Le cours Dajot, souvent abusivement orthographié « d'Ajot » dans le parler brestois, est une promenade publique de la commune française de Brest.

Situation et accès Long de près de cinq cents mètres et bordé de platanes, il surplombe de trente mètres le port de commerce ouvert sur la rade de Brest et donne à l'ouest sur le château de Brest.

Origine du nom Il tient son nom de l'ingénieur Louis Lazare Dajot qui est à l'origine de sa création.

Historique vignette|centré|800px|Le port de commerce et la rade pris du cours Dajot. Il fut édifié à partir de 1769 sur la falaise dominant la grève de Porstrein, sur l’initiative du directeur des fortifications dont il gardera le nom. Sur la grève, s’est installé au milieu du le port de commerce de Brest.

Initialement, il était appelée cours de la Réunion.

Deux squares ont été aménagés sur chacun des bastions aux extrémités du rempart.

En 1835, les bourgeois habitant le cours Dajot, auxquels se joignirent ceux des rues d'Aiguillon, du Château et Duguay-Trouin, se plaignirent des odeurs provenant des fours à chaux (7 200 barriques de chaux en sortaient chaque année) et tanneries de Porstrein et Poullic-al-Lor (port de commerce) et de la plantation d'arbres sur le cours, craignant que ceux-ci ne leur bouchent la vueDélibération du conseil municipal de Brest, décembre 1835..

En dépit de son origine militaire (le Génie a fourni les matériaux et la Marine les forçats chargés de la construction), il est très rapidement devenu une promenade d’agrément très prisée pour la vue sur la rade qu’il domine. Tous les quatre ans depuis 1992, c'est un point de vue privilégié sur les fêtes maritimes de Brest.

C'est de là que fut donné, le , le grand départ du Tour de France 2008.

C’est là qu'a lieu chaque année le défilé militaire du de la ville de Brest.

Devenu un monument à part entière, le socle du « Triomphe d'Amphitrite, se trouve dans la cour de la Préfecture maritime. Ce piédestal s’orne de trois tritons, fixés à une colonne, crachant un filet d'eau dans leur vasque. Il est l’œuvre de l’ingénieur Jean Bernard Tarbé de Vauxclairs. L’ensemble statue et fontaine est inauguré en 1803. La statue de marbre blanc d'Antoine Coysevox, d’abord détournée des jardins de MarlyÉlément de la cascade de Marly (1706) – Brest "Souvenirs… Souvenir…" par le gouvernement consulaire, est implantée par le préfet maritime Caffarelli proche de l'emplacement actuel de la porte Tourville. Le monument gênant les évolutions sur ce terre-plein, le préfet Chaucheprat le fait transférer en 1912 dans les jardins de la préfecture maritime, l’ancien hôtel Saint-PierreSitué du côté sud de la rue de Siam (centre-ville), cet ancien hôtel particulier abrite la préfecture maritime de 1800 à 1944.. En 1940, le patrimoine historique et artistique de Brest est mis à l'abri dans le château de Kerjean. À la Libération, le piédestal est démonté et remonté dans le château ; quant à la statue, elle demeure au musée du LouvreAmphitrite . Il en fut de même pour les statues Neptune et la Marne également d'Antoine CoysevoxDictionnaire biographique de CoysevoxImago Mundi.

Les sculptures d'André Arbus ont été données à la ville en 1963 en guise de compensation de cette dépossession. Le ministre Jean-Antoine Chaptal en avait fait cadeau à Brest « pour donner au cours Dajot, tout récemment achevé, une allure Grand Siècle »« Les Brestois ne se lassent pas de l'histoire de leur ville », Ouest-France..

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Monument américain

Le Naval Monument, plus couramment appelé la tour Rose, est un mémorial élevé au centre du cours Dajot après la guerre de 1914-1918 en 1927 par l’American Battle Monuments CommissionAccueil de l’American Battle Monuments Commission (ABMC) pour commémorer l'accueil réservé aux Américains durant la Première Guerre mondiale. Détruite par l'armée d’occupation allemande (le ) lors de la Seconde Guerre mondiale, elle sera reconstruite à l'identique en 1958ABMC - Naval monument at Brest, sur un terrain appartenant aux États-Unis mais ne jouissant pas de l'extraterritorialité« Brest - États-Unis. De vrais proches », Le Télégramme, 25 juillet 2008..

Plaque consacrée à Jean Cras Le monument consacré à Jean Cras, contre-amiral, inventeur de la règle portant son nom (règle Cras), mais aussi musicien talentueux.

Pianiste, il a écrit des dizaines de mélodies et de pièces pour piano et orgue, de la musique de chambre, des œuvres symphoniques et l'opéra Polyphème.

À la mort de Jean Cras en 1932, un comité présidé par le ministre de la Marine Georges Leygues, réunit des fonds pour lui élever un monument, confié au sculpteur parisien Raymond Delamarre, grand prix de Rome. Le monument est offert à la ville et inaugurée le . Détruit en 1944, à l'exception de la plaque de bronze à l'effigie de Jean Cras, le monument sera reconstruit dans un style proche, par le même sculpteur, en 1959Topic Topos - Monument à l’amiral Cras, Brest.

La dédicace que l'on trouve sur le monument est extrait de l'opéra Polyphème : « Belle mer écumeuse et bleue où je suis né ».

Escalier descendant à Porstrein Les escaliers descendant au port de commerce immortalisés par la scène finale du film Remorques (d'après le roman de Roger Vercel) où Jean Gabin les dévale sous la pluie après avoir perdu sa femme et sa maîtresse, seul dans la nuit. Une scène qu'il fallut d'ailleurs recommencer une dizaine de fois, en raison de conditions météorologiques très peu coopératives en ce jour de . La pluie provenait en effet de canons à eau des pompiers et c'est un avion à hélices de l'aéro-club de Guipavas, amputé de ses ailes, qui pallia ce soir-là l'absence de vent.

Palais de justice de Brest Immeuble néo-classique moderne paré de granite date de 1952 et est l’œuvre de l'architecte Henri Gabriel Béné* Brest Métropole Océane - Balade urbaine, de la Penfeld à la gare. Il est situé dans l'alignement de l'axe mineur du centre ville reconstruit, axe bordé par nombre d’administrations publiques, comprenant l’immeuble de la banque de France et la place Wilson (ancien champ de bataille). L'entrée principale est bordée de deux statues figuratives de granite, œuvre du sculpteur Marcel Courbier (1898-1976), l'une à droite, représentant un homme appuyé sur une épée avec la légende Lex (« la loi » en latin) et l'autre à gauche, représentant une femme protégeant un enfant avec la légende Tuetur (« il - ou elle - est protégé(e) » aussi en latin)Petit Patrimoine.

Voir aussi vignette|Les fortifications du cours Dajot, vues du port de commerce. Le Château Port de Brest Rade de Brest Penfeld

Notes et références

Liens externes

Wiki-Brest : Une rue... un nom Brest Métropole Océane - Balade urbaine, de la Penfeld à la gare

Photos De nombreuses photos du cours Dajot à Brest

Dajot Dajot Catégorie:Architecture et urbanisme à Brest Catégorie:Brest-Centre Dajot