La d'infanterie coloniale (ou DIC) a été créée le 15 juillet 1943, en Afrique du Nord, avec des unités coloniales venues de l'Afrique-Occidentale française ou qui tenaient garnison au Maroc et en Algérie. De nombreux évadés de France ayant gagné l'Afrique du Nord par l'Espagne vinrent grossir ces unités. À l'époque, la DIC était en majeure partie composée d'Africains venus de tous les territoires de l'AOF. La DIC était l'une des composantes de la Première Armée française du général de Lattre de Tassigny.

Création et différentes dénominations 1940 : formation inachevée de la d'infanterie coloniale : création de la coloniale motorisée : devient la d'infanterie coloniale : création de la d'infanterie coloniale : dissolution de la division en Indochine Juillet 1963 : création de la d'infanterie de marine ( BIMa), : elle devient la d'infanterie de marine ( DIMa) : la DIMa devient la légère blindée de marine.

Devise

Toujours et partout

Chefs de corps 1940 : général Pellet - : général Blaizot - : général Magnan - : général Morlière - : général Valluy

Historique des garnisons, campagnes et batailles

Seconde Guerre mondiale

Composition En 1940 La composition prévue en était la suivante (la division n'a finalement pas été créée) : d'infanterie coloniale mixte sénégalais d'infanterie coloniale mixte sénégalais d'artillerie coloniale de reconnaissance de division d'infanterie ( GRDI)

À partir de 1943 Commandant de l’infanterie divisionnaire : général Morlière de tirailleurs sénégalais(*) de tirailleurs sénégalais(*) de tirailleurs sénégalais(*) Régiment d'infanterie coloniale du Maroc Régiment d'artillerie coloniale du Maroc Régiment colonial de chasseurs de chars du génie du Régiment d’Artillerie Coloniale d'Afrique occidentale ( RAC-AOF) Groupe du Régiment d’Artillerie Coloniale d’Afrique occidentale ( RAC-AOF) Bataillon Médical

À ces unités s'ajoutaient un groupe des forces terrestres antiaériennes, le train divisionnaire, les services de l'intendance et enfin les transmissions.

En , les 6, 21 et RIC (régiments d'infanterie coloniale) remplacent respectivement les , et de tirailleurs sénégalais.

