permanents pourront être adjoints, par décision du CCN L'article 11 fixe la modalité des appointements de membres du Bureau, tandis que l'article 10 définit leurs obligations, sur lesquelles il va être revenu infra. Le nombre s'accrut à 13 membres après la Libération, pour permettre une représentation égale des deux courants qui composaient une CGT sans cesse en proie à divisions (1922, 1939) puis réunifications (1936, 1943). La scission de 1947 et le départ des dirigeants du groupe Force ouvrièreCf La naissance de Force ouvrière; autour de Robert Bothereau, cité en bibliographie. n'entraina pas une diminution sensible du nombre des membres du Bureau confédéral. Les 5 partants furent remplacés par 5 nouveaux venus, tous non communistes afin de préserver nominalement une paritéNullement définie par une norme statutaire. entre communistes et non communistes. Cette parité, qui relevait d'une part de fiction tant certains sympathisants étaient proches du PCF principale force de la gauche durant les trente-cinq années qui suivent la Libération de la France, eut cours jusqu'à la fin des années 1980. Elle mettait en évidence le fait que l'assise de la CGT fut toujours plus large que l'audience du PCF, même s'il lui fournissait une forte proportion des dirigeants intermédiaires, dans les fédérations professionnelles, les unions départementales et l'appareil central. Elle explique, pour une part, le gonflement des effectifs du Bureau confédéralDominique Labbé, La syndicalisation en France depuis 1945. La CGT, organisation et audience. Documents, IEP Grenoble, 1996 jusqu'aux années 1990. De 13 membres en 1955, le Bureau passe à 14 membres en 1965, 15 membres en 1969, 16 en 1975.
Secousses des années 1980