Arlette Farge, née Eliet. le à Charleville, est une historienne française féministe spécialisée dans l’étude du , directrice de recherche au CNRS, rattachée au centre de recherches historiques de l'EHESS.
Après des études de droit, elle part faire une thèse de doctorat aux États-Unis à Ithaca, où elle découvre le féminisme américain et les luttes pour les droits civiques. Sa thèse Le Vol d’aliments à Paris au est publiée en , et elle se dédie à rendre l'histoire des populations pauvres de Paris au visible en analysant les archives de la police judiciaire. De retour en France elle adhère au Mouvement de libération des femmes et est remarquée par Michel Foucault, avec lequel elle écrit Le Désordre des familles. Un de ses livres les plus connus, Le Goût de l'archive, est traduit en plusieurs langues.
S'intéressant à la transmission des savoirs historiques, elle participe à des émissions radios comme Les Lundis de l'Histoire et La Fabrique de l'histoire sur France Culture.
Elle reçoit en le prix Dan-David pour l'ensemble de son œuvre.
Biographie Jeunesse et formation Arlette Farge naît en dans une famille modeste des Ardennes, arrivée à Charleville par les aléas de la guerre ; elle est issue d'une fratrie de trois enfantsInterview d'Arlette Farge par Perrine Kervran, émission À voix nue sur France Culture, 11 novembre 2013..
Sa famille ne la prédestine pas aux études, mais elle y parvient tout de même. Après le lycée Hélène-Boucher à Paris, elle fait des études de droit pour devenir juge des enfants, puis sur les conseils d'une de ses professeures, s'oriente vers l'histoire et passe un DEA d'histoire du droit et des institutions..
Elle poursuit ses études entre et à Ithaca à l'université Cornell aux États-Unis, où elle est le témoin des luttes des étudiants noirs et des Black Panther pour leurs droits civiques et du féminisme américain. C'est également le début des révoltes étudiantes de , une actualité qu'elle observe.
Quand elle rentre en France, elle s'engage dans le Mouvement de libération des femmes (MLF).
Elle rencontre l'historien Robert Mandrou, disciple de Lucien Febvre, directeur d’étude à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et pionnier de l’histoire des mentalités. Il accepte de diriger sa thèse en histoire moderne et lui propose de travailler sur les archives de la police. Elle décide de s'intéresser à la petite délinquance, et plus particulièrement au vol d'aliments dans la société parisienne du , menant des investigations dans les archives judiciaires de la Bastille pour documenter l'histoire des petites gens invisibles dans le cours de l'histoire jusque-là. Elle se spécialise alors dans l'étude des milieux les plus pauvres de la capitale.
En , elle publie sa thèse, intitulée Le Vol d’aliments à Paris au .
Carrière d'historienne Un de ses écrits publié en Vivre dans la rue à Paris au est remarqué par Michel Foucault. Ils s'intéressent tous deux aux archives policières et judiciaires pour capter les voix historiques invisibilisées dans l'histoire. Cependant Foucault adopte une approche philosophique et transmet à Arlette Farge l'analyse des mécanismes du pouvoir.. Ils publient ensemble en Le Désordre des familles, ouvrage qui s'intéresse aux lettres de cachets. Elle partage avec le philosophe une passion pour les archives, ce qu'elle décrit dans Le Goût de l’archive au Seuil en 1989, ouvrage qui la fait connaître d'un lectorat plus large.
Par la suite, ses recherches portent sur la rumeur et la parole. Elle publie en Dire et mal dire. L'Opinion publique au , et en Cours ordinaire des choses dans la cité du .
Elle s'intéresse à la transmission des savoirs historiques et écrit pour Le Matin de Paris et Libération.
Avec son équipe de recherche du , elle travaille par la suite sur les thèmes des identités populaires au , des relations hommes-femmes et de l’écriture de l’histoire. Elle collabore sous la direction de Michelle Perrot et Georges Duby à un ouvrage, Histoire des femmes. Elle devient également directrice de recherches au CNRS.
Radio Après avoir été productrice de l’émission Les Lundis de l'Histoire sur France Culture, elle collabore régulièrement à La Fabrique de l'histoire sur cette même antenne.
Publications Ouvrages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , coll. « La Librairie du ». . . . . . . . .
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Articles . « Le Siècle mineur », entretien réalisé par Stany Grelet et Philippe Mangeot, Vacarme , printemps 2001 . Philippe Artières, Arlette Farge et Pierre Laborie, « Témoignage et récit historique », Sociétés & Représentations, 2002/1 - , Nouveau monde éditions, , , . « Penser et définir l’événement en histoire. Approche des situations et des acteurs sociaux », Terrain. Revue d'ethnologie de l'Europe, , . Arlette Farge, « Entre ferveur et douleur, le peuple parisien au temps des Lumières », conférence du , Université de tous les savoirs . Sylvain Parent, « entretien avec Arlette Farge », Tracés. Revue de sciences humaines, , traces.revues.org/index3383.html
Distinctions Décoration
Prix 1979 : Prix Gabriel-Tarde pour Vivre à Paris dans la rue au 2016 : Dan David Prize pour l'ensemble de son œuvre et l'innovation.
Notes et références
Voir aussi Filmographie Arlette Farge, l'échappée belle, documentaire de Frédéric Biamonti, 52 min, 2010 ; voir sur imdb.com ou voir sur : vimeo.
Articles connexes Violence féminine
Liens externes
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