Campagnes et batailles 1944-1945 vignette|droite|Goumiers du groupe de tabors marocains, renforçant la DIC, embarquant dans un Landing Craft en Corse pour l'invasion de l'île d'Elbe, durant la Seconde Guerre mondiale en juin 1944. 17-20 juin 1944 : transportée en Corse, la division, sous les ordres du général Magnan, s'empare en quatre jours de l'île d'Elbe notamment grâce au concours du bataillon du de tirailleurs sénégalais commandé par le chef de bataillon Jean Gilles. 16-17 août 1944 : elle s'embarque à Ajaccio et arrive en vue des côtes de France. Elle est intégrée dans la Première armée française du général de Lattre de Tassigny. : les premiers éléments débarquent, p 29, ceux du RTS et du RICM renforcés par un groupe de commandos et un groupement de chars (RCCC), s'engagent en direction de Toulon. : Solliès-Ville, le Coudon et la Farlède sont occupés. 22-23 août 1944 : la bataille se poursuit avec violence pour la possession de La Valette où l'ennemi, solidement retranché, oppose une résistance opiniâtre. La Valette est cependant prise le lendemain et des éléments du RICM poussent sur Toulon. 24- : la ville de Toulon est attaquée à l'Est par le groupement du RTS et les chars. Le fort d'Artigues fait l'objet d'une âpre lutte. L'artillerie s'approche à quelques centaines de mètres du fort et ouvre des brèches si importantes qu'elles précipitent la reddition. Au Nord et à l'Ouest, le RTS, après avoir relevé les unités de la DIA, attaque à son tour par le quartier Valbourdain et les Arènes. C'est dans les forts que la défense s'incruste. Ceux de Sainte-Catherine et de Lamague tombent les premiers, le . Dans ce dernier fort, après un pilonnage sévère de l'artillerie divisionnaire, le du RTS put faire plusieurs centaines de prisonniers sans essuyer de pertes. Le fort de Malbousquet cède le 26, après une défense acharnée. Des combats de rue livrent peu à peu l’Arsenal et le centre de la ville. Les résistances doivent être réduites une à une à La Mitre dans le quartier du Mourillon, et à Saint-Mandrier. Le 26 août, les points d'appui de La Mitre, le fort de Six Fours et les ouvrages de la presqu'île de Sicie se rendent successivement. Le lendemain, c'est le tour de la presqu'île de Saint-Mandrier, qui tombe écrasée par les feux puissants de l'artillerie divisionnaire renforcée par un groupement lourd américain, par les bombings et les tirs des vaisseaux de guerre. Sa chute achève la conquête de Toulon. La veille, la division défilait en pleine ville, en présence des ministres de la Guerre et de la Marine et du général d’armée de Lattre de Tassigny. Au cours de ces premières opérations sur le sol de France, dix mille prisonniers et un matériel important sont capturés par la division. Le nombre des ennemis tués dépasse un millier. : libération de la commune de Villars-sous-Écot. Hélas le lendemain, après de sévères combats au cours desquels trois jeunes soldats meurent carbonisés dans le char Du Guesclin, à l'entrée du village, le village est repris par les Allemands. : à peine regroupée, la division reprend sa marche en avant. Un premier bond la porte dans la région de Voiron. Elle doit continuer vers Pontarlier et le Lomont, mais les mouvements sont retardés, parfois même arrêtés par le manque d'essence. Les unités les plus avancées du RICM, auquel est venu se joindre le régiment colonial de chasseurs de chars, ont déjà repris le contact de l'ennemi dans le Doubs. C'est seulement le 25 et le que les derniers éléments rejoignent le gros dans la boucle du Doubs où le manque d'essence et de munitions avait empêché de forcer la résistance de l'ennemi. Le 27 septembre, la division étend son front et prend à son compte le secteur tenu à sa droite par la DIA jusqu'à la frontière suisse. Elle est renforcée par deux bataillons de FFI, le bataillon de la Grande-Chartreuse, remplacé plus tard par le bataillon de Franche-Comté et le bataillon de Cluny. La vie de la division devient alors celle d'une grande unité en secteur : opérations locales, patrouilles, duels d'artillerie, tirs de harcèlement de part et d'autre. La saison s'avance. Le froid et la pluie rendent inéluctable le remplacement des Sénégalais. Or, la relève et la mise en réserve d'une grande unité, qu'exigerait normalement cette transformation, est un luxe que l’armée française ne peut se permettre. C'est donc sur place que la division se transforme, se « blanchit » en remplaçant Africains par des engagés volontaires attirés par le renom des troupes colonialesGilles Aubagnac, Le retrait des troupes noires de la Armée, dans la Revue historique des armées, , 1993, pages 34 à 46. C'est avec ces jeunes engagés dépourvus d'instruction militaire que la DIC poursuit la campagne. L'instruction est donnée en ligne, au gré des circonstances et de la vie en secteur. La volonté des recrues et la valeur des cadres suppléent aux insuffisances. Les 6, 21 et d’infanterie coloniale prennent donc la suite des 4, 6 et régiments de tirailleurs sénégalais. La DIC est requise pour appuyer l'offensive que les Alliés poursuivent sur tout le front. Dès les premiers jours de novembre, l'action se dessine. Les Vosges ayant opposé leur barrière à l'avance de l'armée française, c'est par la trouée de Belfort que celle-ci cherche la percée. Son régiment de reconnaissance atteint le Rhin et, fin novembre, la division participe à la libération de Mulhouse. Le l'usine hydro-électrique de Kembs fut enlevée de haute lutte par des unités de la DIC qui y anéantirent un bataillon ennemi. Le front se stabilise ensuite dans ce secteur jusqu'au , date à laquelle la Armée française a repris son offensive afin de réduire la Poche de Colmar. La DIC s'empare durant cette offensive des cités ouvrières situées au nord de Mulhouse au prix de lourdes pertes. À la fin de ces combats, la DIC rejoint Lauterbourg, dans le nord de l'Alsace, avant de traverser le Rhin le . Elle participe à la prise de Karlsruhe (), de Rastatt, de Baden-Baden et ouvre la route du Wurtemberg au d'armée.

