L’abbaye Saint-GorgonAbbaye Saint-Gorgon (Gorze, Moselle) .Abbaye Saint-Gorgon (Gorze, Moselle) (notice IdReF ). de Gorze (en latin : ) est une abbaye bénédictine fondée à Gorze, près de Metz, vers Jean Schneider, Art. Gorze, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, Letouzey.. À partir de 933, elle est à l’origine d’une réforme de la règle bénédictine qui va se diffuser à tout le Saint-Empire.

L'abbaye est classée au titre des monuments historiques par arrêté du ..

Fondation L’abbaye de Gorze est fondée vers 747 par saint Chrodegang, évêque de Metz.. Rome soutient alors la fondation de nombreux monastères dans le royaume franc et lui confie les reliques de saint Gorgon, qui sont déposées dans l’abbaye.

Toponymie

Monasterium in Gorzia (762) ; Locus sancti Petri, sancti Stephani et sancti Gorgonii (762) ; Monasterium Gorziense (1064) ; Ecclesia Gorzienzis (1140) ; Ecclesiæ Gorziensis cœnobium (1171) ; Conventus de Gorzia (1239) ; Abbaïe de Gorse (1302) ; Monasterium sancti Gorgoni Gorziensis (1420) ; Abbaye de Gorze (1535) ; Abbaie de Goze () ; Église collégiale de Gorze (1609) ; Ecclesia sancti Gorgoni oppidi Gorzienzis (1609) ; Collegiata ecclesia de Gortz, seu Gorse (1728) ; Gurgitanum monasterium (1756).

Réforme bénédictine À l’approche de l’an mil, la ferveur religieuse se fait plus intense, les pèlerinages et vocations erémitiques ou monastiques se multiplient. L'évêque Adalbéron de Metz impulse la réforme de l'abbaye de Gorze en 933. La même année, Jean de Vandières, un riche propriétaire terrien, est convaincu au retour d’un pèlerinage à Rome par l’archidiacre Einold de Toul de se consacrer à la vie monastique. Il entre à l’abbaye de Gorze et en devient l’abbé en 960. Il insuffle avec Einold une règle bénédictine assez stricte. Son mode de fonctionnement séduit et d’autres abbayes l’adoptent. Il se crée ainsi un mouvement de réforme monastique qui se développe dans tout le Saint-Empire.

D’un point de vue organisationnel, Gorze ne développe pas le pendant de l’Ecclesia Cluniacensis. Alors que Cluny était dirigée d’en haut par un archi-abbé, Gorze reste le premier monastère d’une lignée d’établissements égaux entre eux, liés simplement de manière fraternelle, par la prière commune et l’amitié. Personne n’est en droit dans ce schéma de manifester un quelconque contrôle juridique sur quiconque. Par ailleurs, si l’indépendance des abbayes à l’égard des pouvoirs laïcs ou ecclésiastiques est le principal combat que menaient les moines à cette époque en Francie (Cluny dépend directement de Rome), il en est tout autrement dans le Saint-Empire romain germanique où se situe Gorze et où les monastères restent la propriété des laïcs qui les ont fondés sous la juridiction des évêques.

En Lotharingie et en Germanie, la diffusion de la réforme est très importante, et toucherait de près ou de loin plus de 150 monastères. Les moines de Gorze se dispersent en différentes abbayes pour les réformer. À Metz, en 936, l’abbaye Saint-Martin est réformée par Salecho, qui y est clerc avant de devenir moine de Gorze. Vers 940, l’évêque messin Frédéric, oncle d’Adalbéron, réforme l’abbaye de Saint-Hubert. Saint-Arnoul, de chapitre canonial, passe au statut de monastère régulier vers 942, une nouvelle fois par volonté épiscopale. Son premier abbé, Héribert, vient de Gorze. Un autre moine de Gorze, Erluin est premier abbé du monastère de Gembloux fondé vers 945 par un de ses amis, Guibert, qui se fait moine à Gorze. Erluin dirigera aussi l’abbaye de Soignies, où les chanoines sont, là encore, remplacés par des moines. À l’abbaye de Lobbes, par contre, Erluin connaîtra un échec.

