António Guterres Prononciation en portugais du Portugal retranscrite selon la norme API. , né le à Lisbonne, est un homme d'État portugais et est-timorais membre du Parti socialiste (PS). Il est secrétaire général des Nations unies depuis le .
Élu député entre 1976 et 1983 puis à partir de 1985, il devient en 1988 président du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée de la République. En 1992, il défait Jorge Sampaio et se fait désigner secrétaire général du PS.
Il recentre le parti et, profitant de l'usure du centre droit, remporte une forte majorité relative aux élections législatives d'octobre 1995. Il est alors nommé Premier ministre. Sous son premier mandat, le Portugal rejoint l'euro, organise l'exposition universelle de Lisbonne et assure la création de la Communauté des pays de langue portugaise, tout en relançant sa croissance et luttant contre la pauvreté.
Ce bon bilan, tempéré par l'échec des référendums sur l'interruption volontaire de grossesse et la régionalisation, lui permet d'obtenir un second mandat aux élections législatives d'octobre 1999 avec une majorité moindre qu'attendue. Cette deuxième phase du pouvoir montre un Premier ministre affaibli dans un pays en proie aux difficultés économiques.
La lourde défaite aux élections locales de l'amène à démissionner de toutes ses fonctions et se retirer de la vie politique, à l'issue des élections de mars 2002 perdues par le PS.
Pressenti en 2004 comme candidat à la présidentielle de 2006, il met fin à toute ambition nationale en 2005 lorsque Kofi Annan le nomme haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCNUR). Il occupe cette fonction pendant deux mandats de cinq ans.
Le , l'Assemblée générale des Nations unies le désigne comme secrétaire général pour succéder au Sud-Coréen Ban Ki-moon le .
Biographie Formation et débuts en politique Après avoir reçu en 1965 le prix national des lycées, António Manuel de Oliveira Guterres s'inscrit à l'Institut supérieur technique (IST). Durant son cursus, il milite à la Jeunesse universitaire catholique (JUC) et
Il obtient une licence de génie électronique en 1971 et commence alors à travailler comme professeur assistant à l'IST, enseignant la théorie des systèmes et les signaux de télécommunications.
En 1973, il adhère au Parti socialiste.
Ascension Il devient en chef de cabinet de José Torres Campos, secrétaire d'État chargé de l'Industrie et de l'Énergie. Âgé de seulement 25 ans, il quitte ce poste dix mois plus tard, en . Lors des élections législatives du 25 avril 1976, il est élu député du district de Castelo Branco à l'Assemblée de la République.
Elu à la présidence de la commission parlementaire de l'Économie et des Finances en 1977, il est réélu député lors du scrutin intercalaire du 2 décembre 1979. À la suite des élections locales qui se tiennent deux semaines plus tard, il devient président de l'assemblée municipale de Fundão, au nord de Castelo Branco. Il conserve son mandat parlementaire aux élections du 5 octobre 1980. À cette occasion, il est tête de liste du Front républicain et socialiste (FRS) dans sa circonscription.
N'ayant pas été candidat aux élections législatives anticipées du 25 avril 1983, il est de nouveau tête de liste dans le district de Castelo Branco à l'occasion des suivantes, celles du 6 octobre 1985. À l'ouverture de la législature, il est désigné président de la commission de l'Administration du territoire, des Collectivités locales et de l'Environnement. Après les législatives du 19 juillet 1987, il est reconduit à la tête de sa commission, puis porté en 1988 à la présidence du groupe parlementaire socialiste, alors dans l'opposition.
Secrétaire général du PS Lors du scrutin du 6 octobre 1991, le PS subit sa troisième déroute consécutive. Jamais depuis la révolution des Œillets le parti n'avait enchainé trois échecs électoraux. António Guterres obtient que le parti annule sa convention stratégique et convoque, pour , un congrès extraordinaire, annonçant du même coup sa candidature au poste de secrétaire général « El PS portugués convoca un congreso para analizar su fracaso electoral », El País, le .
A l'issue du vote des militants, il obtient plus de 60 % des délégués et peut donc se faire élire par 1 122 voix contre 190 au social-libéral Álvaro Beleza le « Guterres, nuevo secretarío general de los socialistas portugueses », El País, le . Il devient de facto le chef de l'opposition. Sept mois plus tard, il devient vice-président de l'Internationale socialiste (IS). Il obtient un important succès à l'occasion des élections locales de , qui voient les socialistes s'imposer au niveau national et remporter près de 60 % des voix à Lisbonne avec Jorge Sampaio et à Porto avec Fernando Gomes « Los socialistas vencen por mayoría en los grandes ayuntamientos de Portugal », El País, le .
Le , il lance officiellement les « États généraux pour une Nouvelle majorité » destinés à faire l'inventaire des dix ans de pouvoir du Premier ministre libéral Aníbal Cavaco Silva, approuver le projet socialiste et se donner plus de crédibilité alors qu'il est mal perçu par son électorat et moins apprécié que le chef du gouvernement sortant « El PS portugués se prepara para reconquistar el poder en 1995 », El País, le . À la clôture des États généraux, le , il présente un contrat de législature de 125 pages élaboré par vingt-cinq personnalités issues du PS, de la société civile ou ayant appartenu aux autres partis politiques du pays « El PS portugués abre su campaña proclamando el fin de mayoría de Cavaco », El País, le .
Premier ministre du Portugal Un premier mandat avec des succès électoraux Aux élections législatives du , le Parti socialiste remporte plus de , ce qui lui accorde 43,76 % des suffrages exprimés et 112 députés sur 230 à l'Assemblée de la République. Il s'agit alors du meilleur score de ce parti depuis 1975. Réagissant à ce résultat, le secrétaire général du PS affirme vouloir placer le dialogue au centre de son action, et de faire particulièrement attention aux abus de pouvoir et au clientélisme « Rotunda victoria socialista en Portugal », El País, le .
