right|frame|Tracé de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan
L’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (parfois abrégé en oléoduc BTC), ouvert en 2005, transporte sur le pétrole brut du champ pétrolifère d'Azeri-Chirag-Guneshli sur la mer Caspienne jusqu'à la mer Méditerranée. Sa longueur totale est de en Azerbaïdjan, de en Géorgie et enfin de en Turquie. Il dispose de huit stations de pompage sur son parcours. L'oléoduc tire son nom de la traversée de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ; de Tbilissi, capitale de la Géorgie ; et de Ceyhan, port du sud-est de la côte méditerranéenne turque. Avec sa longueur de km, c'est le deuxième plus long oléoduc du monde après l'oléoduc Droujba qui relie la Russie à l'Europe centrale. Il est parallèle au gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum. Le premier pétrole au départ de Bakou a commencé à être pompé le pour atteindre Ceyhan le .
Construction La construction de l'oléoduc BTC a été un des plus importants projets de génie civil de la décennie, et certainement un des plus importants jamais conduits dans la partie orientale de l'Asie depuis la chute de l'Union soviétique. L'assemblage de sections de conduite de de long (correspondant à une masse de tonnes) a permis sa construction.
La maîtrise d'ouvrage est partagée par un consortium de compagnies du secteur de l'énergie emmené par BP (anciennement British Petroleum), qui détient 30,1 % de participation et le rôle d'opérateur. Les autres membres du consortium sont : State Oil Company of Azerbaijan Republic (SOCAR) (Azerbaïdjan) : 25,00 % ; Unocal (États-Unis) : 8,90 % ; Equinor (Norvège) : 8,71 % ; Türkiye Petrolleri Anonim Ortaklığı (TPAO) (Turquie) : 6,53 % ; Eni/Agip (Italie) : 5,00 % ; Total (France) : 5,00 % ; Itochu (Japon) : 3,40 % ; Inpex (Japon) : 2,50 % ; ConocoPhillips (États-Unis) : 2,50 % ; Amerada Hess (États-Unis) : 2,36 %.
La construction a commencé en .
Première livraison de pétrole à Ceyhan Le , du pétrole fut injecté, côté Bakou, dans l'oléoduc. Après un parcours de km, il parvint à Ceyhan le . Les toutes premières gouttes de pétrole furent transbordées du terminal maritime de Haydar Aliyev sur la côte méditerranéenne au British Hawthorn. Ce pétrolier a pris le large le , selon BP. Emportant barils de brut, il marque le début des exportations de pétrole d'Azerbaïdjan vers les marchés mondiaux par l'oléoduc BTC, en contournement des détroits turcs.
Apport de l'oléoduc
Le projet a été bien accueilli par la Géorgie. Non seulement l'oléoduc BTC profitera à l'économie géorgienne mais il renforcera l'indépendance de la Géorgie vis-à-vis de l'influence russe. La Russie a pris ombrage de la situation et a même été accusée d'avoir planifié le sabotage de l'oléoduc Russia accused of plot to sabotage Georgian oil pipeline, The Guardian, décembre 2003..
Extensions à d'autres gisements Les extensions suivantes sont à l'étude : South Caucasus Pipeline – SCP (ou Shah Deniz Pipeline), un gazoduc pour le gaz naturel reliant Bakou, Tbilissi et Erzurum à des gazoducs existants vers le marché mondial, opérationnel en 2006. Trans-Caspian Oil Pipeline ou (Aktau-Bakou Oil pipeline) sous la mer Caspienne, reliant le Kazakhstan à l'Azerbaïdjan pour rejoindre le marché mondial. Cet oléoduc en est au stade de préfaisabilité. Trans-Caspian Gas Pipeline (Aktau-Bakou Natural Gas pipeline) sous la mer Caspienne, reliant le Kazakhstan à l'Azerbaïdjan pour rejoindre le marché mondial. Cet oléoduc en est au stade de préfaisabilité. Türkmenbaşy-gazoduc sous-marin de Bakou qui relie le Turkménistan à l'Azerbaïdjan et à l'oléoduc BTC/BTE pour rejoindre le marché mondial — en discussion seulement ; le conflit toujours non résolu au sujet des frontières maritimes des eaux territoriales de la mer Caspienne bloquant le processus. Il existe un autre tracé possible par la terre au TCGP.
Controverses Environnement
Plusieurs problèmes écologiques sont apparus concernant l'oléoduc BTC. Un côté est positif, c'est qu'il permettra de supprimer le transit annuel de 350 pétroliers à travers les détroits du Bosphore et des Dardanelles, déjà largement encombrés.
L'oléoduc traverse le parc national Borjomi, une zone contenant de l'eau minérale gazeuse et quelques-unes des beautés naturelles de Géorgie, ce qui a été durant de longues années un sujet de controverse pour les militants proenvironnement. Dès lors, l'oléoduc a été enterré sur toute sa longueur mais sa construction a laissé une large cicatrice à travers le paysage. La campagne des activistes contre le Bakou-Ceyhan a mis en garde l'opinion publique sur le fait que « l'argent public ne devait pas être utilisé pour subventionner des problèmes sociaux et environnementaux, dans le pur et simple intérêt du secteur privé, mais devait être conditionné à une contribution positive au développement économique et social pour les habitants de cette région ». Ces organisations ont été rejointes par le Kurdish Human Rights Project qui refuse que l'oléoduc passe à travers des zones kurdes. Les habitants de la région de Borjomi ont enfin également été mécontents car l'exportation de l'eau minérale issue du parc, importante pour l'économie locale, est mise en jeu. Toute fuite d'hydrocarbures dans cette région aurait en effet un effet catastrophique sur la viabilité de l'industrie d'embouteillage locale.
