Tôlanaro ou Fort-Dauphin, est une ville et commune urbaine de l'extrême sud-est de Madagascar dont elle est le plus ancien établissement humain. Tôlagnaro est située dans la province de Toliara (Tuléar) et est le chef-lieu de la région Anôsy. La ville est distante de d'Antananarivo, la capitale malgache.

Géographie et climat La ville bénéficie de de précipitations annuelles, en raison de la proximité d'une barrière montagneuse. Ainsi, la région de Tôlagnaro est plus verte et plus fertile que les régions avoisinantes.

La température moyenne est de , et oscille entre et selon les mois.

Tôlagnaro est dominée par le pic Saint Louis qui culmine à d'altitude, au nord de la ville.

Toponymie Tôlanaro (ou Tolanaro) Tolagnaro Taolagnaro Taolanaro Fort-Dauphin Tôlagnaro Faradofay Faradifay Anôsy Farady

Historique

Les Portugais arrivent sur l'île de Madagascar au , mais renoncent à s'y établir durablement dès le début du . À la fin du , les Hollandais tentent de créer une escale dans la baie d'Antongil, mais abandonnent cette entreprise en raison de l'insalubrité des lieux.

Au mois de mars 1642, Jacques de Pronis et Foucquembourg, commis de la Compagnie française des Indes orientales (Société de l'Orient), accompagnés de douze colons embarquent à Dieppe à bord du navire Saint-Louis dans le but de fonder un comptoir commercial, de créer des habitations ainsi que de pratiquer la traite à Madagascar. C'est Pronis qui fonda Fort-Dauphin au nom de Louis XIII, en 1643 et sur l'ordre de Richelieu.

Après avoir envisagé de s'établir dans la baie d'Antongil, ou sur l'île Sainte-Marie, les colons débarquent dans la baie de Manafiafy (ou pointe de Sainte-Luce) (1644)Pierre-Jacques Charliat, Le temps des grands voiliers, tome III de Histoire universelle des explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, ..

À ses débuts, la colonie comprenait huit naufragés français, soixante-dix colons envoyés par la Société de l'Orient à bord du Saint-Laurent, et l'équipage du Saint-Louis qui ne put rentrer en France en raison de l'échouage de son navire sur la route du retour vers la France.

Mais, la région étant insalubre en raison des lagunes et des marécages, et voyant les fièvres emporter ses hommes, Pronis décide de transférer la colonie sur la presqu'île de Tholongar à la fin de l'année 1643 (vingt-sept Français décèdent en raison des fièvres).

En 1643, sur cette pointe de Tholongar, il fonde le comptoir commercial français de Fort-Dauphin, sur ordre de Richelieu (la dénomination du fort, Fort Dauphin, est en l'honneur du fils du roi de France, le futur Louis XIV). À l'origine, la ville devait servir de point de ravitaillement sur la route des IndesEncyclopædia Universalis - Article Madagascar..

Initialement, le fort n'était qu'une construction sommaire entourée de palissade de bois.

Pronis entretient une relation avec une femme malgache. Cela irrite les Français car il gaspille les biens de la Société au profit des parents de sa conjointe.

En 1646, une révolte éclate, car les affaires commerciales ne marchent pas comme prévu. En 1647, les actionnaires de la Société envoient Étienne de Flacourt pour examiner la situation. Il apprend que de Pronis avait vendu des esclaves et le renvoie en France en 1648.

Il prend sa place à la tête du comptoir, et réalise durant cette période une étude minutieuse des coutumes, de l'histoire, et de la flore de l'île de Madagascar. Son œuvre est composée de trois volumes, le Dictionnaire, le Catéchisme et surtout l'œuvre centrale, l'Histoire de la Grande Isle MadagascarHistoire de la Grande Isle Madagascar composée par Étienne de Flacourt, 1661 (Lien vers l'œuvre sur Gallica).

Arrivé en compagnie de deux prêtres lazaristes, il repart de l'île en 1655, en ayant au préalable établi un plan d'occupation de Madagascar, mais sans avoir pu réellement concrétiser sa mission commerciale.

