Maurice Ponga, né le à Kouaoua (Nouvelle-Calédonie), est un homme politique français. Il est élu député européen le 7 juin 2009 et réélu le , dans la section Pacifique de la circonscription Outre-Mer.
Biographie Origines et enfance Kanak né dans un petit village minier de la côte est de la Grande Terre, Maurice Ponga est le fils d'Ourari Ponga, membre fondateur de l'Association des indigènes calédoniens et loyaltiens français (AICLF) puis de l'Union calédonienne (UC) avant d'en faire dissidence en 1960, qui a également contribué à créer la Fédération de l'enseignement libre protestant (FELP), organisation gérant les établissements d'enseignement confessionnel protestant en Nouvelle-Calédonie. Maurice Ponga est le frère cadet de Théophile Ponga, lui-aussi instituteur à la FELP avant de s'engager en politique comme conseiller régional de l'Est puis conseiller provincial du Nord, ainsi que membre du Congrès de 1988 à 1989 et de 1991 à sa mort en 1992. Il est également le beau-frère de Léontine Ponga (née Wema), élue à la province Nord et au Congrès de 2009 à 2014, et l'oncle d'Alcide Ponga, maire de Kouaoua de 2014 à 2025, puis président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à partir de 2025.
Les Ponga sont issus de la lignée Mwêria de la chefferie Méa, d'origine incertaine et dont le représentant aurait la fonction de (kavu mëu) d'après Jean Guiart mais que Patrick Pillon insère parmi une autre lignée traditionnelle, les BwarereaJean Guiart, La terre qui s'enfuit. Le cadre social de l'Insurrection de 1878, avant et après, FeniXX réédition numérique, 2007, consulté le 17 décembre 2025, p. 2 et 12-13..
Enseignement dans le privé
Maurice Ponga devient instituteur au sein de la FELP. Il enseigne à Houaïlou de 1966 à 1976, avant de prendre le poste de responsable pédagogique de la FELP de 1977 à 1995Fiche de Maurice Ponga sur le site du groupe PPE au Parlement européen, consulté le 17 décembre 2025..
Carrière politique
Il se lance pour la première fois en politique lors des élections provinciales du . Anti-indépendantiste, il est alors troisième sur la liste Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) conduite par Maurice Nénou qui obtient deux sièges à l'assemblée de la Province Nord et au Congrès du Territoire. En situation inéligible, Maurice Ponga fait néanmoins son entrée dans l'assemblée de Province et au Congrès à la suite du décès de Maurice Nénou, le . Il est le suppléant du député de la , Pierre Frogier, de 1997 à 2007. Le , il est élu à la présidence de la Commission de la Santé et de la Protection sociale du Congrès, à la suite de la démission de Gaël Yanno.
Membre du gouvernement local (1999-2009) Deuxième sur la liste RPCR en Province Nord, qui obtient quatre sièges à l'assemblée de Province et trois au Congrès lors des élections provinciales du , il est désigné pour entrer dans le premier gouvernement de Nouvelle-Calédonie mené par Jean Lèques, à partir du .
Membre de tous les gouvernements de la Nouvelle-Calédonie entre 1999 et 2009 (à l'exception du premier gouvernement Thémereau qui démissionne dès sa mise en place, en 2004), il est chargé des secteurs de l'Agriculture et de l'Élevage dans le gouvernement Lèques (1999-2001), puis de l'Agriculture et de la Pêche au sein du premier gouvernement Frogier (2001-2002). Il est toujours chargé de l'Agriculture et de la Mer dans le deuxième gouvernement Frogier (2002-2004), et doit à ce titre organiser les réponses du gouvernement aux conséquences du cyclone Erica de . Il est également à l'origine de la création de l'Agence pour la prévention et l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles en Nouvelle-Calédonie (APICAN) le .
Il est à nouveau candidat sur la liste Rassemblement-UMP (nouveau nom du RPCR) en Province Nord aux élections provinciales du , cette fois-ci en troisième position. Cette liste obtient des suffrages, 3 sièges sur 22 à l'Assemblée du Nord et 2 élus sur les 15 envoyés au Congrès. Il abandonne toutefois son siège d'élu lorsqu'il est reconduit dans le gouvernement local le .
Il prend ensuite en main la Jeunesse et les Sports dans le deuxième gouvernement Thémereau de 2004 à 2007, puis dans le deuxième gouvernement Martin de 2007 à 2009. À ce poste, il joue un rôle actif dans la réussite le de la candidature de Nouméa pour l'organisation des XIV Jeux du Pacifique de 2011« Vidhya Lakhan soutient les Jeux du Pacifique à Nouméa en 2011 », Les Nouvelles calédoniennes, 30 novembre 2004.« Le président des Jeux du Pacifique en visite », Les Nouvelles calédoniennes, 28 novembre 2007, consulté le 20 décembre 2025.. Il fait également partie du Comité de pilotage sur les signes identitaires du pays (CPSIP) mis en place le sous la conduite de la vice-présidente indépendantiste du gouvernement, Déwé Gorodey. Ce Comité se réunit jusqu'en et choisit les trois premiers signes identitaires de l'archipel : l'hymne Soyons unis, devenons frères, la devise et la nouvelle graphie des billets de banque Guy Agniel, « Loi du pays et signes identitaires en Nouvelle-Calédonie », dans Carine David (dir.), 15 ans de lois du pays - Sur les chemins de la maturité, 2016, hal-02541365, p. 219-222, consulté le 20 décembre 2025..
