François Villeroy de Galhau, né le à Strasbourg, est un haut fonctionnaire français. Il est directeur général délégué de BNP Paribas de 2011 à 2015, gouverneur de la Banque de France du au et président du conseil d'administration de la Banque des règlements internationaux depuis le jusqu'au terme de son mandant de gouverneur de la Banque de France.
Biographie Jeunesse et études François Villeroy de Galhau naît dans une famille d'ancienne bourgeoisie originaire de LorrainePierre-Marie Dioudonnat, Le simili-nobiliaire-Français, ed. Sedopols, 2012, , issue de Simon Villeroy (mort v. 1675), bourgeois de Saint-Avold. Parmi ses ancêtres, figurent Claude Villeroy (1726-1800), directeur général des hôpitaux militaires, et Nicolas Villeroy (1759-1843), receveur de la vente étrangère des sels, capitaine dans la Garde nationale et fondateur de l'entreprise Villeroy & Boch.
La famille Villeroy est historiquement implantée en Lorraine et en Sarre et François Villeroy de Galhau parle un allemand courant.. Il est le fils de Claude Villeroy de Galhau. et d'Odile de La Lande de Calan (fille de Pierre de La Lande de Calan)..
François Villeroy de Galhau suit ses études secondaires au lycée Saint-Louis-de-Gonzague. Il intègre l'École polytechnique (promotion 1978), puis l’École nationale d'administration (promotion Louise-Michel 1984). Major de la voie économique, il sort de l'ENA inspecteur des finances..
Il est marié à Florence Gilbert de Vautibault, avec laquelle il a cinq enfants.
Carrière avant la Banque de France En 1988, François Villeroy de Galhau entre à la direction du Trésor où il est chargé de mission (bureau Afrique, puis bureau Europe)..
De 1990 à 1993, il est conseiller européen du ministre des Finances puis du Premier ministre Pierre Bérégovoy, et occupe ensuite diverses responsabilités à la direction du Trésor à Bercy, puis à Bruxelles comme conseiller financier à la représentation permanente de la France.
Il enseigne l'économie à l'Institut d'études politiques de Paris, où il prend la suite du cours donné par Michel Pébereau., entre 1996 et 2005.. Son cours sert de base à son livre Dix-huit leçons sur la politique économique..
Sous le gouvernement Jospin, il est directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn de 1997 à 1999, de Christian Sautter de 1999 à 2000 au ministère de l'Économie et des Finances, puis directeur général des Impôts de 2000 à 2003.
En 2003, il passe dans le privé et devient président-directeur général de Cetelem, société de crédit à la consommation du groupe BNP Paribas, puis responsable de la banque de détail du groupe en France en 2008. Entre 2008 et 2015, François Villeroy de Galhau dirige d'ailleurs BNP Paribas-Personal Finance, filiale à 100% du groupe BNP Paribas : cette filiale est à l'origine de l'affaire Helvet Immo., suite à laquelle l'établissement est condamné par la justice.
François Villeroy de Galhau est ensuite directeur général délégué du groupe BNP Paribas, chargé des Marchés domestiques et de la RSE du au . À l'été 2014, il est sollicité par Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique (gouvernement Valls II), pour devenir son directeur de cabinet., ce qu'il refuse..
Il est promu officier de la Légion d'honneur le . puis commandeur de la Légion d'honneur le .
Il est plus tard chargé, par le gouvernement Valls , de s'occuper d'une mission sur le financement de l'investissement des entreprises.. Cette mission fait l’objet d’un rapport remis au Premier ministre Manuel Valls le ..
Gouverneur de la Banque de France
Nomination En , il est proposé au poste de gouverneur de la Banque de France.. Cette situation engendre des réactions contrastées : un collectif de 150 économistes estime que cette situation provoque un risque de conflits d’intérêt et demande aux parlementaires de s'y opposer.. À l'inverse, trois anciens gouverneurs de la Banque de France défendent sa candidature..
Lors de son audition devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale, il prend des engagements pour .. Il reçoit l'avis favorable des commissions parlementaires compétentes, qui participaient pour la première fois à la procédure de nomination..
Il est nommé gouverneur de la Banque de France par le président de la République et prend ses fonctions le .. Il en préside le conseil général, qui délibère sur les questions relatives à la gestion des activités autres que celles relevant de l’Eurosystème, et pilote les trois missions de la Banque de France : la stratégie monétaire, la stabilité financière et les services économiques vers les ménages et les TPE et PME..
Il préside aussi, au titre de gouverneur de la Banque de France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution..
Il siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne à Francfort, aux côtés des six membres du directoire et des gouverneurs des banques centrales nationales des dix-huit autres pays de la zone euro.
Le , il est reconduit au poste de gouverneur pour un nouveau mandat de six ans..
Il annonce sa démission le , pour prendre la présidence de la fondation des Apprentis d'Auteuil. en ..
Action à la tête de la Banque de France vignette|François Villeroy de Galhau au cours d'une conférence à l'École polytechnique en 2017. À son arrivée, il amplifie le plan de transformation initié par son prédécesseur Christian Noyer, qu'il intitule « Ambition 2020 »...
En 2018, Villeroy de Galhau prend l'initiative de lancer le Network for Greening the Financial System (NGFS).., un réseau de banques centrales qui compte une cinquantaine de membres, visant à explorer le rôle des banques centrales dans la promotion de la finance verte.. La Banque de France assure aujourd'hui le secrétariat permanent du NGFS, dont la présidence est assurée par l'allemande . Villeroy de Galhau se prononce à de nombreuses reprises en faveur d'une intégration des risques financiers liés au climat dans la politique monétaire de la BCE..
