vignette|210px|Chinatown à Manhattan, le plus grand du monde en dehors de l'Asie. Un quartier chinois, ou encore dans les pays anglophones, est une enclave urbaine comprenant des résidents chinois ou ayant une ascendance chinoise, ou plus généralement d'Extrême-Orient, comme des Vietnamiens, des Coréens, des Malaisiens ou des Thaïlandais. On parle également de .
Le terme huaqiao () désigne les populations d'origine chinoise habitant ailleurs qu'en Chine continentale ou à Taïwan. Ces populations ont souvent une citoyenneté différente tout en conservant leur appartenance culturelle han.
Ces quartiers sont généralement caractérisés par la présence d'un commerce communautaire important, ainsi que d'un certain nombre de restaurants chinois. Ils comprennent aussi souvent de nombreux magasins et restaurants vietnamiens, proposant des spécialités de nouilles, de soupes (phở) ou de bœuf.
Il existe des quartiers asiatiques en Europe (comme à Paris, Rome, ou à Londres) et en Amérique du Nord (aux États-Unis, au Canada et au Mexique). On trouve également des quartiers chinois en Asie du Sud-Est, particulièrement au Viêt Nam, en Thaïlande, en Malaisie, en Indonésie et à Singapour.
Il arrive qu'une même ville ait plusieurs quartiers ayant une forte concentration de population chinoise, mais dans chacune de ces villes, ou le désigne généralement le centre historique où se sont concentrés les premiers arrivants. Les Chinatowns ou de San Francisco, New York, Chicago, Sydney, Montréal ou Paris désignent ainsi en général un quartier pittoresque où se sont concentrées les premières vagues d'immigrants chinois : le Chinatown de Manhattan à New York, le Chinatown de Londres, le , le quartier chinois de Montréal ou le Chinatown de San Francisco, à l'ouest du quartier des affaires.
Mais la population chinoise est cependant aussi fortement présente dans d'autres villes ou quartiers qui ne sont traditionnellement pas désignés comme des : la banlieue montréalaise de Brossard, le quartier de Belleville à Paris, Cupertino en Californie ou le quartier san-franciscain de Richmond.
La composition des quartiers chinois européens et américains est sensiblement différente : en Europe, la majorité des Huaqiao viennent de Wenzhou, tandis qu'aux États-Unis et en Australie, ceux-ci viennent pour leur majorité de Canton. En France, pour des raisons historiques, beaucoup de Huaqiao viennent également, de l'ancienne Indochine française (Viêt Nam et Cambodge). Plus récemment, des Huaqiao sont venus du Dongbei (nord-est de la Chine, ainsi que d'autres régions chinoises.)
Noms Le quartier chinois est généralement appelé par ses habitants () en référence à la Dynastie Tang, treizième dynastie chinoise (618–690 puis 705–907). Certains quartiers chinois sont juste formés d'une rue, telle que la relativement courte Fisgard Street à Victoria, en Colombie-Britannique ou le nouveau quartier chinois qui s'étend sur le Bellaire Boulevard à Houston, au Texas.
Un nom chinois plus moderne est Huábù () qui est employé dans les traductions chinoises officielles, sur des documents et des panneaux de quelques villes. Bù, prononcé parfois fù, signifie habituellement le port maritime, mais dans ce sens, il signifie la cité ou la ville. La traduction mot-à-mot littérale de Chinatown est Zhōngguó Chéng (), qui est de temps en temps employé dans l'écriture chinoise.
Le nom français est le quartier chinois. Le nom en langue espagnole est habituellement el barrio chino (le voisinage chinois; pluriel: los barrios chinos) utilisé en Espagne et en Amérique latine. Quelques pays ont adopté le nom anglais Chinatown. D'autres pays ont également des noms pour le quartier chinois dans des langues locales; cependant, ces noms locaux ne sont pas nécessairement une traduction de Chinatown. Par exemple, le quartier chinois central de Singapour s'appelle Niu che shui () en mandarin de Singapour ce qui signifie littéralement .