António Guterres prend officiellement ses fonctions de Premier ministre le ]. Il met ainsi fin à dix années de pouvoir du Parti social-démocrate et devient le premier socialiste autre que Mário Soares à exercer la direction de l'exécutif. Son gouvernement, présenté en début de mois, comprend des proches, comme le ministre de la Présidence et ministre de la Défense António Vitorino, des cadres du PS, tel le ministre des Affaires étrangères Jaime Gama, et des centristes indépendants, à l'instar du ministre des Finances « Guterres opta por la moralización en el Gobierno portugués », El País, le ..
À l'élection présidentielle du 14 janvier 1996, le candidat socialiste et maire de Lisbonne Jorge Sampaio s'impose face au candidat social-démocrate Aníbal Cavaco Silva avec un score assez confortable de 53,9 % des voix. À l'occasion des élections régionales du suivant, le PS de Carlos César parvient à prendre le pouvoir aux Açores, grâce à un score de 45 % des voix et l'appui du Parti populaire (CDS-PP), alors que les sociaux-démocrates d'Alberto João Jardim se maintiennent sans difficulté à Madère « Los socialistas logran una ajustada victoria en las islas Azores », El País, le .
Lors d'un sommet organisé à Lisbonne en , le Portugal, le Brésil, l'Angola, le Cap-Vert, le Mozambique, la Guinée-Bissau et Sao Tomé-et-Principe signent l'accord actant la création de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), vieux projet de la diplomatie portugaise. À cette occasion, le Premier ministre affirme que la communauté renforcera l'identité, le poids des pays lusophones sur la scène internationale et annonce qu'il proposera « une réforme de l'Organisation des Nations unies pour avancer vers plus de démocratie et d'efficacité de la communauté internationale, qui doit intensifier ses efforts pour veiller aux droits humains et à la paix » « Portugal y 6 ex colonias se unen para reforzar su peso internacional », El País, le ..
Au début du mois de , il parvient à un « pacte de régime » avec le Parti social-démocrate qui lui permet de faire voter le budget de l'État, non sans avoir durement attaqué le bilan des dernières années de pouvoir de Cavaco Silva, marquées par la récession, et vanté les succès obtenus par son gouvernement en seulement deux années de pouvoir « El euro fuerza un pacto político en Portugal para aprobar los presupuestos », El País, le .. Environ trois semaines plus tard, le , António Guterres fait face à sa première grande crise politique avec la démission de son numéro deux et Vice-Premier ministre officieux António Vitorino, à la suite d'allégations de fraude fiscale commise en 1989 « Guterres acepta la dimisión del viceprimer ministro portugués », El País, le ..
Il procède alors à un important remaniement ministériel qui promeut ses proches au sein du PS. Ainsi le ministre adjoint Jorge Coelho cumule son poste avec le ministère de l'Intérieur ; son secrétaire d'État adjoint Joaquim Pina Moura devient ministre de l'Économie ; le secrétaire d'État José Sócrates est nommé ministre adjoint du Premier ministre avec autorité sur la jeunesse, les sports et la toxicomanie ; tandis que le ministre de la Sécurité sociale Eduardo Ferro Rodrigues prend la tête d'un grand ministère du Travail et de la Solidarité « El primer ministro portugués remodela en profundidad su equipo de gobierno », El País, le . À cette occasion, il reconnaît que ces changements étaient prévus mais après les municipales du suivant « Antonio Guterres pone a los socialistas en los puestos clave del Gobierno portugués », El País, le . Ce scrutin marque une nouvelle victoire du PS, João Soares conservant Lisbonne et Fernando Gomes étant réélu à Porto.
Opposant à titre personnel à la libéralisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) au nom de ses valeurs « El primer ministro socialista de Portugal, contrario a ampliar el aborto », El País, le , il accepte en la tenue d'un référendum sur le sujet, une semaine après le vote par le Parlement d'une loi allant dans ce sens et proposée par une partie du PS « La convocatoria de un referéndum la ley del aborto en Portugal », El País, le . Du fait de ce positionnement, ni le PS ni le gouvernement ne mènent campagne pour le référendum, le premier de l'histoire démocratique, convoqué le , ce qui suscite de violentes critiques de la part des Jeunesses socialistes (JS) « Portugal decide hoy si despenaliza el aborto en el primer referéndum de la democracia », El País, le .. Du fait d'une abstention de 68 %, le résultat négatif à 51,9 % n'est pas contraignant pour l'Assemblée de la République mais le groupe socialiste décide de ne pas pousser plus avant le débat parlementaire, ce résultat provoquant des reproches sévères de Manuel Alegre, opposant interne de Guterres au Parti socialiste « Los socialistas lusos renuncian a tramitar su ley del aborto en esta legislatura », El País, le ..
À peine cinq mois plus tard, le , il connaît son premier échec électoral depuis son arrivée au pouvoir avec le rejet par référendum du projet de décentralisation administrative qui devait aboutir à la création de huit Régions, en plus des Régions autonomes des Açores et de Madère. À l'annonce du résultat – 63,9 % de votes négatifs – il déclare que « la responsabilité du Parti socialiste est totalement et entièrement assumée par moi » ; malgré cet échec du parti au pouvoir, le président du PPD/PSD Marcelo Rebelo de Sousa exprime sa volonté que le gouvernement aille au terme de son mandat « car le pays a avant tout besoin de stabilité » « Portugal rechaza en referéndum la creación de un nuevo Estado dividido en regiones », El País, le ..