En , il plaide pour l'émergence de l'euro numérique, une monnaie numérique de banque centrale qui permettrait au niveau européen de « disposer d'un puissant levier d'affirmation de notre souveraineté face aux initiatives privées du type Libra »..
Crise du Covid-19 À l'occasion de la crise liée à la pandémie de Covid-19, il annonce une décroissance de 6 % de l’économie française au trimestre 2020, et estime le coût de la crise à de croissance annuelle par quinzaine de confinement...
Il juge néanmoins que l'État joue un rôle d'amortisseur majeur face à la crise : . Il relève également le grand consensus des économistes sur les mesures à prendre pour sortir de la crise et faire redémarrer l’économie au plus tôt et dans les meilleures conditions : la création d’un bouclier de trésorerie pour toutes les entreprises.
Concernant l'activité des banques, il annonce le que les banques françaises ont reçu de prêts garantis par l'État, pour un montant total de d'euros.
Agression à Bâle
En , Villeroy de Galhau est frappé d'un coup de marteau à la tête à Bâle, en Suisse, après avoir dirigé une réunion du conseil d'administration de la Banque des règlements internationaux. Après que des passants ont maîtrisé l'assaillant (dont l'identité n'a pas été révélée), Villeroy de Galhau est hospitalisé. Les autorités suisses considèrent qu'un motif politique est possible. Le suspect est en détention provisoire et ses motivations restent floues, selon le journal suisse Le Nouvelliste.... En 2023, le tribunal pénal de Bâle-Ville aurait, selon Radio télévision suisse., jugé que le prévenu, un Suisse de qui souffrirait de schizophrénie paranoïaque, était bien l'auteur des faits, qualifiés de « tentative d'homicide par dol éventuel », mais l'aurait jugé irresponsable de ses actes. Le prévenu aurait nié aussi bien les faits que le diagnostic de schizophrénie.
Rémunération Par souci de transparence, la Banque de France a rendu public pour la première fois en 2016 le salaire annuel de son gouverneur, qui s'élève à brut.. À cette rémunération s'ajoutent une indemnité de logement de par mois et une enveloppe annuelle de qui lui est versée en tant qu’administrateur de la Banque des règlements internationaux (BRI)..
Démission Le , il annonce son intention de donner sa démission, effective à partir du . Son mandat à la tête de la Banque de France devait initialement prendre fin en 2027. François Villeroy de Galhau doit prendre la tête de la fondation Apprentis d'Auteuil.
Autres mandats
En tant que gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau exerce en qualité de gouverneur de la Banque de France des mandats qui lui sont confiés dans le cadre du Code monétaire et financier, parmi lesquels : Membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne Président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution Membre du Haut conseil de stabilité financière Membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux Membre du Comité national de l’éducation financière.
Fonctions passées Membre du conseil de surveillance de Villeroy & Boch (Sarre) Membre du conseil d'administration de l'ADIE (Association pour le Droit à l'Initiative Economique), pour le développement du microcrédit Membre du conseil d'orientation du think tank En Temps Réel. Membre du conseil de surveillance de Bayard Presse., groupe propriétaire du quotidien La Croix Membre de la Commission pour la libération de la croissance française, réunie et présidée par Jacques Attali en 2007 puis 2010 Président de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement
Prises de position
Avant 2015 François Villeroy a longtemps été membre du conseil d'administration des Semaines sociales de France, aux côtés de Michel Camdessus, de Jean Boissonnat et d'autres personnalités du monde de la finance et de l'économie préoccupées par l'action sociale de l'Église catholique.
Plus médiatisé depuis 2003, il intervient régulièrement dans la presse, à la radio voire à la télévision, à titre professionnel comme à titre personnel, sur l'Europe et la relation franco-allemande, sa vision du management, ou les réformes économiques..
Sa réflexion éthique est au cœur de son action économique et sociale, notamment à propos de la finance. Dans son dernier livre, L'Espérance d'un Européen, il prend parti clairement pour le modèle social européen, et propose un programme pour l'emploi des jeunes à travers un grand « Erasmus pro »..
Catholique engagé, il a publié dans le passé des tribunes dans le journal La Croix.
Depuis sa nomination à la Banque de France En tant que Gouverneur de la Banque de France, il prend de nombreuses positions publiques sur des sujets monétaires et financiers, comme le bitcoin, dont il affirme qu’il n’est pas une monnaie., ou encore la double circulation de monnaies, qu’il estime être un danger pour l’euro..
François Villeroy de Galhau prend régulièrement la parole sur les enjeux économiques de la France, comme le chômage qu’il estime être “la situation la plus urgente que connaît actuellement la France, les dépenses sociales, la masse salariale de la fonction publique, l’union bancaire, le surendettement ou le paiement sans contact....
Il plaide régulièrement en faveur de la baisse des dépenses publiques, jugeant le modèle social français « trop coûteux »..
Il se conduit à la Banque de France, selon le magazine Marianne, en gardien de l’orthodoxie néolibérale. Il s'élève ainsi, dans le contexte de pandémie de Covid-19, contre l'idée d'annuler la dette détenue par la Banque centrale européenne, ou contre l’assouplissement des ratios de Maastricht..
Lettre au président de la République