Les critiques sur cet oléoduc ont également montré que la région qu'il traverse est hautement sismique, souffrant fréquemment de tremblements de terre. Le tracé emprunte trois failles actives en Azerbaïdjan, quatre en Géorgie et sept en Turquie. Les ingénieurs du projet ont dû donc équiper l'oléoduc avec de nombreuses solutions techniques afin de réduire sa vulnérabilité face aux déplacements de la croûte terrestre. Notons que l'oléoduc BTC emprunte sur pratiquement la moitié de son tracé la même route que l'oléoduc de Bakou au port de Soupsa (Géorgie) de en fonction depuis 1999 avec un niveau exemplaire de sécurité. Alors que certains problèmes environnementaux sont inévitables, les réalisateurs du projet mettent en avant le fait que les bénéfices issus du projet contrebalancent ces inquiétudes et que les solutions technologiques coûteuses mises en place permettront de régler la majorité des problèmes posés.
Droits de l'homme Les activistes des Droits de l'homme critiquent les gouvernements occidentaux qui soutiennent la politique de développement des oléoducs dans le Caucase, nonobstant les attaques multiples contre les populations et plus généralement contre les droits de l'homme du régime du président Aliyev Azerbaijan, site de Human Rights Watch.. Le film documentaire tchèque Zdroj (La Source) montre les nombreuses atteintes aux droits des Azéris, notamment lors des expropriations sur le tracé des oléoducs. Il montre également comment toute critique du gouvernement mène à des arrestations.
Anecdote Le film Le monde ne suffit pas (The World Is Not Enough, 1999) montre James Bond (Pierce Brosnan) aux côtés d'Elektra King (Sophie Marceau) supervisant la construction d'un oléoduc, qui doit relier la mer Caspienne à la Turquie en traversant le Caucase.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Économie de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan Énergie en Turquie Géorgie Oléoduc Géopolitique du pétrole Pétrole
Liens externes
Extreme Oil, PBS Regional energy analysis, Energy Information Administration Site officiel de l'Azerbaijan State Oil Fund Baku-Tbilisi-Ceyhan (BTC) Caspian Pipeline, HydrocarbonsTechnology.com Baku-Ceyhan Campaign, a website against the BTC Pipeline Central Asia Commerce includes Oil & Gas links
Réaction russe Russian pipeline politics, excerpt from Robert O. Freedman, Russian-Iranian politics in the 1990s Moscow Negative About Baku-Ceyhan Pipeline, Pravda, Russia accused of plot to sabotage Georgian oil pipeline, The Guardian,
Autres informations et articles Striking a Balance:Intergovernmental and Host Government Agreements in the Context of the Baku-Tbilisi-Ceyhand Pipeline Project, Banque européenne pour la reconstruction et le développement Caspian pipeline dream becomes reality, BBC News, Interview: International Opposition to Baku-Ceyhan Pipeline Continues, The Armenian Weekly, mars 2003 Revolutions in the Pipeline, Kommersant, Baku – Ceyhan Pipeline: Another West-East Fault Line, Bharat Rakshak, , 2005 Casualties of the oil stampede, Michael Meacher, The Guardian, Startup of the Baku-Tbilisi-Ceyhan Pipeline: Turkey's Energy Role, The Journal of Turkish Weekly, Dream Realized: Caspian Oil in Ceyhan, Zaman Online, Turkey: First Caspian oil supplied through Baku-Ceyhan pipeline, Reporter.gr, Baku-Tblisi-Ceyhan pipeline opens for business, Turkish Daily News, Oil Through B.T.C. Pipeline Reaches Ceyhan Terminal, TurkishPress.com, The Geopolitics of Baku-Tbilisi-Ceyhan, Stratfor, Turkey loads first oil from Caspian pipeline onto tanker", Turkish Daily News, The War on Lebanon and the Battle for Oil, EnergyBulletin.net,
Bibliographie Daniel Yergin, The Prize: The Epic Quest for Oil, Money & Power. The Pulitzer Prize winner for history sets oil pipelines in a larger context. Turab Gurbanov, Le Pétrole de la Caspienne et la politique extérieure de l'Azerbaïdjan : tome 1- Questions économiques et juridiques, l’Harmattan, 2007, 304 pages, Turab Gurbanov, Le Pétrole de la Caspienne et la politique extérieure de l'Azerbaïdjan : tome 2- Questions géopolitiques, l’Harmattan, 2007, 297 pages, Eric Hoesli, À la Conquête du Caucase
Bakou-Tbilissi-Ceyhan Catégorie:Politique en Azerbaïdjan Catégorie:Économie en Géorgie Bakou-Tbilissi-Ceyhan Catégorie:Politique en Géorgie Catégorie:Tbilissi Catégorie:Économie en Turquie Catégorie:Politique en Turquie Bakou-Tbilissi-Ceyhan Catégorie:Relations entre l'Azerbaïdjan et la Géorgie Catégorie:Infrastructure énergétique mise en service en 2006