Étienne de Garlande né vers 1070 et mort le . est un ecclésiastique qui devint chancelier et sénéchal de France.

Biographie Famille Il appartient à la famille de Garlande, issue de la petite noblesse de l'Île de France au et qui exerce une influence politique dans l'entourage de : fils de , il est aussi le frère de Gilbert, dit Payen, sénéchal de France, d', sénéchal de France, de , sénéchal de France et de Gilbert, dit le Jeune, bouteiller de France.

Carrière ecclésiastique Étienne de Garlande est d'abord le chapelain du roi .

Evêque de Beauvais L'évêque de Beauvais, Anseau ou Ansel, meurt en . Par droit de régale, les revenus épiscopaux reviennent au roi en l'absence d'un titulaire et par droit de dépouille, les biens meubles du défunt reviennent aux officiers royaux. En 1100, pour arrêter cette perte de revenus, le chapitre de la cathédrale élit Étienne de Garlande. évêque de Beauvais, à Soissons, alors siège de l'épiscopat, mais l'évêque de Chartres, Yves de Chartres, dénonce cette élection auprès des légats du pape en le traitant d'homme , excommunié dans le passé . Il écrivit au pape pour protester contre . Yves de Chartres enverra une seconde lettre au pape moins accusatrice. Le pape exigea une seconde élection qui vit Galon, abbé de Saint-Quentin élu par la partie réformatrice du chapitre de Beauvais. Le roi et son fils s'opposèrent et le roi fit serment . Le pape fit alors de Galon son légat en Pologne.

Résignation de l'épiscopat Le conflit entre l'évêque Yves de Chartres, Adèle de Normandie et va permettre de trouver une solution au choix de l'évêque de Beauvais après la mort de l'évêque de Paris, Foulques, le . Yves de Chartres intervint pour faire nommer évêque de Paris, Galon. Le pape accepta ce transfert d'évêché et consacra le nouvel élu en 1105. Un accord intervint entre le chapitre de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais et le roi en 1104 rappelant que les chanoines doivent mais le roi rappelle . Une nouvelle élection eut lieu en 1104 pour l'évêché de Beauvais qui se fit en faveur de Godefroy de Pisseleu, sous-doyen de ToursBulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, volume 119-124, 1997, p.43..

En 1105, Étienne de Garlande devient après la résignation d'Étienne de Senlis, l'archidiacre de Notre-Dame de Paris puis chapelain de la chapelle royale et doyen de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans.

Chancelier et sénéchal Le roi le nomme en 1106 chancelier de France et garde du sceau royal. En 1108, il s'installe à Bagneux, sur un lopin de terre de 50 arpents qu'il obtient du Chapitre de Notre-Dame, sur lequel il fait édifier au milieu d'un grand parc une belle maison dite château de GarlandeMadeleine Leveau-Fernandez, Antoine Bertoncini, Bagneux des origines à nos jours, Ville de Bagneux, 1986, p.42 .. Il conserve sa charge avec le roi qui lui donne en 1121 la charge de sénéchal de France après le décès de son frère .

Soutien à Abélard En 1108, Guillaume de Champeaux quitte ses fonctions d'écolâtre de Notre-Dame de Paris et se retire près de l'oratoire Saint-Victor aux portes de Paris. Ses disciples et Pierre Abélard l'y rejoignent pour y suivre ses cours. Pierre Abélard rompt avec Guillaume de Champeaux, se retire à Melun avant de tenter de devenir maître de l'école de la cathédrale de Paris. Essuyant un refus, il obtient l'aide d'Étienne de Garlande pour fonder son école sur la Montagne Sainte-Geneviève. En 1113, après le départ de Guillaume de Champeaux, élu évêque de Châlons, le roi fonde l'abbaye Saint-Victor qui va rayonner grâce à son école et ses maîtres, dont Hugues de Saint-Victor entre 1118 et 1141. En 1113, Pierre Abélard quitte Paris pour suivre les cours de (d'Écriture sacré) d'Anselme de Laon. Il revient ensuite à Paris, mais ses malheurs de 1117–1118 vont l'amener à devenir moine à l'abbaye de Saint-Denis. L'abbé Adam l'autorise à reprendre ses cours, mais ses écrits sont condamnés au concile de Soissons en 1121. En 1122, Étienne de Garlande et du comte et de Champagne interviennent auprès du nouvel abbé de Saint-Denis, Suger, pour permettre à Pierre Abélard de reprendre ses enseignements à l'ermitage du Paraclet, près de Nogent-sur-Seine où il a été rejoint par Héloïse après son expulsion d'Argenteuil.

En 1126, il tente de transmettre son poste de sénéchal de France contre l'avis du roi à son neveu , héritier des Montlhéry. Le roi confisque le les charges d'Étienne de Garlande et les biens du neveu. Tous deux entrent alors en dissidence et se réfugient dans leur Château fort de Livry-en-l'Aunoye.

La disgrâce Ils bénéficient du soutien du roi d'Angleterre et du comte de Champagne, ce qui pousse le roi à assiéger les rebelles qui résistent au cours des mois d'avril et . Les soldats finissent par prendre les lieux et détruisent le château. Étienne de Garlande est déchu de ses charges palatines et ses biens sont saisis. La charge de sénéchal a été transmise en 1131 à , cousin du roi. En l'absence du chancelier, le notaire Algrin signe les actes. Puis, avant , nomme Simon de Chécy, chapelain d'Orléans, chancelier. Il le reste jusqu'à sa mort au premier semestre 1132.

Retour en grâce et retraite Après un nouvel intérim d'Algrin, Étienne de Garlande retrouve sa charge de chancelier et la conserve jusqu'à la mort du roi. On connaît des actes signés d'Étienne de Garlande chancelier en 1133 et 1134. Il se retire à Orléans où il occupe la charge de doyen de l'église Sainte-Croix. La charge de chancelier est reprise par Algrin jusqu'à la fin de 1139. Suger, l'abbé de Saint-Denis est alors le plus proche conseiller du roi .

Des biens que possédait Étienne de Garlande à Paris, le clos de Garlande, la seule trace reste aujourd'hui la rue Galande. Il a aussi fait construire la chapelle Saint-Aignan sur l'île de la Cité, vers 1116, aujourd'hui propriété du séminaire de Paris. Le fief de Garlande à Bagneux fut morcelé et le château détruit par son dernier propriétaire, un marchand plâtrier.

Notes et références

Annexes Bibliographie . . Lyndy Grant, François Heber-Suffrin, Daniele Johonson, « La Chapelle Saint-Aignan à Paris », Bulletin Monumental, 1999, 157-3, (en ligne sur persee.fr).

Articles connexes Livry-Gargan Bagneux Château de Garlande à Bagneux Chapelle Saint-Aignan Rue Chanoinesse

Liens externes

La chapelle de saint-Aignan, sur pierre-abelard.com La Chapelle Saint-Aignan, diocèse de Paris sur paris.catholique.fr Les églises et chapelles de l'Île de la Cité

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