Histoire Les quartiers chinois ont été formés pendant des périodes de ségrégation institutionnalisée. Au , aux États-Unis et au Canada, des lois interdisaient la vente de terres aux immigrés chinois à l'exception de certains territoires limités géographiquement. Des quartiers chinois apparurent en Europe avec l'installation de commerçants chinois. Les quartiers chinois étaient alors considérés comme des ghettos par les non-chinois.
Certains quartiers chinois sont très anciens, comme le Chinatown de Nagasaki au Japon, vieux de trois siècles. D'autres sont plus récents comme le quartier chinois de Las Vegas aux États-Unis qui s'est développé dans les années 1960.
Aujourd'hui de nombreux quartiers chinois sont considérés comme des quartiers multiculturels, commerçants et touristiques.
Atmosphère et commerces Le visiteur peut littéralement sentir les vieux quartiers chinois qui ont de nombreux marchés vendant du poisson et de la volaille, des magasins vendant de l'encens et des articles importés. En outre, on trouve une plus grande concentration de petits épiciers avec des étals sur le trottoir, des traiteurs bon marché et des bazars dans les quartiers chinois dominés par les cantonais plus anciens et traditionnels. Il y a relativement moins de ces boutiques dans les quartiers chinois suburbains et plus récents.
La population d'origine chinoise s'approvisionne quant à elle dans les nouveaux quartiers chinois de banlieue, où se trouvent des authentiques restaurants et centres commerciaux chinois. Tandis que les vieux Chinatowns sont des lieux touristiques, plusieurs quartiers chinois suburbains servent souvent d'escales aux ressortissants chinois et taïwanais en visite sur le continent. Des traiteurs qui vendent du canard de Pékin et du poulet à emporter sont souvent rattachés aux restaurants chinois attenants. En outre, les quartiers chinois suburbains présentent habituellement un éventail de restaurants de cuisine chinoise et des cafés plus modernes, des salons de thé, des boutiques chics, des magasins spécialisés (par exemple, des magasins se spécialisant dans les téléphones sans fil, la culture populaire asiatique, les services des réparations d'ordinateur), des boîtes de nuit, et bars de karaoké qui attirent une clientèle jeune. La coutume taiwanaise de boire du thé de lait de boba, également connu sous le nom de thé de lait de perle, s'est particulièrement répandue dans les Chinatowns de banlieue. Les habitants des quartiers chinois plus anciens ont été plus lents et moins nombreux à adopter ces nouvelles tendances. Ceci s'explique en grande partie par la population considérablement plus nombreuse de nouveaux chinois (dont beaucoup comprennent peu ou pas l'anglais), et de bas revenus dans les Chinatowns de banlieue, à cause du coût et du manque de logements disponibles dans beaucoup de quartiers chinois urbains.
Chaque année, le Nouvel An chinois fait l'objet de célébrations (parades, danse du dragon, démonstrations d'arts martiaux et d'acrobates…) qui animent les quartiers chinois.
Les quartiers chinois d'Europe
Berlin Il existe des projets de développement d'un quartier asiatique, avec entre autres des restaurants, à Berlin..
Anvers
Le seul quartier chinois en Belgique est à Anvers, dans la rue Van Wesenbekestraat, près de la gare centrale. C'est en effet le seul quartier asiatique 'officiel' en Belgique. On y trouve beaucoup de supermarchés et restaurants servant le dim sum. les Chinois de Belgique s'y rendent pour y manger et y acheter des marchandises pour leur propre restaurant chinois. C'est une rue très vivante.
Bruxelles
Il existe un quartier asiatique à Bruxelles, situé entre la Bourse et la place Sainte-Catherine, autour de la rue de la Vierge noire, à proximité des Halles Saint-Géry. On y trouve essentiellement des restaurants (chinois, vietnamiens, thaïlandais, japonais...), des épiceries et supermarchés asiatiques ainsi que quelques boutiques de produits artistiques, décoratifs ou ludiques.
Liège
La rue de la Régence est devenu un concentré d’epiceries et de restaurants asiatiques.
