vignette|Logo du programme « Pour les Femmes et la Science ».
Le programme L’Oréal - UNESCO Pour les femmes et la science est un partenariat créé en 1998 entre la Fondation de la société L'Oréal et l'UNESCO. Il a pour objectif de promouvoir la place des femmes dans les sciences et s'inscrit aussi dans le cadre d'une campagne marketing de la société L'Oréal. L'un des volets distingue chaque année, au moyen d'un prix, cinq chercheuses, une par grande région (Afrique et États arabes, Amérique latine, Amérique du Nord, Asie-Pacifique, Europe). Des bourses internationales et nationales sont également attribuées à de jeunes chercheuses.
Historique et fonctionnement
Prix annuels Le programme est créé en 1998, par la société L'Oréal en partenariat avec l'UNESCO. Il consiste alors uniquement en un prix. Il s'agit de la première récompense internationale dédiée aux femmes de sciences. Devant le succès de la première édition, les deux partenaires signent fin 1999 une convention les engageant . Tout d'abord d'un montant de , le montant du prix est élevé à pour chaque lauréate en 2003, en faisant la deuxième récompense après le prix Nobel en termes de dotation .
Les candidates aux cinq prix annuels sont proposées par environ parrains, des chercheurs du monde entier. Un jury indépendant d'une dizaine de scientifiques de renommée internationale, destiné à crédibiliser le prix, les évaluent. Les cinq prix sont décernés annuellement à des femmes scientifiques ayant contribué aux progrès de la science, alternativement en sciences de la matière et en sciences de la vie sur des travaux non liés aux activités de L'Oréal, originaires de cinq grandes régions (Afrique et États arabes, Amérique latine, Amérique du Nord, Asie-Pacifique, Europe), une pour chacune d'entre elles.
Six lauréates ont par la suite reçu le prix Nobel dans leur domaine de compétence : Elizabeth Blackburn et Katalin Karikó en médecine ou physiologie, Ada Yonath, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna en chimie, et Anne L'Huillier en physique.. Christiane Nüsslein-Volhard a reçu le prix Nobel en médecine ou physiologie avant de recevoir ce prix.
Bourses internationales et nationales Le même partenariat attribue depuis 2000 les bourses internationales UNESCO-L'Oréal à des jeunes femmes scientifiques poursuivant des études doctorales ou post-doctorales, pour aider à financer des travaux de recherche en cours, alternativement en sciences de la vie ou en sciences de la matière, et offre la possibilité de poursuivre des études dans une institution scientifique à l'étranger. Ces bourses sont un moyen d'encourager les femmes à se lancer dans les carrières scientifiques, de reconnaître et de donner de la visibilité à la carrière de femmes scientifiques.
Les bourses annuelles, sont tout d'abord au nombre de dix et d'un montant de $. En 2003, le nombre de bourses est augmenté à quinze, trois par grande région, et le montant passe à $. En 2006, la période de subvention est étendue à deux ans et le montant de la bourse s'élève à USD. En 2015, le volet des bourses prend le nom de programme UNESCO-L'Oréal Jeunes talents.
Des bourses sont également octroyées au niveau national depuis 2007 dans les pays participants. Vingt bourses annuelles sont ainsi octroyées par le programme françaisBourses L'Oréal « Pour les Femmes et la Science », chapeau les filles!, Femme Actuelle, 5 octobre 2012. Ces bourses sont aussi l’occasion pour des lycéennes de rencontrer des boursières et d'échanger avec ellesLes boursières L’Oréal en vedette, Terrafemina, 29 juillet 2010.
Objectifs vignette|Cérémonie 2010. De gauche à droite : Elaine Fuchs, Anne Dejean-Assémat, Lindsay Owen-Jones, Alejandra Bravo , Lourdes Cruz, Rashika El Ridi, Irina Bokova et Günter Blobel. Ces prix et bourses ont pour objectif de promouvoir et d’encourager les carrières féminines dans des domaines longtemps considérés comme réservés aux hommes, de lutter contre la discrimination envers les femmes dans le domaine des sciences qui affecte le développement des pays pauvres. Selon Dominique Langevin, lauréate du Prix en 2005, parce que c'est un prix à destination des femmes, il n'est pas pris très au sérieux et manque de reconnaissance. En Argentine, les lauréates estiment bénéficier d'une visibilité accrue, mais le message transmis aux médias par les promoteurs du prix et les médias de masse se concentre sur le sujet de leurs recherches et non pas leur rôle en tant que femmes dans le développement de la science.
Le programme L'Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science s'inscrit dans le cadre d'une campagne marketing de la société L'Oréal dont la stratégie, afin de provoquer un comportement d'achat, est de se créer une image positive et une proximité avec sa cible prioritaire, les femmes, en s'appuyant sur leur besoin de reconnaissance qui se retrouve dans l'aspiration à la parité. Il s'agit aussi pour L'Oréal d'associer l'image de la marque à selon Mona Chollet. Pour Jean-Pierre Beaudoin, en donnant la parole à des femmes remarquables hors des cercles restreints de leurs spécialités, L'Oréal bénéficie d'une bonne image et développe ses relations avec les milieux scientifiques mondiaux.
Le prix prend place, dans l'action de l'UNESCO, dans sa lutte contre toute forme de discrimination et la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes. Toutefois, le prix L'Oréal-Unesco est perçu par Amadou Mahtar Mbow, ancien Directeur général de l'UNESCO comme une publicité faite à une société et juge que ce genre de prix peut potentiellement empêcher l'organisation de jouer son rôle.
Lauréates des prix Un total de 132 scientifiques ont été récompensées..