Le propre de l'homme est une expression d'usage courant qui désigne les spécificités de l'espèce humaine par rapport aux autres espèces animales.

Cet aphorisme serait dû à François Rabelais qui, dans l’Avis aux lecteurs ouvrant Gargantua (1534), écrit : Mieux est de rire que de larmes écrire, Parce que rire est le propre de l'homme.

Selon les critiques, ce passage du texte de Rabelais serait inspiré d'un passage du traité des Parties des Animaux d'Aristote dans lequel ce dernier défend l'idée que : Parties des Animaux, Livre III, Chapitre 10. . Mais en fait cette idée a été répétée à satiété au Moyen Âge, et l'expression « est le propre de » est d'origine scolastique. Aristote dit seulement que le rire est une rare qualité humaine ; ce sont ses commentateurs qui ont radicalisé cette conception, en donnant au rire une importance de plus en plus essentielleDaniel Ménager, La Renaissance et le rire, PUF, 1995, p. 13.

Cette expression a été utilisée pour titrer plusieurs œuvres, dont Le Propre de l'homme, livre de Robert Merle (1989), et Le Propre de l'homme, film de Claude Lelouch (1960).

Critique philosophique du terme « Animal » et du « propre de l'homme »

De même que l'antispécisme, le terme « animal », au singulier, est rejeté par le philosophe français Jacques Derrida dans sa généralité, – parce qu'il est une « simplification conceptuelle » vue comme un premier geste de « répression violente » à l'égard des animaux de la part des hommes, et qui consiste à faire une césure totale entre l'humanité et l'animalité, et un regroupement tout aussi injustifié entre des animaux qui demeurent des vivants radicalement différents les uns des autres, d'une espèce à une autre. :

Ainsi, dans son dernier ouvrage, L'Animal que donc je suis, le philosophe français Jacques Derrida conçoit la question de l'« animal » comme une réponse à la question du « propre de l'« homme » », et a mis en doute la capacité à ce dernier d'être en droit de se faire valoir toujours aux dépens de l'« animal », alors qu'il semble bien que ce réflexe conceptuel soit, par essence, un préjugé, et non le fruit d'un raisonnement philosophique garant de ce droit :

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie G. Chapouthier, J.-G. Ganascia, L. Naccache et P. Picq, Que reste-t-il du propre de l’homme ?, Presses de l’ENSTA, Palaiseau (France), 2012, 78 pages

Articles connexes Vinciane Despret Élisabeth de Fontenay Pascal Picq Les animaux dénaturés

Catégorie:Citation