Il n'est pas candidat aux provinciales du , mais coordonne le l'une des organisées par le Rassemblement-UMP en vue d'élaborer son programme électoral, sur le à Houaïlou« Maurice Ponga prépare le terrain », Les Nouvelles calédoniennes, 23 septembre 2008, consulté le 20 décembre 2025.. Mais il préfère surtout se concentrer sur une autre campagne, celle des européennes.
Député européen (2009-2019)
Il est choisi pour conduire la liste présentée par l'Union pour un mouvement populaire (UMP) dans la section Pacifique de la circonscription Outre-Mer aux élections européennes du « Les têtes de listes UMP pour les élections européennes » sur le site officiel de l'UMP. Pour se consacrer pleinement à cette campagne, il n'est donc candidat ni à l'Assemblée de la Province Nord (ni, a fortiori, au Congrès), ni au Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à la suite des élections provinciales du de la même année. Sa candidature est soutenue localement en Nouvelle-Calédonie par les cinq principales formations anti-indépendantistes (outre son propre parti, le Rassemblement-UMP, il reçoit le soutien de Calédonie ensemble, de l'Avenir ensemble, du LMDF. THERIAUX, « Collector: L’invitation Républicaine », Calédosphère, 03/06/2009 et du RPC« Le RPC soutient Ponga », Les Nouvelles Calédoniennes, 03/06/2009).
Le , la liste UMP arrive en tête dans l'ensemble de l'Outre-mer (avec 29,7 % des voixRésultats des élections européennes du 7 juin 2009 dans la circonscription Outre-mer, ministère de l'Intérieur) et obtient un siège sur les trois de la circonscription. La formation de la majorité présidentielle ayant obtenu son plus fort score en pourcentage des suffrages exprimés dans la section Pacifique (44,4 %), Maurice Ponga est élu député européen« EUROPEENNES. Les élus, leurs parcours », RFO, 08/06/2009. Rien qu'en Nouvelle-Calédonie, sa liste réunit 59,3 % des suffrages (mais avec une abstention de 78,2 % des inscrits)Résultats des élections européennes du 7 juin 2009 en Nouvelle-Calédonie, ministère de l'Intérieur. Il est le second Néo-calédonien, et le deuxième Kanak, à siéger au sein du Parlement de Strasbourg, le premier étant Dick Ukeiwé (lui aussi membre du RPCR) de 1989 à 1994.
Premier mandat (2009-2014)
Il siège au sein du groupe du Parti populaire européen et est membre de la commission du développement, de la délégation à la commission parlementaire Cariforum-UE et de la délégation pour les relations avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que suppléant au sein de la commission du développement régional et de la délégation à l'Assemblée parlementaire paritaire. Il est également coprésident, avec le socialiste grec Spyros Danellis, du sous-groupe « Îles et Outre-mer européens » de l'intergroupe « Changement climatique, biodiversité et développement durable ».
Il milite tout particulièrement pour une réforme du statut des Pays et territoires d'outre-mer (PTOM), dont il est le seul représentant au sein du Parlement européen, et de leurs relations avec l'UE. Il plaide notamment pour la définition d'un nouvel instrument financier qui leur serait dédié, estimant que leurs réalités socio-économiques ne relèvent plus de l'aide au développement et donc plus du Fonds européen de développement (FED). En , il est le rapporteur du groupe PPE concernant le vote par le Parlement européen pour la nouvelle Décision d’association d’outre-mer (qui régit les rapports entre l'Union européenne et les PTOM, la décision d'association alors en vigueur arrivant à échéance le ) puis d’une résolution politique sur le FED (le , celui de l'accord de Cotonou révisé, arrivant à son terme lui aussi à la fin de l'année 2013) qui aboutit à une augmentation des crédits (de l'ordre de , avec 30 millions d'euros pour la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie chacune et 20 millions pour Wallis-et-Futuna)Mireille Loubet, « Européennes : Maurice Ponga estime avoir ouvert de nouveaux fonds pour les PTOM », Tahiti Infos, 14 mai 2014, consulté le 20 décembre 2025... Il défend alors la demande de création d’un instrument financier ad hoc, la création d’un référant PTOM dans chaque direction générale de la Commission européenne pour les aider à s'intégrer aux programmes horizontaux de l’Union ou encore la nécessité d’augmenter les fonds pour les PTOM et de garder le niveau d’aide pour Wallis-et-Futuna. Ses rapports et ses amendements sont adoptés par le Parlement européen« “Actu plénière” – mars 2013, 15/04/2013 », site officiel de Maurice Ponga. Il milite également pour rendre ces collectivités éligibles à d'autres programmes européens, comme Horizon 2020 pour la recherche et le développement, l'instrument financier pour l'environnement (LIFE) ou encore ErasmusCommuniqué de Maurice Ponga, « Outre-mer: Maurice Ponga, député européen pour le Pacifique, rencontre Victorin Lurel », Tahiti Infos, 7 février 2013, consulté le 20 décembre 2025..
Il soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012. Dans le même temps, dans le cadre des divisions internes de plus en plus fortes au sein du Rassemblement-UMP qui aboutit en 2013 à la dissidence de plusieurs figures du parti emmenées par l'ancien député Gaël Yanno, Maurice Ponga reste fidèle à la direction du parti et à son président Pierre Frogier. Lorsque l'organisation du mouvement est remaniée le , il devient le président du Comité d'éthique, nouvelle instance dirigeante composée, outre lui-même, de quinze membres et chargée de garantir « les valeurs du Rassemblement ».