En 2004, la communauté chinoise de France était estimée à . Selon la même source, elle devrait s'élever à en 2007. Pendant la Première Guerre mondiale, se sont installés en France pour participer à l'effort de guerre. Aujourd'hui, les immigrés clandestins entrent dans l'hexagone par l'intermédiaire de passeurs et contre une somme d'argent importante. Certains sont exploités dans des ateliers de confection contrôlés par la mafia, afin de rembourser leurs dettes.
Paris
En France, on trouve un quartier chinois à Paris dans le , plus particulièrement dans le Triangle de Choisy (entre l'avenue de Choisy, l'avenue d'Ivry et le boulevard périphérique). Les Chinois de ce quartier sont majoritairement teochew et cantonais, et sont arrivés avec la vague de réfugiés du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge, où les communautés chinoises étaient souvent persécutées, dans les années 1970. Il y exercent un quasi-monopole commercialThierry Sanjuan, « Chine, un autre monde outre-mer », hors série Le Monde-La Vie, n° 6, « L'Atlas des minorités », 2011, 128-129..
D'autres communautés se sont installées à Paris. En particulier, des Wenzhou se sont installés à Belleville dans les années 1990, comme l'avait déjà fait cette communauté wenzhou autour de la rue au Maire dans le quartier des Arts-et-Métiers dans les années 1900 puis 1930.
En 2004, le accueille également de nombreux commerces chinois : entre les boulevards Voltaire et Richard-Lenoir, on compte 105 magasins asiatiques de prêt-à-porter ; rue Popincourt, on peut recenser 68 magasins sur .
L'un des premiers quartiers chinois de Paris, l'îlot Chalon près de la gare de Lyon, a totalement disparu. Il avait été créé par des Chinois restés en France, après que la France eut une main-d’œuvre de plus de pendant la Première Guerre mondiale. De même, les commerces asiatiques d'importation d'objets de luxe et de restauration installés à partir des années 1920 dans les quartiers de La Madeleine-Opéra et au Quartier latin n'ont pas entraîné de spécialisation résidentielle, mais l'installation de l'Office national du tourisme japonais près de l'avenue de l'Opéra a depuis les années 1990 abouti à la création d'un quartier japonais, puis coréen rue Sainte-Anne, qui offre de nombreuses boutiques et restaurants spécialisés. Le accueille aussi nombre de commerces coréens.
Marne-la-Vallée La ville nouvelle de l'agglomération est-parisienne comprend une importante communauté asiatique, principalement chinoise, concentrée pour l'essentiel sur les communes de Lognes, Torcy, Noisy-le-Grand et dans une moindre mesure Bussy-Saint-Georges. C'est la seconde communauté la plus importante de France après Paris. (Source: Elisabeth Brunel, "Revue européenne de migrations internationales" 1992)
Lyon vignette|Le nouvel an chinois rue Passet. À gauche, on reconnaît Gérard Collomb, le maire de Lyon. Le quartier chinois de Lyon, qui comporte une communauté d'environ , se trouve dans le Blog Lyon7rivegauche, Nouvel an chinois dans le de Lyon. Troisième plus grand quartier chinois de France après ceux de Paris et de Marne-la-Vallée, il se situe dans le quartier de la Guillotière autour des rues Passet, d'Aguesseau et Pasteur et quelques autres rues adjacentes, entre les rues Basse-Combalot, de Marseille où passe le tramway et Montesquieu.
Lyon a eu très tôt des relations avec la Chine, notamment par l'intermédiaire de ses manufactures de soie. En 1856, la sériciculture française est touchée par la maladie du ver à soie et oblige à l'importation de graines de mûrier et de soieries chinoises. Un Institut Franco-Chinois a existé de 1920 à 1946 sur la colline de Fourvière pour permettre à des étudiants chinois de suivre des études en France.
Lille De l'importante communauté chinoise disséminée dans la ville de Lille, on trouve néanmoins quelques commerces regroupés rue Jules-Guesde, dans le quartier cosmopolite de WazemmesSite lsa-conso.fr, Chinatown Rue Jules-Guesde, Wazemmes.