Le quartier du port de Nice est un des quartiers de la ville.

Situation Le quartier du port est situé au sud-est de la ville. Il est généralement délimité à l'ouest par la colline du Château, la rue Catherine Ségurane et le boulevard Risso, au nord par la rue Barla, à l'est par l'avenue Lympia, le mont Alban et le mont Boron, et au sud par la mer Méditerranée.

Histoire du port Nice n'a jamais eu de port proprement dit jusqu'au milieu du .

De l'Antiquité au La méthode traditionnelle était soit d'échouer le navire sur le rivage, soit d'attendre des barques plus petites à faible tirant d'eau qui se chargeraient de récupérer la cargaison et d'approcher suffisamment pour que des animaux ou des hommes s'occupent de les mettre en lieu sec. Des jetées de bois amélioraient le service, mais à Nice, la pente de la plage ne permettait que de très courts pontons.

Les ingénieurs savoyards ont planché longtemps sur la question. Creuser un port, oui, mais quel peut être le choix idéal d'un emplacement à Nice ? De part et d'autre de la colline du Château les projets furent nombreux. Ce fut le roi qui trancha finalement : l'anse de Lympia à l'est de la colline. Entre-temps, la géostratégie avait changé dans la mesure où le Roi-Soleil avait décrété le minage complet de la citadelle. Désormais sans défense, ni pour la ville ni pour le royaume de Savoie-Piémont, la ville se devait d'exister dans le royaume sous un aspect économique de commerce et d'échange. La Savoie établit des contacts avec les Anglais et les Russes ; ils se révélèrent fructueux deux siècles plus tard durant la Belle Époque.

Premier port Lympia

Le premier à penser à l'étendue de Lympia fut en 1672, le Comte Amédée de Castellamont. Le lieu était quasi désert, mis à part une vieille chapelle abandonnée. Il suffisait d'excaver la lagune et de creuser un chenal pour communiquer avec la mer. Mais les ingénieurs piémontais tenaient, quant à eux, au site des Ponchettes, ils élaborèrent des plans pour détourner le Paillon et ainsi utiliser l'embouchure asséchée.

Et toujours, de fait, le duché de Savoie ne possédait comme unique débouché sur la mer que la voie routière qui devait franchir les montagnes pour rejoindre Turin, une des deux capitales du duché (la seconde étant Chambéry). Mais aucun port à Nice. En effet, la république de Gênes occupait le territoire le plus approprié, hélas. Le roi Charles-Emmanuel III, trancha finalement le conflit en 1748 : le port se ferait dans la lagune de Limpia.

L'architecte Antonio Felice de Vincenti est chargé de l'affaire et les travaux débutent en 1749 mais lentement, c'est le moins qu'on puisse dire, puisqu'en 1761, une commission se réunit à Turin pour faire accélérer le mouvement. vignette|droite|Le port de Nice peint par Isidore Dagnan (vers 1800?)

Sulzer donne une description précise du tout nouveau port : Un bassin circonscrit et dû tout entier à l'art. De fortes digues formées de puissantes assises calcaires protègent son entrée. Accidenté dans son fond de quartiers de roches, il ne peut recevoir les navires de 400 tonneaux qui sont obligés d'aller à Villefranche. Tout petit qu'il soit, il ne chôme jamais de visiteurs : sacolèves, tartanes, felouques à voiles latines, polacres, y accourent de Sicile, de Sardaigne, de Gênes, de Toulon, de Barcelone et des Baléares.

Smolett, autre découvreur de Nice, évoque lui les petits bâtiments chargés de sel et de vin. Il donne aussi une description du quartier naissant : Du côté du môle, il y a des soldats de garde en permanence et une batterie de sept canons pointés vers le large, de l'autre côté il y a une curieuse manufacture pour tresser et tisser la soie, il y a aussi une taverne, un café et plusieurs autres bâtisses fréquentées par les marins. Y arrivaient donc les tartanes, les felouques, en un spectacle coloré, mais du strict point de vue commercial, l'activité du port naissant restait encore bien modeste.