Environ vingt-trois prieurés bénédictins seront créés au en Lorraine, signe du dynamisme des réformes entreprises et de l’essor monastique, dû en partie à l’expansion de l’abbaye de Gorze, qui aura un certain impact sur l’économie lotharingienne. L’abbaye d’Einsiedeln devient le pôle de la réforme monastique de Gorze dans la région, qui fera naître ensuite les abbayes de Poussay (1018), de Muri (entre 1027 et 1030), de Bouzonville (1033), de Hermetschwil (vers 1083), de Münster (1086) et d’Engelberg (peu avant 1124), mais on peut aussi citer Moyenmoutier, Saint-Evre de Toul ou Saint-Maximin de Trèves.

Elle participe ainsi à la renaissance ottonienne.

Fin du Moyen Âge et Renaissance droite|200px|vignette|Martyre de saint Gorgon et de saint Dorothée (cf. Jacques de Voragine, La Légende dorée), Vies de saints . Au , la discipline monastique se relâche.

Gorze deviendra par la suite « abbaye royale », placée sous la protection du roi de France. Elle sera incendiée par les Bourguignons en 1479 et encore pillée par ces derniers en 1483.

Pendant les guerres de Religion, après avoir accueilli Guillaume Farel, célèbre pasteur réformé messin, la Terre de Gorze est prise d’assaut par les troupes de Claude de Lorraine, duc de Guise.

En 1572, le pape Grégoire XIII sécularise l’abbaye de Gorze.

L'abbaye est détruite au .

Un nouveau palais abbatial est édifié à la fin du pour l'abbé commandataire Philippe Eberhard de Loewenstein.

Terre de Gorze La terre de Gorze comprenait : Gorze, Champs, les censes d'Auconville et de Labauville, Dampvitoux, Dornot, Hagéville, Juville, Grange-en-Haye, le moulin de Lannoy, le Petit moulin, Marimbois, Moivrons, Morville, Novéant, Onville, Ornel, Rezonville, Sainte-Catherine, Saint-Julien, Saint-Marcel, Sponville, Tronville, Villecey, Vionville, Voisage et Waville..

Par le traité de Vincennes (1661), la terre de Gorze est cédée à la France.

Liste des abbés Liste des 67 abbés de Gorze, de 749 à 1801F. Chaussier (curé de Gorze), L’abbaye de Gorze, 1894.. Les dates assignés à chaque abbé ne sont pas toujours la durée complète de leur mandat mais seulement leurs actes tels qu’ils apparaissent dans les documents.

De la fondation à la grande Réforme Droctegand ou Rodigand (749–769) : ami de saint Chrodegang, il est député par Pépin le Bref au pape Étienne III en 762, assiste au concile de Compiègne en 757, invite Pépin-le-Bref et de nombreux évêques à l’abbaye en 762 et reçoit les reliques de saint Gorgon, données par Paul en 765. Théomar (769–776) : il est favorisé par Angelram, évêque de Metz, et obtient de Charlemagne une charte de confirmation pour l’abbaye en 771. Optaire (786–796). Magulphe (802–815) : évêque auxiliaire de Metz, il est promu à l’épiscopat pour administrer le diocèse vacant et reçoit pour l’abbaye, en 815, un privilège de Louis le Débonnaire. Halduin (822–835) : il inhume en 824 ou 825 à Gorze le corps de saint Gundulf de Provence , évêque de Metz et donne des religieux pour le couvent de Saint-Epvre dans le diocèse de Toul sur demande de l’évêque Frotaire, en 835. Drogon, évêque de Metz (848–855) : fils de Charlemagne, il appuie constamment son frère, Louis le Débonnaire, et son neveu, Lothaire . Il est mêlé à toutes les grandes luttes de l’époque. Le comte Bivin ou Buin (855–863) : nommé contre tout droit par le roi Lothaire II, il ruine l’abbaye et se fait chasser par Advence, évêque de Metz. Betton (863–868) : établi par Advence, il porte à Rome une lettre de Charles le Chauve en faveur de l’évêque lui-même. Bovon (876–882) : nommé et soutenu par Wala, évêque de Metz. Lodovin I : peut-être seulement prieur (884). Hérigaud (885–888) : signe une charte de faveur donnée à Saint-Arnould de Metz par Charles le Gros. Lodovin II : (peut-être le même que Lodvin I) (890–895). Rudolphe 899 : soutenu par Robert, évêque de Metz. Robert, évêque de Metz (910) : il reçoit pour l’abbaye une donation de la reine Richarde de Souabe, veuve de Charles le Gros. Wigéric, évêque de Metz (912-923) : nommé par Robert, son prédécesseur. Le comte Adelbert (923-933) : chef des milices messines, il reçoit l’abbaye en récompense des services qu’il a rendus pendant la guerre à Wigeric, évêque de Metz. Mais il la laisse dépérir et la dépouille lui-même.

