Le Corse est un ferry construit de 1981 à 1983 par les chantiers Dubigeon à Nantes pour la Société nationale maritime Corse-Méditerranée (SNCM). Mis en service en , il était principalement affecté aux lignes saisonnières entre Nice et la Corse mais aussi aux autres lignes de la SNCM selon période. Retiré du service à la fin de l'été 2014 après 31 ans de navigation, il est désarmé à Marseille. Unique navire non repris à la suite de la liquidation de la SNCM, il quitte Marseille le en remorquage, vendu par le liquidateur de la SNCM à une nouvelle société. Il est ensuite transformé courant 2018 et rebaptisé Grand Ferry pour le compte de l'armateur iranien Karaneh Lines. Prévu pour assurer une ligne entre le Qatar, le Koweït et Oman courant 2019, il n'a cependant plus repris la mer. Malgré le changement de propriétaire et d'importants travaux réalisés à bord, il demeure inutilisé.

Histoire Origines et construction Voir aussi Estérel - Origines À la fin des années 1970, la direction de la SNCM envisage le remplacement des navires de jour Corse et Comté de Nice pour l'horizon 1982. Conformément au plan d'entreprise de la compagnie soumis aux instances de l'État le , un nouveau car-ferry de jour de grande capacité doit être mis en service pour l' dans l'optique de proposer un nombre plus élevé de places face à une demande en constante hausse ainsi qu'une amélioration significative des conditions de transport sur les lignes reliant Nice et la Corse. À cet effet, la commande de ce nouveau navire est ainsi passée le aux chantiers Dubigeon de NantesSNCM, De la Corse au Maghreb, A. Lepigeon (2016).

Dans ce contrat passé avec le constructeur se trouve une option portant sur la construction d'un second navire présentant des caractéristiques identiques et devant être levée avant l'année 1980. Bien que correspondant au programme de renouvellement de la flotte au service de la continuité territoriale, cette option dépend toutefois de la poursuite de l'évolution du trafic et de la capacité du port de Nice à accueillir des unités plus imposantes. Avec les chiffres de la saison estivale 1979 confirmant l'augmentation croissante du nombre de voyageurs et la garantie de la ville de Nice que des navires de pourront être accueillis dès 1981, rien ne semble s'opposer à la réalisation d'un sister-ship du futur Estérel. Avalisée par l'État le , cette commande est passée le . Contrairement aux plans initiaux de la SNCM qui prévoyait la mise en service de ce navire pour 1982, celle-ci ne pourra intervenir qu'en 1983 en raison du carnet de commande du chantier. Le contrat de construction signé, les différentes instances s'affairent alors à trouver un nom au futur navire. Dans un premier temps, le nom retenu et validé par le ministre des Transports devait être Fred Scamaroni, précédemment porté par un ancien navire de la compagnie retiré du service en 1979. De leur côté, les instances corses avaient proposé d'attribuer le nom de la militante communiste et résistante Danielle Casanova. Afin de clore les débats et dans l'idée d'un nom généraliste symbolisant l'île alors que son jumeau évoque le continent, le navire est finalement baptisé Corse, reprenant ainsi le patronyme vacant du navire de la précédente génération, retiré de la flotte à l'occasion de la mise en service de l’Estérel.

thumb|left|Le Corse à sa sortie des chantiers Dubigeon en avril 1983. Le Corse est ainsi mis sur cale à Nantes le et lancé le . Construit à l'identique de l’Estérel, le navire comportera néanmoins quelques différences par rapport à son jumeau, notamment concernant sa capacité passagère légèrement revue à la baisse en raison de la suppression de quatre compartiments SNCF. Une fois les travaux de finition achevés, le Corse rejoint Saint-Nazaire le et entre en forme 1 afin de subir les derniers préparatifs en vue de sa livraison. Les essais en mer se déroulent ensuite du 27 au , puis le navire retourne à Nantes où est livré à la SNCM le à 10h00. Le Corse est le cinquième et dernier car-ferry construit par les chantiers Dubigeon pour la SNCM, le constructeur nantais fera en effet faillite en 1987.