On y exportait les produits locaux du comté comme huile d'olive, citrons, oranges, anchois et thons pêchés dans la Baie des Anges, mais aussi des produits issus de la plaine piémontaise qui transitaient à dos de mule par le col de Tende ; la soie grège, le riz et le chanvre.

Côté importation, les céréales que les négociants niçois achetaient jusque dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, le sel, le sucre, le cacao, le café. Les Niçois se contentèrent de ce modeste trafic jusqu'à l'arrivée de commerçants plus habiles, essentiellement des juifs levantins habitués au négoce en gros. Ce qui choquait les nouveaux arrivants, c'était non seulement le peu d'activité du port, mais aussi la pauvreté des installations portuaires. Constantin Sabat, originaire de Trieste, constatait : Les habitations du port de Lympie offrent un coup d'œil mesquin, n'étant composé que de petites baraques en bois. Le remède ? Bâtir une isle, c'est-à-dire un quartier d'immeubles à plusieurs étages, nombre d'autres en suivraient l'exemple.

Contre ce qu'ils appelaient des « préjugés », les Levantins s'offraient à établir des manufactures et surtout des raffineries de sucre. Ce sentiment était partagé par quelques commerçants niçois, plus aventureux que les autres et qui, dès 1755, envoyaient au roi un mémoire dans lequel ils indiquaient les moyens de développer le port pour l'exportation des produits manufacturés comme les étoffes, le papier et le plomb.

Agrandissements aux vignette|Le phare de Nice, au bout de la jetée prolongée du port Lympia 1898 : Creusement du second bassin en amont du premier. De nombreux entrepôts et habitations d'armateurs ou de commerçants disparaissent (dont celle de la famille Garibaldi).

Noter aussi les prolongations successives de la jetée du port en deux étapes.

Commerce actuel et la part touristique du port Commerce de marchandise Il ne représente plus qu'une faible part des mouvements portuaires. Il ne reste que le ciment fabriqué dans les deux grandes cimenteries de Contes et de la Grave de Peille. vignette|250px|centré|Un cimentier sur le quai d'Entrecastaux.

Transit passager entre la Corse et le continent Deux compagnies se partagent la clientèle sur Nice.

Nice et Villefranche : escales de croisières en Méditerranée vignette|250px|centré|Au fond, la place Île-de-Beauté. Partie touristique du port.

Voies du quartier Les voies sont présentées par ordre alphabétique par simplicité et ne correspondent pas à une visite touristique. L'iconographie s'adaptera au fil des modifications.

Fichier:NIK-visite.gif Visite du quartier

A Quai Amiral-Infernet : nouveau centre des congrès Nicea construit, après la démolition de l'Acropolis...

Arson (place) Du nom d'une famille niçoise (voir ci-dessous à la rue Arson), elle s'appelait auparavant place de la Manufacture.

La place Arson est longée par la rue Arson à l'est. Elle abrite de nombreux terrains de boules.

Haut lieu boulistique de concours vers les années 1890-1930, elle a perdu le privilège de recevoir les grandes compétitions. En même temps que la destruction de la manufacture des tabacs au profit d'un bloc d'habitations, un immense réservoir fut creusé sous la place destiné à recevoir les eaux pluviales. Les anciens platanes, malades, furent remplacés par des palmiers et l'aspect général de la place en fut modifié, mais pas ses dimensions. vignette|250px|centré|La place Arson : haut lieu des boulistes niçois. Vue direction sud. La rue Barla se situe 50 mètres après les arcades. Ces bâtiments remplacent l'ancienne manufacture des tabacs de Nice. Fichier:NIK-visite.gif Visite ici

Arson (rue) Nom donné en l'honneur d'une famille d'immigrants français qui fuirent la Révolution. Pierre-Joseph Arson s'installa banquier au port. Il achète vers 1810 une propriété dotée de grands terrains (actuelle Villa Arson, très modifiée pour les besoins de l'école d'art contemporain. Anobli vers 1830 sous le nom de Arson de Saint-Joseph, il fut premier consul de la ville. Son fils Gonzague (1814-1865) est connu pour ses prises de position actives en vue d'une indépendance du comté. La rue Arson et la rue Auguste-Gal sont des axes nord-sud qui permettaient d'apporter les marchandises en provenance de la vallée du Paillon. La rue Cassini se chargeait du trafic local vers la vieille ville par la place Garibaldi. vignette|centré|250px|Le bout de la rue Arson qui débouche sur le port. C'est par ici qu'on embarque vers la Corse.Photo prise en février 2006 par journée pluvieuse. Orientation sud Fichier:NIK-visite.gif Visite du nord au sud ici

B Barla (rue)

Jean-Baptiste Barla (1817-1896) - Naturaliste niçois.

