Gaël Yanno, né le à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), est un homme politique français, membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Il est élu député UMP de la (Nouméa, Île des Pins, Îles Loyauté), pour la législature le . Il n'est pas réélu le . Il est ensuite, du au , vice-président et porte-parole du Rassemblement-UMP, parti anti-indépendantiste néo-calédonien associé à l'UMP. Le , il crée son propre parti, le Mouvement populaire calédonien (MPC).

Il est élu par une alliance de l'ensemble des non-indépendantistes président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie le , restant en place jusqu'au . Mis en minorité au sein de son parti en sur le sujet des discussions à mener avec les indépendantistes avant la consultation sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté du , il en perd la présidence le au profit de son ancien second, Gil Brial.

Toujours militant du MPC, il siège toutefois désormais comme non-inscrit et retrouve la présidence du Congrès le grâce au soutien de Calédonie ensemble lors des deux premiers tours de scrutin face à Thierry Santa et l'indépendantiste Rock Wamytan, puis avec la totalité des voix non-indépendantistes au troisième et dernier tour. Rock Wamytan lui succède le .

Formation

Après avoir effectué ses études primaires et secondaires à Nouméa, il poursuit en France métropolitaine sa formation supérieure en intégrant l'institut d’études politiques de Paris. Il obtient également une maîtrise en Sciences économiques de l'Université Paris II Panthéon-Assas, un DESS de contrôle de gestion de l'Université Paris-Dauphine ainsi qu'un DEA d'économie appliquée de l’institut d’études politiques de Paris.

Lors de ses études dans la capitale, il sera président de l'Association des étudiants calédoniens de Paris de 1981 à 1984 et secrétaire général de la Fédération des Associations des étudiants calédoniens en Métropole de 1983 à 1985.

Parallèlement à son activité professionnelle il poursuit une formation d'expert-comptable. Il obtient son diplôme d'expertise comptable en 1998.

Carrière professionnelle

Il commence sa carrière professionnelle à Paris en 1986 en tant qu'auditeur dans les cabinets Peat Marwick puis Arthur Andersen.

En 1991 il intègre en Nouvelle-Calédonie le cabinet Coopers & Lybrand devenu depuis PricewaterhouseCoopers. En 2000, il en devient associé gérant. Il démissionne de ses fonctions de gérant le après avoir été investi le candidat du Rassemblement-UMP aux élections législatives dans la de la Nouvelle-Calédonie.

Il est commissaire aux comptes inscrit près la cour d'appel de Nouméa. Il est élu par ses confrères président de la compagnie régionale des commissaires aux comptes de Nouméa en 2000, réélu en 2002 et 2004. Il est depuis le membre du conseil national de la compagnie nationale des commissaires aux comptes.

Carrière politique

Les débuts Il s'investit très tôt dans la politique. Ainsi, étudiant à Paris, il sera militant de la section RPR du de Paris. Revenu en Nouvelle-Calédonie, il rejoint alors le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député Jacques Lafleur, alors principale force politique du Territoire et mouvement historique de la droite anti-indépendantiste. Il est membre de l'Assemblée de la Province Sud (présidée par Lafleur) et du Congrès du Territoire sous cette étiquette de 1989 à 1999.

Il est également élu en 1989 pour la première fois au conseil municipal de Nouméa, et est l'un des adjoints au maire Jean Lèques à partir de 1995, le d'entre eux depuis 2001. Il y est chargé des finances et du contrat d'agglomération, ainsi que de la communication de 2001 à 2008 puis de la coordination de l'action municipale depuis 2008. Un temps pressenti pour prendre la succession de Jean Lèques à la tête de la liste Rassemblement-UMP aux élections municipales de au cas où celui-ci ne se représenterait pas, le maire sortant décide pourtant, à 76 ans, de briguer un cinquième mandat et son adjoint ne se présente pas contre lui lors des primaires organisées par le parti. En troisième position sur sa liste et déclarant dès le départ souhaiter retrouver sa fonction de premier adjoint, le député forme alors une sorte de « ticket » avec le premier magistrat du chef-lieu néo-calédonien« Gaël Yanno ne briguera pas la mairie de Nouméa », Les Nouvelles Calédoniennes, 07/09/2007.

Député

Avant d'être élu député, il a été, de 1997 à 2007, le suppléant de Jacques Lafleur. Représentant la nouvelle génération des élus anti-indépendantistes calédoniens, il est choisi comme candidat pour les élections législatives de 2007 dans la (qui comprend Nouméa, l'île des Pins et les Îles Loyauté) par militants sur suffrages exprimés lors des primaires organisées par l'UMP le , devant le numéro 2 du parti qui était pourtant donné favori Pierre Maresca. Il fait face aux candidatures dissidentes de Pierre Maresca et du député sortant Jacques Lafleur, et aux divisions du camp des non-indépendantistes. Il arrive toutefois assez nettement en tête lors du premier tour le , réunissant voix et 30,89 % des suffrages exprimés. Il est opposé au second tour au candidat unique du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), Charles Washetine. Au second tour du , alors que tous les autres candidats anti-indépendantistes ont appelé à voter pour lui, il est élu sans surprise député avec suffrages et 69,21 % des voix.