Service SNCM (1983-2016) Le , quelques heures après sa livraison, le Corse quitte Nantes à 23h16 pour rejoindre Marseille. Arrivé pour la première fois dans son port d'attache le à 10h49, il accoste au poste 115. Le , le navire appareille pour un voyage non commercial afin d'acheminer des effectifs de CRS et leur matériel à Ajaccio. Quelques jours plus tard, le , le Corse effectue une sortie en mer depuis Marseille durant laquelle il est présenté au public. Il appareille ensuite le pour sa première traversée commerciale à destination d'Ajaccio. Arrivé le lendemain, c'est ici que le navire est baptisé en présence de Guy Lengagne, Secrétaire d'État chargé de la Mer. Après la cérémonie, une nouvelle sortie en mer est organisée l'après midi le long des côtes corses. Le navire appareille ensuite pour Nice où est présenté le lendemain aux autorités locales au cours d'une dernière sortie en mer de 11h00 à 17h00.

Le Corse aborde par la suite la saison estivale. Principalement positionné sur les liaisons au départ de Nice, il se substitue au Comté de Nice et dessert essentiellement en traversée de jour les ports corses de L'Île-Rousse, Bastia et Ajaccio en tandem avec son jumeau l’Estérel. Cependant, entre la commande du navire et sa mise en service, le contexte politique en Corse s'est très fortement dégradé en raison de l'émergence du FLNC. Cette mauvaise publicité pour la destination corse, ajoutée à la crise économique, va influer sur le trafic qui connaîtra une régression de 12% pour l'année 1983. L'offre sur Nice se révèle alors largement supérieure à la demande, si bien que la SNCM se verra contrainte de réduire la voilure sur cet axe les étés suivants avec le transfert partiel du Corse et de l’Estérel sur la desserte de l'Algérie.

Bénéficiant d'une importante capacité d'emport, le Corse, à l'instar de son sister-ship, va être plusieurs fois mis à disposition des forces armées françaises et participer à des opérations militaires. Ainsi, en , le navire participe avec son jumeau à l'évacuation des troupes françaises au Liban.

Le , au cours d'une traversée entre Nice et L'Île-Rousse, le navire se déroute pour porter assistance à un voilier en proie à un incendie après avoir reçu un signalement de la part d'un avion. Aidé par un Canadair lui indiquant la position du voilier, le Corse se rend sur les lieux et récupère dix personnes à la dérive sur une annexe. Une fois les naufragés transférés à bord par l'accès tribord habituellement réservé au pilote, le ferry reprend sa route vers la Corse.

Le , le navire effectue sa première escale à Calvi, inaugurant ainsi les nouvelles infrastructures portuaires permettant à la ville d'accueillir des navires plus imposants et augmenter le nombre de rotations vers le continent. L'année suivante, c'est également le Corse qui inaugure les services de la filiale Corsica Marittima, destinée à assurer la liaison entre la Corse et l'Italie. À cet effet, le car-ferry réalise sa première escale à Livourne le . Le navire reliera Bastia et Livourne chaque étés jusqu'en 1997.

Au début des années 1990, la SNCM envisage un temps d'allonger le Corse et son jumeau, à l'instar de ce qui a été fait pour l’Île de Beauté (ex-Cyrnos) et le Liberté, afin d'accroître leurs capacités de transport de passagers et de véhicules, mais avant tout de pouvoir aménager des cabines plus confortables au standard du nouveau navire amiral Danielle Casanova. Ce projet ne sera cependant jamais concrétisé.