Grande artère au nord du quartier qui va de la Tête Carrée vers la Moyenne Corniche, c'est également la continuité de la Nationale 7, "route des vacances" qui relie Paris à Menton.

Depuis la fermeture de l'Hopital de Saint-Roch, le trafic s'y est apaisé, notamment celui des ambulances et véhicules de pompiers. La rue demeure celle où le stationnement y est le plus respecté, car la vidéo verbalisation veille au bon déroulement de celui-ci. Des établissements scolaires y sont de part et d'autre de la rue.

Bavastro (rue) Joseph Bavastro (1760-1833), corsaire niçois.

Son père est commerçant et armateur, il suit la même carrière mais l'aventure révolutionnaire l'attire comme son ami André Masséna. On le trouve au siège de Gênes et comme ravitailleur dans l'expédition d'Égypte. Il est corsaire impérial et capitaine de frégate sur l'Intrépide un curieux navire équipé « à la Bavastro » et traque les navires anglais.

La rue s'étend de la rue Barla à l'arrière de l'église du port (circulation N → S). Habitations et petits commerces locaux.

vignette|220px|centré|La rue Bavastro vers 1910. Au fond, l'arrière de l'église du portvignette|220px|centré|La rue Bavastro de nos jours (prise du début, rue Barla)

Fichier:NIK-visite.gif Visite ici

Bonaparte (rue) Ancien chemin de Villefranche, il partait des bords de la vieille ville pour rejoindre le col de Villefranche par l'ancien chemin du Mont-Alban (désignation actuelle).

Napoléon Bonaparte (1769-1821). Capitaine d'artillerie en 1793, il gravit rapidement les grades jusqu'à celui de général de brigade un an plus tard et commande l'artillerie de l'armée d'Italie. Entre mars et , il est hébergé chez le comte Laurenti au 6 de cette rue.

On raconte que Napoléon courtisait la fille du comte, Emilia. Il ne dut un salut honorable qu'en sautant par la fenêtre avant l'arrivée paternelle.

Il revient à Nice en 1795 avec le grade de commandant en chef de l'armée d'Italie mais loge alors à la maison Chabaud, rue Saint-François-de-Paule. Il s'impose, restructure et nourrit ses troupes. La suite est dans l'Histoire.

La rue Bonaparte est actuellement une rue très commerçante où il fait bon flâner.

La rue et son quartier sont de plus en plus courus car il y fait bon vivre. De plus, à l'image du quartier du port et depuis le début des années 2000, elle est un lieu de la vie gay de Nice.

vignette|200px|centré|La rue Bonaparte à son départ de la place Max-Barel. vignette|200px|centré|La rue Bonaparte avant son débouché sur la place Garibaldi, au fond. L'auberge où séjourna Bonaparte se situe à gauche.vignette|150px|centré|Rue Bonaparte. Plaque indiquant où séjourna le général Bonaparte avant sa campagne d'Italie. Fichier:NIK-visite.gif Visite d'est en ouest ici

C Carnot (boulevard) Il part du port pour aller vers Villefranche. On l'appelle aussi la Basse Corniche.

vignette|gauche|250px|Montée vers le Cap de Nice, le port est derrière (au crépuscule) vignette|droite|250px|La vue inverse, arrivée sur le port au crépuscule

Cassini (rue) axe E → O du port vers la place Garibaldi. Tout le trafic maritime de la ville y transitait.

La famille Cassini, originaire de Perinaldo, un village alors intégré au comté de Nice. Entre 1650 et 1845, les Cassini donnèrent à la science cinq générations de scientifiques : quatre astronomes (et cartographes) et un botaniste.