À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission des Finances, de l'Économie générale et du Plan et de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi organique relatif à la nomination des présidents des sociétés de l'audiovisuel public et le projet de loi sur le service public de la télévision. Il est également membre des groupes d'études sur les Énergies, sur la Mer, la pêche et la souveraineté maritime, sur les Ressources minières, sur la Presse et sur les Prisons et conditions carcérales. S'intéressant tout particulièrement à la fiscalité et aux conditions économiques des outre-mers, il s'attache notamment à défendre les intérêts de ces derniers dans les différentes réformes touchant à ces domaines. Ainsi, membre de la mission de la commission des finances sur les niches fiscales, il défend les mesures de défiscalisation pour l'incitation à l'investissement dans les DOM-TOM prévues par la loi dite « Girardin » de 2003RAPPORT D’INFORMATION DÉPOSÉ en application de l’article 145 du Règlement PAR LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU PLAN sur les niches fiscales ET PRÉSENTÉ PAR MM. Didier MIGAUD, PrÉsident, GILLES CARREZ, Rapporteur gÉnÉral, Jean-Pierre BRARD, JÉrÔme CAHUZAC, Charles de COURSON et Gaël YANNO, site de l'Assemblée nationale.

Il s'oppose également aux arbitrages rendus sur la réforme des retraites indexées dans certains territoires d'Outre-mer, dont la Nouvelle-Calédonie, telle qu'annoncée en , estimant alors que les annonces faites par le gouvernement allaient « au-delà de l’esprit de la réforme telle qu’elle avait été présentée par Nicolas Sarkozy. Le président de la République voulait limiter les abus mais tenait, et je cite ses propos, à veiller à la situation de ceux qui ont fait des choix de vie en fonction de ce système. À l’origine, il s’agissait d’empêcher l’accès à cette majoration aux fonctionnaires n’ayant jamais servi en outre-mer mais qui venaient y prendre leur retraite. On va bien au-delà »« Gaël Yanno : "Certains fonctionnaires vont perdre plus de la moitié de leur rémunération !" », Les Nouvelles Calédoniennes, 17/09/2008. En effet, les propositions faites alors font état d'un minimum de quinze ans de résidence outre-mer avant le solde de sa retraite pour prétendre à une pension majorée, tandis que celle-ci (indexée jusque-là à hauteur de 75 %) devrait progressivement être amenée à disparaîtreP. Ch.et D. M., « La fin annoncée des retraites indexées », Les Nouvelles Calédoniennes, 17/09/2008. Il présente ainsi une série d'amendements afin « d'adoucir » le texte, et plusieurs de ses propositions sont reprises lors du débat à l'Assemblée : création de plafonds différenciés pour les fonctionnaires d’État prenant leur retraite à compter du dans les océans Pacifique et Indien, ou encore que « toutes les périodes d’activité professionnelle seront retenues quel que soit le régime d’affiliation » et que les retraités ne disposant pas du nombre de trimestres nécessaire « bénéficient de leur retraite majorée de l’ITR (Indemnité temporaire de retraite) dès que leur retraite est liquidée sans décote, par exemple à la limite d’âge de leur corps ou grade ». Toutefois, sa requête de réduire l’exigence d’exercice outre-mer de quinze à dix ans pour pouvoir prétendre à l’ITR à partir de 2009 est rejetéeD. MARTIN, « L’Assemblée réforme les retraites indexées », Les Nouvelles Calédoniennes, 03/11/2008.

Il est rapporteur à l'Assemblée nationale du projet de loi pour le développement économique des Outre-mer (LODEOM), voté par le Parlement en , et est membre titulaire par la suite de la Commission nationale d'évaluation des politiques de l'État outre-mer (CNEPEOM) créée par ce texte, en devenant le premier président le . Il est également nommé le corapporteur de l'application de cette loi, conjointement avec un socialiste chargé de la fonction de rapporteur spécial des crédits de la mission Outre-mer, à savoir tout d'abord le député du Lot-et-Garonne Jérôme Cahuzac jusqu'à son accession à la présidence de la commission des Finances le puis Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis. Ils présentent leur rapport d'information le RAPPORT D’INFORMATION DÉPOSÉ en application de l’article 145-7, alinéa 1, du Règlement PAR LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU CONTRÔLE BUDGÉTAIRE sur la mise en application de la loi du 27 mai 2009 pour le développement économique des outre-mer ET PRÉSENTÉ PAR MM. Claude BARTOLONE ET Gaël YANNO, site de l'Assemblée nationale. Le , il est nommé secrétaire national de l'UMP chargé des politiques économiques en Outre-merGHM, « Neuf ultramarins dans l’"armée mexicaine" de l’UMP », France-Antilles, 16/02/2011.

Lors du congrès du Rassemblement-UMP du , il est investi une nouvelle fois comme candidat du parti dans la pour les élections législatives de 2012. Il obtient également l'investiture de l'UMP le . Il choisit pour suppléant, annoncé le , un de ses collaborateurs à la mairie de Nouméa et jeune Kanak (31 ans) originaire de Maré ayant grandi dans le quartier difficile de Rivière-Salée, Shonu Wayaridri. Il base sa campagne sur son bilan et sur un discours résolument anti-indépendantiste, déclarant notamment vouloir remettre en cause le gel du corps électoral et organisant le une réunion avec des exclus de la liste électorale spéciale à l'hippodrome Henri Milliard de l'Anse Vata à NouméaActualités de la campagne de Gaël Yanno aux élections législatives de 2012 sur son site officiel, consulté le 22 août 2012 Brochure de campagne de Gaël Yanno aux élections législatives de 2012, consulté sur son site officiel le 22 août 2012. Il met également l'accent sur la jeunesse et sur la lutte contre la délinquance, proposant notamment de défendre le retour à l'uniforme dans les établissements scolaires publics ou encore la mise en place d'un couvre-feu de 23 heures à 6 heures pour les mineurs de moins de 13 ans. Il arrive en tête du premier tour, avec voix et 30,96 % des suffrages exprimés, devançant de relativement peu la candidate de Calédonie ensemble Sonia Lagarde, avec votes et 4,2 points d'écart. Au second tour le , il s'incline avec voix et 46,33 % des suffrages exprimés.

Porte-parole du Rassemblement-UMP