En , à l'issue de la saison estivale, le Corse est de nouveau affrété par l'État dans le but cette fois-ci d'acheminer des troupes et leur matériel en Arabie saoudite. Ainsi, Le , le navire accoste au quai d'honneur de l'arsenal de Toulon où sont débarqués les passagers et leurs véhicules. Peu de temps après, 871 militaires et 133 véhicules montent à bord. Placé sous les ordres du Commandant en chef pour la Méditerranée (CECMED), le car-ferry intègre le groupe Angela, également composé des navires Atlas et Cap Ferrat. Le même jour dans la soirée, le Corse quitte Toulon sous l'escorte de l'aviso Drogou. À l'occasion de ce voyage particulier, la discothèque du navire fait office de salle d'opérations et des distractions sont mises en place pour les militaires avec notamment deux séances organisées chaque jour au cinéma du bord. Après quatre jours de navigation, le Corse atteint Port Saïd et franchit le canal de Suez. À la sortie, le convoi passe sous les ordres de l'Alindien, l'amiral commandant de la zone maritime de l'océan Indien. Le à midi, le navire accoste à Yanbu. Une fois les militaires et leurs véhicules débarqués, le navire appareille en fin d'après-midi pour rejoindre la France. Après la traversée en sens inverse du canal de Suez dans le même convoi que le porte-avions Clemenceau et le croiseur Colbert, le Corse met le cap sur Toulon et accoste au quai d'honneur de l'arsenal militaire le à 17h00.

Au cours de son arrêt technique effectué du au , le navire se voit paré des nouvelles couleurs de la SNCM avec l'ajout d'une bande bleue le long des sabords du pont D et l'inscription de la marque commerciale « SNCM Ferryterranée » sur ses flancs. Plus tard, à la fin de l'année, le ferry est affrété par la société Africatours afin de convoyer la caravane du Rallye Dakar 1992 en Libye. Ainsi, le , les 820 participants embarquent à Sète à bord du Corse mais aussi du Liberté qui appareillent ensuite à destination de Misrata. Les deux navires acheminent au total 115 camions, 230 voitures, 100 motos et deux hélicoptères.

En , le navire est une encore une fois affrété par l'État pour participer cette fois-ci à une opération baptisée Amarante. Dans ce cadre, le Corse, accompagné de son sister-ship, réalise deux allers-retours entre Toulon et Rijeka en Yougoslavie afin d'y acheminer des effectifs militaires. Plus tard cette même année, le , alors qu'il entre dans le port de L'Île-Rousse, le Corse ne peut être amarré en raison de fortes rafales l'écartant du quai. Dans l'impossibilité d'accoster le commandant prend la décision de quitter l'enceinte du port, mais dans cette manœuvre particulièrement délicate en raison du mauvais temps, le navire talonne un haut fond. L'équipage décide alors de rejoindre Ajaccio pour débarquer les passagers en toute sécurité puis se rend à Toulon à vitesse réduite. Le navire est par la suite inspecté à l'arsenal, sa coque est enfoncée à bâbord sur ainsi qu'à tribord sur . L'étendue des dégâts conduira à son immobilisation jusqu'au .

En , le navire va une nouvelle fois se rendre en Yougoslavie dans le cadre de l'opération Hermine. Affrété par le ministère de la Défense à partir du , le Corse quitte Marseille pour Toulon où 1 126 militaires embarquent ainsi que 140 véhicules. Le navire appareille ensuite le lendemain à 18h06 pour rejoindre Ploče et arrive à destination le . Une fois les militaires et leur matériel débarqués, le navire quitte aussitôt la Yougoslavie. Après avoir mouillé dans le golfe de Tarente le lendemain afin d'avitailler, il entame son voyage retour vers la France et accoste le à Marseille à 6h37.

En 1996, d'importants changements interviennent sur la desserte de la Corse au départ de Nice avec la mise en service des navires à grande vitesse NGV Asco et NGV Aliso, commandés en 1994 afin de remplacer les navires de jour. Si l’Estérel est retiré de la flotte à l'issue de la saison 1995, le Corse est pour sa part conservé et maintenu sur les rotations entre Nice et la Corse en complément des deux NGV.

En , le Corse, est mis à disposition de la Marine nationale afin de servir de cadre à un exercice de lutte antiterroriste. Réalisé au large de Cassis du 28 au , cet exercice consiste en la simulation d'une prise d'otages à bord par un groupe de terroristes et l'intervention de plusieurs commandos de l'armée.