Kharaman Khan Nazare-Aga (né à Paris le et mort dans la même ville le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 2005, vue 2/24.) est un diplomate et un officier français d'origine perse engagé volontaire dans la Légion étrangère durant toute la Première Guerre mondiale.

Biographie Origines Kharaman Nazare Aga, né à Paris en 1877, est le fils du général Yemin Nazare-Aga (1827-1912), chargé d'affaires (1869), puis, ministre plénipotentiaire de Perse auprès du gouvernement français de 1873 à 1905 et de Agaphia Malkom (1853-1923), une Arménienne, mariés en 1869.. Il est le frère du compositeur Youssef Khan Nazare-Aga..

Études et carrière Kharaman Nazare Aga effectue ses études en France. En , il entre au Collège Stanislas de Paris., puis il s'inscrit à l'École Polytechnique. À sa sortie, il entame une carrière diplomatique et occupe plusieurs postes en Europe, notamment en qualité de premier secrétaire de légation de Perse en Autriche-Hongrie. En , à Bruxelles, il est secrétaire de la mission persane chargée d'annoncer officiellement l'avènement du nouveau shah de Perse, Mohammad Ali Chah, au roi des Belges Léopold II..

Capitaine dans l'armée perse et n'ayant jamais servi dans l'armée française, le gouvernement français le nomme néanmoins, chevalier de la Légion d'honneur, à titre civil, pour services rendus à la Nation..

Première Guerre mondiale En , sans faire état de son grade dans l'armée perse et sans se prévaloir de son titre d'ancien élève de l'École Polytechnique, il signe un engagement pour la durée de la guerre au titre du Régiment étranger ( RE) et rejoint le dépôt de Toulouse le . Il est affecté au bataillon C, constitué à partir des et du RE arrivant de Saïda et devant entrer dans la composition du bataillon de marche du RE. Ce bataillon est définitivement constitué le et quitte le dépôt de Toulouse, à destination du camp de Mailly-le-Camp pour y compléter son instruction. Le bataillon monte au front le .

Le , le légionnaire Nazare-Aga est affecté à la compagnie de mitrailleuses du bataillon C, il est nommé au grade de caporal le et de sergent le . Il participe avec sa compagnie à l'offensive de Champagne. Le , le sergent Nazare-Aga est grièvement blessé par éclat d'obus. Il est évacué sur un hôpital de Lyon. En janvier 1916, il est affecté à la de mitrailleuses du Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), unité créée le .

En , le RMLE se prépare à participer à l'offensive de la Somme. Le , les et s'élancent à l'assaut du village de Belloy-en-Santerre et l'enlèvent de haute lutte. Le , suivant il est nommé par décret ministériel au grade de sous-lieutenant à titre étranger pour la durée de la guerre et reste affecté à la de mitrailleuses.

Le , l'ennemi s'est replié sur une ligne fortifiée connue sous le nom de ligne Hindenburg. Le RMLE participe à l'opération qui vise à reprendre la place. En , Kharaman Nazare Aga obtient son second galon et la croix de la Légion d'honneur. avec comme citation :

Le , le sous-lieutenant est promu lieutenant à titre définitif. Le , il est promu au grade de capitaine à titre temporaire par décision du général en chef et prend le commandement d'une compagnie de mitrailleuses.

Après la signature de l'armistice du , le capitaine Nazare-Aga suit le RMLE qui occupe la ville de Frankenthal sur la rive gauche du Rhin. Le , alors que le RMLE quitte le Palatinat pour rejoindre l'Algérie, le capitaine Nazare-Aga est dirigé sur le de cuirassiers pour être démobilisé le .

Après la guerre Après sa libération, chef de bataillon de réserve, il conserve des liens étroits avec les anciens du RMLE. Il est président de l’association des anciens combattants, engagés volontaires dans l’armée française. Il crée une amicale des « Volontaires étrangers » de la grande guerre qui se veut différente des amicales regroupant d'anciens légionnaires. Pour être membre de l'amicale, il faut avoir servi dans l'un des régiments de marche qui ont combattu sur le front français.

Le journal The Paris Times du désigne Kharaman Nazare Aga ., en raison de ses dix citations en temps de guerre, du fait qu'il soit probablement le seul volontaire de 1914 à demeurer au front durant tout le conflit et de son rôle dans l'association des engagés volontaires dans l'armée française. D'autre part, ses biens en Perse ayant été détruits et ne rapportant plus aucun revenu, il ouvre un magasin d'antiquités persanes avec son frère au avenue Pierre de Serbie à Paris.

Il reste en rapport avec le général Rollet qui l'invite à ranimer la flamme du « Soldat inconnu » le , devant les membres de son amicale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'efforce de soutenir le moral des prisonniers de guerre. En 1946, il fonde la Maison des Invalides de la Légion Étrangère et envisage la construction d'une maison destinée à recevoir les grands invalides qui sera installée au château de Saint-Jullin dans l'Isère.

Honneurs et décorations Kharaman-Khan (titre nobiliaire iranien) ; Officier de la Légion d'honneur (1920) ; Commandeur de la Légion d'honneur (1934). ; Croix de guerre 1914-1918 avec 1 palme et 9 étoiles (1 de vermeil, 5 d'argent et 3 de bronze). ; Légionnaire de d'honneur en 1945.

Références

Sources Division histoire et patrimoine de la Légion étrangère Képi blanc

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