Georges Pancol (, Villars-en-Pons, en Charente-Maritime – , Champagne) est un poète français.

Biographie Georges Pancol passe ses années d'enfance et d'adolescence à Bordeaux, aux côtés de ses parents, dans la maison familiale située au n°12 de la rue Margaux. Après des études secondaires à Bordeaux où il s'est lié avec Paul Tuffrau, Roger Bissière et Jean-Raymond GuascoJean-Raymond Guasco (1888-1915) par la suite séjourna en Angleterre, où il retrouva Georges Pancol, et dont il rapporta un livre, John Bull’s Island, entra dans le journalisme (secrétariat de rédaction de L’Opinion). Tué sur le front de Champagne à Souain lors de la même offensive que Georges Pancol, le même jour et non loin de lui (Anthologie des écrivains morts à la guerre, tome I, p. 337-340). , Georges Pancol effectue, entre 1907 et 1909, deux années de service militaire ; il en sort sous-lieutenant à Mont-de-MarsanGeorges Pancol, Lettres d'Indochine et de France, préface de Pierre Savin, L'Harmattan, 2019, p.10.. Durant l'année scolaire 1909-1910, il quitte sa région natale pour séjourner huit mois à Nottingham en AngleterreLettres d'Indochine et de France, préface, p. 10.. En , il monte à Paris. Il suit les cours de l'École des Sciences Morales et Politiques, l'ancêtre de Sciences Po. Puis il s'inscrit pour le concours d'entrée à l'École coloniale. Il y est reçu premier de sa promotion, mais sans l'avoir réellement désiré, et il s'inscrit dans la section « Indo-ChineLettres d'Indochine et de France, préface, p. 11. ». Depuis son adolescence, il est dans des rêveries, dans une inquiétude métaphysique permanente… Il lit les œuvres de Vigny, Leconte de Lisle, qu'il aime beaucoup.

Au début de l'année 1911, Georges Pancol fait la rencontre d'une étudiante anglaiseGeorges Pancol, Journal intime, lettres à la fiancée, poèmes, préface de Michel Suffran, Editions Opales, 1996, p. 13., (Winnie de son diminutif). C'est la naissance d'un amour qui durera tout au long des quatre années qu'il lui reste à vivre, avec des variations alimentées par le doute.

Il a le sentiment du temps qui passe, de la fin de toute chose, et il est hanté par la mort, la disparition de chacun. Il exprime son interrogation existentielle par ces mots : Songer : « Je fus. Mais si je n'eus pas été, tout serait pareil. […] Savoir que l'on va disparaître et que l'on n'emporte avec soi la souffrance de personne. Sentir que l'on fût quelconque, banal, inutile, que l'on eût les petites méchancetés, et les mesquines grandeurs de tout le monde, que l'on vécût au jour le jour chichement, que l'on se nourrit d'idées piètres, de soucis stupides, d'espoirs ridicules, que l'on fût bien médiocre, profondément, essentiellement médiocre, et deviner, à l'angoisse immense qui vous étreint, qu'il est bien vrai qu'on va mourir et que rien ne peut plus se réparer ni se refaire »Michel Suffran, Sur une génération perdue, Le Festin, Bordeaux, 2005, p. 203. ().

Georges Pancol est sensible à la nature. Comme il l'écrit le à sa fiancée Winnie , il y a chez lui Journal intime, lettres à la fiancée, poèmes, p. 142..

Et dans le poème NarcisseJournal intime, lettres à la fiancée, poèmes, p. 43. (1912) :

En moi se reflétait la beauté de la terre Et j'avais la splendeur du monde au fond des yeux.

Il est poète même dans la prose, qu'il s'agisse de son journal intime, ou des lettres qu'il écrit à Winnie, la fiancée anglaise qu'il a rencontrée en 1911.

Georges Pancol doit partir en pour l'Indochine, où il est nommé élève-administrateur au Gouvernement général, à HanoïLettres d'Indochine et de France, préface, p. 11.. Il est au Tonkin lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Il aurait pu rester en Asie, mais il demande à rentrer en France, car il refuse de ne pas participer au sacrifice commun.

Son séjour sur le front ne sera en fait que de quelques mois. Il est tué en Champagne le Lettres d'Indochine et de France, préface p. 28., lors d'un assaut. Il sera enterré au cimetière militaire de VirginyPar la suite, son corps sera transféré dans la nécropole nationale du Pont-du-Marson (Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus) (tombe 4060).. Deux jours avant sa mort, il écrivait à WinnieSur une génération perdue, p. 211. :

La canonnade gronde partout : le temps est superbe et si doux. Je n'ai aucun pressentiment funèbre ; comment le pourrais-je, par un tel soleil ? Et pourtant ? Comme le passé est loin et comme l'avenir est proche ! .

Des poésies de Georges Pancol, des extraits de son journal et de lettres à sa fiancée ont été regroupés en un volume, publié pour la première fois en 1923, préfacé par Paul Tuffrau, qu'il avait connu au lycée de Bordeaux.

Œuvres Poèmes. Journal. Lettres. (Préface de Paul Tuffrau) (Éditions Sansot, R. Chiberre, éditeur) (1923). (La préface de Paul Tuffrau a été publiée dans le numéro d'avril- de la Revue philomathique de Bordeaux et du sud-ouest, p. 71-85, sous le titre Un écrivain bordelais inconnu, et est disponible sur le site Gallica de la BNF.) Réédition en 1996 : Journal intime; Lettres à la fiancée; Poèmes. (présentation par Michel Suffran) (Éditions Opales). Georges Pancol. Lettres d'Indochine et de France, sous la direction de Pierre Savin, Paris, L'Harmattan, 2019.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Paul Tuffrau. Un écrivain bordelais inconnu, Revue philomathique de Bordeaux et du sud-ouest, avril-, p. 71-85 (article disponible sur le site Gallica de la BNF). Paul Tuffrau. Georges Pancol (1888-1915) (avec le poème : Lazare). Dans : Anthologie des écrivains morts à la guerre (1914-1918). Tome premier, p. 523-527. Bibliothèque du Hérisson, Edgar Malfère – Amiens, 1924. Michel Suffran. Sur une génération perdue. Les écrivains de Bordeaux et de la Gironde au début du siècle. Le Festin, éditeur, 2005.

Liens externes

Catégorie:Poète français du XXe siècle Catégorie:Naissance en Charente-Inférieure Catégorie:Naissance en juin 1888 Catégorie:Décès en septembre 1915 Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la Première Guerre mondiale Catégorie:Décès à 27 ans Catégorie:Mort pour la France