De la grande réforme à la sécularisation 17 - (933-968) : ami de Jean de Vandières et du réformateur, Adalbéron I, évêque de Metz. Il remet l’abbaye dans une grande ferveur, y reçoit de saints et illustres religieux, entre autres saint Guibert de Gembloux, saint Maccalan et saint Cadroë. Il obtient d’Adalbéron I une belle charte de restitution en 933, deux privilèges du roi Othon en 936 et 943, et du pape Léon VII une bulle d’approbation en 938. Il prend part au concile d’Ingelheim en 948, envoie des moines à Rome à la demande du pape Agapet II, et intercède pour la ville de Metz, assiégée en 953 par Conrad, duc de Lorraine. 18 - Jean de Vandières (968-975) : ami d’Einold et de saint Cadroë, très influent dans le monastère et dans tout le pays. Il obtient de Boson , comte de Champagne, la restitution de Vanou. Il est envoyé par l'empereur Othon en ambassade auprès d’Abdérame III, calife des Maures en Espagne, et demeure prisonnier de 953 à 956. Il reçoit à l’abbaye, vers 969, saint Forannan, ancien archevêque d’Irlande et abbé de Walcourt. 19 - Odolbert (975-984) : il a été l’architecte du monastère de Saint-Vincent et l’ami de Thierry , évêque de Metz. 20 - Immon (984-1008) : vivement loué dans la vie de B. Adalbéron II, évêque de Metz, il a connu aussi saint Héribert, archevêque de Cologne. Il a reçu à l’abbaye l’évêque de Minden et a travaillé à la réforme de Reichenau et de Prüm, sur la demande du roi Henri II le Saint. 21 - Guillaume de Dijon (1008-1031) : célèbre réformateur, formé à Cluny par saint Mayeul. Il a gouverné plus de quarante monastères. Il a été appelé à Metz, puis attaché à l’abbaye Saint-Arnould et à celle de Gorze par Adalbéron II. 22 - Sigefroy (1031-1055) : disciple de Guilaume et ami d’Adalbéron III évêque de Metz. Il s’est occupé de l’hérésiarque Béranger, a pris part au concile de Reims en 1049, a invité peu après le pape saint Léon IX à Gorze, et a reçu du même saint, en 1051, une bulle de privilège pour l’abbaye. 23 - Henri, le bon abbé (1055-1093) : très attaché au fidèle Hermann de Metz, évêque de Metz, il devient le conseiller du comte d’Apremont et du duc Godefroy de Bouillon dit le Barby. Il préside un chapitre général de son ordre en 1062, bâtit sept églises sur les terres de l’abbaye, notamment celle de Saint-Nicolas-de-Port, et réconcilie le schismatique Walon avec l’évêque de Metz en 1088. 24 - Warner (1093-1109) : ami de Poppon, évêque de Metz. Il conclut, en 1095, un accord avec Godefroy de Bouillon, chef de la première croisade, demande et obtient la protection du pape Pascal II en 1105, et reçoit deux fois à Gorze le cardinal Richard, évêque d’Albano. 25 - Theodwin ou Théotin, cardinal (1118-1132) : ami de B. Théotger, évêque de Metz, il est élevé au cardinalat en 1132, après avoir reçu pour Gorze deux bulles du pape Innocent II. Il remplit trois missions en Allemagne, est attaché comme légat à la cour de Conrad III et suit le roi à la deuxième croisade. 26 - Vigéric (1136-1143) : favorisé par Étienne de Bar, évêque de Metz. 27 - Isembaud (1147-1159) : estimé et soutenu par tous les évêques du pays. Il reçoit deux bulles du pape Eugène III en 1148 et se voit appuyé en 1156 et 1157 par cinq bulles ou brefs du pape Adrien IV. 28 - Albert (1160-1171) : très agréable à Thierry III de Bar, évêque de Metz, il est recommandé par l’archevêque de Reims par le pape Alexandre III en 1168. 29 - Pierre (1171-1202) : un moment compromis avec le schisme de Thierry IV de Lorraine, il devient ensuite l’un des plus fidèles appuis de Bertram, évêque de Metz. Il a reçu une bulle du pape Alexandre III en 1177 et une autre de Lucius III en 1184. Il est appuyé par tous les évêques du pays dans une suite de différends. 30 - Ratramme. 31 - Godefroy. 32 - Walter (1210-1212).