Guerre d'Indochine Les unités de la DIC, intégrées au CEFEO, participent à partir de à la guerre d'IndochineCf. hors série de la revue 39-45 Magazine, Indochine 1945-1954, 1. La reconquête, page 67.. À cette époque, la division est sous les ordres du général Valluy et est constituée des unités suivantes : RIC RIC RIC RACM

Le 18 , sur fond de vif débat dans l'opinion en métropole sur les « atrocités françaises »"Indochine S.O.S" par Andrée Viollis Préface d'André Malraux. , Gallimard. Parution : 16-08-1935 puis fin 1949"Andrée Viollis et la question coloniale" par Anne Renoult, Diplômée d’études approfondies , le quotidien breton Ouest-Matin, fondé dix mois plus tôt par des chrétiens de gauche, publie la lettre d'Alexandre Lepan, ancien soldat à la division d'infanterie coloniale, accusant les troupes françaises d'atrocités. Le directeur de Ouest-Matin est condamné à six mois de prison avec sursis et francs d'amende pour diffamation envers l'armée française.

Après-guerre

En juillet 1963, la d'outre-mer est créée en Bretagne. Le , la brigade fusionne avec la division légère parachutiste. Le , la devient la d'infanterie de marine ( DIMa) rattachée à la force terrestre d'intervention, puis à la force d'action rapide (FAR) à partir de 1983. Le , la DIMa est devenue la légère blindée de marine. Le , la légère blindée de marine devient la Brigade d'Infanterie de Marine.

Citations collectives à l'ordre de l'Armée des unités de la division

Unité ardente et magnifique, qui s'est couverte de gloire le , au cours des opérations de débarquement dans l'île d'Elbe. Sous le commandement du chef de bataillon Gilles […] a enlevé de vive force les positions fortifiées de la plage de Marina di Campo, couverte par un profond champs de mines et d'épais réseaux. Attaquant à la grenade et au lance-flammes, a réduit successivement les blockhaus et s'est emparé des positions d'artillerie. Bien qu'ayant constaté l'échec du débarquement des vagues suivantes qu'un feu intense empêchait d'accoster, n'a pas désespéré et s'est lancé à l'assaut de la deuxième position arrachée de haute lutte. A continué la progression sans désemparer et après un combat farouche, a anéanti les défenseurs de la troisième position, coupant l'île en deux parties, bouleversant le système des feux de la défense et jetant le désarroi chez l'ennemi. A assuré ainsi, par son habileté manœuvrière, le succès de l'opération. A laissé le terrain jonché de cadavres, fait plusieurs centaines de prisonniers et capturé onze pièces d'artillerie, 15 mortiers et 55 armes automatiques.

Unité d'élite, galvanisée par son chef, le lieutenant colonel Gufflet, officier supérieur de très grande classe et d'une indomptable énergie. S'est déjà distinguée dans la conquête de l'ïle d'Elbe. Vient à nouveau de donner la preuve de sa haute valeur combative et manœuvrière, le , pénétrant dans Toulon par le nord, après de durs combats menés avec rapidité et la plus grande maîtrise, a enlevé le fort de la Tour-Blanche, sur le Faron, le stade Jaureguiberry et forcé l'entrée de l'Arsenal, faisant au total 400 prisonniers. Le , a conquis de haute lutte le Goulet de l'Arsenal et grâce à l'action énergique de la Compagnie s'est emparé, sans coup férir, des bastions avancés du fort de Malbousquet. A, du même élan, attaqué le fort lui-même, contraignant à la capitulation la garnison comprenant 1.400 combattants et 400 civils allemands. A eu le cinquième de ses effectifs mis hors de combat.