En 1668, Souchu de Rennefort décrivit le fort dans son récit Relation du premier voyage de la Compagnie des Indes orientales en l'isle de Madagascar ou DauphineRelation du premier voyage de la Compagnie des Indes orientales en l'isle de Madagascar ou Dauphine, par Urbain Souchu de Rennefort, 1668 (Lien vers l'œuvre sur Gallica).

Après le départ de Flacourt, le comptoir périclite progressivement. Par la suite, le départ des colons s'intensifie notamment à cause des nombreuses difficultés rencontrées par la colonie, dont les plus contraignantes sont l'isolement, les conflits entre les colons et surtout les luttes contre les populations locales Anôsy. En août 1674, les derniers colons français sont chassés par la tribu des Antanosy, qui avait déjà marqué son hostilité envers les portugais et les hollandais, un siècle plus tôt. Après le massacre de nombreux colons, les survivants se réfugièrent dans le fort afin de tenir un siège en attendant des renforts. Le , le navire Blanc Pignon sauva le reste de la colonie et les derniers colons se réfugient alors sur l'île Bourbon (La Réunion).

Après le départ des colons français, Fort-Dauphin et sa région passent sous le contrôle du roi Antonosy et furent fréquentés par de nombreux navires, dont bon nombre d'entre eux s'adonnaient à la piraterie.

De 1766 à 1771, les Français commandés par le comte de Maudave tentent de se rétablir à Fort-Dauphin, afin de faire de l'ancien comptoir une base d'approvisionnement pour leurs colonies des Mascareignes (La Réunion, l'île Maurice et l'Île Rodrigues). Les colons furent bien accueillis par la population locale, et le projet connut des débuts prometteurs, malgré le manque de moyens. Cependant en 1770, l'administration centrale de la marine abandonna le projet entrepris quatre ans plus tôt.

La ville porta, au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), le nom de Port-de-la-Loi.

Jusqu'à la fin du et au cours du , Fort-Dauphin resta un port commercial important, très fréquenté par les flottes naviguant dans l'océan Indien.

Population et démographie La région de Tôlagnaro est peuplée majoritairement par le peuple Antanosy.

Lors du recensement de 1975, la ville comptait habitants. En 1993, la population était de habitants et elle a atteint environ habitants à la mi-2001. Aujourd'hui, plus de habitants vivent à Tôlagnaro.

source : Recensements de 1975 et 1993, estimations de 2001 et 2005.

Religion

Tôlagnaro est le siège d'un diocèse créé le , antérieurement préfecture apostolique créée en 1896.

Économie et productions

L'ancien port de Tôlagnaro est une porte ouverte sur le monde, qui sert avant tout à l'exportation des langoustes, des crabes et des algues desséchées.

Malgré la présence de nombreuses matières premières dans la région, beaucoup sont encore sous-exploitées (pierres précieuses, bauxite, titane).

Cependant, la mise en exploitation de l'ilménite (minerai de titane) par mine à ciel ouvert de Mandena par l'entreprise Canadienne QMM, une filiale de Rio Tinto, a engendré la construction de voies d'accès et du port d'Ehoala en eau profonde à 10 km au sud de la ville, ouvert en 2009 près de l'aéroport.

Le tourisme est également une des activités majeures de Tôlagnaro.

À de Fort-Dauphin, aux alentours d'Amboasary-Sud se trouvent de nombreuses plantations de Sisal.

La pêche de la langouste est aussi une activité très répandue dans cette région. Une usine de conditionnement de la langouste y est implantée exportant ainsi des grosses quantités de langoustes en direction de l'Europe et de l'Asie.

Infrastructures

La ville de Tôlagnaro est difficile à atteindre par la route. L'aérodrome, à l'ouest de la ville, a des liaisons régulières avec la capitale Antananarivo. Depuis peu, une liaison aérienne régulière est établie avec Saint-Denis de la Réunion.

Un nouveau port en eau profonde a ouvert en 2009 à au sud-ouest de la ville au lieu-dit Ehoala.

La ville dispose également d'un hôpital et quelques sites hôteliers.

Éducation Lycée La Clairefontaine"École La Clairefontaine." AEFE. Retrieved on May 7, 2015. École primaire française de Fort-Dauphin"École primaire française de Fort-Dauphin." AEFE. Retrieved on May 7, 2015.

Sites remarquables Sites naturels Parc national d'Andohahela

Le parc national d'Andohahela se situe au nord-ouest de Tôlagnaro.

Réserve de Nahampoana Ancienne « station d’acclimatation botanique» d’espèces utiles à Madagascar, créé vers 1900, ce jardin de 67 hectares au pied du pic St Louis comporte désormais de nombreuses plantes endémiques, (parmi lesquelles les didieracées, arbres en forme de cactus), plusieurs espèces de lémurs, tortues, caméléons et crocodiles et un parcours en barque sur la rivière. Deux maisons d’habitation et un restaurant vous y accueillent.

Tourisme durable inutilisée et à l’abandon en pôle d’attraction touristique qui génère 15 emplois. En projet, renforcement du maraîchage pour nourrir les hôtes du restaurant, vente des huiles essentielles produites dans la réserve (Camphre, Niaouli), des litchis et mangues. Cette réserve n’est pas clôturée, les gens du village voisin l’utilisent, dans la limite du respect du site et de sa vocationSource : future version française du site WHL sur le tourisme durable, madagascarhotel-link, données collectées par l'auteur sur le terrain en novembre 2006..

Réserve de Berenty

La réserve naturelle de Berenty, dans un lieu privilégié sur la rive sud du Mandrare, véritable sanctuaire de la nature, est surtout connue pour les Lémuriens qu'elle héberge.

On peut y observer 3 espèces de lémuriens diurnes L. catta (Maki) E.f. fulvus (Lémur brun) et surtout le spectaculaire « danseur », le Propithèque de Verreaux P.v. verreauxi

Cependant 99 espèces aviaires y ont également été recensées. Certaines sont endémiques du Domaine du Sud (Coua coureur, Thamnornis, Newtonie d'Archbold et Vanga de Lafresnaye) ou plus répandues à Madagascar (Héron de Humblot, Épervier de Madagascar, Ganga masqué, Coua géant, Petit-duc de Madagascar, Ninox à sourcils et Martin-pêcheur malgache)Olivier Langrand (1995) Guide des Oiseaux de Madagascar, Delachaux & Niestlé, Lausanne, Paris, 415 p..

Les criques de Lokaro

Le lac Vinanibe L'ancien nom du lac lors de la colonisation française était Vinany-Bé. Une compagnie, la Société Anonyme de Vinany-Bé de droit français, fut fondée à la fin du pour l'exploitation des bois tropicaux, son siège social était à Excideuil, Dordogne.

Le pic Saint-Louis Le pic Saint Louis culmine à d'altitude, au nord de Tôlagnaro. La plage de Libanona

Sites historiques Il existe de nombreuses pierres levées, sites sacrificiels de la culture Antanosy, répertoriées, qui peuvent être visitées dans la région.

On sait que Fort Dauphin fut le lieu d’un établissement français du temps de la minorité de Louis XIV, mais les Portugais les avaient précédés. Pronis, Flacourt, mais aussi les religieux de Saint-Vincent-de-Paul ont laissé des traces. Des vestiges intéressants existent pour les amateurs d’excursions « culturelles » : ceux du fort Flacourt () en cours d’aménagement, ceux du « Tranovato » fortin portugais de l’îlot Santa Cruz (), les bâtiments coloniaux du jardin botanique de Nahampohena, mais il faut noter aussi les demeures du début du appartenant aux missionnaires américains, et l'architecture 1950 de l'hôtel de ville actuellement en restauration.

Un passé colonial ancien, immortalisé par les « Chansons madécasses » d'Évariste de Parny, et l'« histoire de la grande Isle Madagascar » d'Étienne de Flacourt.

Sauvegarder ces vestiges est essentiel, les accompagner d’une muséographie vivante et attractive pour les touristes comme pour les scolaires est important. Le petit musée ethnographique Atandroy de Berenty est à signaler comme modèle.

Le Fort Flacourt ou « Camp Flacourt » est actuellement occupé par l'armée malgache. Projet de rénovation en cours. Abrite un petit musée consacré à l'origine et à l'histoire coloniale de la ville.

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